Dun Bheagan Rosebank 15 ans

46% alc./vol.
Distillé en 1991 et embouteillé en 2006, fût #2047, 2054 & 2055, 894 bouteilles.

Patrick 81%
Un bon whisky, mais me semble que ma vie serait triste si je n’avais rien d’autre à boire. Nez : On jurerait être en train de marcher dans un champs, après la pluie : orge, herbes et fleurs des champs, le tout accompagné d’une odeur de terre humide. Bouche : Le chêne et ses épices. Un peu de sucre juteux et d’herbe. Finale : Courte et épicée.

Bowmore 10 ans The Devil’s Casks • Batch 1

56.9% alc./vol.

André 88%
Gâteau de Noël aux fruits, nappé de chocolat noir, beaucoup d’épices bien vivantes au nez. Je m’attendais à du sel et d’évidentes flaveurs maritimes mais je dois avouer qu’elles sont bien cachées mis à part la tourbe relativement discrète. On pourrait deviner sa provenance au travers son côté planant et aérien, un peu frais même. La bouche est musclée et épicee, tout en crescendo. C’est plutôt fin, à la limite doux en arrivée de bouche avant la marée de fruits rouges épicés, de saveur de canne de Noël, de réglisse noire et de fruits rouges. La fumée noire tourbée se développe lentement en bouche, pour devenir bien présente après 10-15 minutes. La finale offre aussi cet effet de pierre à savon ou de galet vêtu de sel de mer séché au soleil distinctif de Bowmore. Les épices sont encore là, très puissantes et un peu sèches, offrant un sac de réglisse noire fraiches en addition. Dans l’ensemble, un Bowmore de bonne qualité mais sans « wow factor ».

Patrick 95%
Bowmore à son meilleur. En fait, le scotch à son meilleur, avec un ensemble de saveurs parfaites assemblées de main de maître. Nez : Parfum très marqué par le vin, fruits mûrs, chocolat noir, belle fumée et succulent sel. Bouche : Très vineux, chocolat noir, chêne brûlé et gros sel pas subtil pantoute, comme on l’aime. Finale : Longue, savoureuse, mélangé de sel, de fumée et surtout de fruits mûrs.

Martin 88%
Cuivre riche et profondément sinistre, peut-être même plus que le Darkest et le Laimrig. Nez: Même si on s’attendait à autre chose en premier, c’est le xérès et toute sa gang qui nous accueille d’entrée de jeu. Fruits rouges très épicés, cannelle, muscade, cuir et chocolat noir. La tourbe et les éléments maritimes habituels de la distillerie se dissimulent ici peut-être un peu trop habilement. Caramel brûlé et jambon fumé ferment le cercle. Bouche: Assez huileux au niveau de la texture, d’une amplitude je dirais attendue. Tellement fruité et sucré qu’on pourrait croire à un fort brandy. Les signes du sherry sont pourtant inéluctablement présents. Raisin, bois, muscade, retour du cuir et bon vieux tabac à pipe. Peu ou pas d’influence de la tourbe encore à ce stade-ci. Finale: Son beau taux d’alcool contribue à ce que fumée et bonbons genre Smarties s’étirent longuement sur une feuille de tabac. Équilibre: Pour cet embouteillage, les attentes ou le hype étaient peut-être un peu surévalués. Ça reste quand même un Islay Sherry Cask vachement solide, ne serait-ce que sur la foi de sa teneur en alcool.

Bruichladdich Octomore Edition 06.1 Ochdamh-Mòr Scottish Barley

57% alc./vol.

André 85%
Hormis les prévisibles vagues de tourbe et de sel de mer, cette version affiche un superbe nez très sucré et céréalé, vanille et chocolat blanc, puis huile en spray. Le bourbon cask est omniprésent, crémeux et doux. Texture huileuse mais bien épicée en bouche, le gingembre, le poivre noir,  même si vanillé, est puissant et je dois dire que ça limite le développement de certaines autres saveurs. L’effet du bourbon cask est indéniable mais les saveurs sont relativement limitées. Finale sur les poires fumées, un peu salées et la tourbe. Pas le meilleur Octomore mais une qualité que bien des distilleries ne font juste espérer pour un de leurs embouteillages. Balancé et équilibré tant au nez qu’en bouche, la tourbe salée et terreuse, influencé par les saveurs maritimes, air salin de la mer, agrumes et citron confit. La tourbe est plus domestiquée que l’on aurait pu le croire même si la ligne directrice est définie et affirmée. En bouche, grosse sécheresse inattendue, le whisky est musclé, un peu trop à mon goût… les notes de poires et de vanille sont presque terrassées par les notes d’épices et de bois sec. La finale est épicée et pointue, la conjonction épices et alcool rend le whisky très masculin, maritime et perd de son charme, les nuances du whisky sont un peu trop aplanies. Cette édition n’a pas le charme des éditions précédentes et manque de nuance et de tonalités.

Patrick 85%
Super ensemble de saveurs bien équilibrées. Par contre, la texture lui fait perdre de nombreux points, celle-ci trahissant son jeune âge et faisant en sorte que le prix demandé est du pur vol. Nez: Tourbe terreuse et poivrée. Petit fond fruité. Bouche : Très épicé et poivré. Chêne brûlé qui dégage toujours une forte fumée. Toutefois, à ma grande surprise, la texture est plutôt aqueuse. Finale : Longue, fumée et épicée.

Martin 86%
Assez pâlotte, ce à quoi on est en droit de s’attendre de la part d’un jeune tourbé comme celui-là. Nez: Tourbe herbeuse et florale entrelacées avec de belles céréales sucrées-salées ainsi qu’une légère pâte d’amande. Bois brûlé. Bouche: Texture assez huileuse sur des notes principales de poivre et de vanille. Un peu de chêne, de pommes et de noix se développent tranquillement ensuite sur une douce vague épicée. Finale: Encore un peu de chêne fumé et de vanille poivrée. C’est agréable et raisonnablement long, mais ça reste limité au niveau de la complexité et de l’éventail des saveurs. Équilibre: Manque malheureusement de profondeur. Est-ce dû à son taux d’alcool? À son jeune âge? À son fût de bourbon? Qui sait? Difficile d’y cerner autre chose. Le contenu est aussi opaque que sa bouteille.

Bowmore 10 ans Tempest Batch #5

55.9% alc./vol.

André 87%
On peut difficilement faire plus Bowmore au nez… Pastilles Fisherman’s Friend, notes coastal, le sel de mer, les agrumes, beaucoup de vanille, les oranges. La bouche est huileuse et franchement sexy en approche de bouche, puis un bon déferlement d’oranges, de nectarine, de sel de mer et de tourbe camphrée qui demeure d’une belle douceur malgré la force de l’alcool. En s’aérant, belles vagues d’amandes salées et de nectarines, caramel. Le tout remonte en finale et s’accentue avec quelques notes d’épices (clou de girofle, réglisse noire) pour ensuite redescendre en pentes douce vanillées, d’agrumes et d’orange fumées. Moins punché que les 3 premières éditions, mais représentatif et nuancé.

Patrick 90%
Une autre preuve qu’à la question « quelle est la meilleure distillerie au monde », Bowmore fait définitivement partie des plus sérieuses candidates. Un autre excellent whisky. Nez : Air salin et agrumes. Huileux, vanillé et fumé. Bouche : Très huileuse, salée et fumée. Puis, les agrumes, le caramel, le bois brûlé et quelques noix. Finale : Longue, savoureuse et marquée par le sel, la fumée et les épices.

Martin 89%
Beau coloris d’un ambre riche qui transcende sa futaille de bourbon. Nez: La familiarité de la distillerie nous saute au nez. La fumée laisse rapidement place à l’air salin et au citron, des arômes bien de Bowmore, et pourtant un vent de renouveau tente de s’installer sur vanille et mûres. Bouche: Texture soyeuse mais assumée, sur d’agréables notes d’iode, de vanille, d’agrumes et de miel, pour boucler le voyage sur un retour inattendu d’une tourbe qui s’était faite trop discrète jusqu’ici. Finale: Ici se présente un beau vent d’eucalyptus et de diachylon qui m’avait mis sur le cul quand j’ai goûté il y a des lustres à mon premier Bowmore 12. On s’étend ensuite tout en douceur sur un peu d’épices et de noix. Équilibre: Objectivement, un sacré bon whisky. Subjectivement, dû à la mémoire olfactive et à la nature humaine, cette expression me relance dans la nostalgie de mes débuts dans le monde du whisky, et juste ça, ça vaut un point de plus.

Kim 94%
Une tempête sur l’île d’Islay, c’est ce que nous promet le nez de ce whisky : sel marin des vagues qui viennent lécher le quai de Bowmore, fumée tourbée des cheminées du village, algues qui roulent sur la plage. En bouche on assiste à la tempête, mais de l’intérieur du pub. L’air salin et la fumée sont toujours présents, mais enrobés de la chaleur du bois et de caramel épicé. Les effluves typiques d’Islay, qui peuvent rebuter certains, se trouvent adoucies, créant un délicieux équilibre.

Douglas Laing Executive Decision Aberlour 25 ans Single Cask 1988

50.9% alc./vol.
Fût #9967, 88 bouteilles.

André 87%
Un Aberlour complètement hors-norme, loin du sherry cask livre à la sauce bourbon cask. Nez doux et silky, fruité à saveur de salade de fruits, d’herbe sec, grains de céréales moulus. C’est quand même drôle de goûter un Aberlour sans le sherry, dans une dégustation à l’aveugle, ok, mais en sachant c’est quoi, c’est très déstabilisant… La bouche est douce, le bourbon cask est à l’avant-plan, le sucre vanillé, le bois de chêne un peu sec, puis encore la salade de fruits, le citron et les épices en fond de bouche. Finale de bonne longueur, sans autre variante qu’apportées précédemment. Les épices se soulèvent en coup de vent en toute finale et la salade de fruits, omniprésente, s’éteint lentement dans une finale où l’alcool est plus perceptible. Définitivement en dehors des sentiers battus des Aberlour traditionnels mais une addition intéressante et challengeante pour le dégustateur plus expérimenté. J’aime l’expérience du différent mais je déplore le manque de diversité de la composition et de l’expérience en général.

Patrick 89%
Nez : Belle profondeur.  Caramel brûlé, chêne, xérès délicat.  Bouche : Superbe sensation en bouche, huileuse et chaleureuse.  Xérès, caramel, chêne et épices.  Bref, tout y est!  Finale : Longue et chaleureuse, épicée et boisée.  Balance : Malgré que j’aie plutôt l’impression que ce whisky est en fait 10 ans plus jeune, il offre une superbe complexité et une balance exemplaire.

North Port Brechin 23 ans 1971

54.7% alc./vol.
Bouteille #2143, Rare Malts Selection.

Patrick 85%
Nez : Parfum d’orge épicé et de chêne puissant.  Bouche : Comme mordre dans une planche de chêne!  Quelques épices, un peu d’orge bref, un beau mélange simple et efficace.  Finale : Longue et savoureuse, marquée par le chêne brûlé.  Balance : Un bon dram efficace, j’aurais aimé voir ce que ça aurait pu donner avec les masters blenders d’aujourd’hui.

Provenance Caperdonich 11 ans

46% alc./vol.
Distillé en 1996, embouteillé en 2008, cask #4200.

Patrick 90%
Complexe!  Au point que j’en suis demeuré perplexe.  Comment le nez fait-il pour être si différent de la bouche?  Et surtout, comment se fait-il que l’ensemble soit si harmonieux?  Un whisky de dégustation, lorsqu’on peut prendre le temps de le décortiquer.  Nez : Parfum de sucre de bonbon rouge à la framboise, avec une touche de caramel et de vanille.  L’ensemble n’est toutefois pas si sucré que ça, ce qui en fait un bouquet très intéressant.  Bouche : Chêne, puis herbe fraîchement couchée et pointe de poivre.  Puis, le sucre arrive, mais un sucre épicé.  Finale : Épicée, mais tout de même sucrée.

SMWS 127.38 Port Charlotte 10 ans

66.3% alc./vol.
« Enticing fume of a peat reek » – Distillé le 20 août 2003, 618 bouteilles.

André 90%
Pourquoi perdre du temps à parler et négocier quand on peut crisser un coup de pelle ronde en pleine face ? Fuck la subtilité (à prime abord) allons directement au but… comme on dit «le chemin le plus court est celui en ligne droite ». Nez fumé, avide et bestial adouci par le sherry cask. Bûches de bois mouillé en train de brûler, tourbe, céréales au miel, étrangement des notes d’agrumes et d’oranges aussi. Texture huileuse en bouche se transformant en suie de cheminée et de tourbe verte terreuse médicinale et salée. Finale longue assaisonnée au sherry, maelstrom de tourbe verte, fumée de feu de camp, sel, vanille et miel.

Patrick 90%
Superbe whisky, d’une intensité et d’une complexité incroyable. J’en veux plus. Nez: Bacon brûlé et fumé, sauce soya et touche de champignons. Bouche : Tourbe brûlée, voire carbonisée. Herbe et pointe d’algues qui viennent donner une touche juteuse au scotch. Finale : Longue, dominée par la cendre.

Martin 91%
Ambre cuivré lacé d’indices évidents de son fût de xérès. Nez: Quand il respire un peu, on parvient à passer au-delà d’un vent de vernis à ongles pour enfin se prélasser sur de douces céréales mielleuses et fumées au chêne mouillé. Un peu de sel et d’orange viennent supporter le reste de l’ensemble. Bouche: Tourbe salée, mais qui se métamorphose rapidement en salade de fruits juteuse, en miel et en côtes levées BBQ. On boucle l’expérience tel l’Ouroboros avec une pelletée de tourbe médicamenteuse en pleine tronche. Finale: Cuir brûlé qui résonne sur des notes d’épices et de xérès qui n’en finissent plus. Équilibre: Plus ou moins subtil, mais au moins ce whisky a le mérite de ne pas tourner autour du pot. Il y a bien des fromages qui mériteraient un mariage avec celui-là.

SMWS 3.210 Bowmore 17 ans

58.9% alc./vol.
« Sooty and Sweet » – Distillé le 7 mai 1996, 224 bouteilles.

André 91.5%
Maritime à souhait. Épices à steak, bord de mer et embruns salés, eucalyptus, pastilles pour la toux, fumée de tourbe humidifiée, asphalte. Superbe, bien équilibré et dosé avec finesse. En bouche, c’est plutôt puissant, l’alcool transporte sur son dos tous les signes distinctifs de l’île, c’est maritime avec tout ce que ça peut représenter (sel, algues, poisson) avec en plus la tourbe d’eucalyptus et médicinale de la distillerie. La force du whisky s’essouffle un peu en finale mais ce n’est que pour en libérer avec plus de générosité les arômes et saveurs. Superbe, distinctif, satisfaisant.

Patrick 94%
Bowmore et la SMWS à leur meilleur.  Sans joke, être riche, je prendrais mon bain là-dedans.  Nez: La plage, les algues, le sel et…  le bacon!  Tellement maritime, ça ne peut être qu’on bon vieux Bowmore!  Bouche : Sel, fumé, algues et toujours un peu de bacon.  De plus, quelques herbes s’ajoutent au mélange.  L’impression générale est d’être en train licher une planche de bois brûlé qui flottait auparavant à la surface de la mer.  Finale : Longue, très longue et salée.  Une petite pointe de lime, me rappelant vaguement un Corona fait surface dans les derniers instants.

Martin 93%
Plus que pâle, peu de Bowmores sont aussi peu colorés. Ne jugeons pas trop hâtivement. Nez: Vachement Islay. Citron salé intense derrière un beau voile de tourbe et de fleur de sel. Algues humides et infime goudron, tellement que je pourrais confondre avec un Laphroaig! Marmelade à l’orange, un nez à se perdre dedans… Bouche: Citron sucré sur poisson salé, lardons, sel de mer, boucane, pierre lavée, avec une touche iodée qui cimente le tout. Débile. Finale: Épices fumées et citronnées qui doucement relâchent des notes de bois humide, de sel et de belle grosse tourbe. Une pointe d’acidité au terminus est des plus bienvenues. Équilibre: Vraiment du grand Bowmore. La SMWS a su choisir ici un fût d’exception. J’ai peine à lui trouver des grands défauts, si ce n’est que sa rareté.

SMWS 29.135 Laphroaig 17 ans

60.7% alc./vol.
« Fisherman’s Friend Aniseed Lozenges » – Distillé le 4 avril 1995, 223 bouteilles.

André 91%
Médicinal mais endormi et les mains ligotées au lit (d’hôpital). Yaourt à la vanille un peu tourbée, encore la mer et le sel de mer, les filets de pêche séchant au soleil, la savate noire. Bouche baveuse et alcoolisée, puissante. Médicinal et bord de mer, sel en fond de bouche, noix, vanille. Finale soutenue, qui s’étire en longueur, alcool puissant sans autres saveurs que celles livrées précédemment. Encore une fois distinctif et dans la ligne de la distillerie. J’adore.

Patrick 93%
Si vous n’aimez pas Laphroaig, vous allez détester.  Si par contre vous êtes fan de la distillerie, vous ne sauriez vous en passer, quelqu’en soit le prix.  Nez: Ça sent le yâble comme on aime ça!!  Algues, cendres, médicaments et fruits de mer pas frais bref, tout ce qu’on aime chez Laphroaig!  Bouche : Les fruits de mer pas frais, les algues et le sel.  Puis, un peu de sable, d’anis et de cassonade.  Finale : Très longue, mais on la voudrait encore plus longue!

Martin 91.5%
Très pâle paille, mais bien expliqué par sa tourbe et son fût de provenance. Nez: La tourbe à laquelle on s’attendait semble ici endormie, pour laisser place aux algues salées et aux coquilles de crabe séchées à l’aube sur une plage du Maine. Quelques fruits veulent briller, mais on les sent aussi paresseux que la tourbe. Bouche: Belle présence de cuir sucré et de caramel salé. Vanille et fruits juteux se battent pour le spotlight avant d’être balayés par une vague épicée d’une puissance à la hauteur de Poseidon. Genre tassez-vous, je débarque. Finale: Toujours le puissant alcool et les épices qui dominent, malgré qu’on a quand même droit ici à un petit retour de la tourbe fruitée et peut-être même à une point d’orge. Équilibre: Un excellent scotch, bien qu’on comprenne un peu pourquoi Laphroaig l’a laissé aller. Si on s’arrête à son nez réducteur, on passe à côté d’un beau plaisir.