Ardbeg Scorch 2021 Committee Release

51.7% alc./vol.
Vieilli en ex-Ardbeg Alligator casks.

André 87%
Je dois avouer qu’après avoir lu les critiques fortement défavorables (dont celles de mon comparse Patrick), je m’attendais à une solide débandade. Pour ma part, j’ai été agréablement surpris (pas jeté sur le dos par contre). Cette édition est à la fois singulière et représentative aussi de la distillerie. Nez agrumé et citronné, le bois brûlé est intense, la tourbe médicinale et minérale, herbe verte mouillée et menthol, cocottes de pin. La bouche développe une belle onctuosité huileuse très agréable. Saveurs iodées et camphrées, réglisse noire, bois calciné, pincée de poivre et jus de citron, saveurs qui évoque la fumée de charbon industrielle et les pastilles casse-grippe à l’eucalyptus, ananas. Finale sur l’anis et le bois brûlé, le sel de mer, le poivre et l’eucalyptus. Ardbeg a certainement connu des jours meilleurs mais cet embouteillage se tire pas si mal d’affaire sans s’allier à tout les goûts probablement, ce qui lui attire probablement les foudres de certains amateurs, surtout si l’on regarde la flambée des prix sur les marchés secondaires. Mais comme chailer contre Ardbeg est devenu un sport national.

Patrick 80%
Un whisky très original, où on retrouve tout ce qui fait qu’Ardbeg est Ardbeg mais… On dirait qu’on a oublié de rincer la bouteille après l’avoir savonnée. Pour amateurs de gomme au savon, sinon s’abstenir. Comprenez, je ne dis pas que l’arôme qui domine est le savon, mais, par exemple, si on le compare avec le 10 ans, c’est ce qui le démarque. Nez : De la fumée de tourbe très aromatique, avec des fines herbes, de l’anis, de la sauge, du pin et une touche de savon. Plutôt unique comme parfum. Bouche: Du bois sec, une tonne de fumée de tourbe, des herbes séchées, du charbon, du sel et une barre de savon de mécanicien. Le tout est porté par une assez belle texture. Finale : D’une longueur moyenne, avec de la fumée de tourbe, des herbes séchées et toujours le savon…

Martin 87%
Nez: Poivre citronné, tourbe cendreuse, conifères, chêne et pastilles contre la toux. L’ensemble paraît plus fruité que tourbé. On reste à l’affût. Bouche: Encore bien fruité, avec même une petite touche agréable d’acidité. Le citron et la tourbe nous rejoignent vite, avec bois, poivre et crème anglaise. Finale: Repose longuement sur le bois calciné, le sel et les agrumes. Vent de sapin goudronné. Pastilles à l’eucalyptus. Équilibre: Un bel embouteillage, sans être la plus grandiose des éditions spéciales, j’ai de la misère à trouver des défauts majeurs aux embouteillages d’Ardbeg.

Hunter Laing Scarabus Islay Single Malt

46% alc./vol.
Provenant d’une distillerie Islay non divulguée vient Scarabus, un single malt de Hunter Laing lancé pour Fèis Ìle 2019. Scarabus signifie « lieu rocheux » en vieux norrois, nommé d’après une zone mystique d’Islay. Toute l’expression est assez mystérieuse, de la distillerie secrète aux symboles dorés qui ornent la bouteille. Hunter Laing est dirigé par Stewart Laing et ses deux fils Andrew et Scott.

André 86%
Fumée de tourbe fraiche et sel de mer vivifiant, bois de chêne brûlé, touche citronnée, ananas, purée de bananes, vanille, fumée un peu crasseuse, une touche herbacée aussi. Sensation de poussière de craie au nez. Ça ressemble à du Caol Ila. Intéressante vague sucrée en bouche cachées par les nuages de fumée de tourbe crasseuse. Oranges, citron, sel de mer, vanille, goudron, suie, poussière de pierre et sel de mer. Touche mentholée en rétro-olfaction. Finale médicinale et phénolique, poivrée et salée, bien fumée aussi.

Patrick 88%
Hunter Laing ont mis la main sur de délicieux fûts! Ce qui fait la particularité des whiskys d’Islay s’y retrouve bien dosé. Nez: De la belle fumée de tourbe douce et enveloppante, avec une bonne dose de sel. Bouche: La première impression est dominée par le sel, puis la fumée de tourbe prend de plus en plus de place, mais se marie finalement avec plaisir avec une belle note et de chêne sec et épicé. Finale: D’une belle longueur, salée, fumée et boisée.

Martin 86.5%
Nez: Tourbe herbeuse, pneu et goudron, vanille et raisin blanc. Sel marin, herbe et touche de terre poivrée. Bouche: Fumée de tourbe, poignée de sel, épices et chêne, fruits à chair blanche. Assez sobre dans le style, mais ça ne m’empêche pas de trouver cela délicieux. Finale: Fraîche et fumée à la fois, avec une longueur et une intensité appréciable. Tourbe verte et terreuse, retour du sel, retour du poivre, on termine en beauté sur le chêne sec. Équilibre: Un bel Islay assez classique, mais assez sobre aussi. Les saveurs sont agréables, mais un peu muettes à mon goût. Points bonus pour la belle bouteille.

Cadenhead Original Caol Ila 12 ans

46% alc./vol.

Patrick 89%
Un beau Caol Ila qui réponds aux attentes que j’avais envers ce whisky d’Islay. De la belle fumée, de la fraîcheur et un peu de sel. J’aime bien. Nez: Belle fumée de tourbe pleine d’agrumes et de pommes vertes. Frais et intense. Bouche : Fumée de tourbe d’une belle intensité, avec du bois brûlé, des pommes vertes, un peu de sel et une touche de vanille très discrète. Finale: D’une belle longueur, avec de la fumée, des épices et de la sève fraîche.

Smokehead Islay Single Malt The Rock Edition

43% alc./vol.

André 83%
Étonnant comme intensité. Grosse fumée sale, maritime, pierres nappées de sel de mer séché au soleil, aspect médicinal aussi. Les saveurs en bouche font penser à un mélange de Laphroaig et de Caol Ila et s’agrémentent d’une touche de sherry et d’une fraicheur citronnée. La tourbe explose en bouche et dégage des accents d’herbe verte mentholée et de pastilles Fisherman’s Friend et d’enbruns maritimes, poivre et suie de cheminée ramonée. La texture est malheureusement disparate et sans trop de structure huileuse ou grasse, liquide et éphémère aussi, comme un feu de plage lointain. Mais j’adore l’apparition des notes d’agrumes et de citron qui s’offrent en rétro-olfaction.

Patrick 80%
J’ai plutôt été déçu de mon achat… Ce n’est définitivement pas le whisky que c’était il y a dix ans. Pas mauvais, mais pas aussi bien balancé que c’était à l’époque. Nez: Un beau parfum de fumée de tourbe et d’algues, avec de belles notes iodées et un peu de xérès et de citron. Bouche: Fraîche, débordant d’épices et de fumée, avec aussi une certaine dose d’agrumes, des algues et beaucoup de sel. Finale: D’une longueur moyenne, salée et fumée.

Martin 81%
Nez: La tourbe sèche, herbeuse et maritime nous accueille d’entrée de jeu. Fruits tropicaux, varech et fumée. Touche de cuir. J’aime bien. Bouche: Texture laisse à désirer, par contre on aime bien les saveurs de tourbe, de miel, de vanille, de pastille pour la toux. Caramel et poivre. Finale: Fumée, vanille, bois, épices, miel et cendre. Longueur appréciable. Équilibre: Sans être un grand Islay single malt, ça se prend bien un mardi soir.

Bruichladdich Octomore Event Horizon 12 ans Fèis Ìle 2019

55.7% alc./vol.
Bottle 1149 of 2000. Octomore est la ligne de single malt très fortement tourbée de Bruichladdich, celle-ci livre un taux phénolique de 162,6 ppm. Le single malt a mûri pendant 12 ans dans des fûts ex-oloroso et ex-Pedro Ximenez provenant de la Bodega Fernando de Castilla à Jerez. Il s’agit de l’édition la plus âgée d’Octomore à être lancée à ce jour. Seulement 2000 bouteilles produites.

André 92%
Notes de tourbe terreuse très prononcée mais qui n’envahit pas les narines, moue de café et chocolat noir, notes de xérès un peu tricky, cuir mouillé, baies sauvages trempées dans le caramel, oranges, poivre moulu. Le nez me rappelle l’édition Brucihladdich 1992 PX Sherry, la tourbe en moins. La texture est divine en bouche, on ne ressent pas du tout la morsure de l’alcool ou de la tourbe, superbe équilibre. Bacon assaisonné de jus de cerises et de caramel, cendre froide et terre humide, chocolat et café, oranges, cerises, raisins mauves, anis, fruits sauvages, poivre, accents de vin rouge aussi pas tannique et austère mais plus du côté festif de la force. La finale est ponctuée de bonnes salves de tourbe un peu sale, terreuse et crasseuse, un assemblage de fruits rouges, réglisse, pincée de sel de mer et de poivre. Fine touche sulfureuse qui n’enlève rien à l’équilibre général. Pas mal dans mes top de la série Octomore.

Kilchoman 12 ans Founder’s Cask Release #2 – Bourbon Cask #269/2007

54.7% alc./vol.
Distilled 29/08/2007, Bottled 03/09/2019, 242 bottles. Cette deuxième édition fût choisie par un membre de la famille Wills qui a fondé la distillerie Kilchoman en 2005. Ce single cask bourbon a été sélectionné par George Wills, l’un des trois fils d’Antony et Kathy.

André 87%
Mélange de fruits tropicaux et d’ananas fumés, caramel salé, poires, très orientés sur des éléments maritimes aussi, tourbe prononcée mais pas envahissante. Belle texture ronde, pas huileuse nécessairement. La bouche développe des saveurs rougeâtres, presque des fruits sauvages qui se mélangent de fruits tropicaux sucrés. La tourbe est terreuse et assaisonnée d’herbe grasse, d’eucalyptus, menthol et d’épices très prononcées, jus de citron, anis poivré. Le whisky conservera un caractère un peu rough et industriel, de fermette aussi, jusqu’en finale, pour la tourbe du moins. Longue finale, fumée médicinale et animale, fruits tropicaux, lime et citron, eucalyptus.

Kilchoman 100% Islay 10th Edition 2020

50% alc./vol.

Patrick 89%
Un très bon Kilchoman, très salé, frais et meilleur de gorgée en gorgée. Je n’aurais pas de misère à en vider une bouteille! Nez : De la fumée de tourbe herbeuse? Aussi du sel et un peu de bois sec. En tout cas, ça sent bon. Bouche : Du sel, puis de la belle fumée de tourbe sale, du bois brûlé, de l’herbe séchée et de belles épices. L’ensemble est assez frais. Finale : D’une belle longueur, un peu épicée et bien salée.

Kilchoman 11 ans Oloroso Sherry Butt Cask Matured #423/2007

54% alc./vol.
Distillery Shop Exclusive, Distilled 4/12/2007, Bottled 30/10/2019, 633 bottles.

André 86%
Bien rond au nez, le sherry est onctueux sans être pompeux. Notes de terre humide, de chocolat noir fourré de caramel, oranges et cerises. Texture un peu anonyme en bouche, le sherry est rond et agréable, légèrement poivré et offre aussi des notes d’anis, gingembre et de cannelle, cerises noires, oranges. Ensemble plus médicinal que les dernières évaluations que j’ai faites. Les notes maritimes sont également plus subtiles. Courte finale pour un whisky tourbé, sur les fruits rouges roulés dans la cannelle et fumée de tourbe médicinale.

Patrick 85%
Toutes les saveurs qu’il faut, mais un peu rough sur les bords! J’aime bien mon échantillon, mais une bouteille au complet serait probablement un petit peu trop. En tout cas, j’irais avec modération. Nez : Un délicieux parfum où le xérès et la fumée de tourbe sont admirablement bien mariés, avec quelques gouttes de chocolat au lait et une note terreuse. Appétissant! Bouche : De la belle fumée de tourbe poivrée, du xérès plein de fruits très mûrs, du sel et une touche d’amertume. Finale : D’une longueur moyenne, dominée par le sel.

Kilchoman Small Batch Release UK – Batch #2

47.4% alc./vol.
Édition limitée de 1200 bouteilles. Issue d’un assemblage à 80% de fûts de Bourbon réduit à 46° et de 20% de fût de Sherry à son degré naturel.

André 80%
Étonnamment muet au nez. Pommes rouges, poires, bananes, oranges, vanille, fumée de tourbe diffuse. Avec le temps, les notes d’oranges prennent de plus en plus d’importance. En bouche, la texture déçoit grandement. Flat, diluée, sans passion. Melon au miel, mangue, bananes, poires, fumée lointaine, terre humide, chocolat noir amer, sel et poivre. Courte finale, fade avec des notes de feu de tourbe essoufflé. Déception.

Patrick 80%
Je crois qu’il y a eu une erreur à l’embouteillage, et que ce whisky nous est offert à 35% d’alcool. Dilué, jeune, je suis bien content que ce soit une « small batch », vite, on passe à autre chose! Nez : Fumée de tourbe fraîche, pommes fraîches, oranges fraîches et chêne brûlé, heu, frais? Bouche : De la belle fumée de tourbe, de la cendre, du poivre. Puis, du chocolat noir et de discrets fruits tropicaux. Le taux d’alcool semble toutefois au moins 10% plus bas. Finale : Plutôt courte et marquée par la cendre et le poivre.

Kilchoman Machir Bay Cask Strength 2020

58.6% alc./vol.
Version iconique de Kilchoman, Machir Bay, avant d’être un whisky, est le nom d’une superbe plage pittoresque à quelques pas seulement de la distillerie sur l’île d’Islay. Ce single malt signature, sans colorant et non filtré à froid, est un assemblage de whiskies ayant vieilli à 90% dans des ex-fûts de bourbon de premier remplissage et à 10% dans des fûts de sherry Oloroso.

André 89%
Fruits tropicaux nappés de crème à la vanille parfumée à l’eucalyptus et au camphre, fumée de tourbe terreuse, pommes et raisins verts, ananas, poires, touche bien discrète de xérès. À l’aération, les notes terreuses deviennent très intenses. Superbe texture en bouche ronde, douce et crémeuse. Notes d’agrumes et de fruits tropicaux: ananas, bananes, cerises, poires, melon au miel, le tout dans un nuage de fumée de tourbe très terreuse et poivrée aux accents salins maritimes. La texture…wow… Finale sensuelle et onctueuse, encore une fois la texture est démentiellement bonne, purée de bananes fumées, terre mouillée, poivre et sel de mer. Pas l’expression la plus punchée de la distillerie, mais une texture à faire rêver domestiquant un taux d’alcool puissant. Une belle approche pour les novices voulant apprivoiser les expressions cask strength.

Patrick 90%
Définitivement Machir Bay, mais en mode intensité maximale. Du bonheur plein la gueule! Nez: Un intense parfum de fumée de tourbe avec une touche d’agrumes et de pommes vertes. Bouche: La pagaille est prise pour notre plus grand plaisir entre la fumée de tourbe, le sel, le poivre, les agrumes. Finale: D’une belle longueur, marquée par la fumée, les agrumes, le sel et le poivre.