Ledaig 10 ans

46.3% alc./vol.
Édition 2011. En 1798, un négociant de l’île demanda aux autorités la permission de construire une distillerie ; celle-ci lui fut refusée (pour quelles raisons ?) cette année-là…mais accordée la suivante ! Ce fut donc en 1798 que John Sinclair put construire la distillerie qui ne fut complètement opérationnelle qu’à partir de 1823. Rachetée en 1890 par John Hopkins & Co., puis par Distillers Company Ltd. en 1916, la distillerie fut fermée en 1930. La réouverture n’intervint qu’en 1972 sous le nom de Ledaig. Acquise en 1978 par Kirkleavington Property Co., la distillerie appartient désormais à Burn Stewart qui y a opéré de gros investissements. Le whisky élaboré ici ne vieillit d’ailleurs pas sur l’île, mais dans une autre distillerie du groupe, Deanston dans les Highlands.

André 78%
Nez désagréable de pourri, herbe baignant dans de l’eau de pluie, un peu marin au nez également. Light en bouche, progressant sur la tourbe assez prononcée. Finale s’accrochant sur la vanille où l’herbe pourrie est disparue mais remplacée par le terreau d’empotage pour le bénéfice de l’ensemble.

Patrick 90%
Nez de tourbe jaune, avec une pointe de sel, un peu de caoutchouc brûlé et une pincée de foin. En bouche, la tourbe montre sa pleine richesse. La pointe de sel est toujours présente, ainsi que le foin et un côté malpropre. La finale est marquée par le sel, avec un peu de céréales. Bien équilibré, une belle richesse de saveur, juste assez unique pour donner le goût d’en prendre un autre verre.

Martin 86%
Couleur d’un jaune pâlotte qui crie la tourbe. Nez: Une traînée de fumée de tourbe et de phénol surplombe une trop petite communauté de citron, de cuir, de pin, de noix et d’huile d’olive de façon savoureusement sinistre. Bouche: Surprenant, huileux et épicé en bouche. Des notes de miel et de citron, agrémentées d’herbe et de noix salées, sont au rendez-vous. Finale: On laisse de côté les fruits et le sucre pour tomber ici dans la boucane de tourbe, le cuir et les feuilles de tabac à pipe. Poivre et médicaments s’étirent un peu et finissent par se chicaner à mon grand dam. Équilibre: On reste tout de même loin des monstres tourbés de l’Islay, mais cette expression de Mull digne de mention reste toutefois solide. Je pourrais recommander sans honte cette expression, accompagnée du Tobermory 10 ans, pour quelqu’un qui souhaite avoir une idée de ce qui se fait dans les îles moins connues de l’Écosse.

RV 77.5%
Sans même prendre de chances, ce whiskey réussit à décevoir en chutant en milieu de parcours . L’expérience débute par une déconcertante odeur de préparation chimique, à la limite un mauvais gâteau dans lequel on aurait inversé les proportions de poudre à pâte et de farine. Avec le temps, on migre vers la tourbe et le foin pourri, qui se poursuit en finale. Heureusement, en bouche le nez se corrige – un peu – mais pas la bouche. Quand c’est le dégoût plutôt que l’anticipation qui me fait avaler un whiskey…

Chatoe Rogue Oregon Single Malt Whiskey

40% alc./vol.

André 81%
Bubble gum, cigarettes Popaye et fleur sucrée. Un nez de whisky pour enfant, rappelant les bonbons de notre enfance. Le nez est agréable et joyeux. La bouche s’effondre sur elle-même, la texture est molle et très sucrée, ça me fait penser aux bananes en bonbons qui se vendent encore dans les confiseries. Finale diluée et fluide, vraiment courte. Un whisky dessert facile d’approche et qui n’effrayera personne.

Patrick 80%
Nez: Céréales mouillées aromatisées à la cerise. D’accord avec André pour ce qui est des cigarette Popeye. Bouche : Cerises et céréales. La texture est un peu trop marquée par l’eau. Finale : Courte et sucrée. Balance : Bien, mais gagnerait à être embouteillée à au moins 46% (40%, %#@, c’est quoi l’idée???) et surtout vieillit plus que 3 mois.

Martin 79%
Coloris d’un beige ambré un peu fade, trempant presque dans le bas-collant taupe. Nez: Orge et gomme balloune, herbe et fleurs, vanille, miel et retour de la gomme balloune. Définitivement l’univers de la Bubble-Yum. Bouche: Légèrement plus agressif en bouche que le laisse présager son taux d’alcool. Ample et floral avec des notes prononcées de savon et de houblon. Finale: Courte et un peu amère avec une touche sucrée et métallique mêlée à un vent de pêche. Non Steve, le fruit, pas le sport. Équilibre: Pas si mauvais que ça, mais il tombe un peu à plat à mon goût. Ce n’est pas sans rappeler de drôles d’expériences telles le Nevada Whiskey.

Highland Park 10 ans

40% alc./vol.

André 82%
Étonnant un Highland Park si fruité et tourbé, une tourbe florale et parfumée au miel de bruyère. En bouche, les oranges et les poires, le sel en acteur de soutien, le taux d’alcool est bien effacé pour moi et la texture en bouche en souffrira. L’apport de la vanille et des amandes est intéressant mais l’ensemble est trop doux. Finale mielleuse avec rappel maritime, touche de citron. Un whisky entre le 12 ans et le 15 ans actuel, à mi-chemin entre le cozy 12 ans et l’estival 15 ans. Mais pour 10$ de moins que l’édition phare de la distillerie de 12 ans, je n’hésite même pas une seconde. À souhaiter que Highland Park nous fasse pas le coup des no age statement tout comme Macallan.

Patrick 88%
Nez : Tourbe florale et mielleuse, le tout étant délicat et robuste à la fois. Bouche : Une belle tourbe fumée, mielleuse et florale. Pointe de citrons. Finale : Assez longue pour un 40%, fumée, épicée et avec une touche de poussière. Balance : Ne serait-ce de la finale un peu poussiéreuse, il s’agirait de l’un des meilleurs rapports qualité/prix sur le marché. L’ensemble demeure tout de même un excellent dram de tous les jours, le dram parfait à servir à la visite qui ne connait pas vraiment le whisky, mais à qui on veut servir quelque chose de différent sans se ruiner. Je recommande.

Martin 83%
Le verre affiche une pâleur digne d’un chardonnay plus que typique. Nez: Un fond timide d’agrumes et de miel est discernable, mais ce qui frappe le plus reste un vent de gras de fondue au fromage, de religieuse collée au fond du caquelon, bordé de notes de fumée et de gazon. Bouche: Douceur et équilibre emblématiques de la distillerie. Amalgame envoutant de céréales sucrées sirupeuses et de rayon de miel avec un fond de bruyère et de tourbe. Finale: On flotte doucement sur un franc et langoureux vent de tourbe citronnée et gazonnée. Équilibre: Une expression de départ pas assez solide à mon goût pour la renommée et l’héritage de Highland Park. Dans mon livre à moi, le 12 ans reste une base plus équilibrée, et pour dix dollars de plus avec un voyage en Ontario en moins, la question ne se pose même pas. Ça reste tout de même une belle occasion pour initier un néophyte aux scotchs des Orcades.

Connoisseurs Choice Gordon & MacPhail Dailuaine 15 ans 1995

43% alc./vol.
Distillé en septembre 1995 et embouteillé en juillet 2011.

André 82%
Très crémeux avec de beaux atours fruités principalement poires et pêches. Arrivée citronnée, poudre de malt, sherry. Très vivifiant et désaltérant. Finale qui s’éteint par contre trop rapidement.

Patrick 82%
Un whisky relativement original, mais j’Aurais préféré y goûter à taux d’alcool plus respectable.  Dommage, une belle occasion manquée.  Nez : Parfum plutôt frais : Céréales, agrumes et fruits exotiques.   Bouche : Toujours les agrumes, quelques épices, mais pour reprendre les mots de Martin, l’ensemble est dominé par une sensation de pneus neufs.  Finale : D’une longueur moyenne et poussiéreuse.

RV 87.5%
Toujours agréable de découvrir une petite boulangère rétrograde pourvue de bonnes intentions. Bananes, pain aux bananes, bref un nez et une bouche doucement fruitée. Toutefois, la finale est très conventionnelle, avec du malt, du grain et une touche de miel; il faut quand même rester sucré après un pareil nez. Enfin, en aftertaste, les épices laisse un souvenir un peu différent, et avec une touche de muscade l’ensemble est bien ensaché, vraiment prêt à la consommation. Et 63$ pour découvrir une nouvelle place, un bon petit prix pour un bon petit whisky.

Martin 82%
Il arbore des reflets d’un ambre pâle et la belle clarté d’une paille riche. Nez: La céréale jeune et les cours d’eau du Speyside nous sautent tout de suite au nez, suivis d’une vague sucrée et fruitée qui se termine sur des notes de kiwi et de lychee poivrées de citron. On sent vraiment la jeunesse de ce malt au nez, et malheureusement ça ne lui fait pas. Bouche: Réchauffe la bouche avec du miel et du citron sur des accents de céréales légères très sucrées. Le fait qu’on soit ici à plus de 40% d’alcool est un trait un tantinet rédempteur. Si j’étais enrhumé et qu’un gros Saint-Bernard m’en apportait dans son petit tonnelet accroché au cou comme dans la pub de Neo-Citran, je suis certain que je serais pas mal plus prestement remis sur pied. Finale: Moyennement longue et baignant dans une salade de fruits dans son sirop, accompagnée d’un vent de parfum cheap de directrice d’école à saveur de pneu neuf. Équilibre: C’est un embouteillage honnête dans son ensemble, mais qui ne vaut certainement pas le voyage en Europe. C’est un vieillissement en fûts de xérès de deuxième remplissage, c’est-à-dire qu’un autre whisky y est déjà passé avant, et on dirait que ce Dailuaine y a laissé un petit peu de son âme…

Last Mountain Distillery Canadian Rye Whisky

40% alc./vol.
Saskatchewan.

André 79%
Un rye whisky générique. Nez ordinaire de rye whisky sucré et caramélisé allié d’un mince couvert fruité. On a intérêt à le sentir dès le départ car il s’évapore rapidement, ce qui prépare pour l’arrivée en bouche, fluide comme de l’eau tout en étant relativement moelleux en bouche, mais sans grande personnalité, un baiser d’alcool sans passion. Le rye étonne par l’apport du sucre comparativement aux habituelles épices un peu acérées du seigle qui ne seront présentes qu’en finale de bouche. Cette même finale sans distinction aucune, que l’on associe souvent à bien trop de Canadian whiskies que l’on retrouve souvent sur les étagères du bas des magasins, vendus en format 1.14 litres en bouteille de plastique. On veut bien vouloir jouer dans la court des grands mais on risque aussi de se retrouver dans les ligues mineures.

Patrick 80%
Pas mauvais, mais bin ordinaire. Pour paraphraser une citation célèbre, « la vie est trop courte pour boire du whisky ordinaire ». Nez : Parfum plutôt ennuyeux présentant des effluves typiques d’un rye bon marché. Bouche : Au goût, c’est un bon rye, mais la texture plutôt aqueuse en fait un produit plutôt ordinaire. Finale : Un peu courte, marquée par les épices du rye et une touche de bois brûlé subtile.

Martin 79%
Jaune pâle et désaturé, surtout pour un rye whisky. Nez: Assez standard au niveau de la composition. Fruits rouges, bois, seigle et colle. Un peu de caramel et de vanille. Bouche: Arrivée un peu aqueuse, sur des notes de raisin rouge et de caramel brûlé. Le chêne et les épices du rye y sont aussi, mais accompagnés d’une vague d’alcool et d’acétone un peu maladroite. Finale: Surfe brièvement sur les notes élaborées en bouche. Équilibre: Sans grande personnalité, ce dram évoque beaucoup trop la mauvaise réputation des whiskys canadiens bas de gamme.

RV 79%
Les blocs Est et Ouest de part et d’autre du Parlement Canadien : imposant mais pour 99% de la population, sans grande signification. Nez des plus canadiens, le mélange seigle et caramel est on-ne-peut-plus-traditionnel. Toutefois, en bouche, la lourdeur habituelle de ce mélange n’y est vraiment pas; légères quoique chaudes, les saveurs sont assez monotones. La finale est quant à elle assez imposante mais austèrement canadienne. Un Crown Royal anonyme ou un Canadian Club ennuyant?

Revue Québec Whisky 2013

Introduction

André:
Année bizarre que 2013, les deux solitudes du whisky étant séparées plus que jamais. D’un côté, les major avec leurs prix faramineux, des éditions de Dalmore à 10000$ pièce, les releases de Diageo à 500$ pour des 10 ans d’âge. D’un côté, des distilleries jouant la carte du savoir faire reposant sur des siècles de production, de l’autre, des micro distilleries et de nouveaux producteurs de pays quelquefois insoupçonnés, nous livrant de petites perles fort abordables en nous ramenant à l’essentiel, c’est-à-dire au contenu de la bouteille. Bien que mon whisky de l’année est une bouteille à plus de 600$, j’ai souvent été désarçonné par des whiskies plus qu’abordables, souvent sans mention d’âge (Aberlour Abunadh, Mackmyra) et j’ai aussi pu trouver réconfort dans de grands classiques redécouverts (Balvenie, Laphroaig). Même vague du côté américain qui déferle à la vitesse grand V où à chque fois que j’ai la chance de traverser la frontière, je me retrouve devant un étalage de nouveaux producteurs ayant apparu sur le marché, avec toutefois une variante au niveau des prix, les whiskies américains ayant toujours été relativement abordables. On joue ici une carte différente, on teste les limites des règlements de l’industrie, on explore le monde des céréales (Koval Millet), on bénéficie de la latitude de l’industrie. Du côté Canadien, la SAQ nous préserve de découvrir de savoureuses éditions disponibles partout ailleurs au Canada (Forty Creek) et évite bien d’encourager le commerce « local » en évitant de nous proposer la découverte de nouveaux pionniers (Stillwater) ou de vieux routard méconnus ici (Alberta Premium). J’ai eu la chance de découvrir de divines parutions qui pourraient convertir le plus obtus des amateur de single malt aux whiskies Canadiens (Highwood Distillers – LB Distillers – Mastersons – Whistle Pig) évidemment non disponibles ici. À souligner, l’arrivée prochaine de nouveaux venus dont nous avons eu la chance de goûter les échantillons « work in progress », le Stillwater rye, le divin Shelter Point, le singulier Pemberton. Avec des Highwood Distillers Calgary Stampede 25 ans à 60$ la bouteille, un Alberta Premium 30 ans à 49$… le marché des whiskies Canadiens ne demande qu’à se livrer aux amateurs de whiskies. Pouvons-nous blâmer le protectionnisme Écossais? Jamais l’industrie du whisky Écossais n’aura été aussi près d’une remise en question aussi drastique, déchirée entre une demande implosante, de la problématique grandissante de la gestion des stocks et des barils (influant sur la qualité des barils), de l’explosion faramineuse des prix. Peut-on aussi blâmer le consommateur de tenter de trouver des alternatives à cette montée exponentielle du prix des single malts?

RV:
Plus que jamais, la mondialisation des whiskies: des distilleries artisanales américaines continuent de se matérialiser un peu partout, mais la même chose du côté canadien, de l’Europe et de l’Asie. Du côté de l’Écosse, on semble encore très frileux, (peut-être dépouillé d’une couche d’imagination par les règlements SWA) mais on a quand même droit à des éditions standards (Glen Garioch) très intéressantes. Et comme la mondialisation n’apporte pas que des bonnes choses, encore cette année nous avons eut droit à des whiskies-marketing; après tout pourquoi les financiers des distilleries s’arrêteraient de créer de faux whiskies rares douteux lorsqu’ils se vendent si bien, même si le soin semble plus être sur le contenant que le contenu (que feront-ils lorsqu’il ne restera de dieux au Valhalla?). Et difficile de justifier l’augmentation totale d’un range malgré les pseudos-raisons de sélection de barils des rois de l’autosuffisance distillée (un indice: leurs nouveaux whisky ne sont ni de beaux joyaux ni de précieux métaux). Il faut donc savoir apprécier les grands classiques (après plus de 1500 autres whiskies, le Lagavulin reste mon favori) et les valeurs sûres (le Bunnahabhain 12 ans ayant été ma « petite bouteille facile » favorite).

Patrick:
Allons-y pour les “plus” et les “moins” de 2013… Les « plus » : Les artisans qui nous créent de superbes whiskys originaux aux quatre coins de la planète. En premier lieu les courageux entrepreneurs qui lancent des micro-distilleries aux quatre coins du monde : leur expériences nous font découvrir la richesse insoupçonnée de notre alcool favori. Ensuite, les employés des distilleries établies depuis des siècles qui haussent continuellement la barre de la qualité: les whiskys médiocres se font de plus en plus rares à notre plus grand plaisir. Les « moins » : L’industrie, autant les producteur que « le » distributeur québécois. L’industrie, pour nous vendre à un prix éhonté des bouteilles qui, bien qu’elles soient de très bonne qualité, coûtent à produire une fraction du prix qu’elles sont vendues. Du capitalisme comme on aime l’haïr. Ensuite, la SAQ, ce monopole d’État des années 1920… Qui existe encore aujourd’hui simplement à cause du manque de courage du gouvernement qui n’ose pas affronter les puissants lobbys représentant tout ceux qui s’enrichissent au dépends du peuple québécois, qui paie trop cher pour un choix trop limité. Du socialisme comme on aime l’haïr. Aussi, je ne saurais passer sous silence la nouvelle tendance des « no age statement ». Je suis d’accord avec le principe qu’il n’est pas nécessaire d’attendre 10 ans ou plus pour déguster un whisky de qualité. Toutefois, cette nouvelle façon de faire fera en sorte que nous nous retrouverons à payer des prix abusifs pour boire de bons whiskys, alors que ceux-ci étaient jusqu’alors vendu à un prix raisonnable compte tenu de leur jeune âge.


Déception de l’année

André:
Pittyvaich 20 ans
Se faire escroquer de la sorte, y’a des gens qui vont en prison pour moins que ça. Aussi à souligner, l’infâme Bastille 1789 mais à un prix raisonnable.

RV:
Pittyvaich 20 ans
Une triple déception: après des années à lire les désastreuses évaluations de Jackson et Murray à propos du liquide s’écoulant de cette distillerie, enfin j’ai pu gouter à un . Certes, il n’est pas bon; difficile de trouver du positif et au-delà du goût, le prix exorbitant en fait qu’un whisky à gouter de manière fortuite. Mais ce qui est une plus grande déception, c’est qu’il n’est pas si mauvais (très mauvais, mais pas extrêmement). Quand un whisky ne réussit même pas à décevoir totalement, on le réserver pour les blends… ou la fermeture de sa distillerie.

Patrick:
Pittyvaich 20 ans
Peut être pas le pire au goût, mais définitivement le pire rapport qualité/prix que j’aie jamais vu. Comment peut-on oser vendre un produit si infecte à un prix si élevé? La distillerie a beau être fermée, elle l’a justement été car elle n’arrivait pas à produire un produit de qualité. De vendre le contenu des quelques futs restants à un tel prix démontre que Diageo prends ses clients pour des cons. Et ces derniers semblent lui donner raison puisque les bouteilles finissent tout de même par s’écouler…


Meilleur achat / prix SAQ

André:
Glen Garioch 1995
Si vous ne l’avez pas encore en main, c’est le must have de 2013. Noté plus de 90% par les 3 évaluateurs du site. Une qualité d’exécution rêvée pas plusieurs pour un prix dérisoire.

RV:
Shell Super sans plomb
Le meilleur whisky qu’on peut se procurer au Québec? On passe chez Shell pour faire le plein et on se sauve au New Hampshire ou dans l’état de New York pour acheter des bouteilles à la moitié du prix. Ou alors des bouteilles non disponible au Québec parce que le producteur est trop petit pour s’attaquer aux règles et à la voracité des dirigeants SAQ. Et ne surtout pas oublier de faire le plein avant de revenir: avec l’argent sauvé sur les taxes sur l’essence, vous pourrez vous payer un petit bourbon sympa, le tout bien sûr acheté directement et simplement au dépanneur du poste à essence.

Patrick:
Les rhums de la série « Plantation »
Une belle diversité de saveur, des nouveautés fréquentes, une qualité constante, et un prix raisonnable. Au niveau whisky, je n’ai toutefois rien de trouvé qui réunissait ces quatre conditions.


Meilleur whisky d’ailleurs (whiskies du monde)

André:
Michel Couvreur Candid
Découverte méconnue de bien des amateurs, parfois à cause du prix de certains embouteillages, on aura découvert cette années de beaux embouteillages de Michel Couvreur, qui aura su pousser l’utilisation des fûts de sherry à son paroxysme. Dommage que cette année, nous ayons aussi perdu ce personnage hors-norme du milieu du whisky. Je lève encore un verre à votre santé M Couvreur. C’est certes un bel héritage que vous nous avez laissé…

RV:
Michel Couvreur Candid
Après le Blossoming Auld Sherried de l’an dernier, le regretté Michel Couvreur nous as sorti une édition jeune et surprenante; toujours son vieillissement en sherry, mais cette fois-ci avec un distillat qui semble directement venir d’Islay, de Bowmore probablement. Un prix peut justifiable de 140$ pour un whisky qui semble ne même pas faire les dix ans, mais un goût qui m’a fait mes gros sous de Séraphin. Peut-être vaudrait-il en acheter quelques bouteilles? Les tableaux de Dali se vendait pas très chers immédiatement après sa mort.

Patrick:
Michel Couvreur Candid
J’espère que la concurrence sur ce front inquiète un peu nos amis écossais. Mon choix pour cette catégorie fut agréablement difficile compte tenu de la qualité et du choix qui vont sans cesse en croissant. Enfin, toujours est-il que mon choix de l’année est né en Écosse, mais a été élevé de main de maître en France par l’équipe du regretté Michel Couvreur.


Meilleur whisky canadien

André:
Highwood 25yo Calgary Stampede (6,000 bottles limited edition)
Mon choix initial était le Whistle Pig 10yo mais dû à l’ambigüité crée par la provenance du dit nectar distribué aux USA… Superbe création ce Highwood 25ans, avec ses notes de pâtisseries et de pain, sa texture soyeuse et crémeuse et son prix dérisoire de 52$…pour un 25 ans d’âge. Ma plus haute note au CWA 2012/2013 à l’aveugle.

RV:
Stillwater Stalk and Barrel #3
Difficile de ne pas flancher pour une distillerie qu’on a pratiquement vu naître, mais lorsqu’à gauche et à droite je vois les autres critiques encenser leur création, je sens que mon attachement pour leur liquide est justifié. De plus, à l’instar des whiskies de Forty Creek, leurs nouveaux whiskies sont définitivement hors du stéréotype « good ole canadian rye ». Une bouteille (à mon avis un peu rétrograde côté design) à découvrir, en version cask strength ou même l’édition normale.

Patrick:
Forty Creek Heart of Gold Reserve – 2013 Special Release
Vous ne savez pas de quoi je parle? C’est normal, il est disponible dans 9 provinces canadiennes… Bref, « coast-to-coast », sauf au Québec. Enfin, toujours est-il que ce rye whisky est une autre réussite de notre ami John K Hall. J’aimerais bien le voir continuer à expérimenter avec d’autres types de whisky… A quand le single malt ou le « bourbon canadien »?


Meilleur whiskey américain

André:
George T Stagg 2013 Edition
Après avoir attendu 12 ans avant de mettre une bouteille, je me suis dit que ça a avait valu la peine d’attendre afin d’avoir un bagage qui m’aura permis d’en apprécier la qualité. Une bombe américaine livrée à un taux d’alcool décoiffant de plus de 70%.

RV:
Balcones Brimstone
Après quelques années d’expérimentation certes hors normes, Balcones me couple le souffle avec son Brimstone. Tel que le Black Dog de MB Roland, Chip Tate s’attaque à la fumée d’une manière toute originale, et ce que l’on retrouve dans le Brimstone n’est pas une imitation d’Islay mais une symphonie de la fumée dans un tout autre registre, plus métal que végétal. Originalité, surprise, force.

Patrick:
Balcones Baby Blue
Original, suave, éclatant et « fun ». Non seulement le meilleur américain, mais un finaliste au meilleur whisky de l’année.


Meilleur Whisky de 2013

André:
Bowmore 1985-2012 26 ans – Édition limitée
Pas de doute, Islay… La tourbe envoûtante vous caresse le nez dès le départ et les fruits du fût de sherry – enrobé de chocolat noir – tendrons rapidement la main aux notes maritimes afin d’entamer ce long slow cochon. Les embruns salés applaudiront la réunion de ces éléments réunis avec un équilibre incroyable. La texture en bouche est crémeuse et soyeuse, l’alcool espionne dans un coin discrètement, d’autres couples se joindront à la danse; oranges et chocolat, fruits rouges et sherry, sel et tourbe, mélange de miel et de toffee chauffé également. La finale est en tout en développement, l’alcool prendra un peu de vigueur, le sel gagnera en importance avant le retour des fruits rouges et des cerises marasquin. L’équilibre parfait de tout les éléments… Simplement inoubliable.

RV:
Finger Lakes Peated Experiment
La fumée était à l’honneur cette année il faut croire: encore plus que le Brimstone, le whisky que j’ai le plus aimé cette année fut sans contredit l’expérience que fait actuellement la distillerie artisanale Finger Lakes avec la tourbe. Un tour de force en plus car le grain ou la tourbe est toute américaine et non pas importé d’Europe. Mais ce qui fait encore plus sa force et la force du bois qui s’exprime si bien au travers de toute cette tourbe. La bouteille dont j’attend le plus l’arrivée en tablette dans les années futures.

Patrick:
Bowmore 1985-2012 26 ans Édition limitée
Ma distillerie culte a encore méritée sa place dans mon cœur en nous offrant ce sublime nectar. Dans la catégorie « whisky to live for ». Aussi, mention spéciale à Macallan pour leur 1955 : compte tenu de la rareté du produit, je trouvais un peu injuste de le nominer.

Bowmore 100 Degrees Proof Small Batch

57.1% alc./vol.

André 90%
Toffee-caramel salé, belle tourbe maritime, alcool retranché et relativement calme, les céréales sucrées-fumées, genre Sugar Crisp chauffées et caramélisées. La bouche est puissante tout en étant équilibrée, le sel est considérable, avant de migrer sur un amalgame de tourbe sucrée et fumée. L’alcool entrera progressivement dans la langue en une parcelle de petites aiguilles et nous anesthésiera celle-ci avec des salves de sel maritime. On retrouve aussi le bon vieux feeling de pierre à savon des vieilles éditions. Finale très longue – merci au pourcentage d’alcool – ou la tourbe quittera en coup de vent laissant libre court au sel qui s’accrochera inlassablement partout en bouche et sur les lèvres. Une belle découverte pour les nouveaux adaptes de la distillerie et un retour aux sources pour ceux de l’ancienne garde.

Patrick 90%
Nez: Parfum réchauffé, avec de belles notées boisées et maritimes. Bouche: D’abord un sucre, puis le sel de la mer, le tout baignant dans un doux caramel. Finale: Très salée, comme on aime notre Bowmore. Balance: Une autre réussite de Bowmore.

Martin 90%
Belle coloration d’un miel doré qui n’est pas sans sous-entendre un fût de bourbon à quelque part là-dedans. Nez: Tourbe légère devant un rayon de miel. Vanille, malt, fleur de sel, cuir et chêne se bagarrent ensuite pour une place sous le soleil. Bouche: Fruits juteux soulignés par le taux d’alcool. Ample et mielleux avec encore du sel de mer, du caramel salé et du citron. Le goût n’est pas sans rappeler certaines moutures du Tempest. Finale: Épicée et sucrée, une légère tourbe nous transporte sur une longue période pour nous laisser sur une note de puissance sans réserve. Vitesse lumière. Équilibre: Une fois de plus, Bowmore m’emmène à des endroits moins familiers, et j’en redemande…

Macallan 1824 Collection Estate Reserve

54.7% alc./vol.
Édition réservée au marché asiatique.

André 77%
La première snif du nez est très désagréable, bois pourrissant dans une forêt, du gros cuir naturel poli, toffee, du gingembre. La bouche livrera les habituelles notes de Macallan, de gâteau aux épices, de sherry goulu et de fruits sec mais il n’arrive pas à se débarrasser de ces flaveurs de bois pourri ou de fût de mauvaise qualité, je ne sais trop… La plus belle transition sont les notes de toffee et de caramel se mariant aux cosses d’oranges qui s’arrondissent avec le temps et qui tentent de sauver la mise. Finale relevée par les épices, le taux d’alcool est agréable ce qui aidera à digérer la déception. Après avoir goûté au Select Oak payé 60$ pour un litre… ouch !

Patrick 84%
Nez: Caramel à la confiture. Bouche: Le xérès de Macallan noyé dans le caramel. Finale: Courte et sucrée. Balance: Pas la complexité habituelle de Macallan. A ce prix-là, c’est simplement du vol. Allez porter la bouteille à la police et portez plainte.

Martin 79%
Son beau coloris orange profond nous crie sherry en pleine face. Nez: Une combinaison alléchante de cèdre, gingembre et fruits séchés, bardée d’un peu de chocolat à l’orange. Comme je le répète encore et encore, le xérès à fond la caisse, tel qu’attendu d’un Macallan, mais malheureusement terni par un côté cuivré métallique, comme si on donnait un bon coup de torchon sur le côté de l’alambic. Bouche: On y découvre zeste d’orange, épices, raisins secs, pruneaux, enveloppés d’une infime fumée de bois. irrévocablement meilleur qu’au nez. Finale: Durable avec des effluves d’épices et de dattes, mais encore une fois ternie par le cuivre, voire même de l’huile à trompette. Équilibre: Malencontreusement beaucoup trop cher pour un Macallan qui, blasphème, me semble inférieur. La marque nous a habitués à nous attendre à un produit définitivement exceptionnel. Ça ne vaut pas le voyage à Hong Kong. En lieu et place de cela, prenez donc votre 250 balles et passez en SAQ pour un excellent Macallan 18 ans.

Bowmore 26 ans 1985

52.3% alc./vol.
Édition limitée à 750 bouteilles.

André 95%
Pas de doute, Islay… La tourbe envoûtante vous caresse le nez dès le départ et les fruits du fût de sherry – enrobé de chocolat noir – tendrons rapidement la main aux notes maritimes afin d’entamer ce long slow cochon. Les embruns salés applaudiront la réunion de ces éléments réunis avec un équilibre incroyable. La texture en bouche est crémeuse et soyeuse, l’alcool espionne dans un coin discrètement, d’autres couples se joindront à la danse; oranges et chocolat, fruits rouges et sherry, sel et tourbe, mélange de miel et de toffee chauffé également. La finale est en tout en développement, l’alcool prendra un peu de vigueur, le sel gagnera en importance avant le retour des fruits rouges et des cerises marasquin. L’équilibre parfait de tout les éléments… Simplement inoubliable.

Patrick 95%
Nez: Plus tourbé que la plupart des Bowmore. Notes vineuse se mélangeant à la fumée. Bouche: Wow!! Extraordinaire mélange de fumée, de sel, de tourbe et de vin. Des pointes de chêne et d’épices viennent ajouter un beau niveau de complexité. Finale: Longue, fumée et sublime. Balance: Parfaite! Ça faisait longtemps qu’un scotch ne m’avait pas fait littéralement saliver comme celui-ci! Bon, je vais aller dévaliser une banque maintenant pour être en mesure de me la payer!

Martin 92.5%
Nom de Zeus! Robe d’un beau orange profond, bruni près du marron. Un signe de caractère. Nez: Table de bois massif, petits fruits et léger cuir avec une fumée de tourbe pas trop envahissante, transportant avec elle l’air salin de la mer. Fond de crème et de chocolat. Bouche: Une touche de vanille se dépose sur le bout de la langue, pour ensuite évoluer vers un genre de punch aux fruits au pamplemousse et à l’orange. On termine pertinemment sur des notes de miel et de jujubes aux framboises à 1¢ du dépanneur chez Perrette en 1985. Finale: Les fruits sucrés continuent la danse avec le vent de la mer, pendant qu’une goutte de colle à timbre postal accentue le tout. Équilibre: Un Bowmore pas comme les autres, je dirais même comme il ne s’en fait plus. Dommage qu’il ne soit pas plus abordable.

Balvenie 16 ans Triple Cask

40% alc./vol.

André 88%
Tout à fait Balvenie avec les habituelles de miel, de vanille et d’amande. Bien rond et féminin. Les bananes apparaitront peu à peu et prendront une place de plus en plus importante. Il y a encore un fond fruité orange-mandarine vraiment agréable en background. Un peu sec en bouche, le chêne se démarque au départ, avant d’être balancé par les fruits secs et la vanille. Je n’aimes pas particulièrement le côté astringent en finale – la conjonction chêne sec et épices – qui tranchent abruptement avec l’aspect crémeux du whisky dans son ensemble. Néanmoins, le fait de ressentir l’effet de chacun des types de fûts ayant contribué à la conception de ce whisky est en soi un bel accomplissement.

Patrick 84%
Nez: Pointe de fruits et d’oranges, le tout servi sur une planche de bois. Bouche: Bois sec et vin. Finale: Courte, marquée par le bois et le vin. Balance: Vraiment trop dilué. Dommage.

Martin 88%
Le verre arbore un ambre léger qui nous amène presque à douter des ses multiples futailles. Nez: Un vent d’épices et de fruits secs évoquant le sherry entame la danse. Ça tombe bien, c’est un de ses trois fûts. Un peu de zeste d’orange vient compléter le tout. Bouche: Un raz-de-marée de céréales, de miel et d’amandes. Plus particulièrement l’orge juteuse baignant dans le xérès. Un brin de fumée tente un échappé, mais tombe un peu à plat. Manque un tantinet de mordant. Finale: Les épices astringentes du sherry font leur effet, mais en moins long que je l’avais escompté. Le sherry prend tellement de place que j’ai de la difficulté à percevoir les deux autres affinages. Équilibre: « Mais » est le mot d’ordre ici. Il y a toujours quelque chose qui met une ombre au tableau à chaque fois que j’y retrouve un aspect plaisant. Bel exemple de triple vieillissement, mais il manque de poigne au niveau de l’alcool. Bien que j’affirme que son degré d’alcool quelconque est un handicap, d’autres diront qu’il laisse place à une découverte plus aisée des trois différents fûts qui entrent dans sa composition. À vous de voir…