Last Mountain Distillery Canadian Rye Whisky

40% alc./vol.
Saskatchewan.

André 79%
Un rye whisky générique. Nez ordinaire de rye whisky sucré et caramélisé allié d’un mince couvert fruité. On a intérêt à le sentir dès le départ car il s’évapore rapidement, ce qui prépare pour l’arrivée en bouche, fluide comme de l’eau tout en étant relativement moelleux en bouche, mais sans grande personnalité, un baiser d’alcool sans passion. Le rye étonne par l’apport du sucre comparativement aux habituelles épices un peu acérées du seigle qui ne seront présentes qu’en finale de bouche. Cette même finale sans distinction aucune, que l’on associe souvent à bien trop de Canadian whiskies que l’on retrouve souvent sur les étagères du bas des magasins, vendus en format 1.14 litres en bouteille de plastique. On veut bien vouloir jouer dans la court des grands mais on risque aussi de se retrouver dans les ligues mineures.

Patrick 80%
Pas mauvais, mais bin ordinaire. Pour paraphraser une citation célèbre, « la vie est trop courte pour boire du whisky ordinaire ». Nez : Parfum plutôt ennuyeux présentant des effluves typiques d’un rye bon marché. Bouche : Au goût, c’est un bon rye, mais la texture plutôt aqueuse en fait un produit plutôt ordinaire. Finale : Un peu courte, marquée par les épices du rye et une touche de bois brûlé subtile.

Martin 79%
Jaune pâle et désaturé, surtout pour un rye whisky. Nez: Assez standard au niveau de la composition. Fruits rouges, bois, seigle et colle. Un peu de caramel et de vanille. Bouche: Arrivée un peu aqueuse, sur des notes de raisin rouge et de caramel brûlé. Le chêne et les épices du rye y sont aussi, mais accompagnés d’une vague d’alcool et d’acétone un peu maladroite. Finale: Surfe brièvement sur les notes élaborées en bouche. Équilibre: Sans grande personnalité, ce dram évoque beaucoup trop la mauvaise réputation des whiskys canadiens bas de gamme.

RV 79%
Les blocs Est et Ouest de part et d’autre du Parlement Canadien : imposant mais pour 99% de la population, sans grande signification. Nez des plus canadiens, le mélange seigle et caramel est on-ne-peut-plus-traditionnel. Toutefois, en bouche, la lourdeur habituelle de ce mélange n’y est vraiment pas; légères quoique chaudes, les saveurs sont assez monotones. La finale est quant à elle assez imposante mais austèrement canadienne. Un Crown Royal anonyme ou un Canadian Club ennuyant?

Revue Québec Whisky 2013

Introduction

André:
Année bizarre que 2013, les deux solitudes du whisky étant séparées plus que jamais. D’un côté, les major avec leurs prix faramineux, des éditions de Dalmore à 10000$ pièce, les releases de Diageo à 500$ pour des 10 ans d’âge. D’un côté, des distilleries jouant la carte du savoir faire reposant sur des siècles de production, de l’autre, des micro distilleries et de nouveaux producteurs de pays quelquefois insoupçonnés, nous livrant de petites perles fort abordables en nous ramenant à l’essentiel, c’est-à-dire au contenu de la bouteille. Bien que mon whisky de l’année est une bouteille à plus de 600$, j’ai souvent été désarçonné par des whiskies plus qu’abordables, souvent sans mention d’âge (Aberlour Abunadh, Mackmyra) et j’ai aussi pu trouver réconfort dans de grands classiques redécouverts (Balvenie, Laphroaig). Même vague du côté américain qui déferle à la vitesse grand V où à chque fois que j’ai la chance de traverser la frontière, je me retrouve devant un étalage de nouveaux producteurs ayant apparu sur le marché, avec toutefois une variante au niveau des prix, les whiskies américains ayant toujours été relativement abordables. On joue ici une carte différente, on teste les limites des règlements de l’industrie, on explore le monde des céréales (Koval Millet), on bénéficie de la latitude de l’industrie. Du côté Canadien, la SAQ nous préserve de découvrir de savoureuses éditions disponibles partout ailleurs au Canada (Forty Creek) et évite bien d’encourager le commerce « local » en évitant de nous proposer la découverte de nouveaux pionniers (Stillwater) ou de vieux routard méconnus ici (Alberta Premium). J’ai eu la chance de découvrir de divines parutions qui pourraient convertir le plus obtus des amateur de single malt aux whiskies Canadiens (Highwood Distillers – LB Distillers – Mastersons – Whistle Pig) évidemment non disponibles ici. À souligner, l’arrivée prochaine de nouveaux venus dont nous avons eu la chance de goûter les échantillons « work in progress », le Stillwater rye, le divin Shelter Point, le singulier Pemberton. Avec des Highwood Distillers Calgary Stampede 25 ans à 60$ la bouteille, un Alberta Premium 30 ans à 49$… le marché des whiskies Canadiens ne demande qu’à se livrer aux amateurs de whiskies. Pouvons-nous blâmer le protectionnisme Écossais? Jamais l’industrie du whisky Écossais n’aura été aussi près d’une remise en question aussi drastique, déchirée entre une demande implosante, de la problématique grandissante de la gestion des stocks et des barils (influant sur la qualité des barils), de l’explosion faramineuse des prix. Peut-on aussi blâmer le consommateur de tenter de trouver des alternatives à cette montée exponentielle du prix des single malts?

RV:
Plus que jamais, la mondialisation des whiskies: des distilleries artisanales américaines continuent de se matérialiser un peu partout, mais la même chose du côté canadien, de l’Europe et de l’Asie. Du côté de l’Écosse, on semble encore très frileux, (peut-être dépouillé d’une couche d’imagination par les règlements SWA) mais on a quand même droit à des éditions standards (Glen Garioch) très intéressantes. Et comme la mondialisation n’apporte pas que des bonnes choses, encore cette année nous avons eut droit à des whiskies-marketing; après tout pourquoi les financiers des distilleries s’arrêteraient de créer de faux whiskies rares douteux lorsqu’ils se vendent si bien, même si le soin semble plus être sur le contenant que le contenu (que feront-ils lorsqu’il ne restera de dieux au Valhalla?). Et difficile de justifier l’augmentation totale d’un range malgré les pseudos-raisons de sélection de barils des rois de l’autosuffisance distillée (un indice: leurs nouveaux whisky ne sont ni de beaux joyaux ni de précieux métaux). Il faut donc savoir apprécier les grands classiques (après plus de 1500 autres whiskies, le Lagavulin reste mon favori) et les valeurs sûres (le Bunnahabhain 12 ans ayant été ma « petite bouteille facile » favorite).

Patrick:
Allons-y pour les “plus” et les “moins” de 2013… Les « plus » : Les artisans qui nous créent de superbes whiskys originaux aux quatre coins de la planète. En premier lieu les courageux entrepreneurs qui lancent des micro-distilleries aux quatre coins du monde : leur expériences nous font découvrir la richesse insoupçonnée de notre alcool favori. Ensuite, les employés des distilleries établies depuis des siècles qui haussent continuellement la barre de la qualité: les whiskys médiocres se font de plus en plus rares à notre plus grand plaisir. Les « moins » : L’industrie, autant les producteur que « le » distributeur québécois. L’industrie, pour nous vendre à un prix éhonté des bouteilles qui, bien qu’elles soient de très bonne qualité, coûtent à produire une fraction du prix qu’elles sont vendues. Du capitalisme comme on aime l’haïr. Ensuite, la SAQ, ce monopole d’État des années 1920… Qui existe encore aujourd’hui simplement à cause du manque de courage du gouvernement qui n’ose pas affronter les puissants lobbys représentant tout ceux qui s’enrichissent au dépends du peuple québécois, qui paie trop cher pour un choix trop limité. Du socialisme comme on aime l’haïr. Aussi, je ne saurais passer sous silence la nouvelle tendance des « no age statement ». Je suis d’accord avec le principe qu’il n’est pas nécessaire d’attendre 10 ans ou plus pour déguster un whisky de qualité. Toutefois, cette nouvelle façon de faire fera en sorte que nous nous retrouverons à payer des prix abusifs pour boire de bons whiskys, alors que ceux-ci étaient jusqu’alors vendu à un prix raisonnable compte tenu de leur jeune âge.


Déception de l’année

André:
Pittyvaich 20 ans
Se faire escroquer de la sorte, y’a des gens qui vont en prison pour moins que ça. Aussi à souligner, l’infâme Bastille 1789 mais à un prix raisonnable.

RV:
Pittyvaich 20 ans
Une triple déception: après des années à lire les désastreuses évaluations de Jackson et Murray à propos du liquide s’écoulant de cette distillerie, enfin j’ai pu gouter à un . Certes, il n’est pas bon; difficile de trouver du positif et au-delà du goût, le prix exorbitant en fait qu’un whisky à gouter de manière fortuite. Mais ce qui est une plus grande déception, c’est qu’il n’est pas si mauvais (très mauvais, mais pas extrêmement). Quand un whisky ne réussit même pas à décevoir totalement, on le réserver pour les blends… ou la fermeture de sa distillerie.

Patrick:
Pittyvaich 20 ans
Peut être pas le pire au goût, mais définitivement le pire rapport qualité/prix que j’aie jamais vu. Comment peut-on oser vendre un produit si infecte à un prix si élevé? La distillerie a beau être fermée, elle l’a justement été car elle n’arrivait pas à produire un produit de qualité. De vendre le contenu des quelques futs restants à un tel prix démontre que Diageo prends ses clients pour des cons. Et ces derniers semblent lui donner raison puisque les bouteilles finissent tout de même par s’écouler…


Meilleur achat / prix SAQ

André:
Glen Garioch 1995
Si vous ne l’avez pas encore en main, c’est le must have de 2013. Noté plus de 90% par les 3 évaluateurs du site. Une qualité d’exécution rêvée pas plusieurs pour un prix dérisoire.

RV:
Shell Super sans plomb
Le meilleur whisky qu’on peut se procurer au Québec? On passe chez Shell pour faire le plein et on se sauve au New Hampshire ou dans l’état de New York pour acheter des bouteilles à la moitié du prix. Ou alors des bouteilles non disponible au Québec parce que le producteur est trop petit pour s’attaquer aux règles et à la voracité des dirigeants SAQ. Et ne surtout pas oublier de faire le plein avant de revenir: avec l’argent sauvé sur les taxes sur l’essence, vous pourrez vous payer un petit bourbon sympa, le tout bien sûr acheté directement et simplement au dépanneur du poste à essence.

Patrick:
Les rhums de la série « Plantation »
Une belle diversité de saveur, des nouveautés fréquentes, une qualité constante, et un prix raisonnable. Au niveau whisky, je n’ai toutefois rien de trouvé qui réunissait ces quatre conditions.


Meilleur whisky d’ailleurs (whiskies du monde)

André:
Michel Couvreur Candid
Découverte méconnue de bien des amateurs, parfois à cause du prix de certains embouteillages, on aura découvert cette années de beaux embouteillages de Michel Couvreur, qui aura su pousser l’utilisation des fûts de sherry à son paroxysme. Dommage que cette année, nous ayons aussi perdu ce personnage hors-norme du milieu du whisky. Je lève encore un verre à votre santé M Couvreur. C’est certes un bel héritage que vous nous avez laissé…

RV:
Michel Couvreur Candid
Après le Blossoming Auld Sherried de l’an dernier, le regretté Michel Couvreur nous as sorti une édition jeune et surprenante; toujours son vieillissement en sherry, mais cette fois-ci avec un distillat qui semble directement venir d’Islay, de Bowmore probablement. Un prix peut justifiable de 140$ pour un whisky qui semble ne même pas faire les dix ans, mais un goût qui m’a fait mes gros sous de Séraphin. Peut-être vaudrait-il en acheter quelques bouteilles? Les tableaux de Dali se vendait pas très chers immédiatement après sa mort.

Patrick:
Michel Couvreur Candid
J’espère que la concurrence sur ce front inquiète un peu nos amis écossais. Mon choix pour cette catégorie fut agréablement difficile compte tenu de la qualité et du choix qui vont sans cesse en croissant. Enfin, toujours est-il que mon choix de l’année est né en Écosse, mais a été élevé de main de maître en France par l’équipe du regretté Michel Couvreur.


Meilleur whisky canadien

André:
Highwood 25yo Calgary Stampede (6,000 bottles limited edition)
Mon choix initial était le Whistle Pig 10yo mais dû à l’ambigüité crée par la provenance du dit nectar distribué aux USA… Superbe création ce Highwood 25ans, avec ses notes de pâtisseries et de pain, sa texture soyeuse et crémeuse et son prix dérisoire de 52$…pour un 25 ans d’âge. Ma plus haute note au CWA 2012/2013 à l’aveugle.

RV:
Stillwater Stalk and Barrel #3
Difficile de ne pas flancher pour une distillerie qu’on a pratiquement vu naître, mais lorsqu’à gauche et à droite je vois les autres critiques encenser leur création, je sens que mon attachement pour leur liquide est justifié. De plus, à l’instar des whiskies de Forty Creek, leurs nouveaux whiskies sont définitivement hors du stéréotype « good ole canadian rye ». Une bouteille (à mon avis un peu rétrograde côté design) à découvrir, en version cask strength ou même l’édition normale.

Patrick:
Forty Creek Heart of Gold Reserve – 2013 Special Release
Vous ne savez pas de quoi je parle? C’est normal, il est disponible dans 9 provinces canadiennes… Bref, « coast-to-coast », sauf au Québec. Enfin, toujours est-il que ce rye whisky est une autre réussite de notre ami John K Hall. J’aimerais bien le voir continuer à expérimenter avec d’autres types de whisky… A quand le single malt ou le « bourbon canadien »?


Meilleur whiskey américain

André:
George T Stagg 2013 Edition
Après avoir attendu 12 ans avant de mettre une bouteille, je me suis dit que ça a avait valu la peine d’attendre afin d’avoir un bagage qui m’aura permis d’en apprécier la qualité. Une bombe américaine livrée à un taux d’alcool décoiffant de plus de 70%.

RV:
Balcones Brimstone
Après quelques années d’expérimentation certes hors normes, Balcones me couple le souffle avec son Brimstone. Tel que le Black Dog de MB Roland, Chip Tate s’attaque à la fumée d’une manière toute originale, et ce que l’on retrouve dans le Brimstone n’est pas une imitation d’Islay mais une symphonie de la fumée dans un tout autre registre, plus métal que végétal. Originalité, surprise, force.

Patrick:
Balcones Baby Blue
Original, suave, éclatant et « fun ». Non seulement le meilleur américain, mais un finaliste au meilleur whisky de l’année.


Meilleur Whisky de 2013

André:
Bowmore 1985-2012 26 ans – Édition limitée
Pas de doute, Islay… La tourbe envoûtante vous caresse le nez dès le départ et les fruits du fût de sherry – enrobé de chocolat noir – tendrons rapidement la main aux notes maritimes afin d’entamer ce long slow cochon. Les embruns salés applaudiront la réunion de ces éléments réunis avec un équilibre incroyable. La texture en bouche est crémeuse et soyeuse, l’alcool espionne dans un coin discrètement, d’autres couples se joindront à la danse; oranges et chocolat, fruits rouges et sherry, sel et tourbe, mélange de miel et de toffee chauffé également. La finale est en tout en développement, l’alcool prendra un peu de vigueur, le sel gagnera en importance avant le retour des fruits rouges et des cerises marasquin. L’équilibre parfait de tout les éléments… Simplement inoubliable.

RV:
Finger Lakes Peated Experiment
La fumée était à l’honneur cette année il faut croire: encore plus que le Brimstone, le whisky que j’ai le plus aimé cette année fut sans contredit l’expérience que fait actuellement la distillerie artisanale Finger Lakes avec la tourbe. Un tour de force en plus car le grain ou la tourbe est toute américaine et non pas importé d’Europe. Mais ce qui fait encore plus sa force et la force du bois qui s’exprime si bien au travers de toute cette tourbe. La bouteille dont j’attend le plus l’arrivée en tablette dans les années futures.

Patrick:
Bowmore 1985-2012 26 ans Édition limitée
Ma distillerie culte a encore méritée sa place dans mon cœur en nous offrant ce sublime nectar. Dans la catégorie « whisky to live for ». Aussi, mention spéciale à Macallan pour leur 1955 : compte tenu de la rareté du produit, je trouvais un peu injuste de le nominer.

Bowmore 100 Degrees Proof Small Batch

57.1% alc./vol.

André 90%
Toffee-caramel salé, belle tourbe maritime, alcool retranché et relativement calme, les céréales sucrées-fumées, genre Sugar Crisp chauffées et caramélisées. La bouche est puissante tout en étant équilibrée, le sel est considérable, avant de migrer sur un amalgame de tourbe sucrée et fumée. L’alcool entrera progressivement dans la langue en une parcelle de petites aiguilles et nous anesthésiera celle-ci avec des salves de sel maritime. On retrouve aussi le bon vieux feeling de pierre à savon des vieilles éditions. Finale très longue – merci au pourcentage d’alcool – ou la tourbe quittera en coup de vent laissant libre court au sel qui s’accrochera inlassablement partout en bouche et sur les lèvres. Une belle découverte pour les nouveaux adaptes de la distillerie et un retour aux sources pour ceux de l’ancienne garde.

Patrick 90%
Nez: Parfum réchauffé, avec de belles notées boisées et maritimes. Bouche: D’abord un sucre, puis le sel de la mer, le tout baignant dans un doux caramel. Finale: Très salée, comme on aime notre Bowmore. Balance: Une autre réussite de Bowmore.

Martin 90%
Belle coloration d’un miel doré qui n’est pas sans sous-entendre un fût de bourbon à quelque part là-dedans. Nez: Tourbe légère devant un rayon de miel. Vanille, malt, fleur de sel, cuir et chêne se bagarrent ensuite pour une place sous le soleil. Bouche: Fruits juteux soulignés par le taux d’alcool. Ample et mielleux avec encore du sel de mer, du caramel salé et du citron. Le goût n’est pas sans rappeler certaines moutures du Tempest. Finale: Épicée et sucrée, une légère tourbe nous transporte sur une longue période pour nous laisser sur une note de puissance sans réserve. Vitesse lumière. Équilibre: Une fois de plus, Bowmore m’emmène à des endroits moins familiers, et j’en redemande…

Macallan 1824 Collection Estate Reserve

54.7% alc./vol.
Édition réservée au marché asiatique.

André 77%
La première snif du nez est très désagréable, bois pourrissant dans une forêt, du gros cuir naturel poli, toffee, du gingembre. La bouche livrera les habituelles notes de Macallan, de gâteau aux épices, de sherry goulu et de fruits sec mais il n’arrive pas à se débarrasser de ces flaveurs de bois pourri ou de fût de mauvaise qualité, je ne sais trop… La plus belle transition sont les notes de toffee et de caramel se mariant aux cosses d’oranges qui s’arrondissent avec le temps et qui tentent de sauver la mise. Finale relevée par les épices, le taux d’alcool est agréable ce qui aidera à digérer la déception. Après avoir goûté au Select Oak payé 60$ pour un litre… ouch !

Patrick 84%
Nez: Caramel à la confiture. Bouche: Le xérès de Macallan noyé dans le caramel. Finale: Courte et sucrée. Balance: Pas la complexité habituelle de Macallan. A ce prix-là, c’est simplement du vol. Allez porter la bouteille à la police et portez plainte.

Martin 79%
Son beau coloris orange profond nous crie sherry en pleine face. Nez: Une combinaison alléchante de cèdre, gingembre et fruits séchés, bardée d’un peu de chocolat à l’orange. Comme je le répète encore et encore, le xérès à fond la caisse, tel qu’attendu d’un Macallan, mais malheureusement terni par un côté cuivré métallique, comme si on donnait un bon coup de torchon sur le côté de l’alambic. Bouche: On y découvre zeste d’orange, épices, raisins secs, pruneaux, enveloppés d’une infime fumée de bois. irrévocablement meilleur qu’au nez. Finale: Durable avec des effluves d’épices et de dattes, mais encore une fois ternie par le cuivre, voire même de l’huile à trompette. Équilibre: Malencontreusement beaucoup trop cher pour un Macallan qui, blasphème, me semble inférieur. La marque nous a habitués à nous attendre à un produit définitivement exceptionnel. Ça ne vaut pas le voyage à Hong Kong. En lieu et place de cela, prenez donc votre 250 balles et passez en SAQ pour un excellent Macallan 18 ans.

Bowmore 26 ans 1985

52.3% alc./vol.
Édition limitée à 750 bouteilles.

André 95%
Pas de doute, Islay… La tourbe envoûtante vous caresse le nez dès le départ et les fruits du fût de sherry – enrobé de chocolat noir – tendrons rapidement la main aux notes maritimes afin d’entamer ce long slow cochon. Les embruns salés applaudiront la réunion de ces éléments réunis avec un équilibre incroyable. La texture en bouche est crémeuse et soyeuse, l’alcool espionne dans un coin discrètement, d’autres couples se joindront à la danse; oranges et chocolat, fruits rouges et sherry, sel et tourbe, mélange de miel et de toffee chauffé également. La finale est en tout en développement, l’alcool prendra un peu de vigueur, le sel gagnera en importance avant le retour des fruits rouges et des cerises marasquin. L’équilibre parfait de tout les éléments… Simplement inoubliable.

Patrick 95%
Nez: Plus tourbé que la plupart des Bowmore. Notes vineuse se mélangeant à la fumée. Bouche: Wow!! Extraordinaire mélange de fumée, de sel, de tourbe et de vin. Des pointes de chêne et d’épices viennent ajouter un beau niveau de complexité. Finale: Longue, fumée et sublime. Balance: Parfaite! Ça faisait longtemps qu’un scotch ne m’avait pas fait littéralement saliver comme celui-ci! Bon, je vais aller dévaliser une banque maintenant pour être en mesure de me la payer!

Martin 92.5%
Nom de Zeus! Robe d’un beau orange profond, bruni près du marron. Un signe de caractère. Nez: Table de bois massif, petits fruits et léger cuir avec une fumée de tourbe pas trop envahissante, transportant avec elle l’air salin de la mer. Fond de crème et de chocolat. Bouche: Une touche de vanille se dépose sur le bout de la langue, pour ensuite évoluer vers un genre de punch aux fruits au pamplemousse et à l’orange. On termine pertinemment sur des notes de miel et de jujubes aux framboises à 1¢ du dépanneur chez Perrette en 1985. Finale: Les fruits sucrés continuent la danse avec le vent de la mer, pendant qu’une goutte de colle à timbre postal accentue le tout. Équilibre: Un Bowmore pas comme les autres, je dirais même comme il ne s’en fait plus. Dommage qu’il ne soit pas plus abordable.

Balvenie 16 ans Triple Cask

40% alc./vol.

André 88%
Tout à fait Balvenie avec les habituelles de miel, de vanille et d’amande. Bien rond et féminin. Les bananes apparaitront peu à peu et prendront une place de plus en plus importante. Il y a encore un fond fruité orange-mandarine vraiment agréable en background. Un peu sec en bouche, le chêne se démarque au départ, avant d’être balancé par les fruits secs et la vanille. Je n’aimes pas particulièrement le côté astringent en finale – la conjonction chêne sec et épices – qui tranchent abruptement avec l’aspect crémeux du whisky dans son ensemble. Néanmoins, le fait de ressentir l’effet de chacun des types de fûts ayant contribué à la conception de ce whisky est en soi un bel accomplissement.

Patrick 84%
Nez: Pointe de fruits et d’oranges, le tout servi sur une planche de bois. Bouche: Bois sec et vin. Finale: Courte, marquée par le bois et le vin. Balance: Vraiment trop dilué. Dommage.

Martin 88%
Le verre arbore un ambre léger qui nous amène presque à douter des ses multiples futailles. Nez: Un vent d’épices et de fruits secs évoquant le sherry entame la danse. Ça tombe bien, c’est un de ses trois fûts. Un peu de zeste d’orange vient compléter le tout. Bouche: Un raz-de-marée de céréales, de miel et d’amandes. Plus particulièrement l’orge juteuse baignant dans le xérès. Un brin de fumée tente un échappé, mais tombe un peu à plat. Manque un tantinet de mordant. Finale: Les épices astringentes du sherry font leur effet, mais en moins long que je l’avais escompté. Le sherry prend tellement de place que j’ai de la difficulté à percevoir les deux autres affinages. Équilibre: « Mais » est le mot d’ordre ici. Il y a toujours quelque chose qui met une ombre au tableau à chaque fois que j’y retrouve un aspect plaisant. Bel exemple de triple vieillissement, mais il manque de poigne au niveau de l’alcool. Bien que j’affirme que son degré d’alcool quelconque est un handicap, d’autres diront qu’il laisse place à une découverte plus aisée des trois différents fûts qui entrent dans sa composition. À vous de voir…

Palm Ridge Reserve – Batch 18

45% alc./vol.
Handmade Micro Batch Florida Whisky.

André 85%
À voir Liv Taylor on ne soupçonnerait pas que Steven est son père… Il y a parfois des mix difficile à considérer dans nos pensées. C’est le cas ici. « An american whisky mellowed with toasted oranges » ??? Crayon de cire Crayola, genre de feeling que l’on retrouve dans le Rittenhouse Rye 25 ans, remover à vernis, sucre et bois gorgé de cerises et d’oranges. Dommage qu’il s’effondre si lamentablement en bouche; sucre brun et baba au rhum, gâteau au épices, raisins secs mais texture tellement plate en bouche. Finale aux saveurs de rye et d’épices. Un whisky déstabilisant et savoureusement exotique mais pas à la portée de tous, audacieux et hors-norme.

RV 86%
Méchant cocktail sucré. Les effluves de cassonade, de sucre durci et de bois très léger sont rapidement remplacées par l’orange et le blé. L’arrivée est douce et davantage tempérée, moelleuse, mais tranquillement la vanille et le grain se frayent un chemin avant l’explosion du grain en finale qui souffle temporairement l’orange avant la finale, très longue pour un whisky très jeune. Aussi près mais loin que je le souhaite d’un whisky aromatisé, pas aussi estivale que sa provenance floridienne mais parfait pour les jours frisquets d’automne où l’on regrette de s’être plaint des trop chaudes journées d’été.

Balvenie 17 ans Madeira Cask Finish

43% alc./vol.
Le Balvenie Madeira Cask a vieilli exclusivement dans des fûts traditionnels en chêne américain avant d’être transféré dans des fûts initialement utilisées pour la production du vin de Madère. Première édition, embouteillée en 2009.

André 92.5%
Nez mielleux de douces céréales finement épicées au gingembre et cintrées de noix. Le nez est enrobant et rond, offre de belles notes d’orange, de tarte aux pommes (pâtisseries) de toffee et de caramel. Arrivée en bouche sirupeuse et huileuse, noisettes enrobées de miel, nectarines, certaines notes, en s’évaporant libèreront des nuages de toffee et de miel fort agréables. La finale est un peu sèche, parcimonieusement épicée et agrémentée de quelques fruit exotiques en finale de bouche. Encore une fois, j’adore Balvenie, une qualité d’exécution indéniable.

Patrick 89%
Nez: Parfum vineux et très boisé. Bouche: Très vineux, fruité, touche terreuse et boisée, avec une pointe de fumée. Finale: Le bois brûlé, mais surtout toujours le raisin du vin. Balance: Très bien, une complexité qui donne soif!

Martin 89.5%
On lève et on tourne le verre devant le sapin pour révéler une robe d’un orangé profond tirant sur un ambre résolument neutre. Nez: Une curieuse fumée s’efface doucement devant une poignée de fruits des champs et de miel. La fumée réapparaît ensuite, escortée de cuir, pour revenir sur des notes d’orge et encore de miel. Un nez qui tourne en boucle. Le whisky favori de l’Ouroboros. On laisse reposer un peu le verre pour débloquer un voile de Map-O-Spread. Achievment Unlocked! Bouche: Éruption d’un amalgame de céréales, de miel et d’amandes, chapeautée par une mince volute de douce boucane. Le taux d’alcool est pas mal sur la coche, juste assez pour donner un peu de torque, mais pas trop pour précipiter hâtivement les saveurs. Finale: Cuir, épices et fumée sont au rendez-vous, et s’en vont sans outrepasser la durée raisonnable de notre hospitalité. Équilibre: Ça donne le goût d’un verre de madère. Ce fût de finition est un excellent choix qui bonifie un malt qui est déjà tout aussi excellent en partant.

Greenore Single Grain 18 ans

46% alc./vol.
Irish whiskey distillé et embouteillé par la distillerie Cooley au pied des Cooley Mountains au Nord-est de Dublin en Irlande. Il s’agit d’un single grain, réalisé à partir de maïs, en double distillation, vieilli en fut de bourbon durant 18 ans.

André 92%
Nez assez plat, le maïs, miel et meringue, les bananes et les poires, ensemble très agréable et paisible, réconfortant. Bouche à saveur de céréales Sugar Crisp nappées de miel chaud. Le finale de bouche laissera réapparaitre les bananes et le sucre, la vanille se mélangeant avec quelques épices relativement tranquilles, la noix de coco. La rétro-olfaction soulèvera des soupirs de poivres et de gingembre. J’adore la quiétude de l’ensemble, la texture mielleuse et crémeuse, les nuances entre les éléments. Un whisky vraiment hors-norme mais qui vous renouera avec les souvent ennuyeux whiskies irlandais sans personnalité.

Patrick 89%
Nez: Léger. Sucre blanc et touche subtile en maudit de petits fruits rouges. Bouche: Belle surprise, gâteau à la vanille avec de la confiture dans le milieu du gâteau. Finale: Le gâteau à la vanille se transforme en gâteau aux épices. Balance: Le nez est très discret, mais la surprise en bouche n’en est que plus belle.

Martin 90%
La lumière nous montre une coloration pâle et sèche, presque comme de l’herbe brûlée. Nez: Fruits et costarde viennent nous chercher en premier, pour se poursuivre sur un nez typique irlandais de pain d’épice et de cassonade. Bouche: Doux et mielleux, ample et généreux. On passe des fruits du gâteau festif au caramel salé, du miel à la canne à sucre. Finale: Reste chaude et longue, fruitée et épicée, comme un album de Noël sous la couette le dernier dimanche matin avant le 25. Équilibre: Excellent whiskey irlandais. Je ne sais juste pas si le prix et la rareté en valent la chandelle. Mais bon, comme tous les whiskeys irlandais m’évoquent Noël, il me manque juste un bon vieux CD de James Last pour être totalement dans l’ambiance.

Laphroaig Cairdeas 2013 Portwood Finish

51.3% alc./vol.

André 86%
Quelle chance de goûter à cette édition en primeur avant sa sortie officielle en compagnie de John Campbell, le distillery manager de la distillerie. Impressionnante couleur cuivrée saumon, presque rosée. C’est bizarre comme ensemble, déstabilisant en tout cas venant de Laphroaig. Je suis peut-être puriste mais, un Laphroaig transgenre de ce style, me fait un peu grincer des dents… Nez floral mélangé de tourbe bizarre, de fruits et d’oranges sanguines, de marmelade de framboises médicinale, des prunes peut-être aussi. La bouche est médicinale et tourbée en sous-entendu, les saveurs de prunes et de petits fruits sauvages rouges en avant scène, un accord qui me laissera perplexe du début à la fin, tout comme la finale sèche et fumée de ce whisky rempli de paradoxes. Texture poreuse, style roches ou galets de plage me rappelant certains embouteillages de Bowmore. Une note de 86% n’est pas une mauvaise note en soi, mais pour un Laphroaig, oui c’est le cas… J’ai toujours dit que de réinventer un classique tel que Laphroaig n’était pas une mince affaire et pour moi cet embouteillage en est encore la preuve. Je suis tout de même convaincu que cet accord unusuel plaira à certains fans de la distillerie mais moi j’ai décroché à partir du nez.

Patrick 90%
Nez: Porto intense, masquant à grand peine le sel et la tourbe de la bête. Bouche : Porto, sel, tourbe et poivre. Trèèèèès intense. Finale : Interminable, longue, très salée, fruitée et intense. Balance : Une grande réussite, je suis heureux de découvrir ce nouveau côté de cette distillerie. Bon, je préfère l’original, mais ça reste tout de même très intéressant.

Martin 85%
Rosé et cuivré. Bien que l’influence du porto soit évidente, reste plus pâle qu’un Glenmo Quinta Ruban. Nez: On débute au sein d’un voile de tourbe typiquement Laphroaig bien présent mais facile à percer. Une fois cette besogne accomplie, orange, pamplemousse et épices sont au rendez-vous. Bouche: Plutôt poivré, avec fruits des champs et surtout un toast à la marmelade. On doit cependant faire vite car son taux d’alcool de l’ordre de plus de 51% nous colle au cul. Finale: Sèche et fruitée, accompagnée de belles notes de tourbe. Équilibre: Une belle expérience pour la distillerie, bien qu’on soit à l’autre bout du spectre de ce qu’on s’attend normalement de Laphroaig. Reste que ça vaut la peine de l’essayer si jamais vous en avez l’occasion.

RV 83%
Belle petite comptine. Lichen et sel du Bowmore, dès l’olfactive on sent un whisky un peu pré-maternelle. Heureusement, une fois en bouche, le whisky est plein d’assurance, mais le combat liquide papille est un peu court avant que la finale de baril et d’herbe termine l’expérience un peu puérile.