Kilchoman Machir Bay 2013

46% alc./vol.

André 89%
Mélange de tourbe sale et de diachylons mouillés, zeste de citron et odeurs maritimes, une touche de sherry et de fruits séchés et notes typiquement Islay. Dans une dégustation à l’aveugle, j’aurais misé sur un Laphroaig. La bouche est fraiche, pastilles Fishermans Friend, beaucoup de zeste de citron et une avalanche de tourbe médicinale typique de l’Ile. Brise venue de l’océan, sel de mer, tourbe; ce whisky est masculin et maritime, transportant ses origines du nez à la finale. La texture est souple et huileuse, mais manque d’un peu de panache. À l’arrivée en bouche, ce sont plus les saveurs de fruits et maritimes qui s’affichent en premier et la tourbe arrive en finale de bouche après une seconde ou deux. La rétro-olfaction est à saveur de citron et de sel et le poivre qui remontent progressivement. La tourbe s’acharne en finale de bouche et pétille longuement sur la langue. J’adore ce whisky typique et savoureux, tourbé à souhait…pour les amoureux du style.

Patrick 92%
Nez : Tourbe jaune et touche de fruits réchauffés. Bouche : La fumée de tourbe puis un agréable et surprenant fruit sucré. Aussi une touche de vanille qui vient habilement marier l’ensemble. Finale : Longue et chaleureuse. Balance : Un excellent whisky offrant tour ce qu’il faut de complexité et de puissance.

Martin 91.5%
Encore ultra-pâle, un autre chardonnay représentant dignement la jeune tourbe. Nez: Une vraie belle tourbe crasseuse et terreuse, avec un tout petit coup de volant vers le médicinal. C’est fou comme ça pourrait être un Laphroaig à l’aveugle. Notes secondaires de citron et d’algues. Bouche: Bon poids sur la langue. Toujours tourbe, mais accompagnée de vanille intense, d’épices et de citron. Légèrement minéral, son feu ardent de tourbe évoque la braise mourante d’un feu de camp sur la plage. Finale: Bien que sa tourbe soit omniprésente, une petite céréale citronnée parvient élégamment à percer avec un peu de poivre. Arrière-goût amer et surette. Équilibre: Un bon pas sur l’édition précédente. Kilchoman est vraiment une des plus rafraîchissantes distilleries indépendantes des dernières années. Il ne reste plus qu’à espérer qu’il en soit ainsi encore longtemps.

Glenlivet 16 ans Nàdurra • Batch 1109I

54.2% alc./vol.

Martin 88.5%
Nez: Malt épais et vanille sautent tout de suite au nez. Ensuite cannelle, canne à sucre et soupçon de pomme. Doux pour un Cask Strength, on s’attendrait à se brûler les narines d’alcool plus que ça. Cerise? Bouche: Avant que l’alcool frappe on y discerne miel et cannelle. Son 54% d’alcool fait exploser la cannelle, et une légère fumée à la fin aide à faire déscendre le tout en douceur. Finale: Longue, longue, longue et douce… Fleurs et cannelle à perte de vue. Équilibre: Une courbe en forme de cloche. Doux et sucré au nez, presque sournois, et puis explosion en bouche. On garde ensuite une savoureuse impression de pomme-cannelle qui s’estompe tranquillement jusqu’à ce qu’on en redemande.

Muirhead Silver Seal 21 ans

40% alc./vol.
Claret Wood Finish, 5036 bouteilles

André 84%
Nez définitivement vineux, d’abondants fruits rouges, cerises, fruits séchés, raisins secs. Sans être vibrant, ce whisky inspire quelque chose de paisible et de soyeux, quoi que rectiligne au niveau des arômes présentées. En bouche, le whisky demeure relativement fermé et n’exprime pratiquement pas d’autres saveurs que celles attendues et introduites au nez. La texture est vraiment agréable et on constate rapidement le cask finish avec cette sensation inusuelle un peu polie et raffinée. Cette douceur générale permet l’éclosion de certaines saveurs d’épices et de poivre. Cela me rappelle aussi les jujubes Jelly Bear, ce côté jus de fruits artificiel. La finale est douce mais avec une p’tit kick épicé et poivré. La sensation vineuse est toujours là, les fruits aussi. Pour une bouteille de 21 ans, à environ 70$, je crois que le placement est bon et que le rendu qualité-prix est irréprochable.

Patrick 93%
Un superbe scotch qui porte bien son âge! Impossible de ne pas s’en servir un autre verre, prenez garde car en bonne compagnie, il sera facile de passer au travers de la bouteille en moins d’une soirée. Je peux témoigner qu’en accompagnement d’une fondue chinoise, la bouteille survivra pas au souper! Nez : intenses arômes de vin réchauffé, avec une bonne dose d’épices chaleureuses et une touche de vanille, le tout enveloppé dans un délicat écrin de bois. Bouche : Superbe texture en bouche. En terme de saveurs, on retrouve des raisins bien mûrs, des groseilles, des bleuets, de la vanille, du poivre subtil, du chocolat et des planches de chêne bien brûlées. Finale : Longue et chaleureuse, marquée par les épices et le chêne brûlé.

Martin 87%
Roux-brun alléchant avec de belles jambes grasses. Nez: Orge sucrée, fruits rouges, raisins et vin chaud de Noël. Un petit vent de chêne et de cuir se pointe mais reste chétif. Bouche: Exquise texture, caramel salé, cuir, raisins, vin rouge, bleuets, chêne et épices. Finale: Chaude, mais je m’attendais à un peu plus long. Bien marqué par le xérès, les fruits, le bois et les épices. Équilibre: Bel embouteillage, par contre son âge et l’influence du fût de vin sont difficiles à percevoir. Le reste se jouera en fonction du prix.

RV 83.5%
Au milieu de l’Atlantique entre le Canada et l’écosse et au milieu du champs entre orge et sègle. En bouche c’est un peu désorgainsé, indéterminé mais bien présent: un épais brouillard de brouhaha. Finale plus convaincante, remplie de miel et de feuilles de rhubarbe. À l’image du Compass Box Magic Cask, c’est bien, l’âge se fait bien sentir, mais c’est trop mélangé à mon goût. Et dans l’ensemble, au milieu entre grain et caramel.

AnCnoc 16 ans

46% alc./vol.

Patrick 86%
Un très bon dram, bien balancé, mais dont le rapport qualité/prix laisse à désirer.  Nez : Céréales et touche de fruits  Un peu de poussière de chêne.  Bouche : Délicieuses épices du chêne, avec une touche de caramel et une pointe de fumée délicate.  Finale : D’une longueur moyenne et un peu fumée.

RV 87%
Très très beau whisky… pour débutant. Peut-être un peu trop standard au nez mais à travers l’orge mouillée un parfum de copeauxde pin s’élève. En bouche c’est du bois mielleux, légèrement salé, qui prête un sentiment terroir à la chose. Finale plus standard même si on est toujours près de la scierie. Petit aftertaste mais savoureux, mais à 30$ de plus que le Lagavulin de même âge, pas le choix de lui faire perdre un gros point.

Kilchoman Club 2nd Edition

58.2% alc./vol.
Distillé en 2008 et embouteillé en 2013 depuis les fûts Oloroso #485, 490, 567 et 568, bouteille # 9 de 2000.

André 87.5%
Fruits rouges, sherry et oranges mûres, agrume. Tourbe absente ou très lointaine, le côté maritime est très discret et étrangement effacé, tout comme le taux d’alcool. En bouche, il est relativement sec même si on aurait pensé que le sherry cask aurait du adoucir un peu le tout. Le taux d’alcool peut-être… Les fruits rouges et les oranges sont toujours au rendez-vous mais la texture est déficiente et la balance laisse aussi à désirer. Avec le temps, le toffee et le sherry gagnent en force mais je le trouve un peu trop rectiligne pour moi. La finale fruitée est alcoolisée mais passagère et s’éclipsera très rapidement.

Patrick 87%
Nez : Fumée et xérès, mais sans la complexité et la profondeur habituelle de Kilchoman. Bouche : Idem que pour le nez. Finale : Plus courte que les autres mais tout de même très longue. Balance : Tout de même un très bon whisky, mais pas à la hauteur de ce que Kilchoman m’avait habitué. Je suis d’autant plus surpris car il s’agit d’un cask strength.

Martin 89%
Coloris d’un méli-mélo pâlotte et cuivré, pas exactement doré. Nez: Fumée de tourbe mêlée à un brin de mélasse évoquant vaguement un new make. Au second nez la mélasse se calme le pompon et laisse s’exprimer une gousse de vanille avec un peu d’herbe et de citron. Une rondeur pleine de raisins secs et de caramel se développe tranquillement. Bouche: L’arrivée en bouche est pleine de juteux malt grillé et sucré. Il faut, comme pour la plupart des cask strength, faire vite pour trouver les saveurs diverses avant que, tel le briquet de John McClane à la fin de Die Hard 2, nous soyons rattrapés par l’alcohol burn. L’influence de la tourbe est ici un peu moins marquée, et on finit par y déceler encore un petit côté herbeux et citronné qui danse avec un autre duo de toffee et d’épices. Finale: Un sucre d’orge gorgé s’éclipse doucement dans un nuage de fumée médicinale. Équilibre: Une autre expression sournoise, qui nous cache un taux d’alcool explosif derrière une douceur mesquine.

Gordon & MacPhail Linkwood 1991

53.4% alc./vol.

RV 83%
Une salade de beaux fruits affublé d’un bouillon un peu trop clair. Très fruité malgré le malt très présent et un petit sucre qui sort à la longue. Arrivée piquante sans être brutale puis très goûteuse de bleuets et de mûres, conclut pas un passage terreux et un aftertaste avec une belle rondeur mais un manque de longueur. De belle apparence (olfactive), un whisky un peu froid surtout lorsqu’on tient compte du taux d’alcool.

Glenrothes 27 ans 1979 The Centenary Distillation

56.6% alc./vol.
Single Cask #13459, bouteille 385 de 492.

André 92%
À cette couleur tellement foncée, pas de doute sur l’utilisation du fût de sherry que le nez confirmera avec force. Fruits séchés, pelures de dattes et de raisins, oranges très mûres. La bouche est douce mais puissante, saveur de cuir, de fruits et de vanille. Celle-ci est »bold », les fruits secs omniprésents, quelques épices éparses aussi, qui apparaitront progressivement en s’enroulant de toffee. La finale est longue et menée par le mélange fruité enrobés de toffee et soutenue par le taux d’alcool savamment dosé. Un superbe embouteillage, bien représentatif des éléments qui définissent bien la distillerie.

RV 91.5%
Vivre dans un château doit être merveilleux, une fois la facture acquittée et les corridors aérés. Au nez, il faut le laisser respirer un peu car à l’ouverture, la surpuissance du caramel brûlé a de quoi faire passablement peur. Après une bonne période d’oxygénation, les oranges sortent, encore couvertes de caramel brûlé. Sur la langue, enfin la marmelade d’orange explose, et le brûlé trop fort au nez est amadoué grandement par le chêne sec qui vient donner à l’exercice une splendide succession de saveurs d’orange et même de framboise d’automne (moins d’eau, plus de sucre) sur le bout de la langue. La finale, à la hauteur de l’âge, reste un peu trop sèche a mon gout, mais amène aussi des notes de cannelle. A 575$, c’est superbement meublé mais davantage une location qu’un achat, quoique par héritage…

Patrick 94%
Nez riche et suave faisant penser à une avalanche de fruits mûrs. Caramel, oranges , cigares, vanille… Un arôme quasi-tropical faisant penser à un vieux rhum! En bouche, une chaleur sublime, une sensation de pure jouissance! Les fruits se bousculent toujours pour notre attention, au travers des effluves de caramel chauffé, vanille orange et cigares! La finale s’étire looooongueeeemeeeeent pour notre plus grand plaisir. Quelle richesse, complexité… Définitivement un scotch tropical! Son coût plutôt salé le mettra probablement à l’écart de la plupart des bourses, et c’est bien dommage.

Cragganmore 21 ans

56% alc./vol.

André 89%
Voici un whisky qui récompensera les plus patients, ceux qui prendront le temps à laisser le whisky respirer et s’installer confortablement. Nez de poires au miel et à la vanille, assez rond malgré le taux d’alcool et les rares épices, le gingembre en particulier. La bouche soulignera fortement l’utilisation du fût de chêne américain, cette sécheresse épicée en avant-plan, la cannelle et la pomme-poire que saura effacer le taux d’alcool relativement élevé. Je trouve que la douceur des saveurs et des arômes auraient peut-être bénéficié d’un taux d’alcool légèrement plus bas. Avec l’évaporation de l’alcool, un bon fruité tirera quand même son aiguille du jeu, mais je cherche encore les bonnes vieilles saveurs florales (fleurs blanches vanillées) de Cragganmore. La vanille épicée mettra la table à la finale de très bonne longueur, dans un Tango de fruits épicés langoureux et bien crémeux.

Patrick 85%
Nez : Céréales et touche boisée. Soupçon fruité très subtil. Bouche : Pomme et herbes juteuses. Finale : Agrumes. Balance : Un bon whisky, avec toutes les qualités qu’il faut, sauf le prix!

Glenfarclas Family Casks 1990 Release VIII

56.9% alc./vol.
Embouteillé le 14 octobre 2011, fût #5099, 615 bouteilles.

André 92%
On fait encore dans le fût de sherry avec ce nez puissant et imposant, avec sa couleur très foncée. À l’image du nez, plein et rond, un peu austère même, les notes de fruits secs trempés dans le chocolat noir, les raisins secs, le toffee. La texture est sirupeuse en arrivée, huileuse en début de bouche, le sherry est excessif mais le fruité est bien équilibré avant l’apparition d’un mélange de chocolat noir et de tabac inattendu, rappelant à la limite un vieux rhum. Les épices sont bien discrètes mais présentes. La finale est interminable mais offre bien peu de surprises avec encore ces fruits secs et le chocolat noir, le sherry et le tabac. N’eut été de son prix, j’en aurait une bouteille à la maison.

Patrick 90%
Nez : Quelle profondeur! Quelle richesse! Parfum suave de fruits murs, de xérès et de chêne brûlé. Bouche : Attaque de xérès épicé et fruité. Chêne. puissant et bien charpenté. Finale : Le chêne et le fruit de battent pour avoir le dernier mot, à notre plus plaisir. Qui gagne? On s’en fout! Balance : Un beau scotch chaleureux et superbement équilibré.

Abhainn Dearg Spirit of Lewis

46% alc./vol.
Le “Spirit of Lewis” est un single malt produit à la distillerie Abhainn Dearg située sur Isle of Lewis et est âgé de mois de 3 ans et pour cette raison ne peut pas porter l’appellation officielle de “whisky”.

RV 91%
L’automne, le ciel du crépuscule, le petit chemin de terre et les récoltes de fruits et de grain. Nez de bois concentré, à un tel point que j’ai peur qu’il soit trop fort en bouche. En même temps, du bleuet et du blé, pas désagréable du tout. Éclos de manière tranquille sur la langue avec le bleuet devenu confiture, et le bois qui se maintient bien au travers du grain. Très belle finale toujours en grain, saupoudré de cassonade et une ou deux gouttes de bière à base de gruau, dans une longueur étonnante (bon, dépendant de l’âge). Avec le côté fruité de HP Ambassador Cask et le côté grain de certains Tuthilltown, levures un peu bizarre en moins, c’est un très bon whisky plus agricole qu’industriel.

Patrick 80%
Nez: Sardines pas fraiches et touche de malt. Bouche: Toujours les sardines, avec une pointe de malt sabloneuse. Finale: Le sable, sur lequel un poisson très salé repose depuis quelques jours. Balance: Bien balancé, mais c’est vraiment n’importe quoi. J’hésite entre une note de 70% et 90%… On va couper la poire en deux, coudonc.