Glen Garioch 8 ans

40% alc./vol.

André 83%
Agréable et sans prétention, pourquoi prétendre ce que l’on est pas… Beau nez de pommes et de fruits tropicaux, une touche florale (violette), du miel et de la vanille, du bruyère peut-être? La bouche est fluide, épurée (un taux d’alcool de 43% aurait aidé un peu d’ailleurs) la texture laisse à désirer mais les saveurs sont agréables; fruité et légèrement herbeux, une subtile pointe de tourbe et de bruyère, du miel aussi, de la vanille, des fruits tropicaux et un peu de citron en support. Finale douce et florale avec toujours ces mêmes fruits en épilogue. Un whisky qui étonne pour les maigres 39$ déboursés.

RV 81.5%
Malgré le paysage en surface, une fois sous le liquide j’ai plus l’impression d’être dans le fleuve St-Laurent qu’à la barrière de corail. Bel amorce, le dessus de la vague dégage de la pomme plus rouge que verte du Glengoyne 17YO vient se mêler au miel boisé du Glenfiddich Rich Oak, le tout saupoudré d’une nappe de cannelle. Très visqueux puis vineux en bouche, j’attends quelque chose de profondément sucré, mais ça reste très sec. En finale, on s’enfonce dans les copeaux d’épinettes, manquant de peu le fond de pin peu profond vieilli, tel des planches d’un vieux washback oublié. Comme recette, j’ai vu mieux trempé, comme quoi plonger dans l’eau boisé en combinaison de plongée intégrale enlève tout le feeling.

Patrick 70%
Nez: Ouch… Petite pointe de soufre… Qui cache tout le reste. Goût: Pas mieux. Finale: Soufre. Balance: Who cares?

Highland Park New Make Spirit

58.8% alc./vol.
L’histoire de la distillerie Highland Park remonterait à la fin du XVIIIème siècle, dans la clandestinité bien sûr ! On raconte même que le prévôt de Kirkwall ainsi que des fonctionnaires anglais comptaient parmi les contrebandiers ! Malgré la chasse constante que leur faisaient les excise men, les distillateurs clandestins déployaient des trésors d’imagination pour cacher leur whisky réputé ; ainsi, Magnus Eunson utilisa-t-il la chaire d’une église pour préserver son butin ! La naissance de Highland Park commença véritablement en 1825 lorsque Robert Borwick hérita de la ferme et de la distillerie qu’il s’empressa de rendre légale. Acquise par la famille Grant en 1895, la distillerie fut agrandie et vit le nombre de ses alambics passer de 2 à 4. Possédant ses propres aires de maltage, Highland Park compte 4 alambics assez trapus et procède à une double distillation classique.

André 84%
Nez relativement neutre où la présence du grain et de l’alcool est évidente. Relativement doux, floral et fortement influencé par des notes d’herbe et de feuilles vertes. Finale légèrement tourbée ou la dimension de l’alcool prend toute son importance. Difficile de faire le lien entre le new make et le résultat 12 ans plus tard mais l’expérience est enrichissante.

Glenmorangie 10 ans Original

40% alc./vol.
Glenmorangie utilise différents types de tonneaux, mais toute la production est vieillie dans des futs en chêne blanc d’Amérique fabriqués à partir des arbres poussant dans la propre forêt de Glenmorangie dans les Monts Ozark au Missouri, aux États-Unis. Les tonneaux neufs sont laissés à l’air libre pendant deux ans avant d’être loués aux distillateurs Jack Daniel’s et Heaven Hills pour la maturation de leur bourbon, qui dure quatre années. Ces tonneaux sont ensuite utilisés avec les alcools de la distillerie Glenmorangie.

André 86%
Un surprise sur toute la ligne pour cette version d’entrée de ligne de la distillerie, d’une souplesse et d’une grande générosité. Les poires, pêches et les fruits frais s’offrent au nez comme les étals regorgeant de fruits frais au marché du Vieux Port par une chaude journée d’été. En finale, nectarines et bananes mais une finale légèrement abrupte. Une valeur sûre pour le prix, un single malt très agréable.

Patrick 86%
Au nez, mandarines, citron, pommes, poires, et pêches. Crème glacée à la vanille. Fleurs et menthe. Au goût, vanille crémeuse, pèches, mandarines, citron. Noix, épices, un peu de miel. En finale, le sucre d’un jus de fruit. Délicieux, une valeur sure. Se marie admirablement bien avec un fromage français « Château de Bourgogne », qui est un triple crème (un genre de brie intense).

Martin 88%
Très doré, je dirais même couleur rayon de miel pâle. Nez: Miel, épices, caramel, vanille, fruits secs, nectarine, fleurs et traces de fumée. S’annonce crémeux. Bouche: Encore épices, caramel, miel et vanille. Notes de parfum, de fleurs, d’agrumes et de fumée. Touche de tiramisu. Très proche du nez. Finale: Boisée et douce, très courte, sèche et propre. Franche même. Équilibre: Valeur sûre. Excellent pour l’initiation aux Highlands. Expression d’entrée de gamme sur laquelle on peut compter. Plus raffiné que le Glenfiddich 12 et plus goûteux que le Glenlivet 12.

RV 84%
PVC au jus de raisins congelé Welch. Le fruit a de la difficulté a se dégager en bouche, se cache en début de finale mais regagne graduellement une place primordiale en aftertaste, secondé par l’orge qui fait figure de sidekick aux antipodes. Bien conçue, une base plus qu’adéquate pour la finition, mais j’aurais quand même aimé qu’elle s’exprime plus par elle-même.

Tomatin 12 ans (ancien embouteillage)

43% alc./vol.

André 82.5%
À voir la couleur jaune-verdâtre du dit liquide, je m’étais attendu à bien des arômes mais certainement pas un nez aussi fortement modelé par le sherry. Le xérès est omniprésent au nez, se jumelant à d’agréables flaveurs de pommes-poires et de miel. La bouche est diffuse et éparse, la consistance trop fluide; céréales germées, xérès et fruits à chair avec quelques notes épurées de noisette en finale de bouche. Le nez prometteur s’effondrera trop rapidement en bouche, ce qui décuplera la déception surtout avec les promesses du nez bien fruité et son sherry vraiment bien équilibré.

Patrick 80%
Nez : Malt sucré, avec une subtile touche de xérès et de poussière. Bouche : Sciure de bois et poussière. D’accord avec RV pour ce qui est du papier de plomb et du cigare aigre. Finale : Vers la fin, on y détecte de subtils arômes fruités rappelant des pommes jaunes. Balance : Pas mauvais, mais ben ordinaire.

RV 81%
Sans humidité, l’air de la terre en est presque vulgaire. Dans le champs, à un pied du sol, le malt est sucré et poussiéreux, avec une pointe de foin séché. À l’aveugle, on pense passer brièvement devant un prunier, avec de passer au papier de plomb et de cigare aigre. La finale est un peu mieux, mais trop passagère. L’esprit agricole, ça me prend tout de même un minimum de créativité; ce single malt en est toutefois trop aride.

Tullibardine 1993-2007

40% alc./vol.

André 80%
Nez fruité, les raisins se métamorphosent rapidement en oranges en respirant. Texture soyeuse au nez, lente et tranquille. Les saveurs attendues en bouche sont absentes, la sensation s’apparente à certains new make spirits, c’est épuré et jeune dans l’ensemble, très effacé. La finale se relève drastiquement, l’alcool s’élance avec fermeté, mais l’ensemble est trop liquide et sans raffinement mis à part le feeling poudreux ou de craie qu’il laisse en finale de bouche.

RV 82%
Tullibardine: beaucoup de lettres dans le nom, moins de sons dans la bouteille. Nez super doux avec l’orange sucré de Balvenie, même en bouche l’orange et le caramel me rappelle aussi cette distillerie voisine. Peu de développement en bouche où tout semble de trèfle vert, la finale est longue mais sans intensité. L’aftertaste est un peu bizarre mais est tout de même pardonnable; c’est plus l’ennui générale qui l’est moins dans cette distillerie avec j’attend toujours la surprise lorsqu’il n’y a pas de finition particulière.

Patrick 82%
Parfum léger d’agrumes et de malt, tellement léger qu’il ne parvient même pas à masquer l’alcool, malgré la dilution du whisky. En bouche, une pointe du typique gâteau aux bananes de Tullibardine, toutefois presque noyé dans une orge légèrement épicée. Le tout est marié ensemble par des agrumes frais et rafraichissants. La finale est plutôt courte et insipide. Le style de cette distillerie demeure original, mais avec cette édition, on jurerait qu’on a tenté de produire un whisky sans personnalité.

Oban 1996 Montilla Fino Finish – Distiller’s Edition

43% alc./vol.
Embouteillé en 2011.

Patrick 89%
Notes salines, soupçon de xérès et un air boisé. En bouche, le sel en premier, qui s’ouvre ensuite sur un chaleureux xérès, qui lui nous laisse entrevoir un chêne puissant et une pointe orangée. La finale est relativement longue et salée. Un très bon produit, provenant de l’un des plus beau village d’Écosse. Il gagnerait toutefois à être embouteillé à un taux d’alcool légèrement supérieur.

Old Fascadale 10 ans Batch 2

46% alc./vol.
Bouteille 1 de 3746.

André 79.5%
Petits bonbons, sucre et sel, citron, agrumes, pêches et douce fumée. Flat en bouche, manque de texture. Bonbons à la menthe défraichis. Finale où la fumée poivrée ressort ardemment et où le citron tient toujours la route. Rien d’extraordinaire, bel amalgames d’éléments présenté sans raffinement et sans grand particularités. À 120$ la bouteille, la déception est au rendez-vous.

RV 81.5%
Pour cette bouteille lente à saveur transparente, l’amnésie volontaire est imminente. Au nez, bonjour Skye, son sel et son poivre, quoiqu’un peu trop gêné. En bouche, la cendre attaque, retourne vers la tourbe qui joue un très lent solo bien travaillé mais sans pep. La finale est intéressante avec une pointe de meringue au citron, mais on semble avoir oublié d’inclure un aftertaste. Encore plus que sa provenance, l’expérience reste anonyme et sans retour prévu.

Patrick 82%
Nez de poivre blanc et touche de tourbe salée. En bouche, la tourbe, une touche de bacon fumé et le poivre blanc. En finale, le poivre s’étire, mais il se noie rapidement dans l’océan. Un bon whisky, mais il manque d’intensité et son coût (120$ pour un 10 ans!) En fait une bouteille à éviter.

Old Pulteney 12 ans (nouvel embouteillage)

40% alc./vol.
A considérer uniquement la situation géographique, un environnement rude, balayé par les vents qui peuvent être violents, on se dit que l’emplacement choisi ne fut peut-être pas le plus judicieux ; d’un point de vue économique par contre, une ouverture sur la mer permettait à une certaine époque de transporter aisément les éléments nécessaires vers la distillerie et de convoyer le précieux nectar vers le sud. Fondée en 1826 par James Henderson, Pulteney profita d’une main-d’œuvre importante du fait de l’intensification de la pêche au hareng au XIXème siècle ; ainsi nombre d’employés utilisaient leur savoir-faire à la fois pour le whisky et le hareng. Les tonneliers notamment qui fabriquaient les tonneaux permettant de conditionner les harengs marinés vers l’Allemagne et la Russie ou du whisky pour leurs frères écossais. Entièrement rénovée en 1959, Pulteney intégra finalement le groupe Inver House Distillers en 1997. Le centre d’accueil pour les visiteurs date seulement de l’an 2000. Pulteney possède de gros alambics ventrus prolongés par une tuyauterie complexe.

André 87%
Un bol de fruits savouré sur le bord de la mer. Superbe nez à la fois salin et fruité, livré à travers de belles vagues de nectarines, citron et de cantaloups. Tout ce beau mélange est ceinturé d’un filet de sel. La bouche est moins belle qu’espérée, le nez étant supérieur à l’attente. Le sel ressort aussi de façon plus expressive en bouche, mais sans étourdir les belles arômes de fruits qui demeurent en sourdine tout en gardant leur importance. L’alcool monte par la suite, une bonne marée apportant avec elle cette belle mixture de sel et de cantaloups. Celle-ci s’estompe pour laisser la place au duo sel / piquant alcoolisé. Cette finale vous surprendra par sa facilité à garder la note si longtemps. Une belle surprise et une belle façon de se préparer aux whiskies plus musclés.

RV 85%
À prendre sur le quai avec le capitaine. Salin mais les algues sont un peu trop fortes pour mes narines. Tout aussi maritime en bouche, on ne goûte la tourbe d’algue qu’en gorge. La finale voit un fruité (framboise) effleurer les parois de la gorge de manière subtile. Assez typée, c’est le genre qui ne crée pas de grandes vagues mais qui se prend vraiment bien.

Patrick 85%
Trèfles, algues et un peu de sel. En bouche plutôt huileux, très salé, un peu d’algues avec une touche de fruité. La finale est un peu trop sucrée, probablement pour rassurer les sirènes. On dirait presque un verre d’eau de mer, mais en meilleur! Définitivement un scotch maritime, qui, après quelques drams, réveillera le Capitaine Bonhomme en vous. Avec quelques points d’alcool de plus, la note aurait aussi été .élevée de quelques points de plus…

Martin 89.5%
Je qualifierais sa couleur d’une teinte à mi-chemin entre l’or profond et le rosé du sherry amontillado. Nez: Algues et fleur de sel. Agrumes, plus particulièrement zeste d’orange sanguine. Assez minéral avec des notes de poivre blanc. Bouche: Très doux, lavande sucrée, fleurs et savon. Touches de caramel et de cacao. Orge juteuse, pomme de tire et anis étoilé. Finale: Légère chaleur épicée. Vent de persil. Curieux. Chêne fumé. Équilibre: Excellent équilibre entre sucré, salé, acide et boisé. Une distillerie à découvrir.

Brora 30 ans 2009 (bouteille 778)

53.2% alc./vol.
Bouteille 0778 de 2652.

Patrick 90%
Parfum de champs d’orge au bord de la mer… Je détecte aussi une légère touche de petits fruits rouges. En bouche, définitivement maritime: très salin, une bonne touche de bois brûlé, toujours l’orge et le tout marié ensemble par une texture des plus agréable. La force de l’alcool me semble parfaite. La finale, plutôt salée, s’étire longuement sans nous faire oublier le bois brûlé. Une distillerie dont les rares produits, presque toujours excellents, sont devenus trop chers pour le commun des mortels.