Arbikie 1794 The PX

48% alc./vol.
Arbikie pousse encore plus loin son programme novateur de seigle écossais avec The PX, un whisky élaboré à partir de grains cultivés sur les terres d’Arbikie. La recette est un assemblage de seigle d’hiver, d’orge maltée de printemps et de blé d’hiver, puis vieilli d’abord en fûts de chêne américain neufs et carbonisés avant une finition en fûts de sherry Pedro Ximénez. 60% seigle, 15% blé, 25% orge maltée.

André 75%
Quand té lette comme un cul pis que tu penses que des beaux vêtements pis une belle coupe de cheveux font de toi un king… Bin c’est ça. Un mauvais whisky avec un gros manteau de sherry PX bien sucré, ça reste un mauvais whisky pareil. Au nez, mélange d’oranges sanguines et de bonbons à la cerise artificielle sur fond de rye vert parfumé de cannelle, caramel lourdaud, sucre de canne. La bouche s’ouvre sur des notes de céréales toastées à la Balvenie, puis devient plus pointue sur le poivre et la cannelle sur fond de produits chimiques, d’oranges sanguines, raisins secs, de fruits rouges séchés et de sucre naturel que l’on retrouve sur les dattes. Ça peut paraitre attrayant écrit comme ça mais ça ne l’est pas tant… La jeunesse du whisky se dévoile très rapidement en bouche, le nez lui s’équilibre un peu plus avec le temps. La texture est ronde jusqu’à l’ingestion, beaucoup plus épicée et aux notes de bois brûlé très intenses. Finale de réglisse noire, de poivre et cannelle, charbon de bois et mélange de fruits rouges séchés nappés de caramel surchauffé. Moins pire que le rye original mais faut quand même voir l’esprit aventurier pour vouloir essayer.

Patrick 81%
Le PX réussit ici à masquer les manquements de l’Original, en particulier le feeling d’être trop jeune. Si cet artifice parvient à redonner de nombreux points au nez et à la bouche du whisky, la finale en souffre cruellement. Bref, une belle curiosité comme j’aime tant, mais c’est ce que ça va rester pour moi. Et avant de m’en racheter une bouteille, faudra que le produit évolue un peu. La supériorité des Canadiens dans la fabrication de rye de qualité n’est pas encore menacée. Nez : Oranges sanguines, baies sauvages, thé noir, rack à épices et un peu de caramel. Bouche : L’arrivée en bouche est sucrée et fruitée, portée par l’influence du fût de PX. Cette influence sait toutefois restée suffisamment en retrait pour laisser les épices s’exprimer. Le tout est complété par un étrange mélange de clous de girofle, de jus d’orange et de sirop d’érable. Finale : D’une longueur moyenne, marquée par le bois grillé et les clous de girofle. Après quelques minutes, ce sont toutefois des prunes trop mûres, presque pourries, qui me restent en bouche.

Martin 82%
Nez: Raisin sec, datte, miel sombre, encore pain de seigle chaud, cacao, bois sucré. Je ne sais pas trop à quel point le grain d’origine sied bien au traitement sherry cask. Bouche: Texture généreuse dès l’arrivée, caramel épais, figue, pruneau, chocolat noir, cannelle, épices du seigle qui émergent comme un couteau sous la richesse du xérès. Finale: Longue, fruits noirs, chêne épicé, café doux, sucre brun. Équilibre: Je ne déteste pas. Alliance convaincante entre douceur vineuse et caractère épicé du grain, un dram au profil ample et gourmand malgré sa singularité au niveau du grain.

Kim 60%
Nez : Tout comme le Arbikie Original, il est clairement trop jeune et ça s’exprime en un mélange de vernis à meuble, de décapant à l’acétone, de bois résineux traité. Tout ça masque l’apport beaucoup trop subtil du xérès, que j’hallucine plus que je ne le discerne au nez. Bouche : Le PX a heureusement fait son œuvre ici, ce qui adoucit un peu l’épreuve en lui apportant une touche de café mocha et de toffee. Ne nous méprenons cependant pas, c’est encore trop jeune et franchement pas plaisant.

Arbikie 1794 Rye Single Grain Original

48% alc./vol.
Pour cette édition, l’alcool de base a été élaboré à partir d’un mélange de 60 % de seigle d’hiver, 25 % d’orge maltée de printemps et 15 % de blé d’hiver. Cet alcool tourbé a ensuite vieilli dans des fûts neufs de chêne américain carbonisés.

André 63%
Le nez est très spécial mais pas dans le bon sens du terme ici. Rye herbacé teinté d’accents de pastilles à l’eucalyptus, de Pinesol, les cerises et le bois calciné. Notes qui rappellent aussi une vieille brouette rouge sous la pluie dont le fer est rouillé. Très Canadian rye whisky artisanal dans le style. En bouche, l’ensemble est marqué par une sensation artificielle presque chimique, les pastille casse-grippe à l’eucalyptus, grosses notes de cannelle cireuse, la sève de arbres de pin tout juste coupés, la cerise chimique et une pincée de poivre. Le rye est très évident et très organique aussi. Aux gorgées suivantes, ça goûte l’alcool bon marché vieilli mais loin d’être à point. Finale chimique de cannelle, cerises et d’eucalyptus. C’est pas bon, pas loin d’être dégueulasse. Note de 60% pour avoir eu l’audace d’embouteiller et 3% pour l’effort.

Patrick 80%
Voici un whisky auquel je suis revenu plusieurs fois avant de me décider à écrire cette évaluation. Ma première impression en ouvrant ma bouteille en a été une de déception : Le seigle était dilué dans le blé et l’orge, et le whisky ne semblait pas avoir passé suffisamment de temps en fût… Comparativement à la compétition (Ryelaw d’Inchdairnie et Teaninich), il désappointe… un peu. Car je dois admettre d’en prendre afin de le « comprendre », j’ai fini par l’apprécier un peu. Mais sans plus. Nez: Le parfum me fait penser un peu plus à du gin que du rye… Énormément d’herbes aromatiques, du zeste d’orange, un peu d’épices, de subtiles baies sauvages et des biscuits de malt. Le tout présente aussi un feeling de jeune spiritueux, ce qui accentue mon impression d’avoir affaire à un gin. Bouche : Les épices et les herbes se battent ici pour la première place, et sont finalement mariées ensemble par un trait de caramel et des baies sauvages. Finale : D’une longueur moyenne, épicée et surtout marquée par le bois cramé.

Martin 80%
Nez: Pain de seigle chaud, poivre doux, miel, pomme rouge, bois toasté, nuance prononcée d’aneth. Bouche: Texture adéquate et souple, caramel brun, gingembre, orange confite, céréales grillées, clou de girofle, épices franches qui s’étendent sur le palais. Finale: Assez longue, sur menthe fraîche, chêne sec, noix grillée, avec une légère chaleur poivrée. Un bon restant de sandwich au smoked meat et à l’aneth. Équilibre: Un dram au profil épicé affirmé, avec un grain bien mis en valeur et une structure quand même nette et cohérente. Pas top, mais je ne peux lui en vouloir.

Kim 58%
Nez : Un « newmake » qui sort de l’alambic a habituellement une bien sympathique odeur; un whisky affiné suffisamment longtemps en fût développe une belle complexité aromatique. Entre ces deux phases, on a souvent affaire à un solide « yark » au nez. Et c’est le cas ici. Mélange de vernis à meuble, de décapant à l’acétone, de bois résineux traité. Bouche : Malgré tout, le newmake est intéressant, le seigle apporte une belle touche épicée et une rondeur en bouche, mais ce n’est pas prêt à boire. Je suppose que si je mettais suffisamment de sucre dans une bouteille de Pine Sol, ça ressemblerait. À regoûter dans quelques années.

Old Pulteney 25 ans

46% alc./vol.
Vieilli d’abord en fûts de chêne américain, puis en fûts de chêne espagnol ayant contenu du sherry Oloroso.

André 89%
Pour un whisky côtier de type Balblair, ce Pulteney est plus fidèle à ses racines. L’apport de sherry est plus discret que dans le Balblair 25yo, ce qui laisse plus de place à la typicité du whisky de trouver sa place. On perçoit bien la provenance géographique du whisky. Nez d’agrumes et de citron, une touche d’iode, melon au miel, oranges, ananas, vieilles planchettes de chêne. LA bouche est à l’image du nez, à la fois maritime et tropicale, un accent discret de fruits rouges en addition. De la vielle réglisse rouge éventée peut-être. Belle texture huileuse et gourmande tout en étant charpentée par les épices. La finale surprend par sa livraison d’épices ; cannelle, poivre et gingembre, fruits tropicaux nappés de chocolat au lait fondu, sel de mer. Belle découverte.

Gordon & MacPhail Ardmore 1981

40% alc./vol.
Bottled 1996.

André 83%
Première fois que je goûte un Ardmore si peu fumé. Le nez s’ouvre sur les fruits du verger – pomme verte, poires, melon au miel – avant que s’intalle une fumée de tourbe terreuse et poivrée distante accompagné de fruits rouges séchés. La bouche est tropicale et finement maritime. Melon au miel, oranges, sirop de poires, iode, terreau d’empotage humide, pommes et poivre moulu. Après 2-3 lapées, j’ai des notes de réglisse rouge et de cannelle qui s’ajoutent. Malheureusement, la texture est un peu disparate et effacée. Les flaveurs du whisky s’évaporent rapidement et le tout vient ‘’flat’’ à vitesse grand V. La finale s’étire sur des tonalités de fumées de tourbe terreuse, sécheresse poivrée importante et notes d’oranges et de muscade.

Balblair 25 ans

46% alc./vol.
Après un premier vieillissement en fûts de bourbon, il bénéficie d’une longue seconde maturation en fûts de chêne espagnol ayant contenu du sherry Oloroso.

André 85%
Superbe nez, vraiment. La longue maturation en sherry est apparente. Fruits séchés, raisins, cerises, abricots, caramel et bois toasted. La bouche est grandement influencée par la longue maturation, sensation vieillotte et poussiéreuse, vieux livre avec couverture de cuir, oranges sanguines, réglisse rouge, chocolat noir amer. Un peu trop de tannins à mon goût. Texture un peu décevante, pas trop de corps ou d’huile. Finale de vieux bois vernis et poussiéreux, tonne de fruits pâteux séchés, raisins, cerises, prunes, grosse amertume remplie de tannins et de caramel.

Cadenhead’s Authentic Collection Glen Esk 14yo

64.8% alc./vol.
Distilled 04/1982, Bottle 04/1997. Glenesk a débuté comme moulin à lin avant d’être transformée en distillerie de malt en 1897. Elle a été rééquipée pour produire du whisky de grain aux autour de la Seconde Guerre mondiale, puis reconvertie à la production de malt dans les années 1960 et agrandie dans les années 1970. Ce whisky a été distillé en 1982 à Glenesk, deux ans seulement après que la distillerie ait changé de nom (anciennement Hillside). Traditionnellement, Glenesk était un composant important du whisky d’assemblage Vat 69, mis en bouteille à South Queensferry, près d’Édimbourg, par William Sanderson, anciennement une filiale de Distillers Company Limited (DCL). La distillerie fut finalement fermée en 1985 et démantelée en 1996.

André 82%
À ce taux d’alcool, j’ai laissé respirer une bonne heure avant de me lancer pour la dégustation officielle. Étonnamment, c’est relativement doux en bouche, mais la finale demeure relevée. Nez de miel et de céréales séchées, tarte au citron, oranges, vanille. Saveurs classiques. La bouche est huileuse et grasse même avec l’importante livraison d’épices. Pastille casse-grippe au citron, pommes vertes, vanille, cire d’abeille, fruits tropicaux à chair, mangue, notes herbacées en fond de scène. En finale, beaucoup d’épices du bois de chêne, poires, raisins verts, herbe mouillée, vanille pétillante. Bizarre et sans trop de ligne directrice.

Signatory Vintage Glen Albyn 20 ans Vintage 1977

43% alc./vol.
Distilled 12/8/1977, Bottled 7/1998 from Cask #1954, Bottle #262 of 380.

André 86%
Compote de bananes nappées de miel, zeste de citron, vanille et assaisonné d’une légère touche herbacée en fond de scène. La bouche est sucrée, encore la compote de bananes, notes de cannelle et de poivre concassé, cosses d’oranges, miel, zeste de citron, bois de chêne sec. Aux gorgées suivantes, grosses notes épicées et boisées. Finale moyenne-longue, merci aux épicés, bien sucrée et garnie de fruits tropicaux, sensation effervescente bizarre sur la langue.

Highland Park 10 ans « Ten Years of the Highland Park Appreciation Society » 2024 Release

65.5% alc./vol.
Distilled 11/2013, Bottled 08/2024 from First Fill European Oak Sherry Puncheon, cask #3655 Limited Edition of 663 bottles.

André 88%
Miel, abricots et une tonne de sirop d’érable et de canne à sucre, oranges et notes de bois toasted intenses. Les notes de fruits rouges et de cerises se présentent sous une légère couche de soufre et de bois calciné. Avec un taux d’alcool si puissant, une texture si huileuse et souple est impressionnante. En bouche, beaucoup d’oranges et d’abricots, ananas, de petits fruits sauvages séchés, fumée de tourbe mielleuse, de cassonade et bois brûlé… une touche de soufre également. La fumée de tourbe est plus intense qu’au nez. Demande beaucoup de temps pour s’équilibrer pleinement. La finale est un mélange de miel, d’abricots, de cassonade, sel de mer et de tourbe de bonne force. Pas le whisky qui est le plus représentatif de la distillerie, désorientant pour un fan de HP…

Patrick 90%
Un Highland Park comme je n’en ai jamais eu! J’ai éprouvé énormément de plaisir à l’analyser. Nez : Eh bien, j’ai été valider l’étiquette de mon échantillon pour confirmer qu’il s’agissait bien d’un Highland Park : Le parfum déborde de caramel et de sirop d’érable, avec de subtils petits fruits rouges et des notes d’oranges encore plus discrètes. Bouche : Abricots, ananas, oranges, bois sec, vanille, caramel, miel et un soupçon de sel de mer. Après quelques gorgées, je remarque aussi une subtile fumée de tourbe. Le tout est porté par une belle texture huileuse. Finale : D’une belle longueur, fruitée, mielleuse et boisée.

Glencadam 25 ans 1996 Single Cask Sauternes Barrel

58.7% alc./vol.
Distilled 25/3/1996, Bottled 9/6/2121, Cask #9746, Bottle 7 of 307.

André 90%
J’ai bien pensé que le Tomintoul serait l’accord parfait pour le Sauternes mais force de constater que Glencadam sied beaucoup mieux. Présentation tropicale ; ananas, citron, miel d’acacia, cantaloup et melon au miel, abricots, mandarines. La bouche surprend par ses notes de fruits secs et de petits fruits sauvages, thème plutôt nordique que tropical. On y retrouve tout de même de la compote de bananes, du citron et de l’abricot. L’ensemble est beaucoup plus équilibré que dans le Tomintoul Sauternes 1997, plus nuancé que contrasté. La bouche est moelleuse et sucrée, bien mielleuse. La finale est longue et poivrée, avec un retour sur les fruits tropicaux et une belle vanille pâtissière.

Glencadam Riserva Di Amarone

46% alc./vol.
Amarone Wine Cask Finish.

André 79%
Mélange de prunes, raisins mauves et de framboises sur fond tannique, Fun Dip au raisin, gomme savon. À l’aération, notes d’oranges et de confiture de cerises. La bouche est sèche et poussiéreuse et offre un parfum de gingembre et de cerises roulées dans le poivre accompagné de bons tannins du bois. Oranges, cerises, prunes, gingembre, poivre, sucre à glacer et gomme balloune. Pas de ligne directrice précise. Les épices et le coté bois tannique gagnent en force au fil des gorgées. Finale sur de timides notes rougeâtres, du bois tannique et du poivre puissant. Après ce qu’on a vu Arran faire avec l’utilisation du Amarone, c’est plus qu’ordinaire ici.

Patrick 80%
Un superbe scotch… Si j’en prend rapidement une autre gorgée avant d’arriver à la finale. La finale de ce scotch lui fait perdre près de 10 points, passant du statut de « très bon, presque excellent » à « ok, sans plus ». Nez : Parfum de confitures de raisins et cerises (ça existe, ça?) avec une petite note de chocolat au lait, de vanille et de bois sec. Bouche : L’arrivée en bouche est dominée par de la confiture raisins, cerises et fruits des champs. Puis, j’y retrouve du bois grillé, du cacao, du poivre et du gingembre. Finale : D’une belle longueur, celle-ci fait toutefois perdre plusieurs points à l’ensemble par ses notes tanniques et quelques peu débalancées.

Martin 85%
Nez: Cerise noire, framboise compotée, miel, pâte d’amande, cacao, avec une délicate empreinte vineuse qui reste élégante. Bouche: Une texture crémeuse soutient des saveurs de prune mûre, caramel, orange sanguine, chocolat noir et cannelle, avant que le chêne épicé et une légère note de noix ne prennent doucement le dessus. Finale: Persistante, sur les fruits noirs, le cacao, les épices douces et une pointe de café amer. Équilibre: L’influence de l’Amarone est bien dosée, apportant une richesse que j’aime bien.

Kim 83%
Nez : Coulis de bleuets, feuille de tabac, une touche mentholée, rappelant presque l’eucalyptus, avant de chavirer sur la réglisse rouge et l’anis étoilé. Bouche : La réglisse rouge s’est transformée en Nibs, amenant une sucrosité à saveur de cerise, mais l’anis demeure en trame de fond, avec une touche de girofle et de carvi. J’ai l’étrange impression que c’est la richesse, la profondeur de l’amarone qui s’exprime ainsi via les épices. Sans me jeter par terre, c’est sympathique.