Glencoe Highland Cask Strength Adam 12 ans Portwood

46% alc./vol.

RV 80%
Un gros cumulonimbus, où la largeur et la longueur sont trop importantes par rapport à la hauteur. Odeur peu intéressante, où le seul point positif est un peu de bruyère salé, que je m’imagine pousser sur une plage pas très propre. Arrivée très dispersée, un peu de grain qui s’envole au vent, mais fini par retomber, plusieurs secondes plus tard, comme une poussière de feuilles d’érables séchées et broyées. Finale de loin meilleure de vanille conçue, de bon volume, mais qui se termine en queue de poisson. Il y a pire certes mais ce n’est certainement pas un whisky qui va passer à l’histoire.

Connoisseurs Choice Gordon & MacPhail Arran 1999 Sherry Cask

43% alc./vol.

André 82%
Uniforme et très doux. Poires et céréales maltées roulées dans le miel. En arrivée de bouche, le sucre et un peu de fruits, c’est bien maigre comme livraison, l’ensemble est passager et insipide. Bonne texture poreuse ou de craie peut-être, un peu maritime et jumelée de menthe qui nous même à la finale. Pas un mauvais whisky mais trop rectiligne et prudent.

Patrick 90%
Céréales vaporeuses et trèèès léger fruits et soupçon d’air marin. Mais vraiment seulement un soupçon! En bouche, wow! Arran reprends son droit: une belle complexité, fruits, agrumes, algues. Finalement fraiche, avec des agrumes. Ok, j’en achète une bouteille right now!

Martin 86%
Nez: Extrêmement léger, fruité et mielleux. Eau de rose et herbe. Petit malt timide sous cette douce musique. Infime vent maritime de pierre lavée. Faut être patient avec celui-là. Bouche: Fruits rouges, cuir et malt. Un vent de xérès apparait ici, nullement annonçé par le nez. Surprenant et agréable à la fois. Finale: Belles notes maltées, fruitées et épicées sur la fin. Équilibre: On se reprend bien pour le nez qui, sans annoncer rien de méchant, n’annonçait toutefois rien du tout. Bravo G&M.

RV 85%
La patience a ses vertus. À l’ouverture il faut le faire respirer sinon il a des relents des Penderyn étranges, avec un peu de soufre et beaucoup de métal plus traditionnel aux Arran. Dès l’arrivée en bouche, de l’orange qui persiste avec un peu d’eau de rose, assez confortable. La finale en est une toute de grain vêtue, jusqu’à la finale un peu plus verte. Rien pour briser les murs mais bien conçu, difficile à ne pas apprécier mais aussi ardu à s’en faire un dram vénéré.

Arran Madeira Wine Cask

50% alc./vol.
Édition 2008 limitée à 5760 bouteilles.

André 89%
Au nez, mélange d’orange et de pêches, confiture d’orange, agrémentées de saveurs de banane et de vanille provenant du fût de chêne. Le tout cache bien le taux d’alcool. Les épices sont plus frénétiques en arrivée en bouche, l’intégration du fût de Madère est magistrale, les sucres goulus et généreux, avant la livraison d’orange confites et d’un soupçon de cuir. Les éléments sucrés dominent l’ensemble en bouche. La finale, quant à elle, tranche légèrement avec ses accents épicés mais libère aussi de savoureuses notes d’ananas et de fruits tropicaux avant de s’essouffler en quelques sécheresses épicées en toute finale de bouche. Y’a une petite touche qui m’accroche en finale, la conjugaison alcool-épices-sécheresse du fût de Madère peut-être, sinon, j’aurais noté en haut de 90%. Un beau voyage des sens, de belles saveurs.

Patrick 87%
Nez: Aaaaah… Le vin de Madeire. Disons que je ne suis pas un fan. Bref, vin de Madeire et chêne au nez. Bouche: Une belle chaleur, de beaux fruits (ou plutôt une pointe vineuse) et quelques épices. Finale: Chaleureuse et assez longue. Marquée par le vin. Balance: Nez ordinaire mais la bouche est excellente. Je suis agréablement surpris.

Martin 85.5%
Ambre orangé et légèrement rosé, chair de citrouille. Nez: Fraises et épices du vin de madère nous accueillent à bras ouverts avec un voile de muscade. On poursuit sur eau de rose infusée au chêne et à la noix de coco. Bouche: Baies séchées, orange, amandes et gingembre. Sucre d’orge en puissance. J’ai tout de même l’impression que le taux d’alcool occulte peut-être certaines saveurs ici. Finale: Assez longue, ponctuée d’orange, de gingembre et de cannelle. Équilibre: Arran reste un superbe malt à la base, mais je ne peux m’empêcher de croire que cette finition spéciale aurait pu s’en tirer à 46, voire même à 43% d’alcool sans heurt, et ça l’aurait peut-être même amélioré.

Highland Park Harald

40% alc./vol.
La distillerie des Orcades lance une gamme de whiskies en hommage à ses ancêtres guerriers viking. Svein, Einar, Harald sont les trois premières références de la nouvelle gamme lancée par Highland Park dans le réseau duty free. Trois autres embouteillages – Sigurd, Ragnvald et Thorfinn – suivront avant la fin de l’année 2013. Ces single malts, sans mention d’âge, sont des assemblages d’eaux-de-vie vieillies en fût de bourbon et de xérès, ces dernières en quantité plus ou moins importante et de comptes d’âge qui vont aller en augmentant.

Einar , comte des Orcades à partir de 1014, ses expéditions aventureuses et lointaines sont légendaires. Tout autant que sa hache, symbolisée dans le logo Highland Park. Svein, principal chef viking, ses exploits sont la trame de la saga Orkneyinga, récit légendaire qui narre l’histoire des Orcades.

Harald, figure centrale de l’histoire viking. Roi de Norvège, il fut un formidable chef de guerre au 9e siècle.

André 83%
Sherry, raisins secs et orange, vanille épicée. Mélange très agréable que je n’aurais pas associé à un Highland Park au départ. La bouche est plus ronde et sucrée que d’habitude, les oranges sanguines et le sherry poursuivent leur lancée, une pointe de sel en addition. La texture est légèrement liquoreuse, saveurs de gâteau à l’orange nappé de vanille peut-être. J’aurais aimé un taux d’alcool de 43% mais celui-ci s’accorde très bien avec les flaveurs livrées ici. L’influence du fût de sherry gagnera en importance plus le whisky respirera. Il y a aussi en arrière-plan un petit floral quelconque que je n’arrive pas à identifier. Les épices sont aussi plus actives en finale. Je m’attendais à une déception mais je ne suis pas ébloui pour autant.

Patrick 78%
La première impression est géniale, mais après quelques instants, une sensation désagréable fait son apparition et vient tout gâcher. Too bad. Nez : Épices du chêne et touche de bruyères et de xérès. Bouche : Bruyères, orge et chêne. Pointe subtile de xérès, mais aussi une fausse note désagréable que j’ai de la difficulté (et un manque d’intérêt) à identifier. Finale : Courte et bizarre.

Martin 84.5%
Bel ambre à peine dilué. Nez: Sherry juteux et bois de chêne. Le bruyère et le miel typiques de HP sont toujours là, accompagnés de raisins, de baies diverses et de gingembre. Léger manque de puissance ou d’affirmation. Bouche: Plus de corps que son cousin Svein. Vanille, miel et limette se mêlent au xérès et au chêne qui forment la fondation de ce malt. Fruits rouges avec un peu d’orge fumé et de poivre. Très agréable quoiqu’un brin simpliste. Finale: Peu longue et peu épicée. L’astringence du sherry perdure sur un doux nuage fumé. Pas mauvais, mais gagnerait à être plus complexe. Équilibre: Un très bon single malt, mais vraiment quelconque pour un HP. On aime bien son petit côté sherry et on reconnaît bien le caractère de la distillerie, mais malheureusement les attentes étaient trop élevées. Reste caché derrière ton bouclier, Harald.

Tobermory 10 ans (nouvel embouteillage)

46.3% alc./vol.
La distillerie Mull a été créée en 1795 par John Sinclair, un prospère négociant en vrac qui disposait de la flottille nécessaire pour amener l’orge et le charbon nécessaires au fonctionnement de la distillerie. L’éloignement de l’île, de la distillerie au nord de Mull, ne facilite pas la vie de la distillerie. Au XIXe et au XXe siècle, elle connait des années de fermeture. Tel le phénix, elle reviendra toujours à la vie, et les feux de ses alambics au très haut col seront toujours rallumés. Deux visages, car Tobermory s’est aussi appelée Ledaig. Aujourd’hui, les choses sont claires : Ledaig est réservée aux whiskies tourbés (élaborés avec des malts en provenance de Port Ellen) et Tobermory aux malts non tourbés, caractérisés par leur finesse et leur élégance. Tobermory offre de riches et puissantes sensations aromatiques. Dans la continuité de ce qu’elle avait entrepris pour Deanston, la socièté Burn Stewart a décidé d’embouteiller tous ses single malts à 46.3° sans pratiquer de filtration à froid.

André 81%
Nez de noisettes fraiches, un peu terreux, à la limite agricole, une « tourbe » (axées plus sur le côté terreux que la tourbe habituelle) calme et maritime, saupoudrée de sel et ponctué de notes citriques. Fond de toffee ou de caramel surchauffé. Ce n’est pas le style de nez qui m’interpelle, ce côté agricole me rebute un peu. En bouche, la texture est soyeuse et agréable, la non-filtration a définitivement eu de l’effet sur l’ensemble, et l’alcool picotera le dessus de la langue. Les notes de tourbe agricole refont surface (cela me rappelle encore une fois la tourbe des Armorik que je déteste) . La terre est bien là et s’accompagne des noix du nez. La finale poussera quelques soupirs de menthol et s’accompagnent d’accents maritimes, d’agrume et de citron.

Patrick 86%
Nez : Herbe et chêne. Feuilles et orge. Bouche : Herbe et sel. Orge et chêne ensuite. Pointe d’épices. Finale : D’une longueur moyenne, marquée par les céréales et la fumée.

Martin 85%
Le contenu du verre porte fortement vers le blanc et peut ainsi presque nous leurrer en nous faisant croire que c’est un vinho verde. Nez: On entame la danse en grand avec une influence prépondérante de tourbe iodée et de pneu neuf, enrobant une douce vague d’agrumes qui pointe doucement à l’horizon. Bouche: La tourbe sucrée virevolte en bouche et passe du beurre fondu à la fumée, sans oublier quelques arrêts pour laisser monter les pommes et la crème anglaise. Finale: Le caoutchouc tourbé revient rapidement sur une vague douce et sucrée via rétro-olfaction. Équilibre: Un scotch très affirmé qui, pour une expression de base, reste un solide malt de l’Île de Mull.

Ledaig 10 ans

46.3% alc./vol.
Édition 2011. En 1798, un négociant de l’île demanda aux autorités la permission de construire une distillerie ; celle-ci lui fut refusée (pour quelles raisons ?) cette année-là…mais accordée la suivante ! Ce fut donc en 1798 que John Sinclair put construire la distillerie qui ne fut complètement opérationnelle qu’à partir de 1823. Rachetée en 1890 par John Hopkins & Co., puis par Distillers Company Ltd. en 1916, la distillerie fut fermée en 1930. La réouverture n’intervint qu’en 1972 sous le nom de Ledaig. Acquise en 1978 par Kirkleavington Property Co., la distillerie appartient désormais à Burn Stewart qui y a opéré de gros investissements. Le whisky élaboré ici ne vieillit d’ailleurs pas sur l’île, mais dans une autre distillerie du groupe, Deanston dans les Highlands.

André 78%
Nez désagréable de pourri, herbe baignant dans de l’eau de pluie, un peu marin au nez également. Light en bouche, progressant sur la tourbe assez prononcée. Finale s’accrochant sur la vanille où l’herbe pourrie est disparue mais remplacée par le terreau d’empotage pour le bénéfice de l’ensemble.

Patrick 90%
Nez de tourbe jaune, avec une pointe de sel, un peu de caoutchouc brûlé et une pincée de foin. En bouche, la tourbe montre sa pleine richesse. La pointe de sel est toujours présente, ainsi que le foin et un côté malpropre. La finale est marquée par le sel, avec un peu de céréales. Bien équilibré, une belle richesse de saveur, juste assez unique pour donner le goût d’en prendre un autre verre.

Martin 86%
Couleur d’un jaune pâlotte qui crie la tourbe. Nez: Une traînée de fumée de tourbe et de phénol surplombe une trop petite communauté de citron, de cuir, de pin, de noix et d’huile d’olive de façon savoureusement sinistre. Bouche: Surprenant, huileux et épicé en bouche. Des notes de miel et de citron, agrémentées d’herbe et de noix salées, sont au rendez-vous. Finale: On laisse de côté les fruits et le sucre pour tomber ici dans la boucane de tourbe, le cuir et les feuilles de tabac à pipe. Poivre et médicaments s’étirent un peu et finissent par se chicaner à mon grand dam. Équilibre: On reste tout de même loin des monstres tourbés de l’Islay, mais cette expression de Mull digne de mention reste toutefois solide. Je pourrais recommander sans honte cette expression, accompagnée du Tobermory 10 ans, pour quelqu’un qui souhaite avoir une idée de ce qui se fait dans les îles moins connues de l’Écosse.

RV 77.5%
Sans même prendre de chances, ce whiskey réussit à décevoir en chutant en milieu de parcours . L’expérience débute par une déconcertante odeur de préparation chimique, à la limite un mauvais gâteau dans lequel on aurait inversé les proportions de poudre à pâte et de farine. Avec le temps, on migre vers la tourbe et le foin pourri, qui se poursuit en finale. Heureusement, en bouche le nez se corrige – un peu – mais pas la bouche. Quand c’est le dégoût plutôt que l’anticipation qui me fait avaler un whiskey…

Highland Park 10 ans

40% alc./vol.

André 82%
Étonnant un Highland Park si fruité et tourbé, une tourbe florale et parfumée au miel de bruyère. En bouche, les oranges et les poires, le sel en acteur de soutien, le taux d’alcool est bien effacé pour moi et la texture en bouche en souffrira. L’apport de la vanille et des amandes est intéressant mais l’ensemble est trop doux. Finale mielleuse avec rappel maritime, touche de citron. Un whisky entre le 12 ans et le 15 ans actuel, à mi-chemin entre le cozy 12 ans et l’estival 15 ans. Mais pour 10$ de moins que l’édition phare de la distillerie de 12 ans, je n’hésite même pas une seconde. À souhaiter que Highland Park nous fasse pas le coup des no age statement tout comme Macallan.

Patrick 88%
Nez : Tourbe florale et mielleuse, le tout étant délicat et robuste à la fois. Bouche : Une belle tourbe fumée, mielleuse et florale. Pointe de citrons. Finale : Assez longue pour un 40%, fumée, épicée et avec une touche de poussière. Balance : Ne serait-ce de la finale un peu poussiéreuse, il s’agirait de l’un des meilleurs rapports qualité/prix sur le marché. L’ensemble demeure tout de même un excellent dram de tous les jours, le dram parfait à servir à la visite qui ne connait pas vraiment le whisky, mais à qui on veut servir quelque chose de différent sans se ruiner. Je recommande.

Martin 83%
Le verre affiche une pâleur digne d’un chardonnay plus que typique. Nez: Un fond timide d’agrumes et de miel est discernable, mais ce qui frappe le plus reste un vent de gras de fondue au fromage, de religieuse collée au fond du caquelon, bordé de notes de fumée et de gazon. Bouche: Douceur et équilibre emblématiques de la distillerie. Amalgame envoutant de céréales sucrées sirupeuses et de rayon de miel avec un fond de bruyère et de tourbe. Finale: On flotte doucement sur un franc et langoureux vent de tourbe citronnée et gazonnée. Équilibre: Une expression de départ pas assez solide à mon goût pour la renommée et l’héritage de Highland Park. Dans mon livre à moi, le 12 ans reste une base plus équilibrée, et pour dix dollars de plus avec un voyage en Ontario en moins, la question ne se pose même pas. Ça reste tout de même une belle occasion pour initier un néophyte aux scotchs des Orcades.

Kim 78%
Dégusté à l’aveugle. Nez : Grain frais, un soupçon empyreumatique sur le caoutchouc, une touche d’eucalyptus et un bouquet garni évoquant la Provence. Bouche : Sec et goudronné, avec une finale très courte, sur le bois vert un peu sucré. Sans être mauvais, c’est un whisky de base.

Tomatin 12 ans (nouvel embouteillage)

40% alc./vol.
Le whisky produit est essentiellement consacré à la fabrication de blends (The Antiquary, Talisman, The Big-T). Le single malt n’est que très peu distribué.

André 72%
Insipide, trop de sherry. Soft mint peut être.

Patrick 65%
Yark! Coudonc, me suis-je lavé les mains en sortant de la toilette??? Repoussant au nez, tout comme au nez. Poche.

RV 72%
Un coup de vent inutile qui semble arriver de nulle part et se diriger de là où il est venu. Nez très feuillu, samare (hélicoptère) d’érable? Le tout accompagné d’un bois sucré. Presqu’absent en bouche et en finale, avec un boisé et des épices à concentration homéopathique qui disparaissent rapidement. Une bouteille heureusement peu dispendieuse, présente dans mon dictionnaire à la définition du mot anodin ou bien translucide.

Glen Garioch 1995

55.3% alc./vol.
Un small batch release, vieilli pendant 16 ans en fût de bourbon de premier remplissage, distillé tout juste avant la fermeture de la distillerie en octobre 1995. Batch #10.

André 92.5%
Douceur extrême, le lent travail du bourbon cask, douces nuages de vanille et de toffee. Raisins verts, pomme caramel, vanille savon floral (viollette ou lilas), bruyère. La bouche diffère du nez de part l’apparition du chocolat qui s’allie avec justesse avec le miel et la vanille. Une fine touche d’épices relève aussi le tout. Encore une fois, on a réussi à cacher l’alcool avec brio, l’ensemble est doux comme la soie et d’une balance exceptionnelle. Finale de pancake au beurre, la vanille et au miel, le sherry est admirable, sec et poussiéreux. Encore une fois, Glen Garioch me surprends. J’ai l’impression de découvrir une nouvelle distillerie.

Patrick 92%
Nez : Gingembre et pain aux bananes. Bouche : Céréales, pain aux bananes, épices, chocolat et miel. Très complexe. Finale : Longue et savoureuse. S’étire sur les épices et une touche de tangerine. Balance : Superbe, j’aime!

Martin 92%
Or très pâle, plus pâle même que le 12 ans. Nez: Aucune, mais aucune agression par son taux d’alcool. On débute avec des petits fruits savonneux pour ensuite se faire surprendre par une véritable explosion de fleurs. Une deuxième visite au nez nous donne un doux mélange de toffee et de caramel, voire même une belle grosse cuillère de beurre d’érable. Bouche: Crémeux à mort. Un raz de marée de caramel salé, de toffee et d’épices. Du raisin vert avec une minéralité ensorcelante. Tout simplement divin. Finale: Longue et épicée comme le 1994, avec un petit côté salin mêlé à une impression de fleur mangeable sur les gâteaux comme celles en glaçage royal que faisait ma mère quand j’étais môme. Équilibre: Un cask strength incroyablement doux et suave. Majestueux, une balade en traîneau toute en douceur. Au moment d’écrire ces lignes, les quantités en SAQ sont dangereusement basses. Je me sentirais mal de vous dire de ne pas vous garrocher sur l’occasion. Un autre superbe coup de coeur de cette distillerie légendaire.

Deanston Virgin Oak

46.3% alc./vol.
Deanston est une distillerie située dans les Highlands du sud, elle a été mise en service depuis seulement 1965, ce qui ne l’empêche pas d’élaborer d’excellents single malt whiskies. Il y a encore quelques années, ils n’étaient pas embouteillés mais étaient utilisés pour l’assemblage de fabuleux blends. Avec ce Virgin Oak, c’est une version de son scotch whisky vieilli dans des fûts neufs, que nous propose la distillerie Deanston. Ce qui est plutôt rare en écosse, de plus il est non filtré à froid et ne subit pas de coloration artificielle. Fait intéressant, la séparation « administrative » entre Highlands et Lowlands remonte à la fin du 18ème siècle, constituant une sorte de légalisation avant l’heure des distillateurs clandestins des Highlands. Ils eurent alors le droit d’utiliser des alambics plus petits et des moûts moins concentrés que leurs confrères des Lowlands, mais, en contrepartie, ils n’avaient pas l’autorisation d’exporter leurs malts! Ceci explique sans aucun doute le maintien dans les Highlands, de malts ayant beaucoup plus de typicité.

Relativement récente, cette distillerie des Highlands ouverte en 1965 doit sa création à la qualité de l’eau de la rivière Teith… et à la présence des grands ateliers d’une ancienne filature de coton qui venait de fermer ses portes. Elle est située à Doune, à peu de distance de la ligne séparant les Highlands des Lowlands. Un de ses créateurs possédait également à l’époque Tullibardine. Son premier malt s’appelait Old Bannockburn. Puis l’entreprise est reprise en 1972 par le groupe Invergordon, qui élabore un malt à la marque Deanston. Fermée depuis 1982, la distillerie est finalement rachetée par Burn Stewart, devenu par la suite propriété du groupe international CL Financial. La production est relancée, et les installations fortement modernisées en 2008 et 2009.

André 82.5%
Nez céréales organiques et de foin sec, de miel, de citron, de poires et d’ananas. La bouche est plus relevée, l’addition de gingembre et d’épices au malt omniprésent aiguise un peu plus la bouche, je trouve aussi que l’effet apporté par le bois assèche aussi passablement l’ensemble. Une fois la vague d’alcool passée, les poires et la vanille resurgissent avec force et font la transition avec la finale de céréales au miel et au citron. Finale d’une bonne longueur. Je m’attendais à quelque chose avec plus de texture en bouche, c’est un peu clair et diffus. J’aimes bien les saveurs mais il y a aussi quelque chose qui m’accroche au nez, le côté organique un peu particulier, ce qui affecte la balance de l’ensemble.

Patrick 89%
Nez : Zeste de citron, orge, pomme et bois frais. Bouche : Vanille, caramel, fruits mûrs avec une pointe de miel et de bruyère. Finale : Bruyère et chêne « frais », le tout plutôt sucré. La finale est d’une longueur plutôt moyenne, on l’aimerait beaucoup plus longue, comme bien des bonnes choses de la vie.

Martin 84%
Nez: Agrumes, crème et vanille. Un peu d’herbe, un peu d’orge et de bois vert. Céréales et citron. Fruits tropicaux. Bouche: Melon au miel, bois sec, herbe et épices. L’alcool demeure très présent. Finale: Épices, vanille, chêne sec, fruits tropicaux. Une touche d’astringence perdure et déclenche les grandes salivaires comme un bonbon sûrette. Équilibre: Pas mauvais, mais j’ai l’impression que ceci est un embouteillage plus ou moins bien contrôlé, avec une agressivité qui est plus ou moins accueillante pour quelqu’un qui veut s’initier au whisky.