Eddu Gold

43% alc./vol.

Patrick 91%
Un whisky tout à fait unique et tellement bon! L’un des whiskys les plus complexes qui soit, avec une balance magistrale. Nez : Un parfum tout à fait unique, avec des notes de rose, de tilleul, de bois, de vanille et d’abricots. Bouche : Tout d’abord de belles épices boisées, rapidement englouties par des saveurs sucrées, florales et fruitées : abricots, roses, caramel, agrumes, vanille, cèdre et j’en passe!! Finale : D’une belle longueur, marquée par le bois épicé et les fleurs.

Martin 82.5%
Ambre profond légèrement trouble. Nez: Blé grillé, un peu de mélasse et d’anis. Plus doux et approchable que son cousin le Silver Brocéliande. Bouche: Ample et riche comme texture, épices et fleur de sel sur caramel chauffé et anis étoilé. Caractère inusité mais tout de même beau. Finale: On retombe un peu ici sur des notes rétro-olfactives de réglisse rouge, de mélasse et d’herbe. Équilibre: Encore une fois loin de ma palette, malgré qu’on peut y reconnaître une qualité d’exécution qui manque au Silver Brocéliande.

Gordon & McPhail Ardmore 1991-2003

57.3% alc./vol.

André 91.5%
Voici une belle tourbe douce mais puissante appuyée de sucre et d’odeurs maritimes et de poisson. Cette douceur est trompeuse comme sa candeur en bouche s’aura l’afficher avec passablement de puissance d’ailleurs. Léger feeling de poussière de pierre ou de galets polis bordant les places le long de la mer. Citron et chocolat noir aussi, de suie. Finale de fruits tropicaux et de poivre, bien longue, apaisante. Un whisky exceptionnel qui gagnera des points de par la seule caractéristique qu’il provient du Speyside. Wow, superbe !

RV 89.5%
Off the Scottish beaten path. Le parfum de tourbe annonce merveilleusement bien ce whisky: tout d’abord seulement tourbé, celui se transforme en fumée à mesure que le whisky respire. Surprenante arrivée, les pruneaux que j’avais cru sentir se font maintenant goûter, mais disparaissent en finale où la fumée et la tourbe meurt tranquillement. Sans mettre le doigt dessus, il y a quelque chose de pas réglo dans ce whisky que j’aime beaucoup.

Aberfeldy 21 ans

40% alc./vol.

André 90.5%
On ne renversera pas la planète whisky avec ce nez construit d’éléments prudents et connus – miel, amandes, noix, les oranges chocolatées, les céréales maltées – mais l’ensemble a le mérite d’être bien ficelé et de faire preuve d’un équilibre certain. La bouche est douce et bien balancée; le miel encore, la vanille, le zeste d’orange sera plus prédominent à mesure que l’alcool s’évaporera et se mélangera a perfection avec les accents fruités apportés par le fût de xérès. Je lui trouve beaucoup de ressemblances avec certains Balvenie – le sherry en addition – les saveurs de grains de céréales, le miel et la vanille appuyés d’un soupir d’épices… La finale est un peu molle mais fait encore preuve d’équilibre autant dans sa présentation que dans son évolution, le sherry mélangé d’orange est superbe et ceux-ci mourront dans des draps de miel et de vanille. Un superbe whisky, qui demeure dans les sentiers connus et vendu à un prix raisonnable.

Patrick 88%
Nez : Oranges sanguines, amandes et hickory. Bouche : Noix et chêne, vanille sucrée et marmelade de fruits. Finale : Marquée par la marmelade et la vanille mais malheureusement trop courte. Balance : Sublime complexité, quel whisky! Mais pourquoi avoir laissé les comptables décider du taux d’alcool. À 46, voire 43%, ce whisky serait absolument exceptionnel.

Martin 89%
Très riche et bien doré. Nez: Caramel lourdement malté. Noix et oranges. L’influence du bois est marquée, mais sans trop vouloir prendre toute la place. Bouche: Miel sucré et juteux, beau poids en bouche, marmelade un peu amère, fruits et délicieux toffee. Raisins. Doux et suave, malgré qu’on voudrait un tout petit peu plus de personnalité. Finale: Assez courte sur de fortes notes de vanille et de chêne grillé. Équilibre: Un excellent nez, mais la tranquilité du reste de l’expérience fait patate. Donnez-nous un peu plus de teneur en alcool. Avec un nez et un énoncé d’âge pareil, je m’attends à plus de cette distillerie.

Aberfeldy 12 ans (ancien embouteillage)

40% alc./vol.
Construite en 1898 sur le site d’une ancienne brasserie appelée Pitlie, par John et “Whisky Tom” Dewar, premier négociant écossais à mettre ses blends en bouteille, la distillerie Aberfeldy est située au cœur des Monts Grampians. A l’exception des années de guerre, Aberfeldy n’a jamais cessé de produire. La distillerie Aberfeldy fut entièrement rénovée en 1972. Le whisky de la distillerie est surtout destiné à la production de blends. Celui-ci entre dans la composition du célèbre blend Dewar’s White Label, Scottish Leader et Johnnie Walker entre autres. Depuis les années 60, la distillerie dispose d’une liaison directe par rail avec les chais de Dewar situés à Perth.

André 79%
Noix et pacanes enrobées de miel, bois fraichement coupé. Sec et très franc en bouche. L’after-taste est par contre plus long qu’évalué à l’arrivée en bouche. La finale est légèrement fruitée (raisins) sans être extraordinaire. Il y a un “off-key” quelque part… Je préfère parfois la quiétude tranquille d’un single malt sans surprise mais encore faut-il qu’il soit bien charpenté et balancé, ce qui n’est pas le cas ici.

Patrick 83%
Grains épicés. Légères épices. Raisin. Banane qui disparaît avec l’arrivée de la finale. La finale, quant à elle, nous laisse un goût sucré dans la bouche.

Martin 82.5%
Ambre cuivré plein de promesses et on l’espère de richesses. Nez: Miel, bruyère et poire. Chêne franc avec une touche de butterscotch ici et là. Bouche: Doux et mielleux. Nectarine, orange et re-miel. Un joli coussin de douceur par rapport au nez. Finale: Moyennement longue et chaude, avec des notes de chêne poussièreux et des échos de miel vanillé. Équilibre: Sans prétention, mais aussi sans surprise et sans éclat. Ça demeure quand même un autre excellent malt de semaine. Comme dans la plupart des cas, avec un léger coup de pied au derrière de sa teneur en alcool, on pourrait se rendre à quelque part.

RV 82%
Vinyle, fleur beurrée, un peu piquant, qui arrive sur la langue avec une certaine fougue. On retrouve un beurre à la Bruichladdich alors qu’on l’avale, et la finale un peu fumée et cendreuse n’est longue que par un malt assez persistant, avec une touche d’alcool bien présente malgré son faible pourcentage. Très bien construit, efficace et bien disposé, mais même à la suite de plusieurs visites, je ne vois pas qui pourrait l’établir dans ses premiers choix. Probablement une bonne base de blend, mais en single malt, je vais voir ailleurs.

Balcones Baby Blue

46% alc./vol.
Corn Whiskey fait à partir d’une espèce de maïs bleu utilisé autrefois dans les cérémonies Hopi.

André 86%
Pelures de concombre, sucre épicé s’amplifiant à mesure qu’il respire et qui se modifie aussi sur les notes de cassonade et de feeling de coquilles d’œufs. La bouche est simple, épurée, mais aussi d’une belle amplitude. En fait, il livre peu mais bien; le sucre, la vanille et le bois. Il devient par la suite plus frais et désaltérant en bouche sur la finale de Sprite au citron. J’aime la spécificité de chacune des étapes de son évolution lors de la dégustation et le crescendo dans lequel celles-ci se succèdent jusqu’en rétro-olfaction. Goûté à l’aveugle, on ne ressent pas vraiment sa provenance de corn whisky mais en y goûtant une autre fois en sachant ce que recèle le verre, il est possible de soutenir que les influences de maïs sont bien là mais qu’elles ne sont pas facilement perceptibles. Il est aussi étonnant de voir qu’il offre plus qu’un minimum de complexité et ce, même vu son court temps de vieillissement.

RV 87%
Dans le monde des microdistilleries, on peut soit imiter, soit innover. Définitivement le second choix dans ce whiskey. Dès le nez de sirop de maïs, on s’entend à être mené en territoire étrange. Loin de l’épi, c’est davantage les feuilles de plants de maïs, trempées dans leur sirop. Au goût, c’est une poêlée très chaude de grains de maïs, moins sucrée mais très consistante qui nous attend. Et en finale, après un aigre détour, c’est le sirop et le grain qui reviennent, avec un aftertaste encore plus végétal. Une belle surprise, est-ce que la recette fera loi difficile à dire, mais un bel essai sans contredit.

Patrick 91%
Au nez, on détecte du sucre, voir de la cassonade qui rappelle un vieux rhum agricole. Aussi une touche fruitée chaleureuse… Un nez appétissant comme on en voie rarement. En bouche, d’abord le fruit, puis une touche de canne à sucre, noix grillées et toujours une chaleur extraordinaire. Je ne pensais pas pouvoir aimer autant un whisky de maïs! Une excellente raison pour être fan des microdistilleries.

Séduction et Whisky

Votre conjoint(e) est jalouse de la passion que vous portez à votre collection de bouteilles de whiskies? Voici comment passer une soirée inoubliable avec vos deux amours en même temps! Nous allons donc (re)découvrir des whiskies que vous pourrez déguster avec l’être aimé, que vous soyez un gars qui veut partager sa première passion avec sa blonde, ou une fille qui veut s’immiscer entre son chum et ses rivales!!!

En fait, pour aider la néophyte de votre coeur à apprivoiser le whisky, le truc est souvent de bien le présenter et de le de marier avec une sucrerie. Comme premier exemple, nous utiliserons une façon de déguster le whisky que je m’étais toujours refusé: le boire congelé! Commencez par laisser une bouteille de Johnny Walker Gold 18 ans dans le congélateur pendant toute la nuit, puis servez-le dans un verre qui aura passé la nuit avec la bouteille… (tant qu’à être dans la thématique amoureuse) Puis, allez chercher un bon chocolat pas trop fort tel que le Michel Cluizel, 1er cru de plantation, chocolat au lait de 50% de cacao.

Vous avez donc maintenant tout en main pour procéder à l’expérience: Prenez le chocolat en bouche et laissez le fondre tranquillement. Puis, lorsqu’il aura bien enveloppé votre palais et votre gorge, buvez votre whisky en vidant votre verre d’un trait (je n’ai jamais bu mon whisky ainsi non plus!). La sensation devrait être surprenante pour vous et agréable pour votre amie que vous initiez.

Voici quelques notes de dégustation au sujet de ce whisky afin d’épater votre muse par vos talents gustatifs:

Johnnie Walker Gold 18 ans

40% alc./vol.
Nez: Malt et légère crème. Goût: Malt, crémeux, soupçon de raisin, caramel et miel. Finale : Malt frais, crème légère, multidimensionnelle. Glacé: Le chocolat et le whisky se marient très bien, pour nous laisser un goût rafraichissant où se mélangent le caramel, le miel et un soupçon de raisin. Commentaire: Je suis impressionné par le résultat: c’est agréable au goût et ça descend bien! Ce qui est perdu au niveau de la complexité des saveurs à cause de la température du whisky est récupéré grâce au chocolat et à la sensation très rafraichissante!

Continuons donc nos expérimentations, sans perdre de vue que nous faisons évidemment tout cela en pensant uniquement au bonheur de notre amour. Dirigeons nous vers le Speyside, la région d’Écosse qui est au whisky ce que Bordeaux est au vin. Les single malt de cette région sont réputés pour leur élégance : nous y retrouvons souvent des notes florales de bruyère, du miel et parfois une belle nuance tourbée très discrète.

Maintenant que l’élue de votre coeur s’est rendue compte qu’il était possible de ne pas détester le whisky, présentez lui les single malt de la même façon que vous les appréciez, ou presque! Ici encore, commencez par prendre un bon chocolat au lait (toujours 50% de cacao – oui, nous recommandons habituellement des chocolats plus forts en cacao aux amateurs de single malt, mais il ne s’agit pas de notre public cible aujourd’hui!). Laissez-le fondre en bouche. Puis, portez à vos lèvres un verre de Macallan Sherry Oak 12 ans.

La technique habituelle de dégustation des single malts s’applique plus que jamais : regardez, humez puis prenez une toute petite gorgée que vous garderez en bouche le temps que votre salive imbibée de chocolat enveloppe le whisky. Voici quelques notes de dégustation pour vous guider:

Macallan Sherry Oak 12 ans

40% alc./vol.
Nez: Vanille avec une note de gingembre, fruits séchés, sucre du xérès et fumée de bois. Goût: Onctueux, fruits secs et xérès généreux, nuancé d’épices et de notes fumées. Finale: Caramel écossais onctueux et fruits secs, épices et notes fumées qui se mélangent admirablement bien avec le chocolat. Commentaire final : Whisky plein de subtilités, riche et intense, qui saura plaire à l’amateur sérieux autant qu’à la débutante qui le dégustera avec un bon chocolat. Elle aura en fait l’impression de manger un chocolat aux piments, ce qui devrait aider à inspirer un fin de soirée plus… pimentée!

Si vous voulez impressionner votre charmante compagnie par votre culture, vous pourrez lui expliquer que Macallan apporte un soin presque maladif à ses whiskies! En effet, ils vont jusqu’à être propriétaires des forêts en Europe et aux Etats-Unis où poussent les chênes qui servent à fabriquer les barils utilisés pour le xérès ou le bourbon. Ces barils sont ensuite envoyés en Écosse, où ils servent à faire mûrir le Macallan.

Juste avec une telle mesure, Macallan s’identifie comme un fabriquant de premier plan. Mais ce n’est pas tout: Ils utilisent aussi une bonne proportion d’orge “Golden Promise”, car selon eux, elle donne de meilleurs résultats au goût et ce, malgré qu’elle soit plus coûteuse à produire. Et ceci est loin d’être suffisant pour eux: Ils utilisent également le plus petit cœur de chauffe au monde soit seulement 16%. C’est-à-dire que 84% du produit de la distillation ne pourra aller directement dans une bouteille portant le nom “Macallan”…

Enfin, une dernière expérience qui saura conquérir le coeur le plus glacé. En fait, ici nous trichons un peu car il ne s’agit pas vraiment d’un whisky, mais plutôt d’une liqueur à base de whisky, avec un taux d’alcool comparable à celui du porto, à 25%. Il s’agit d’une belle surprise de l’une des meilleures distilleries du Speyside qui a délicieusement balancé son single malt avec du sirop d’érable et des noix de pacanes: le Macallan Amber.

Macallan Amber single malt scotch whisky liqueur

25% alc./vol.
Nez: Pacanes rôties et érable. Goût: Erable, pacanes. Caramel, un peu d’épices. Sucre. Le malt ne fait que supporter admirablement le tout. Finale: Longue et douce, sucrée… D’abord l’érable, ensuite les pacanes. Commentaire : Une excellente façon de terminer votre souper en tête à tête pour passer à autre chose!

Ces trois expériences vous permettront, je l’espère, de passer une agréable soirée en réunissant autour de vous vos principales passions. Évidemment, il est tout à fait recommandé d’ajouter à ces suggestions des chandelles, de la musique délicate, un bon feu de foyer et quelques pétales de roses!

Bonne soirée!

Glen Breton 10 ans

43% alc./vol.
Située dans la province de Nouvelle Écosse, Glenora élabore depuis juin 1990 le seul single malt canadien: Glen Breton ! Ses deux alambics proviennent de la célèbre distillerie Bowmore. A bien des égards, son whisky évoque celui de ses cousins écossais comme en témoigne cette version vieillie en fût de bourbon. Le seul Single Malt produit au Canada, à l’aide d’alambics traditionnel.

André 81%
Plus sucré que ce que je m’en souvenait. Vanille, purée de pomme vertes. Belle fraicheur automnale, simple et léger. Le bois neuf sec s’exalte avec vigueur. La vanille se mute à force de respirer en sirop d’érable. La bouche est franche et sèche, présentant des traces de sucre chauffé et de menthe douce. La finale est plus fruitée et mielleuse, jumelé à la même menthe douce de la bouche.

RV 83%
Bien copié des single malt d’Écosse, mais un peu trop conservateur pour une distillerie aussi audacieuse. Beaucoup mieux balancé qu’à ma souvenance, au nez on est dans le champs, avec le miel, les cerises et les sauterelles (pas l’insecte directement, la mémoire olfactive de la chasse à nos appâts de prédilection pour la pêche à l’Achigan). Peut-être même un peu d’eau de rose, qui se transforme en cannelle en bouche, accompagné de chêne, de nougat et de pomme. La finale est malheureusement un peu trop courte malgré une petite pointe de menthe.

Patrick 87%
Fraises, raisins secs, oranges. Fruits et sucre. Un peu d’épices.

Juger les meilleurs whiskies canadiens: l’expérience

Le 19 janvier prochain aura lieu les Canadian Whisky Awards 2011 dans le cadre du Festival de Whisky de Victoria, en Colombie-Britannique. Lors de cet événement, les prix et les médailles seront attribuées pour les meilleurs whiskys canadiens. Pour déterminer les gagnants, des juges ont été sélectionnés parmi des auteurs, des bloggeurs et des experts dans le monde du whisky. Ils font équipe avec Davin DeKergommeaux. Davin est un auteur qui publie le www.canadianwhisky.org, contribue entre autre au Whisky Magazine, a participé au plus récent World Whisky Atlas de Dave Broom et a écrit son propre livre à paraître ce printemps. Il est un des trois Malt Maniacs Canadiens.

M. DeKergommeaux a demandé à André Girard, l’un des fondateurs du Club de Scotch Whisky de Québec, de faire partie du panel de juges pour sélectionner les meilleurs whiskies canadiens. Juger des scotchs au delà d’une note de dégustation n’est pas monnaie courante pour les amateurs de scotch. En fait, qu’est-ce que cela implique au juste d’être juge ? Quel est le processus ? André a bien voulu partager avec les membres du Club et les internautes, son expérience.

Le panel

André fait partie d’un panel de 6 juges provenant d’un océan à l’autre: de la Colombie Britannique, Lawrence Graham de whiskyintelligence.com, de l’Alberta: Chip Dykstra de therumhowlerblog.wordpress.com. Le juge de l’Ontario est Kris Shoemaker dailydramaddicts.blogspot.com. De l’Atlantique: Jason Debley jason-scotchreviews.blogspot.com. Également faisant partie du panel et représentant les États-Unis, le journaliste Mark Gillespie de whiskycast.com.

La tâche

Les juges ont reçu 32 petites bouteilles avec des échantillons des whiskies. Chaque échantillon est numéroté donc, il s’agit bien d’une dégustation à l’aveugle. Chaque juge devaient établir une note globale pour chaque échantillon avec l’option d’écrire une note de dégustation détaillée.

Il a été suggéré aux juges de déguster quatre à six whiskies à la fois et d’établir un pointage rapide, spontané, de les enregistrer et d’y revenir plus tard en goutant les ceux qui avaient reçu une note similaire lors du premier tour. L’exercice est assez objectif.

Une première

André en était à sa première expérience : « Recevoir la boite d’échantillons à la fin novembre, c’était comme Noël avant le temps! Je vivais aussi un peu de stress aussi parce que le train était maintenant bien en marche et j’étais à bord. »

André explique également que les délais ajoutaient aussi un peu de pression. Avec les vies occupées que nous avons, il est important de se faire un échéancier et surtout… « Prier pour ne pas avoir la grippe, car 10 jours sans être en mesure de gouter, ça fout en l’air ton échéancier. »

32 petites bouteilles, de couleur, d’odeur et de goût différent apportent son lot de difficultés. Il faut se trouver une méthode, une stratégie. André a donc gouté au lot de bouteilles une première fois en prenant des notes de dégustation sommaires et en attribuant une note dans une tranche de 10 points. Il a par la suite gouté une seconde fois aux whiskies s’étant vu attribué des notes semblables et selon les goûts similaires. Ce n’est pas l’idéal de boire un whisky épicé avant un autre whisky très doux et floral. Pour éviter de briser le rythme, il a séparé les échantillons par catégories similaires et il a goûté à nouveau aux whiskies du meilleur à celui qu’il a aimé le moins. Méticuleux, André a refait le même exercice une 3ième fois avec les meilleurs de chacune des catégories puis les meilleurs deuxièmes et ainsi de suite. Ceci demandait à André de boire combien de whisky par soir ? « J’étais habitué à une routine d’un whisky (en général) par soir mais là, je devais boire un minimum de quatre whiskies par soir pendant plus d’un mois. Je suis donc bien préparé pour les fêtes ! »

Les nommés

Étant donné le processus anonyme, André ne peut pas à ce moment nous parler de la qualité des produits goûtés et ceci, même s’il a su par la suite le nom lié à chacun des échantillons. Selon lui, il y a eu quand même de belles surprises et il a eu le privilège de goûter à des nouveautés qu’il ne connaissait pas. L’exercice lui a permis de revoir certaines évaluations effectuées au courant de la dernière année. Intéressant d’observer une constance, une stabilité dans les notes. Les échantillons goutés représentent bien le marché des whiskies canadiens en 2011.

Le bilan André ? « Je suis heureux d’avoir eu cette expérience, car elle m’a apporté beaucoup sur la façon d’aborder la dégustation des whiskies. Évidemment, j’aimerais bien refaire l’expérience l’an prochain ou dans un autre concours ! »

On remercie au passage Johanne McInnis, Whisky Lassie en personne, pour avoir posé avec les garçons et pour nous avoir laissé utiliser son cliché…

Que le meilleur gagne!

Jack Daniel’s Single Barrel #8-1235

47% alc./vol.
Fût #8-1235, distillé 21 avril 2008.

André 86%
Plus sophistiqué que ses jeunes frères.. Épices au premier plan, appuyé d’une légère morsure d’alcool et bien sûr… fruité. Vraiment plus singulier que le Jack régulier. Correct et vraiment agréable mais j’me pitches pas dans les murs.

RV 88.5%
Le whisky qui ferait que je comprendrais ceux qui ne jurent que par Jack Daniels. Toujours la fumée mais beaucoup plus près du bois: boisé, très boisé, mais pas trop boisé. En bouche on transmute vers le charbon, très typé, puis la fumée et des épices et enfin, de la gomme à la cannelle. La finale est un peu plus standard mais avec du caramel qui ressort bien et l’aftertaste où la touche caramélisée se poursuit est appétissante. Le whisky à servir pour attirer les amateurs de scotch du côté Tennessee de la force.

Patrick 88%
Épais très huileux et fumé. Wow, très intense comme arrivée en bouche, les épices et les notes brûlées sont déchaînées ! Le tout est toutefois légèrement tempéré par une touche de vanille vers la finale qui s’étire quand même dans les épices. Le tout est bien équilibré, un Jack Daniel’s « concentré » pour les vrais amateurs du genre !

Dufftown, la Mecque du whisky

Après avoir été coincé à la distillerie Glenfiddich par une tempête de neige, j’ai dégusté un Glenfiddich 1959 valant plus de 3000$… le verre!
Duff1
J’ai eu la chance de visiter Dufftown, la « Mecque » du whisky, l’hiver dernier. Pourquoi la Mecque? Avec près de 10 distilleries de scotch, dont la fameuse Glenfiddich, ce village de moins de 1500 âmes produit environ 10% du whisky écossais! Voici donc le récit de cette visite plutôt exceptionnelle…

Je suis parti le 5 janvier au matin, en même temps que la Lune et les étoiles bref, vers 9h00 (l’ensoleillement ne dure que 7 heures ici, l’hiver) pour m’engager encore sur une charmante petite route pas assez large et déneigée de façon plutôt artistique : disons qu’il y a eu quelques “close miss” sur la route… En fait, pour croiser une auto, j’ai du aider la femme qui me croisait à pelleter l’accotement pour qu’elle puisse y garer son auto afin de me laisser le passage (elle était fière d’avoir 2 pneus d’hiver, contrairement à moi!). A une occasion, j’ai même perdu plus de trente minutes à cause d’un camion citerne qui était en diagonale sur la route (disons que j’étais plutôt heureux qu’il reste coincé là, alors qu’il commençait à glisser dangereusement dans ma direction!). Bref, j’ai pris près de 3 heures pour parcourir quelques 60 kilomètres… Toujours est-il qu’il est passionnant de rouler sur une route et de voir ces distilleries dont nous ne voyons que trop rarement les bouteilles au Québec, tel que Tormore, Aberlour, et autres…

Arrivé à la distillerie Glenfiddich à Dufftown, j’ai heureusement eu droit à un accueil des plus chaleureux de Ian Millar, Master Distiller et Global Ambassador avec qui j’ai effectué la visite des distilleries. La première, Glenfiddich, est celle qui produit le whisky single malt le plus vendu au monde, le Glenfiddich vieilli 12 ans. Elle produit aussi le Glenfiddich 15 ans Solera Reserve, qui figure également dans le top 5 mondial. Pas besoin de vous dire qu’elle est d’une taille impressionnante. Plus de 150 employés y travaillent et ils font vieillir près d’un million de futs de whiskys (à titre de comparaison, pour ceux qui m’ont accompagnés à Valleyfield, il y avait 450,000 futs) produits à l’aide plus de 25 alambics (à titre de comparaison encore, Glenora, en Nouvelle-Écosse, ne possède que 2 alambics qui ne fonctionnent que quelques mois par année).

Duff2
La seconde, Balvenie, aussi propriété de William Grant & Sons, est située à moins de 2 minutes à pied. En fait, vu de la route, les 3 distilleries visitées donnent l’impression d’en être qu’une seule. Ici, j’ai été particulièrement impressionné par les planchers de maltage, c’est à dire la gigantesque salle où l’orge est transformée en malt: après avoir fait baigner l’orge dans l’eau, celle-ci est étendue sur le plancher pour permettre à la germination de s’activer et ainsi libérer les sucres nécessaires à la création d’alcool. Et pour les amateurs zélés, oui, Balvenie est un whisky tourbé: j’en ai eu la preuve en voyant le four qui fait sécher le malt (il faut faire sécher le malt pour éviter de se retrouver avec un champ d’orge au lieu du plancher de maltage). En effet, le four est chauffé à l’aide de 99% de charbon et 1% de tourbe pour donner une concentration de tourbe d’environ 0.001 parties par million.

Enfin, la grande mystérieuse, Kininvie. Cette distillerie est la plus récente du groupe (construction en 1990 vs ~1887 pour les autres) et est utilisée exclusivement pour les blends tels que le Grant ou le Monkey Shoulder. Son single malt est impossible à retrouver sur le marché: tout ce qu’il fallait pour exciter ma curiosité au sujet de cette distillerie! En fait, celle-ci partage presque toutes ses installations avec Balvenie (mash tun, wash tun, etc. sont dans le même bâtiment), à l’exception des alambics qui sont dans un bâtiment différent, à quelques mètres de distance. Malheureusement, rien de bien spectaculaire…
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Par contre, la visite des entrepôts fut très spectaculaire. Nous avons commencé par l’entrepôt numéro 1, celui destiné aux touristes. J’ai pu y trouver les 3 types de futs habituellement utilisés pour faire vieillir le Glenfiddich, soit le fut ayant préalablement servi à faire vieillir le sherry, celui ayant servi au bourbon et le fût neuf. J’ai senti le whisky de chacun des fûts, et mon préféré fut définitivement l’ex-fut de bourbon: sucré, mais pas autant que le sherry, juste assez pour permettre à la complexité du whisky de s’exprimer.

Le meilleur était toutefois à venir… Après avoir traversé quelques bancs de neiges, Ian m’a invité à visiter l’entrepôt (fermé aux touristes!) où est la fameuse cuve Solera: il s’agit d’une cuve où les whiskys provenant des futs susmentionnés, après 15 ans de vieillissement, sont versés pour y être mélangés. Ce qui est particulièrement intéressant est que cette cuve est toujours gardée à moitié pleine pour assurer que votre Glenfiddich 15 ans que vous achetez à la SAQ goûte toujours la même chose. A mon grand plaisir, Ian m’a permis de goûter au whisky directement à partir de la cuve : j’ai donc eu la joie de goûter à l’un de mes whisky préféré à son état naturel, soit à plus de 60% d’alc/vol, directement dans un bécher de 2 litres… Wow!
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La dégustation n’était toutefois pas terminée: Ian a aimablement bien voulu répondre à mes questions au sujet du vieillissement du whisky en m’offrant de goûter (toujours directement tiré du fut!) au Balvenie 1968, Glenfiddich 1976, 1973 et 1959 (52% d’alc/vol). Oui, 1959, plus de 50 ans d’âge! A titre d’indication, le 21 décembre 2008, une bouteille de Glenfiddich 50 ans s’est vendue aux enchères pour $38,000US. Faites une rapide règle de 3 pour calculer combien notre verre de 2 onces valait… Oui, 3000$… Et oui, il était excellent!! Mais comment décrire une telle expérience? Une richesse d’épices et de sucres incomparable,tions!!! le tout marié ensemble par un boisé plus puissant que je n’en ai jamais vu dans un whisky. Ma note: 93%… Mais 100% au niveau des émotions! A titre indicatif le 1976 s’est mérité un 94%, mais n’a pas généré autant d’émotion.

Un peu pompette, j’ai terminé la journée par une petite marche jusqu’au charmant village de Dufftown et je suis ensuite rentré à la maison pour me réchauffer auprès d’un feu de tourbe et d’une sélection d’excellents produits de William Grant, tels que les Balvenie 12, Glenfiddich 15 Solera (mais réduit à 40%), l’intrigante Glenfiddich Malt Whisky Liqueur et l’Hendrick’s Gin, idéal pour les gin tonic.

Le lendemain, la question était « quoi faire lorsque la moitié des routes sont fermées et que vous êtes coincés dans le milieu du Speyside? » Marcher et visiter une demi-douzaine de distilleries parsi!
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Alors que je finissais mon déjeuner, Ian est venu me rencontrer pour me proposer le St Graal des whiskys (en terme de rareté, du moins): un dram “cask strength” de Kininvie, 17 ans, vieilli dans d’ex-fûts de porto. Quelques mots sur ce whisky? Il sent très intensément la planche de chêne brûlée et le gâteau aux fruits. Le fruité est très puissant, marqué par des fraises de l’Ile d’Orléans et une touche de farine. Très riche. En bouche, le porto plus intense que tout ce que j’aie pu goûter à ce jour dans un whisky. Extraordinairement puissant. Avec la force de frappe marketing de William Grant & Sons, il est étonnant que ce whisky ne soit pas embouteillé en tant que single malt. Un des meilleurs Speyside que j’aie goûté à ce jour!

Ensuite, les routes n’étant pas praticables, j’en ai profité pour faire le tour de la ville. A quelques minutes à pied de Glenfiddich est le château Balvenie. Un superbe château médiéval assez bien conservé qui m’a fait réaliser à quel point la vie devait être difficile à cette époque (surtout en kilt, avec de la neige à mi-cuisse comme avant-hier!). A souligner aussi, le coup de vue imprenable de cette colline sur 5 distilleries à la fois! (Glenfidich, Balvenie, Kininvie, Glendullan et Parkmore).

Considérant que l’ensemble du Canada ne compte qu’une seule distillerie de whisky single malt, il est assez épatant de pouvoir en visiter 7 en moins d’une heure de marche, de mon point de départ à l’arrivée!
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Évidemment, ce petit tour m’a pris un peu plus qu’une heure… Premièrement à cause que j’ai sorti un véhicule de la distillerie Glendullan du banc de neige… J’ai donc donné à ces charmants messieurs un petit cours sur « comment pousser un camion pris sur la glace » et surtout qu’il ne sert à rien de pousser avant de pelleter le mètre de neige qui est devant le véhicule!

De retour au village, j’ai fait un petit arrêt au plus écossais des pubs, le Royal Oak. Un arrêt obligatoire après la visite des distilleries! La propriétaire, la charmante Pearl, m’A offer l’un de ses 140 single malts ainsi qu’un délicieux “toastie”, un genre de croque-monsieur à l’anglaise! Le tout vous fera oublier que la seule source de chauffage est un tout petit foyer qui ne dégage pas assez de chaleur pour vous permettre d’enlever votre manteau, même si vous êtes assis directement à coté, mais qui permet à la bière en fut non réfrigérée d’être à la température parfaite!

J’ai terminé la journée en prenant une couple de drams avec mon hôte (pour les curieux, Balvenie 30 ans et Glenfiddich 30 ans!). Encore merci à Ian de Glenfiddich pour m’avoir offert le refuge lors de cette tempête de neige! Surtout que, la journée de mon départ, le 7 janvier, les toits de 4 entrepôts de la distillerie s’effondraient sous le poids de la neige. Il fut alors décidé de créer un whisky spécial à partir des fûts rescapés des ces entrepôts : le Glenfiddich Snow Phoenix. À ma surprise, au nez, il semble y avoir une touche de fumée, avec un caramel et un fruit mur plutôt agréable. En bouche, une approche épicée-sucrée très agréable, qui évolue vers le raisin caramélisé et qui disparaît en prenant tout son temps. Un très bon scotch!

Un merci tout spécial à Mme Tania Giroux, représentante au Québec pour William Grant et évidemment M.Ian Millar!

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