Balblair 1990

46% alc./vol.

André 85.5%
Je dois humblement l’avouer, même après plus de 1400 whisky évalués, Balblair est toujours une distillerie que je tente d’apprivoiser. Les évaluations peuplant le web et la bible du whisky sont élogieuses mais cette distillerie m’a donné autant des évaluations dévastatrices que de petites perles de whisky. Au nez, doux chocolaté crémeux, miel d’abeille frais et raisins secs, oranges et d’un brin d’acidité. Le whisky est beaucoup plus soutenu en bouche, les épices aidant, qui se mélangent avec les saveurs de raisins trempés dans le chocolat. La texture est un peu molle malgré le punch épicé et la rasade de fruits (raisins, dattes) et ce qui ressemble à du kiwi). Finale sèche et épicée, parsemée de quelques éclats de rire fruités enrobés de chocolat au lait. Je reste ambivalent sur ce whisky, je trouve qu’il nous livre une histoire en dent de scie et une finale un peu trop facile.

Patrick 90%
Je ne suis vraiment pas fan de cette distillerie, mais je suis ici heureusement surpris. Un beau whisky très complexe et très bien balancé. Définitivement un whisky fait de main de maître. Nez: Agrumes, caramel, vanille et subtile pointe fruitée. Très léger. Bouche : Quelques épices du chêne, caramel complexe, des pommes, une touche fruitée et des agrumes. Mais c’est définitivement les épices qui se démarquent, portées par un caramel salé. Finale: Agrumes et caramel salé, qui s’étirent longuement. Après quelques minutes, la pomme devient plus évidente.

Martin 88%
Beau brun de xérès foncé. Nez: Avalanche de belles notes de sherry. Noix et raisins, dattes et tabac, cuir fumé, oranges et cannelle. Chocolat au lait. Bouche: Raisins juteux, chêne, muscade et cannelle. Épices astringentes, tous les éléments gagnants du fût de xérès sont encore une fois au rendez-vous. Finale: Épices et cuir fumé, xérès et chêne poussiéreux. S’étire sur une belle longueur et sur une sécheresse fort agréable. Équilibre: Un autre superbe sherry cask provenant cette fois-ci d’une distillerie qui ne nous a pas habitués à une telle qualité auparavant.

Old & Rare Platinum Port Ellen 35 ans 1977

49.3% alc./vol.
Embouteillé en 2012, bouteille 31 de 155.

André 92%
Des flocons de tourbe qui fondent simplement sur la langue, finement assaisonnés de sel de mer et de chocolat noir fourré à l’orange et une légère acidité d’agrume. Avec le temps, la vanille crémeuse, le sorbet à la glace de vanille et une tourbe maritime fort distinguée assaisonnée de sel de mer émergeant en lent crescendo. Nectarines, chocolat noir, caramel fleur de sel. Finale longue malgré la douceur du whisky dans son ensemble et le taux d’alcool vraiment réservé. Personnellement, je m’attendais au jeu de l’alcool avec plus de prestance. Mes attentes étaient élevées et la notion historique aidant, n’en demeure que l’expérience est inoubliable tout en mettant en contexte que c’est fort probablement un des derniers embouteillages encore ‘’achetable’’ de la distillerie que nous verrons sur le marché.

Patrick 93%
Port Ellen. L’émotion m’a étreint dès que j’ai ouvert le bouchon : Je venais de faire disparaître une autre portion de la glorieuse histoire liquide de cette distillerie. Nez : Tourbe, cendre et goudron. Notes maritimes marquées par les algues. Pointe boisée. Boule d’émotion dans la gorge. Bouche : Puissant sel, tourbe, algues, cendres et bois carbonisé. Puis, on détecte le cuir, le mocha et le chocolat noir. L’alcool assez doux. J’ai pourtant les larmes aux yeux! Finale : Longue et savoureuse, dominée par des effluves rappelant un feu de camp sur le bord de la mer.

Lost Distillery Serie No2 – Stratheden

46% alc./vol.

André 87%
Frais et épuré, vanille, poires, oranges, sel et une touche de tourbe. La tourbe est plus évidente en bouche, offrant même une légère sensation camphrée et salée appuyée par de musclées notes épicées et poivrées. La texture est agréable et collante en bouche et les notes de poivre émergent constamment de l’ensemble. Finale longue, forte et portée sur les notes d’épices et de poivre, le whisky en devient presque maritime. Un whisky simple et efficace, de belle conception.

Patrick 87%
Le genre de whisky que j’adore, avec malheureusement un peu trop de poivre à mon goût. Mais tout de même très bon. Nez : Un parfum complexe, voire même difficile à déchiffrer. De plus, varier la distance entre le nez et le verre apporte des parfums très différents : Fumée de tourbe, suie, fruits rouge, vanille, sel et poire s’expriment plus ou moins selon la distance. Bouche : Agrumes, fumée, tourbe, épices du chêne et surtout poivre. Très complexe et savoureux. Finale : D’une belle longueur, tout d’abord épicée et fumée, puis poivrée.

Glenrothes 2001-2014

43% alc./vol.

André 83%
Agréable mélange de xérès et d’oranges, de céréales toastées lui donnant des douces saveurs de caramel chaud qui contrastent assez bien avec les épices un peu plus frivoles. Avec le temps, le caramel prédomine l’ensemble, ce qui est singulier car d’habitude c’est plutôt son côté orangé distinctif qui lui donne sa trame de fond. Sans être le whisky qui vous procurera l’extase, le backbone de la distillerie est à quelque part respecté et encore une fois on a réussi à nous apporter des variantes sur le style défini de la distillerie. La bouche est sèche – malgré sa texture légèrement huileuse – et très épicée (gingembre et cannelle), les oranges tiennent la route encore une fois. Une touche de menthol en finale de bouche et quelques traces de chocolat fourré au caramel. La finale est sèche et épicée, belle longueur, on apprécie la décision d’avoir embouteillé à 43% d’alcool. Une distillerie qui gagne définitivement à être découverte.

Patrick 83%
Un bon dram, sans plus. Nez : Parfum agréable de caramel fruité où domine les cerises noires. Bouche : Caramel, chocolat noir et quelques oranges. De belles épices viennent compléter agréablement le tout. Finale : Sucrée, fruitée et épicée.

Glenrothes Sherry Cask Reserve

40% alc./vol.

André 77%
Sherry un peu austère au départ mais avec qui on se lie d’amitié fort rapidement. Nez d’oranges habituelles à la Glenrothes, nappées de chocolat et de sucre blanc. Un gâteau aux fruits couronné d’un coulis de vanille fraiche que l’on vient tout juste de sortir du four et un verre de sherry dans la main d’où s’échappe de dodues notes fruitées. Dommage d’avoir tant domestiqué ce whisky avec un taux d’alcool si bas, cela ampute ses nuances et sa texture et le rend trop plat en bouche. Jolies notes de chocolat blanc aux oranges saupoudré d’épices, beaucoup de sherry maintenant un peu trop calme. La finale est claire, on est à même de ressentir la dilution à l’eau d’où peinent à s’extirper quelques timides notes de sherry évaporé et d’oranges épicées. Un Glenrothes sous anesthésie générale, un peu soporifique. Je me croirais au Clap en train de regarder un film de répertoire Bulgare sous-titré en anglais.

Patrick 90%
Wow, superbe! Une balance quasi-parfaite, se boit presque comme de l’eau! Nez : Chêne, xérès et chocolat noir. Bouche : Épices, bois, fruits intenses, chocolat, caramel ainsi qu’une touche de gingembre et un zeste d’orange. Finale : Orange et gingembre, mais surtout le chêne.

Martin 81.5%
Ambre bronzé près de l’orange cadmium. Nez: Fort plaisant, quoiqu’un peu trop placide à mon goût. Orange, orge, miel et framboises. Le côté cuiré du sherry cask m’échappe. Bouche: Texture quelque peu aqueuse, mais les premiers parfums arrivent rapidement sur la langue. Le xérès éclate un peu plus ici. Fruits rouges, chêne et épices. L’orange y est encore, cette fois-ci avec un peu de cacao. Finale: Pas nécessairement courte, mais peu présente, peu intense. Quelques épices astringentes sur une planche de bois trempée dans le jus de raisin nous tiennent un moment, mais sans plus. Équilibre: Dommage, un NAS dilué à 40%. Il y a un potentiel, mais on a l’impression que la distillerie a eu peur de l’exploiter.

Caol Ila Distiller’s Edtion 2002-2014

43% alc./vol.

André 88.5%
Il ne faut pas éveiller le géant tourbé endormi au nez, caché sous une cape de fruits exotiques sucrés, mais attentif avec ses notes tourbées camphrées maritimes et de poivre noir. Une distillerie qui, dans ses présentations phare démontre bien la palette aromatique du style de l’Ile d’Islay mais qui, présenté de cette façon version Moscatel, rend le whisky plus approchable pour les novices et ce sans trop le dénaturer. La bouche offre une approche soyeuse et fruitée, les fruits tropicaux et la poire sucrée à souhait, avant que n’émerge les notes tourbées et salines typiques. La dualité du sel maritime et du sucré des fruits apporte un paradoxe intéressant à l’ensemble d’où la tourbe, en invité surprise émerge avec force. La finale est douce mais parsemée d’éclats tourbés, salins et maritimes. Sans contredit une variantes intéressante du style parfois trop connu de la tourbe Islayesque. Une version torride à la Halle Berry dans Monster’s Balls.

Patrick 92%
Le whisky comme je laime, complexe et plein de contradictions. Nez : Bell fumée et saveurs vineuses non subtiles comme on les aime. Bouche : Sel, fumée et vin, le tout porté par une texture des plus huileuses. Aussi, des notes terreuses et de chocolat noir. Un excellent mélange fumé-salé-épicé-sucré. Finale : Longue, savoureuse, épicée et sucrée tout à la fois.

Martin 87.5%
Jaune doré brillant et vif appelant de rondes jambes qui prennent leur temps pour arriver. Rayon de soleil. Nez: Une riche et grasse tourbe citronée met le pied à terre. Vanille, caramel et sel marin ne tardent pas à se joindre au caucus. Épices et fruits séchés pour finir… héritage de son fût? Bouche: Doux et fruité à l’arrivée, orge, miel et épices nous accueillent par la suite. On termine le voyage sur de la tourbe salée et des agrumes. Finale: Chaude mais courte, sur des notes de pneu et de pierre lavée, elle s’allonge un peu à la seconde gorgée. Équilibre: Le nez annonçait de si grandes choses! bien que le fût de moscatel a su apporter quelques saveurs intéressantes, il a aussi par inadvertance étouffé légèrement le caractère débridé de la distillerie.

BenRiach 16 ans 1997 Marsala Finish

56.1% alc./vol.
Fût #4435, bouteille 333 de 412.

André 91%
La délicatesse du nez est livrée au travers de savoureuses notes de raisins saupoudrés de grains de poivre noir frais, à la fois juteux et crémeux, le fût de bourbon et de vin. Une goutte d’eau fait exploser les saveurs de pommes fraiches. En bouche, la qualité de la texture étonne, le whisky est à la fois liquide et collant en bouche, son côté de sucré permet de dissimuler le taux d’alcool de 56% que l’on oublie complètement. Beau mélange de poivre et d’épices balayé par une avalanche de fruits secs, de raisins pressés et de sucre brun. La finale est douce et atténuée par la force des fruits et le fort taux de sucre, lui procurant une longueur en bouche étonnante malgré sa finesse et sa douceur sucrée. Malgré la simplicité des arômes et saveurs, le whisky demeure un challenge pour le dégustateur de par la variété de ses contrastes aromatiques et l’ambivalence discrète de son taux d’alcool. Étonnant et mystérieux.

Patrick 82%
Un bon whisky, mais pas un chef d’œuvre de balance.  Nez : Pomme verte, poivre, sucre de l’orge et subtile note fruitée.  Bouche : Explosion de fruits chaleureux et épicés.  Bonne dose de chêne et pointe de poivre.  Finale : Longue et portant une bonne dose d’épices.

Martin 90%
Orange bruni par la finition du fût. Nez: Douceur et raffinement, vanille, raisins, poivre, vin fortifié. Fruits et orge juteuse, chêne et muscade. Prometteur. Bouche: Douce chaleur portée par les pommes, les raisins et les épices. La force du fût met bien en valeur les saveurs de cassonade et de vanille. Le tout se termine dans un petit tourbillon de cannelle. Finale: Le sucre et les fruits demeurent sur un doux et léger cuir. Les épices caractéristiques d’un fût de sherry/porto/en réalité marsala font durer la douce chaleur. Équilibre: Un solide embouteillage qui est le fruit de choix judicieux, autant au niveau de la finition que du taux d’alcool. Un autre édition limitée qui nous rend triste que ce ne soit pas une édition régulière.

BenRiach 36 ans 1978 Single Cask

41.7% alc./vol.
Fût #5469.

André 90.5%
Nez raffiné, compote de fruits et sherry de superbe qualité, miel, pommes rouges fraiches, épices relativement discrètes, fruits exotiques. En bouche; pâte de fruits, puissant sherry velouté, avec une finale de bouche rehaussée par un feu d’artifice poivré et épicé qui tranche admirablement avec la souplesse du sherry. Beau paradoxe entre le soyeux du sherry noble et la vague de poivre et d’épices. La finale est extra-longue, la rétro-olfaction n’arrête pas de venir nous taquiner la bouche et le nez, le sherry évolue encore et s’aplanit de plus en plus, en se drapant de filets poivrés et épicés. Un whisky multifacettes, qui fait voyager dans différentes contrées, du nez à la finale.

Patrick 93%
Superbe balance, remarquable profondeur. Ca valait la peine d’attendre 36 ans pour ça! Nez : Une richesse et une profondeur incomparable. Pomme sucrée, cannelle, figues, vanille, sucre de l’orge et pointe de chêne. Bouche : Admirable arrivée en bouche, texture astringente, avec des saveurs d’orge, de chêne avec quelques note de fumée et d’épices, ainsi qu’une pointe de fruits mûrs et de sucre brun. Finale : Longue, suave, chaleureuse, avec un beau mélange de sucre, de fruits et d’épices.

Martin 93.5%
Rouquin-orangé fort alléchant. Nez: Assez doux avec toutes les notes classiques d’un parfait sherry cask, raisins secs, dattes confites, orge grillée, miel et léger cuir. Bouche: Sirupeux et sucré d’entrée de jeu, cuir tanné spectaculaire, feuille de tabac épicée, raisins et orange. Sublime. Finale: Épices astringentes du xérès, cuir et raisin, zeste d’orange, tabac, toutes les notes sont pile-poil au rendez-vous pour un sherry cask de fou. Équilibre: Le parfait whisky-dessert. Chêne et cuir, Maximus, chêne et cuir…

Old Particular Ardbeg 21 ans

48.6% alc./vol.
Distillé en octobre 1992, embouteillé en octobre 2013, 232 bouteilles, fût #10065.

André 94%
Typiquement tourbé, huileux et crasseux, ça sent les copeaux de charcoal qui brûlent dans un feu de plage mal éteint. Huileux et crasseux mais avec de la classe… La tourbe est puissante malgré son âge, la fumée de feu de tourbe, le poisson séché, le sel de mer porté par des embruns maritimes. En bouche, la tourbe est encore plus forte qu’au nez, ne niant pas ses origines, la texture hallucinante, huileuse avant le déferlement de chocolat noir et de mouture de café expresso saupoudré de poivre noir. Finale looooongue et tourbée, très fumée, texture encore huileuse, huile de poisson peut-être, agrumes citronnés, l’alcool est exact et approprié. Je suis conquis!

Patrick 94.5%
Un dram exceptionnel provenant d’une époque révolue. Intense, complexe, émouvant. Nez : La tourbe poisseuse des anciens Ardbeg avec de puissantes notes d’huile à moteur. Bouche : Texture très huileuse, tourbe crasseuse, suie, copeaux de bois, poivre, épices. Finale : Longue et crasseuse, comme on l’aime. Rock and roll!!

Bruichladdich Black Art 23 ans 1990 Edition 04.1

49.2% alc./vol.

André 80%
Fûts de vins et de xérès, super fruité, xérès, dattes et prunes, raisins pressés, gâteau aux fruits. La bouche est désaxée et démontre un manque d’équilibre probablement relié à l’utilisation de certains fûts mais toujours aussi fruitée que le nez le laissait supposer d’où pointe une légère touche sulfureuse. On vient de me casser mon trip solide… Caramel et fruits confits, texture vineuse et une fine touche de porto peut-être? La texture en bouche est belle et amène bien à la finale, de courte longueur, bien fruitée aux arômes de xérès et vineuses.

Patrick 79%
Un nez extraordinaire, mais un goût en bouche qui ne rencontre pas les attentes. Décevant. Nez : Explosion de fruits vineux et sucrés. Arômes complexes de fleurs et d’épices dans un chaleureux écrion de cuir. Bouche : Sucre chaleureux, puissants épices, chêne, cuir, vernis à ongle et soufre. Finale : Longue et épicée, mais avec une malheureuse note de soufre qui s’étire.