Highland Park Leif Eriksson

40% alc./vol.
Exclusivité du marché hors-taxes, vieillie en fûts de chêne américain.

André 85%
Marmelade à l’orange et miel épicé, vanille, un peu de sel. Bouche plus épicée et très oaky, la vanille est elle aussi plus soutenue. On y retrouvera quand même les saveurs d’orange et de miel du nez. Les épices quand à elle semblent soulever l’impression laissée par le bas taux d’alcool en asséchant légèrement la bouche. Finale moyennement longue soulignée par les épices et d’un côté un peu plus sec que l’on pourrait associer au bois du fût. Le sel gagnera en force en toute finale, nous signifiant peut-être la location de la distillerie, le petit côté maritime et le léger tourbé apparaissant ensuite en bouche confirmant le tout. Le maigre 40% d’alcool déçoit car les douces saveurs du whisky auraient toléré un 3 à 6% d’alcool supplémentaires. Un whisky un peu trop doux, pour souligner le périple de ce Viking dans les eaux troubles bordant le cercle polaire. J’aurais opté pour quelque chose de plus masculin et de plus nordique.

Patrick 84%
Nez: Une compote de fruits et d’herbes, marié avec du miel, le tout servi à proximité de la mer. Une pointe de fumée finit par émerger de l’ensemble. Bouche: Miel, fruits frais, une pointe d’agrumes. Léger. Finale: Agrumes. Relativement courte. Balance: Bien balancé, mais ne fait pas bouger les montagnes.

RV 83%
Highland Park a préféré démontrer l’épithète Fearless par le personnage sur le contenant au lieu de l’expérience du contenu. Le bruyère semble moins nordique qu’à l’habitude avec son petit parfum doucement fleuri à la Glen Garioch. En bouche il est intéressant : le bruyère devient miel, lui aussi doux, mais un peu trop éclairci. La finale est très (voire trop) régulière avec le bruyère nu, sans bois, sans chocolat, sans réel punch non plus. Irrémédiablement un whisky pour débutant donc une bonne pour le marché du duty free ou parfois le volume prime sur la qualité, mais pour le palais averti l’intensité et la chaleur sont tous deux beaucoup trop absents.

Balblair 2000

43% alc./vol.

André 82%
Très doux et épars au nez, notes de vanille, de fruits tropicaux et de fleurs séchées. Passablement épicé en bouche (gingembre), céréales de malt. Frais et volatile, tout comme le souvenir que l’on en gardera.

RV 78%
« Poisson pas frais ». Sans le poisson d’Ordralphabétix. Encore un Balblair avec un désagréable nez, pas frais, à la limite du dégueux. L’arrivée de foin épicé est poisseuse, heureusement suivie d’un bel élan d’épices en aftertaste, quoique trop tard après le nez désastreux. Je ne sais s’il s’agit des alambics, des entrepôts ou de l’air de la région, mais hormis leur 32 ans cette distillerie commence à me faire douter de leur capacité à faire ne serait-ce qu’un bon whisky d’âge normal.

Martin 83%
D’une couleur or pâle, maïs même. Sa jeunesse trahie par sa robe. Nez: Doux et sucré. Poire, pomme, ananas. Cantaloup plutôt. Miel et abricots. Timide et frivole mais intéressant. Bouche: Miel et pêches rapidement étouffés par du gros gingembre mariné. De l’orge juteuse précède un faible vent de cuir fumé. Finale: Chaude et raisonnablement longue avec nes notes de gingembre, de chocolat noir et de noix de coco. Équilibre: Plus jeune, mais je le préfère au 1989. Ce doit être l’absence de banane.

Balblair 1989

43% alc./vol.

Martin 81.5%
Coloration jaune dorée, on dirait pratiquement un sauternes. Nez: Légèrement boisé, cerise de terre, zeste d’agrume, banane, un peu terreux. Goutte de vanille. Bouche: Quand même doux, raisins, faible impression de sherry. Se termine sur de la fumée et un peu de cuir terreux. Finale: Caoutchouc cuireux, fumée, restant de banane et de cardamome. Dommage que je déteste la banane. Équilibre: Pas déplaisant, mais la bouteille n’en vaut pas le coup, ni le coût.

RV 80.1%
Pas encore à destination. Ou de loin rendue trop loin. Olfactivement, encore Balblair, encore weirdo, avec du compost de cerise de terre et de plants de tomates. En bouchant, tellement acqueux qu’on aurait tendance à croire qu’il n’a pas 2 ans, encore moins 20. Au-delà de ce manque de goût, on peut y sentir du grain, mais vraiment, vraiment ordinaire qui se poursuit dans la finale, presque moisie. Le point fort de l’expérience vient en aftertaste où le tout est beaucoup mieux équilibré, avec un grain malté appréciable (et encore faut-il le laisser vieillir en verre pour cela). N’eusse été du rapport qualité-prix, il n’aurait sû passer la barre des 80, mais ce whisky qui n’était pas fort à 18 ans ne semble pas prêt, ou ne l’est plus.

Glenmorangie Lasanta

46% alc./vol.
Lasanta veut dire “chaleur et passion” en gaélique. Glenmorangie The Lasanta a été vieilli d’abord en fût de bourbons puis en fûts de Sherry Oloroso.

André 82%
Wine finish power avec une couleur cuivrée et rosée. Nez vineux avec une pointe salée. Vraiment ordinaire, mérite d’aller me faire remboursée ma bouteille que j’avais en attente.

Patrick 87%
Au nez, raisins enrobés de chocolat, miel et caramel mou. Notes de citron et de caramel croquant rappelant la crème brûlée. Crème glacée au rhum et raisin. Au goût, xérès avec notes de raisins, d’écorces d’orange, de noix et caramel au beurre. Goût de noisette enrobée de chocolat, notes épicées, et un peu de cuir. Finale longue à l’orange épicée et noisettes enrobées de chocolat. Superbe whisky. Se marie admirablement bien avec un fromage québécois « Cheddar Perron Doyen 4 ans », de renommée internationale.

Martin 87.5%
Le soleil couchant de Californie le fait paraître d’un cuivre bruni déscendant jusqu’à un xérès doré. Nez: Vague de raisin, avec un bon accompagnement de citron sûrette et de sel. Un fond de cuir, de mélasse et de rhum tente de faire surface sans jamais tout à fait s’affirmer proprement. Une touche de sherry est tout de même présente, surtout au deuxième nez, bien qu’étouffée par le miel signature de Glenmorangie. 2e dégustation, malt classique de la distillerie dans toute sa splendeur, rehaussé par des notes de céréales, de raisin et du plus infime des cuirs. Bouche: Sherry, raisin, bourbon, beurre salé et cassonade. Vague de chaleur mielleuse qui n’est pas sans rappeler l’expression originale de la distillerie. 2e visite, l’influence du xérès semble beaucoup plus marquée. Le taux d’alcool explose agréablement en bouche. Finale: Courte mais réconfortante, avec des notes de sherry. On la sent déscendre dans une ondée chaude et épicée. Équilibre: On dirait ici que Glenmorangie essaie d’imiter les Fine Oak de Macallan, mais malheureusement son autrement excellent malt de base ne s’y prête guère. Qu’ils s’en tiennent aux autres affinages qui, aussi saugrenus soient t-ils, ne cesseront d’agréablement nous surprendre. Après tout, on ne peut pas gagner toutes les batailles. 2e évaluation, je ne sais pas s’ils ont modifié la recette, chose possible avec les expressions de base des grandes distilleries, mais cet embouteillage est clairement supérieur à celui qui m’a servi pour la première critique. Le sherry vole la vedette. Si vous avez les reins (ou le foie) assez solides pour les expressions à finition de Glenmorangie, qui malgré leur taux d’alcool raisonnable semblent exploser, c’est un embouteillage à garder presque en tout temps dans votre armoire à scotch.

RV 76%
Pauvre au niveau de l’imagination. Salé a la Bunnahabhain, feuilles séchées et gros raisins rouges. L’arrivée est toute aussi rouge mais le vin est trop fort en début de finale, ce qui brise tout l’ensemble. Dépassant la finition, on dirait une infusion au vin.

Glen Garioch 8 ans

40% alc./vol.

André 83%
Agréable et sans prétention, pourquoi prétendre ce que l’on est pas… Beau nez de pommes et de fruits tropicaux, une touche florale (violette), du miel et de la vanille, du bruyère peut-être? La bouche est fluide, épurée (un taux d’alcool de 43% aurait aidé un peu d’ailleurs) la texture laisse à désirer mais les saveurs sont agréables; fruité et légèrement herbeux, une subtile pointe de tourbe et de bruyère, du miel aussi, de la vanille, des fruits tropicaux et un peu de citron en support. Finale douce et florale avec toujours ces mêmes fruits en épilogue. Un whisky qui étonne pour les maigres 39$ déboursés.

RV 81.5%
Malgré le paysage en surface, une fois sous le liquide j’ai plus l’impression d’être dans le fleuve St-Laurent qu’à la barrière de corail. Bel amorce, le dessus de la vague dégage de la pomme plus rouge que verte du Glengoyne 17YO vient se mêler au miel boisé du Glenfiddich Rich Oak, le tout saupoudré d’une nappe de cannelle. Très visqueux puis vineux en bouche, j’attends quelque chose de profondément sucré, mais ça reste très sec. En finale, on s’enfonce dans les copeaux d’épinettes, manquant de peu le fond de pin peu profond vieilli, tel des planches d’un vieux washback oublié. Comme recette, j’ai vu mieux trempé, comme quoi plonger dans l’eau boisé en combinaison de plongée intégrale enlève tout le feeling.

Patrick 70%
Nez: Ouch… Petite pointe de soufre… Qui cache tout le reste. Goût: Pas mieux. Finale: Soufre. Balance: Who cares?

Highland Park New Make Spirit

58.8% alc./vol.
L’histoire de la distillerie Highland Park remonterait à la fin du XVIIIème siècle, dans la clandestinité bien sûr ! On raconte même que le prévôt de Kirkwall ainsi que des fonctionnaires anglais comptaient parmi les contrebandiers ! Malgré la chasse constante que leur faisaient les excise men, les distillateurs clandestins déployaient des trésors d’imagination pour cacher leur whisky réputé ; ainsi, Magnus Eunson utilisa-t-il la chaire d’une église pour préserver son butin ! La naissance de Highland Park commença véritablement en 1825 lorsque Robert Borwick hérita de la ferme et de la distillerie qu’il s’empressa de rendre légale. Acquise par la famille Grant en 1895, la distillerie fut agrandie et vit le nombre de ses alambics passer de 2 à 4. Possédant ses propres aires de maltage, Highland Park compte 4 alambics assez trapus et procède à une double distillation classique.

André 84%
Nez relativement neutre où la présence du grain et de l’alcool est évidente. Relativement doux, floral et fortement influencé par des notes d’herbe et de feuilles vertes. Finale légèrement tourbée ou la dimension de l’alcool prend toute son importance. Difficile de faire le lien entre le new make et le résultat 12 ans plus tard mais l’expérience est enrichissante.

Glenmorangie 10 ans Original

40% alc./vol.
Glenmorangie utilise différents types de tonneaux, mais toute la production est vieillie dans des futs en chêne blanc d’Amérique fabriqués à partir des arbres poussant dans la propre forêt de Glenmorangie dans les Monts Ozark au Missouri, aux États-Unis. Les tonneaux neufs sont laissés à l’air libre pendant deux ans avant d’être loués aux distillateurs Jack Daniel’s et Heaven Hills pour la maturation de leur bourbon, qui dure quatre années. Ces tonneaux sont ensuite utilisés avec les alcools de la distillerie Glenmorangie.

André 86%
Un surprise sur toute la ligne pour cette version d’entrée de ligne de la distillerie, d’une souplesse et d’une grande générosité. Les poires, pêches et les fruits frais s’offrent au nez comme les étals regorgeant de fruits frais au marché du Vieux Port par une chaude journée d’été. En finale, nectarines et bananes mais une finale légèrement abrupte. Une valeur sûre pour le prix, un single malt très agréable.

Patrick 86%
Au nez, mandarines, citron, pommes, poires, et pêches. Crème glacée à la vanille. Fleurs et menthe. Au goût, vanille crémeuse, pèches, mandarines, citron. Noix, épices, un peu de miel. En finale, le sucre d’un jus de fruit. Délicieux, une valeur sure. Se marie admirablement bien avec un fromage français « Château de Bourgogne », qui est un triple crème (un genre de brie intense).

Martin 88%
Très doré, je dirais même couleur rayon de miel pâle. Nez: Miel, épices, caramel, vanille, fruits secs, nectarine, fleurs et traces de fumée. S’annonce crémeux. Bouche: Encore épices, caramel, miel et vanille. Notes de parfum, de fleurs, d’agrumes et de fumée. Touche de tiramisu. Très proche du nez. Finale: Boisée et douce, très courte, sèche et propre. Franche même. Équilibre: Valeur sûre. Excellent pour l’initiation aux Highlands. Expression d’entrée de gamme sur laquelle on peut compter. Plus raffiné que le Glenfiddich 12 et plus goûteux que le Glenlivet 12.

RV 84%
PVC au jus de raisins congelé Welch. Le fruit a de la difficulté a se dégager en bouche, se cache en début de finale mais regagne graduellement une place primordiale en aftertaste, secondé par l’orge qui fait figure de sidekick aux antipodes. Bien conçue, une base plus qu’adéquate pour la finition, mais j’aurais quand même aimé qu’elle s’exprime plus par elle-même.

Tomatin 12 ans (ancien embouteillage)

43% alc./vol.

André 82.5%
À voir la couleur jaune-verdâtre du dit liquide, je m’étais attendu à bien des arômes mais certainement pas un nez aussi fortement modelé par le sherry. Le xérès est omniprésent au nez, se jumelant à d’agréables flaveurs de pommes-poires et de miel. La bouche est diffuse et éparse, la consistance trop fluide; céréales germées, xérès et fruits à chair avec quelques notes épurées de noisette en finale de bouche. Le nez prometteur s’effondrera trop rapidement en bouche, ce qui décuplera la déception surtout avec les promesses du nez bien fruité et son sherry vraiment bien équilibré.

Patrick 80%
Nez : Malt sucré, avec une subtile touche de xérès et de poussière. Bouche : Sciure de bois et poussière. D’accord avec RV pour ce qui est du papier de plomb et du cigare aigre. Finale : Vers la fin, on y détecte de subtils arômes fruités rappelant des pommes jaunes. Balance : Pas mauvais, mais ben ordinaire.

RV 81%
Sans humidité, l’air de la terre en est presque vulgaire. Dans le champs, à un pied du sol, le malt est sucré et poussiéreux, avec une pointe de foin séché. À l’aveugle, on pense passer brièvement devant un prunier, avec de passer au papier de plomb et de cigare aigre. La finale est un peu mieux, mais trop passagère. L’esprit agricole, ça me prend tout de même un minimum de créativité; ce single malt en est toutefois trop aride.

Tullibardine 1993-2007

40% alc./vol.

André 80%
Nez fruité, les raisins se métamorphosent rapidement en oranges en respirant. Texture soyeuse au nez, lente et tranquille. Les saveurs attendues en bouche sont absentes, la sensation s’apparente à certains new make spirits, c’est épuré et jeune dans l’ensemble, très effacé. La finale se relève drastiquement, l’alcool s’élance avec fermeté, mais l’ensemble est trop liquide et sans raffinement mis à part le feeling poudreux ou de craie qu’il laisse en finale de bouche.

RV 82%
Tullibardine: beaucoup de lettres dans le nom, moins de sons dans la bouteille. Nez super doux avec l’orange sucré de Balvenie, même en bouche l’orange et le caramel me rappelle aussi cette distillerie voisine. Peu de développement en bouche où tout semble de trèfle vert, la finale est longue mais sans intensité. L’aftertaste est un peu bizarre mais est tout de même pardonnable; c’est plus l’ennui générale qui l’est moins dans cette distillerie avec j’attend toujours la surprise lorsqu’il n’y a pas de finition particulière.

Patrick 82%
Parfum léger d’agrumes et de malt, tellement léger qu’il ne parvient même pas à masquer l’alcool, malgré la dilution du whisky. En bouche, une pointe du typique gâteau aux bananes de Tullibardine, toutefois presque noyé dans une orge légèrement épicée. Le tout est marié ensemble par des agrumes frais et rafraichissants. La finale est plutôt courte et insipide. Le style de cette distillerie demeure original, mais avec cette édition, on jurerait qu’on a tenté de produire un whisky sans personnalité.