Benromach Peat Smoke Batch #5

46% alc./vol.
Distillé en 2004, embouteillé en 2012 à partir de fûts de bourbon de premier remplissage.

André 89%
Un jeune whisky à l’allure effrénée, la tourbe est intense et un peu crasseuse mais amadouée par les notes de fruits tropicaux. La texture en bouche est ce qui trahira son âge, mais rien de désagréable, même si un peu fougueux. J’aime bien le peppermint et le tar de la bouche. Finale directe et uniforme, beaucoup de tourbe encore et une pointe de craie pour tableau noir d’école. Un superbe whisky, qui saura étonner le plus féru des amateur de tourbe. Je salue aussi le passage à 46% d’alcool par rapport aux premières versions Peat Smoke qui étaient à 40% d’alcool.

RV 88%
Pour soirée devant le feu, accompagné d’une blonde ou d’une guitare plutôt que des boys et des histoires de chambres de hockey. Très belle représentante du Speyside fumé, la tourbe est douce, soyeuse et légèrement fumée. L’arrivée est cendreuse, vineuse et bien dosée, et la finale surprend avec une explosion d’éclisses de bois de cèdre et du miel qui tire sur le caramel. Un peu jeune au niveau de l’aftertaste mais une très belle mesure, un peu à l’image du Benriach Curiositas, que la tourbe est exportable d’Islay.

Patrick 88%
Nez: Tourbe fraiche et… Heu, agréable. Bouche: Fumée intense et tourbe juteuse. Finale: Fumée. Balance: Simple et efficace, un whisky à apporter avec soi à la pèche!

Arran 1998 Icons – The Westie

46% alc./vol.
Troisième édition d’une série de quatre expressions consacrée aux mascottes de la distillerie, Icon’s of Arran The Westie, célèbre Ruaridh (se prononce Rou-Ri), le westie blanc de James MacTaggart, Manager de la distillerie d’Arran, devenu garde de chai à ses heures perdues. Cette mise en bouteille est issue de l’assemblage de 25 fûts de sherry hogshead distillés en 1998. Édition limitée à 6000 bouteilles.

André 84%
Tarte citron et meringue, farine de céréales, bananes en purée et quelques timides notes de sherry. Un nez en laisse, muselé, presque inoffensif. En bouche; ananas, pêches, noix et amandes. Finale où l’alcool est plus soutenu et où les fruits et la vanille se joignent au bois. Assez sec et épicé comme finale et surprend par sa longueur et sa perspicacité. Un whisky ok mais qui manque de mordant.

Patrick 90%
Bon, n’aimant pas particulièrement la compagnie canine, mettons que ce whisky part avec une prise contre lui, avec sa photo de chien qui semble profondément stupide sur la boite. Toujours est-il qu’on est loin du parfum qui émane de pitou: un riche et agréable parfum de xérès avec une pointe de chêne et de vanille. En bouche, point de viande à chien! Xérès et chêne se chicanent notre attention (comme deux clebards), tout en laissant de la place à une grande complexité d’épices et d’herbes fines. Ces dernières s’étirent agréablement et longuement sur la finale. Une excellente bouteille, mais à moins d’être complètement accros aux chien, vous pouvez aussi vous contenter d’une édition régulière.

Martin 86.5%
Comme le disait si bien Maurice Duplessis pour stimuler l’économie: « On n’attache pas son chien avec des saucisses. » Nez: Floral, orange, citron, très léger, éclipsé même. Un peu d’herbe, graines de lin, vanille. Je cherche le sherry mais il semble avoir décidé de choker le party. Une deuxième visite me fait sentir de la meringue et me rappelle quelque peu le Glenkinchie. Bouche: Ample et huileux, très sucré, raisins, tarte au citron et vanille. Chêne grillé et traces de fumée, suivi de chocolat et d’un mélange cannelle-muscade, à moins que ça ne soit de la cardamome? Fascinant. Finale: Épices et légère fumée pour commencer, puis s’efface relativement vite sur un fond d’amandes et de raisins secs. Équilibre: Très honnête mais tout se passe presque exclusivement dans la bouche. Le reste tombe malheureusement un tantinet à plat. Je cherche encore le sherry.

RV 87.5%
Dans mon jeune temps tu sauras que c’était pas compliqué se faire du fun. Pour ce Arran, on a vraiment l’impression de retourner dans le passé avec le petit cuivre qui vient s’ajouter aux herbes de bord de fleuve. L’arrivée n’est pas timide mais le vocabulaire est limité, se contentant de n’offre que de forts mots d’herbe toujours cuivré, affublé d’une pointe de tourbe sucrée, et un pourcentage d’alcool qui semble (faussement) assez haut. La finale est posée, très agréable, et me fait penser aux vieux Glenmorange où la qualité ne demandait pas tant d’artifice.

BenRiach 12 ans Horizons

50% alc./vol.

RV 82%
Uncork and sniff. Parce qu’à peine une minute suivant l’ouverture, le petit côté intéressant de bière et d’agrumes s’éclipse, échangé pour du sucre et de la cassonade qui dissimule toute trace de grain. Heureusement, en bouche il est plus végétal, avec des saveurs de navet et de carotte sucrée. Phantomatique en gorge, on ne le sent descendre ni en ressent l’aftertaste. Dommage, ce sprinter avait bondi si spectaculairement de son stalle.

Old Malt Cask Allt-A-Bhainne 1993-2011 18 ans

50% alc./vol.

RV 88.5%
Cafe Depot, StarBucks, Allt-a-bhaine. Très fruite de raisin pas mur, il est intriguant comme son petit frère ne en 95, encore plus car pour 18 ans, l’âge ne se fait pas sentir. Plus marque en bouche, le bois est rempli de sève puis de café et enfin de raisin sucre, une bouche très bien construite. La finale pousse un peu fort sur le café noir, ne fait pas de compromis et s’élance pendant longtemps.

Patrick 80%
OMG! Je n’ai jamais détecté d’abricots si peu subtils dans un whisky! Est-ce plutôt un brandy? En bouche ,l’impression que nous avons affaire à un brandy d’abricots se dissipe à peine. On dirait plutôt que le brandy a été versé dans un verre mal rinsé qui avait auparavant contenu du whisky! La finale s’étire longuement sur l’alcool, ce qui est plutôt une surprise compte de l’âge du whisky. La texture demeure agréable, mais je ne suis pas certain d’apprécier « l’originalité » de ce whisky à sa juste valeur.

Arran Tokaji Aszu Wine Finish

55% alc./vol.
Vieilli premièrement pendant une période de 8 ans dans d’ex fût de bourbons, cette expression est par la suite porté en d’ex fûts de vin Tokaji Aszù. Ce vin à lequel on attribut le surnom de « Vin des rois, roi des vins » avait préalablement vieilli 3 ans dans ces fûts (fabriqué du plus fin chêne Hongrois, le Quercus Petraea & le Quercus Robur) qui donnent la finition typée au Arran wine finish. Présenté encore une fois, non filtré à froid et embouteillé à la force du fût. Édition limitée de 7320 bouteilles.

André 88%
Vanille. Rond et très amoureux. L’apport du vieillissement en fût de vin apporte des dimensions très enveloppantes, se succédant avec harmonie. De part son côté fortement sucré, le plaisir s’atténue à mesure qu’on enligne les gorgées. Sans aucuns doutes, c’est un scotch à savourer en petite quantité, comme digestif. Le haut taux d’alcool est paralysé par l’apport de sucre, ce qui le rends sournoisement traitre à boire…

RV 83%
Pruneaux jaunes & fruits confits, sirop de cerise de marasquin passé date et légère pointe d’acier. Au goût: Fruits suivi de fumée. Les pruneaux sont de retour en finale accompagnés par des cerises de terre. Finale courte et légèrement vineuse.

Patrick 88%
Riche parfum épicé et fruité, avec un bon fond d’orge. En bouche, les épices et le chêne, bien équilibré avec les fruits et un beau sucre d’orge. Belle finale sucrée qui s’étire agréablement. Belle balance, un bon goût classique.

Johnnie Walker Black Label 12 ans

40% alc./vol.
Un blended d’une quarantaine de whiskies de 12 ans d’âge, marqué par une maturité plus importante. Ce blend aurait été le Scotch préféré de Winston Churchill.

André 83%
Beaucoup plus rond que le Red, plus peaufiné avec un grain plus discret sur fond vanillé. Bouche de croustade de pommes et crème vanille accompagné de douce fumée. L’intensité du grain est encore notoire mais définitivement plus arrondi, plus agréable. La bouche et la finale se confondent et la fin de la bouche et le début de la finale s’estompent mutuellement, donnant l’impression qu’Il manque un ou l’autre. Mieux que le Red mais encore une fois, pas assez pour me convertir aux blended.

Patrick 85%
Au nez, pointe de fumée et de tourbe. Soupçon de sel. Au goût, la fumée et le sel évoluent vers les algues. Un petit fruit vient donner une dimension supplémentaire. Bien équilibré, facile à boire, et une belle personnalité. L’un de mes blends favori.

Martin 86%
Orange vif, ambre de feu. Beau blend. Nez: Un délicat côté médicinal sur le cuir frappe d’entrée de jeu. Par la suite le coeur est de tarte aux pommes et sucre d’orge, pour compléter avec une touche de fumée. Bouche: Moins fumé qu’au nez. Miel sucré et canne à sucre. Juteuses épices avec un fini de crème brûlée. Finale: Chaude et épicée. Pourrait durer d’avantage, surtout qu’on se délecte des subtils arômes sucrés qui reviennent à la fin. Équilibre: Un rapport qualité-prix d’une robustesse impressionnante. Churchill avait du goût. Mais ça on le savait déjà…

RV 79.5%
Un peu n’importe quoi, sans direction ou ligne forte, le strider de JW aurait besoin d’un GPS. En général, grain et fruité, avec un peu de peinture à bois séchée, et du vieux fer de métal agricole rouillée écarlate. Sur la langue, les planches de cèdres laissent tranquillement leur place au fruité qui tend aussi vers la noisette. La finale est plus fumée que le reste, mais elle aussi un peu monotone. Un autre blend à mix.

Tomintoul with a Peaty Tang

40% alc./vol.

André 74%
Tourbe florale (le même floral de Glenlivet) mélangé avec de l’herbe tout juste coupée… Toutes les odeurs que je déteste chez un whisky en même temps… Wrong start. La bouche n’est guère mieux; chique d’herbe et de menthol, de la tourbe bizarre et on découvre une épice pas plus agréable que le reste. Le grain est plus perceptible en finale, mêlé avec la tourbe et c’est la partie qui est un minimum agréable dans ce whisky. J’ai lu un commentaire des Ballantruan qui sont des éditions tourbées de la même distillerie que j’ai moi aussi goûté et il faut avouer que le Ballantruan botte le cul solide à cette édition de merde.

Patrick 89%
Nez: Fumée grasse de tourbe et suie. Bouche: Fruité et agressivement tourbé et bois brûlé. Finale: La suie d’un feu de camp, le lendemain de la veille. Balance: Une pointe de subtilité, tout ce qu’il faut pour dire que j’aime.

Martin 79%
Nez: Tourbe timide, herbe et crème, léger caoutchouc. Un peu de citron et de fleurs. Pas mauvais. Pas décidé non plus. Bouche: Sucre en poudre, tourbe, citron, touche de crème anglaise. Bois et épices sur la fin. Ça tire relativement dans tous les sens, ça cherche encore son identité, un peu comme les gens qui portent des lunettes sans prescription. Finale: Courte et timide. La tourbe est fraîche, presque mentholée. Accents de chêne et d’épices. La fraîcheur perdure un peu comme de la gomme à mâcher. Équilibre: Un whisky qui semble se chercher encore. Quelques belles notes, mais je ne suis pas certain de pouvoir pleinement recommander un achat comme celui-ci.

RV 80%
Au nez, très très très prometteur, avec le peaty tang d’Islay qui surpasse toute chose, néanmoins on peut tout de moins détecter une légère pointe de céréale et de lait. En bouche, l’expectative d’un superbe mélange sucré et sûr (sweet and sour) s’effondre trop rapidement, avec une finale pas très longue. Comme quoi la sauce Islay ne se mélange pas à tous les plats.

Bruichladdich Waves 7 ans 2009

46% alc./vol.
Cette nouvelle version de Bruichladdich Waves est vieillie en fûts de bourbon puis affinée en fûts de Madère, cépage Malvoisie pour être plus précis. Plusieurs millésimes entrent dans la composition de ce single malt, pour un niveau de tourbe moyen atteignant 15ppm.

André 91%
Définitivement Islay ! La tourbe est superbe, sucrée et très veloutée. Le côté agrume adoucit le taux d’alcool. C’est à s’y méprendre… on croirait du Ardbeg, mais c’est un superbe et jeune Bruichladdich !

RV 88%
Bien conçue, c’est une pugiliste qui bouge bien en plaçant soigneusement ses coups, mais ses punchs manquent un peu de puissance pour être une championne. Chips ordinaire brûlée un peu cartonnée avec une touche de miel au nez. Au gout, tourbe du Ardbeg, mais avec une gêne. Arrivée un peu épicée se déplaçant sur la tourbe, avec une belle finale nuancée qui passe de cendreuse à verte à cendreuse. Soubresaut mielleux vert en toute fin.

Patrick 95%
Ma découverte de l’année 2009! Un mélange d’une harmonie incomparable où l’on retrouve tourbe, miel, vin, agrumes, épices, bref, tout y est! Malgré la présence de tourbe, ce whisky demeure extraordinairement doux. Original, rafraîchissant, relevé… Sera-t-elle un jour disponible au Québec???

Martin 83%
Couleur d’un orange doré modérément dénaturé. Nez: Tourbe salée et feuilles de nori au premier plan. Suivi de noix et raisins, fleurs et pommes, punch aux fruits et Pine-Sol. Bouche: Miel, fleurs et poivre blanc. Finale: Subtile fumée terreuse. Fond d’eau salée qui a servi à steamer des hot-dogs. Fleurs amères, cuir et caoutchouc. Équilibre: La finale nous prend trop par surprise, pas une surprise-party, mais un peu plus comme « Je suis en prison et je viens d’échapper mon savon ». C’est malheureusement assez pour que je ne veuille pas y retourner. Par contre au 2e tasting il est meilleur.

Laphroaig Quarter Cask

48% alc./vol.
Single malt non filtré à froid affiné dans des fûts de chêne de petite taille ayant contenu du bourbon. Une version officielle qui renoue avec une tradition datant du XIXème siècle.

André 91%
Ça sent vraiment bon. Cidre? Ca goûte le bois. Relents d’antiseptique à la Laphroaig. Très jeune. Expérience concluante et merveilleusement adaptée à Laphroaig. Au départ j’avais un doute, mais le Capitaine Bonhomme (ou le pêcheur de Fisherman’s Friend) m’ont convaincu.

Patrick 92%
Vraiment vraiment bon! La fumée blaste! Cidre fumé. Ca goûte le bois, mais pas le chêne… Du bouleux? La fumée est toujours présente… antiseptique?

Martin 94.5%
Myriade d’ambre, d’orange, de rose et d’or. Nez: Fumée de tourbe avec un léger accent de caoutchouc. Racines de vanille dans un feu de camp. Eau de mer et notes de noix de coco. Bouche: Tourbe sucrée et épicée. Crème au beurre, cassonade, chêne huileux et érable, le tout habilement occulté par un nuage de salamandre. Finale: Longue et fabuleuse. Un petit zeste de raisin vient nous narguer en fin de partie. Tourbe et charbon de bois en furie. Tellement qu’un soir, alors que je venais de me gâter d’un petit dram, je vais rejoindre ma douce au lit. Après ne serait-ce que trois secondes elle s’exclame : « Lève-toi! Je pense que le chat a pissé sur le lit! » C’est alors que je lui réponds calmement : « Mais non, c’est moi qui vient de prendre un Laphroaig… » Équilibre: Un malt souverain, une bouteille à avoir impérativement en tout temps dans son armoire à whisky.

RV 93%
Douce et forte, une jeune femme poids plume qui fait dans les arts martiaux. Pelure de pomme verte s’ajoute au Laphroaig tourbé usuel, probablement un signe des petits baril. Toutefois en bouche les éléments du nez un peu plus décomposés se mélangent de façon spectaculaire. Finale de fumée de feuilles d’érables, lorsqu’on essaie d’allumer un feu et que celui ne s’embrase pas; on respire alors une grande bouffée de fumée en essayant de le repartir. Le goût, la typicité, le prix abordable: une petite bombe qui monte un savant combat.

Macallan 10 ans Sherry Oak

40% alc./vol.
Tradition devenue signature emblématique d’un style, l’utilisation de fûts de xérès (sherry en anglais) a donné à Macallan qualité pour revendiquer l’Andalousie comme un terroir ou presque. Les contrats signés avec une tonnellerie de Jerez assurent un approvisionnement régulier en fûts de chêne espagnol, imprégnés («seasoned») pendant une durée maximum de deux ans avec un xérès oloroso sec.

André 89%
Beef jerky, sirop d’érable de fond de tub, caramel brûlé, noisettes et pacanes. Très doux à l’arrivée mais s’intensifiant progressivement avec un côté asséché en finale de bouche. Épices avec un côté poussiéreux de vieux fûts rustiques et un sherry plus noble que fruité. La bouche est dans la ligne directrice de Macallan; les fruits et notes de sherry, côté caramélisé de la crème brûlée, les épices également. Finale épicée, goût de cuir et petite astringence. Dans le style, c’est vraiment bien réussi. Le genre de Macallan qui va me manquer avec l’arrivée de la nouvelle série 1824.