Ardbeg Galileo

49% alc./vol.
Ardbeg Galileo, le nouvel opus de la célèbre distillerie, une édition limitée de 12 ans d’âge (distillée en 1999) visant à célébrer sa participation à la première expérience de maturation… dans l’espace ! Le cœur de cette édition spéciale d’Ardbeg est un whisky vieilli dans des fûts de Marsala (vin sicilien), associé à de l’Ardbeg vieilli dans des fûts de Bourbon de premier et de deuxième remplissage. Les fûts de Marsala ajoutent ici des arômes et une texture fruités au fameux style tourbé et fumé de la distillerie.

André 86.5%
Il est grand le vide sidéral entre le Ardbeg Supernova et le stellaire Rollercoaster. Nez de tourbe à l’approche polie, bien sucré et fruité (vin blanc, fruits de la passion, melon, lime-citron) et passablement d’éléments sucrés style vanille. Un Ardbeg mis entre apostrophe. Paille mouillée avec de l’eau de pluie provenant de l’Atlantique, légèrement salée, un p’tit côté fourrure animale aussi (mais très discrète – le chien sur la boite a effectivement revêtu sa combinaison spatiale). L’alcool absent des premières gorgées s’incruster progressivement en bouche et je dois avouer que l’effet se décuple avec les gorgées. Dans l’ensemble, le Ardbeg habituel a perdu de sa singularité de son unicité. Le côté fruité est trop présent et on dirait que les expériences de Bill Lumsden faites avec Glenmorangie déteignent sur Ardbeg. Le côté bon garçon ne convient pas à tous, et le « bad boy of islay » est peut-être trop influencé par la féminine Glenmorangie des Highlands. Lumsden devrait garder ces deux distilleries aux deux extrêmes de la palette de goût, telles qu’elles l’étaient précédemment… Un bon whisky, mais venant de Ardbeg, c’est tout un retour sur terre.

RV 87%
Un whisky simili-technologique et pléonastique Islay non challengeant. Tourbe jaune orange aux allures de Lagavulin sur les freins, un gros train moderne puissant carburant au sel de Bowmore. En bouche, toujours un vieux Bowmore lent, a peine chocolaté, qui prend lentement et lourdement son chemin. Enfin, la finale est longue, toujours salée et orangée a la fois, qui se transforme en marmelade en finale. Bon goût mais mauvaise direction pour Ardbeg qui devrait cesser de regarder vers le ciel épuré du Blasda et du Galileo et retourner à la tourbe d’antan.

Patrick 85%
Nez rappelant une ferme, du moins un ferme sur Islay: du foin, du cuir, de la tourbe et une touche iodée. En bouche, la tourbe et le foin sont très présents, laissant tout de même au sel et à un petit côté maritime la chance de s’exprimer. La finale est plutôt salée et s’étire longuement. Un bon whisky, mais il y a un petit quelque chose qui me semble débalancé. Peut être suis-je plus sévère à cause de l’estime que je porte cette distillerie? Enfin, je préfère de loin le 10 ans régulier…

Martin 92.5%
Nez: D’une belle couleur caramel doré, mielleuse même, dès qu’il est versé, l’Islay emplit la pièce. Bien sûr, fumée de tourbe plein la gueule. Avec un peu de persévérance on prend plaisir à y découvrir du chêne vanillé, de la guimauve grillée, du beurre, du cuir, du gazon et du goudron. Le nez est si sophistiqué qu’on en oublie de le boire. Bouche: Sucré-salé comme dirait Guy Jodoin. Tourbe à la vanille, tabac à pipe, notes de réglisse noire. Finale: La boucane et une tourbe un peu poivrée s’éclipsent placidement pour faire place à l’amertume d’une touche de grains d’espresso. Équilibre: Un Ardbeg d’enfer, comme il se doit. On sent un peu le marketing derrière l’histoire spatiale, mais la boîte rétro est vachement cool.

Ardbeg Grooves 2018

46% alc./vol.
Lancé à l’occasion du Ardbeg Day 2018, Ardbeg Grooves est un whisky d’assemblage de Ardbeg Signature vieilli en fûts de Bourbon et de whisky vieilli en fûts de vin bousinés. Son nom est inspiré de ces fûts si intensément brulés que le bois à la surface des douelles est strié de grosses rainures, des « grooves » en anglais.

André 88%
En approche, les arômes typiques d’Ardbeg, puis avec le temps, ce Ardbeg se dévoile avec délicatesse et presque gêne. Camphre, phénol et essence de pins et sapins ou de menthe, fruits rouges et viande fumée encore rouge, bbq & feu de plage, embruns marins. L’édition régulière est très différente de la Committee Reserve, plus grand public, plus ronde et approchable. La bouche est salée, herbeuse et camphrée, puis balance sur le bbq sur la plage encore mouillée et parfumée de sel de mer, les fruits rouges et la viande fumée. Au fil des gorgées, des notes de vanille, de pelures de pommes et de poires trouvent leur place aux côtés des saveurs de tourbe typiques de la distillerie. La finale est un peu courte, sur les fruits rouges et le bois de cerisier, les cosses de pommes et la viande fumée sur la plage. Un peu trop domestiqué, ce Ardbeg se laissera approcher par les amateurs hardcore ou les nouveaux prospects. Personnellement, je reste sur ma faim.

Patrick 88%
Youpee, ma dose annuelle de nouveau Ardbeg! Un très beau Ardbeg, savoureux comme il se doit et bien balancé. Nez : L’enivrante fumée de tourbe d’Ardbeg, avec une superbe couche de cendres, une touche de viande bien cuite sur le BBQ et un soupçon de fruits. Bouche : Une belle vague de fumée de tourbe, légèrement adoucie par une subtile note fruitée. Aussi du poivre, du sel et une tonne de bois brûlé. Finale : D’une belle longueur, épicée et salée.

Martin 89%
Nez: Juste le verser dans le verre embaume la pièce. Tourbe camphrée, sel marin, cendre et viande fumée. BBQ ou méchoui on the beach. Bouche: Tourbe et fruits sucrés, vanille et épices, citron et cendre chaude. Finale: Chaude et accueillante, sur les notes énumérées en bouche. Elle est par contre un peu trop courte, ce qui laissera peut-être un peu indifférents les purs et durs. Équilibre: Un autre bon Ardbeg, mais avec une finale un peu insuffisante.

Ardbeg Grooves 2018 Committee Release

51.6% alc./vol.

André 93.5%
En résumé… un mélange de Ardbeg Corryvreckan et de Ardbeg Dark Cove. Au nez; on ressent immédiatement les influences des wine casks, côté fruits rouges et raisins mauves, mais qui a su garder son identité de Ardbeg conventionnel en backgroud. La tourbe habituelle est bien là, plus posée que dans les éditions traditionnelles, savoureuses notes d’agrumes et de citron un peu maritime, puis des notes de fruits séchés ou de pâte de fruits intense, La bouche est hyper bizarre, c’est définitivement du jamais vu chez Ardbeg; mélange de poires nappées de vanilles, ananas, de vin rouge, fruits secs, tourbe phénolique et saline, poivre noir, gros buffet BBQ Texan, la tarte aux pommes et une pincée de baking spices. La bouche est hyper souple, texture agréable mais pas moelleuse et dodue comme le Dark Cove, l’ensemble des saveurs est bien ficelé. On débute cette folle virée par des notes d’oranges, de pommes cuites et de fruits secs, puis accents vineux, les raisins secs, la tourbe médicinale, le tourbe est des notes de bois brûlé, le BBQ un peu sucré, puis une poignée d’épices diverses dont la cannelle et le gingembre. La finale est moyenne courte mais prolongée par les fortes épices et les notes de poivre qui se marient admirablement aux saveurs de tourbe. Ce whisky me rappelle aussi le cask sample 17/0121 – 14yo que vous trouverez également sur le site. Groovy? Yes, into the groove de Madonna? Non… Plus Groovy Aardvark… hell yeah!

Patrick 93%
Du grand Ardbeg savoureux, riche et intense, avec tout ce qu’il faut à la bonne place. Nez : De la délicieuse fumée de tourbe intense, du caramel salé, un peu de raisins chaleureux et quelques agrumes. Bouche : Toujours la fumée de tourbe intense, le caramel très salé et les chaleureux raisins. Le tout accompagné d’agrumes et un petit côté pierreux. Finale : D’une super longueur, fumée et très salée.

Martin 94%
Nez: Tourbe super fruitée, caramel et vin chaud. Raisins sucrés, citron et sel de mer. Quelques épices, mais rien d’agressif. Bouche: Phénols en puissance, fruits rouges et vin chaud. Cuir poussiéreux et chêne sec. Raisins et dattes, citron et pierre lavée. Incroyablement bon. Finale: Chaude et longue, fruitée et tourbée. Retour du bois sec et des notes vineuses. Super enveloppant. Équilibre: On ne se lasse pas des Commitee Releases, quel whisky exceptionnel!

Ardbeg Heavy Vapours

46% alc./vol.
Ardbeg Heavy Vapours a été distillé sans utiliser le purificateur d’Ardbeg. Typiquement, les vapeurs qui s’élèvent dans l’alambic sont capturées par cette pièce d’équipement, qui repose sur le ‘’lyne arm’’ de l’alambic d’Ardbeg. Il capture les composés plus lourds et les condense, les faisant retomber dans l’alambic. Les vapeurs retombant dans l’alambic, sont chauffées à nouveau, et ainsi remontent par la suite dans le lyne arm. On dit que ce processus de purification apporte un fruité floral qui équilibre la tourbe puissante du new spirit d’Ardbeg.

André 88%
La première fois que j’ai gouté à l’édition j’ai écrit à mes amis ‘’j’ai adoré’’. La seconde fois que j’y ait gouté c’était après un single cask de Laphroaig et j’ai dit ‘’merde, ça goûte bien l’eau fumée…’’ Le nez est terreux et s’exprime au travers de notes de fruits tropicaux et d’accents citronnés, d’ananas flambés sur le feu de plage goudronneux dans des nuages d’iode tiré de la Mer du Nord. J’ai aussi des notes de poires et de menthe verte, teintées de notes herbacées. Si le purifier était manquant, l’effet lourdeau du whisky est manquant et c’est plutôt doux comme rendu général. La bouche demeure crasseuse et herbacée, mentholé et saline, terroir maritime à l’honneur; citron, ananas, bananes, pommes vertes et miel. La texture n’est pas des plus grasse mais supporte bien les saveurs et arômes, particulièrement le côté crasseux de la tourbe et les céréales encore verdâtres sans prendre toute la place des fruits tropicaux. La finale est d’un bel équilibre entre la fumée de tourbe et les fruits tropicaux, le chocolat noir et les notes herbacées.

Patrick 85%
Un très bon whisky plaisant à boire. Cela étant dit, je n’y vois rien de vraiment spécial. Disons que ça vaut la moitié du prix, mais que le joli marketing comprendre un peu. Bref, je suis heureux de mon achat mais je ne ferai pas de recherches pour m’en trouver une deuxième bouteille. Nez: De la fumée de tourbe évanescente, du sel et une pincée de menthe. L’ensemble est frais et léger. Bouche : De l’eau de mer, de la fumée de tourbe, une touche de menthe fraîche, une pincée de cannelle et du bois sec. Finale : D’une longueur moyenne, fumée et boisée.

Ardbeg Heavy Vapours Committee Release 2023

50.2% alc./vol.

André 87%
Toute compagnies confondues, un super bon single malt, mais venant d’Ardbeg… une édition juste correcte. Nez de tarte au citron, crème à la vanille, crème brûlée, terre humide. Demeure très clean comme approche. La bouche évoque le bord de mer et le feu de plage lointain, les agrumes, la tarte au citron et la vanille onctueuse, miel, auquel s’ajoute une pincée de poivre, d’anis et de menthe herbacée. Encore une fois très clean en bouche, très loin de la tourbe crasseuse habituelle. Finale de longueur impressionnante, mentholée et citronnée, maritime sans trop de phénols.

Patrick 86%
Tout comme pour la version « plébéienne » de ce whisky, quoique très bon, ce n’est pas un scotch qui passera à l’histoire. C’est d’ailleurs mauvais signe quand certains liquor stores hors Québec les offrent sans limites d’achat… (mais au Québec, cette bouteille est disponible uniquement par importation privée ou loterie…) Nez: Fumée de tourbe fraîche et huileuse, avec un peu de charbon et une discrète touche de menthol. Bouche : Ma première impression est que je viens d’avaler une gorgée d’eau de mer fumée et huileuse. Plus, j’y trouve aussi les épices du bois sec et, contrebalançant la chaleur du bois, une touche de fraîcheur mentholée. Finale : D’une longueur moyenne, fumée, salée et boisée.

Martin 87%
Nez: Fumée épaisse, goudron, cuir et une pointe médicinale, avec des notes de chocolat noir et d’agrumes confits. Bouche: Grasse et charpentée, sur la suie, la réglisse, le café torréfié et une touche d’anis, avec un côté légèrement huileux. Finale: Longue et persistante, marquée par les cendres, l’iode et une amertume réglissée. Équilibre: Une version sombre et plus brute qu’à l’habitude, qui met en avant la lourdeur du distillat sans perdre la cohérence habituelle de la distillerie. C’est pas pour tous.

Kim 90%
Nez : Bouillon de poulet en poudre, fromage tortillon salé, pomme granny smith, olives vertes. Ça n’en a pas l’air, mais c’est plaisant à humer. Bouche : Impression de lécher l’intérieur de mon fumoir, bacon à l’érable, encore le petit côté vert, zeste de citron. L’alcool apporte une richesse… ou c’est moi qui aime les cask strength.

Ardbeg Hypernova Committee Release 2022

51% alc./vol.
Le Ardbeg le plus tourbé, à 170ppm.

André 88%
Tourbe citronnée et herbeuse au nez, relativement doux dans l’ensemble. Terreau d’empottage, sel de mer, tourbe phénolique citronnée et de céréales maltées, viande fumée à la limite. La bouche est dominée par les enbruns maritimes, le sel de mer, le camphre et les notes de fumée de tourbe s’échappant des cheminées des maisons lors d’une journée à la température tourmentée, réglisse noire et poivre. La texture quant à elle est finement liquide mais le whisky supporte agréablemen bien l’alcool malgré tout. La finale est mentholée, poivrée et salée, hyper-nova longue et légèrement sèche. Je suis un peu refroidi par les 300$ balles demandées pour le rendu général, mais bon en tant que victime du marketing de la distillerie, je m’en suis tout de même procuré une bouteille. Guilty, I know…

Patrick 91%
Un whisky qui livre la marchandise, même si les attentes étaient élevées. Nez : De la belle fumée de tourbe riche, fraîche et intense. J’y détecte aussi de discrètes effusions florales et une pincée de sucre. Bouche : Oh, miam! De la grosse fumée de tourbe intense et raffinée comme seul Ardbeg sait en faire. Par « raffinée », je veux dire que celle-ci vient avec des fleurs, du chocolat noir, des amandes et un peu de terre sèche. Finale : D’une belle longueur, fumée et florale.

Martin 90%
Nez: Explosion de fumée cendrée, goudron, viande fumée et iode, avec un soupçon de citron confit. Bouche: Massive et huileuse, sur la suie, la réglisse noire, le café bien corsé et un brin de cacao amer. Finale: Très longue, sur les cendres, la tourbe terreuse et une salinité persistante. Équilibre: Une dram extrême et radical, destiné aux amateurs de tourbe sans compromis, qui repousse les limites du style Islay!

Kim 90%
Promenade en bord de mer, lors d’une fraiche journée d’automne, évoquée par les arômes de varech iodé, d’embruns salins et une pointe de fumée, comme si on avait allumé un feu de bois de grève pour se réchauffer en grignotant une pomme bien fraiche. Dès la première gorgée, j’aurais envie d’en mettre une goutte dans une huitre. C’est bien entendu tourbé et iodé, mais tellement bien dosé, avec une pointe de sucre, qui cède lentement sa place à des pommes et des poires pochées. Miam.

Ardbeg Kelpie 2017

46% alc./vol.
Chaque année Ardbeg nous présente une nouvelle édition limitée lancée à l’occasion de l’Ardbeg Day : Kelpie est la version 2017. Les légendes racontent que de nombreuses créatures mystérieuses vivaient au large des côtes d’Islay… Comme les Kelpies, ces créatures d’eau en forme de taureaux ou chevaux avec des cheveux faites de varech et d’algues.
Cette édition limitée de la distillerie Ardbeg est vieillie en fûts vierges, composés de chêne cultivé et abattu près de la Mer Noire (Originaires de la République d’Adyghe en Russie et sélectionnés par le Dr Bill Lumsden). Ces fûts apportent une remarquable profondeur, ils se marient ici avec les fûts caractéristiques d’Ardbeg en chêne américain.

André 89%
J’ai préféré attendre redescendre un peu du boost de la journée de samedi du Ardbeg Day afin de coucher par écrit mes impressions. Je dois avouer qu’en fin de semaine, je n’étais pas méga enchanté par ce que j’avais goûté, commentaire qui était largement partagé au fil de mes conversations avec les autres amateurs. Attention, pas déçu, mais juste pas emporté par une vague ou un wooumf de ‘’wow’’ et de ‘’jamais vu’’… Mis à part la dégustation à l’aveugle, lorsque l’on se verse un verre de Ardbeg, la barre est immédiatement très haute, le niveau d’attente à son paroxysme, niveau d’expectation que l’on ne prêterait pas à bien d’autres distilleries, une qualité dont rêvent la plupart des autres distilleries de l’industrie pour juste quelques-unes de leurs parutions. Ardbeg se doit d’être mesuré face à lui-même, il est son pire ennemi. Ce qui m’a marqué hier, c’est comment cette édition est une transition entre le grand public et le hardcore fan, un lien alcoolisé entre les amateurs, nouveaux et de la vieille école, mais pas au même titre que l’ont fait certaines autres distilleries comme Bowmore et Laphroaig, avec des versions diluées et parfois soporifiques. Le whisky est à la mode et des marques comme Ardbeg et Laphroaig peuvent être un pari hasardeux pour attirer des nouveaux adeptes, surtout pour un embouteillage annuel culte, pas un whisky du porte-folio habituel de la distillerie…. Et c’est un move que beaucoup du public racine de ces distilleries cultes ne pardonneraient pas facilement. Alors comment offrir un embouteillage plus ‘’grand public’’ sans se mettre les fans à dos? Pas facile. Je crois que Ardbeg a réussi son pari avec cette édition, un opus entre le Auriverdes et le Perpetuum. On retrouve au nez beaucoup de tourbe, tourbe grasse et mouillée, imprégnée de sel de mer et de varech. Beaucoup de saveurs vertes qui me rappellent le Auriverdes, mais un nez beaucoup plus punché et soutenu. Si on peut faire abstraction de la puissante tourbe, le nez offre aussi des notes de chocolat noir goulues, gâteau forêt noire. Ces mêmes saveurs s’affirment en bouche et s’additionnent d’une sensation de sel de mer séché sur des galets de plage et d’une saveur camphrée verdâtre et légèrement citronnées qui se mélangent d’accents de chocolat noir et de moue de café budum. On aurait pu bonifier le tout de quelques degrés d’alcool supplémentaires que la texture aurait pu tolérer sans problèmes. Les notes de tourbe sont très persistantes en rétro-olfaction. La finale offre une pérennité de saveurs et de sensation très intéressante, la douceur est subtile au travers des saveurs majoritairement masculines hormis la vanille et le chocolat qui arrondissent beaucoup l’amalgame de saveurs. Ce whisky est satisfaisant mais pas déstabilisant pour les hardcore fans. On se l’est joué ‘’safe’’ comme on dit du côté de Ardbeg, question de ne pas se mettre personne à dos. Pas un Ardbeg d’hiver Québécois que l’on se tappe après avoir pelleté 30cm de neige à trente degrés sous zéros mais une édition de printemps frais ou d’été qui tarde à venir.

Patrick 89%
D’accord avec André.

Martin 88.5%
Nez: Orge sucrée, tourbe terreuse et poivrée. Herbe verte et fraîche, rosée du matin. Bois, noix et xérès, céréales. Bouche: Tourbe sèche, poivrée et citronnée. Au niveau texture, on sent presque la terre sous le palais. Crème fraîche, poudre de cacao et miel. Finale: Planche de chêne gorgée de sherry poussiéreux, encerclée d’une épaisse fumée de tourbe crasseuse. Équilibre: Une belle édition spéciale, mais on a déjà vu mieux, surtout pour le prix.

Ardbeg Kelpie 2017 Committee Release

51.7% alc./vol.

André 89%
Tourbe animale discrète, moue de café et chocolat noir, odeurs un peu verdâtres, sensantion huileuse et soyeuse, herbe verte, poivre noir, olives. Le nez est étrangement effacé ce qui laisse un peu dibutatif. Ce whisky demande de la patience, beaucoup de patience qui sera récompensée. Je laisse donc le verre un 20-25 minutes nappé d’un couvercle… Au retour… bang!… La tourbe semble avoir décuplée, phénolique et poivrée, recouvrant des saveurs de café noir et de chocolat amer et…. Des fruits tropicaux et d’herbe verte rappellant l’eucalyptus! Ce whisky est passablement sucré et livre aussi une solide dose d’amandes non salées en bouche. Suivent le clou de girofle et le gingembre en finale de bouche, le miel et d’insistantes notes végétales et de poivre ainsi que de bitume chaud fraichement pavé. Un Ardbeg plus réservé que la plupart des éditions régulières, peut-être un peu plus grand-public qu’à l’accoutumée.

Patrick 95%
Ardbeg dans toute sa splendeur, avec sa tourbe, son sel, ses agrumes et son chêne dans un numéro d’équilibriste à couper le souffle. Un océan de bonheur! Nez : Tourbe, saumure, agrumes et sel de mer qui donne envie de croquer dedans! Bouche : Vague de sel qui semble vouloir tout engloutir, jusqu’à ce que la fumée de tourbe en émerge et vienne tout recouvrir. Et, au travers de ce maelstrom, on croit entrevoir quelques notes d’agrumes qui s’accrochent comme elles peuvent à une planche de chêne sur le point de sombrer. Finale : Longue et intense, marquée par la fumée de tourbe.

Martin 90%
Nez: Même si la tourbe huileuse caractéristique de la distillerie est à l’avant, on distingue bien de belles volutes de céréales grillées, de bois séché, d’agrumes et de poivre. Bouche: Miel sucré, texture ample et huileuse. Sherry chaud, tourbe accueillante, feu de foyer. Belles épices du cask strength. Cacao et café. Finale: Longue et chaude, elle garde les belles notes de chocolat, de bois, de café et de xérès bien vivantes. Équilibre: C’est ce genre d’embouteillage qui fait que ça vaut la peine de faire partie du Ardbeg Committee…

Ardbeg Kildarton 2014

46% alc./vol.
Ardbeg Kildarton 2014 tire son nom d’une des plus vieilles croix Celtiques du Royaume Uni, la croix de Kildalton, qui se trouve sur Islay et fut sculptée aux alentours de l’an 800. Cette édition limitée permet de financer des oeuvres caritatives sur Islay a travers le Kildalton project et la restoration de la St-Colomba Hall, building emblématique du village de Port Ellen sur l’Ile d’Islay. Cette édition contient des fûts ayant vieillis en ex-bourbon et ex-sherry casks.

André 88.5%
Signature de la tourbe typique de la distillerie, enrobée de fruits secs et de cerises. Côté de tourbe avec une essence animale et féline, agrumes, sel de mer, poivre concassé, la tourbe verte aussi avec une trace d’eucalyptus et de chlorophylle, les bonbons à saveur de menthol, la réglisse noire et le bitume chaud de la route fraichement pavée. L’arrivée en bouche laisse une pellicule un peu savonneuse, la pierre de savon (cela me rappelle certaines vieilles éditions de Bowmore) ou les galets polis par les vagues successives de la mer, la vanille crémeuse et le sel de mer, l’asphalte, la réglisse et le chocolat noir, la terre mouillée, la tourbe verdâtre et les bonbons casse-grippe, le citron et l’herbe verte mouillée. La texture est légèrement diluée mais les saveurs tellement bien agencées que cela nous le fait oublier. Finale verdâtre, la cocotte de pin, tourbe singulière, une pincée de fruits sechés, notes de menthol et médicinales (mais pas autant que Laphroaig). Une belle édition, prudente côté saveurs et intensité de la tourbe et une présentation kick-ass. Une belle pièce de collection à avoir c’est certain.

Patrick 90%
Un excellent Ardbeg qui saura combler les chanceux qui auront mis la main sur une bouteille. Nez : Appétissant arôme de tourbe, d’agrumes, d’algues et d’une belle dose de petits fruits. Bouche : Tourbe poivrée, avec une bonne dose de goudron et de sel, une subtile note de fruits et une touche de pierre de savon. Finale : D’une belle longueur, tourbée et salée.

Martin 90%
Nez: Les fruits rouges, les fruits des champs volent presque la vedette à la tourbe ici. Agrumes, sel de mer, feuilles de menthe et d’eucalyptus. Bouche: Caramel tourbé, chlorophylle, poivre rose, fruits goulus, explosion de chêne fumé, pour ensuite retomber dans un nuage de cendre. Finale: Bien épicée, bien boisée et bien longue. Notes acérées de fruits, de tourbe, de cendre et de poivre concassé. Équilibre: Une sacrée belle bouteille, une autre licorne qu’on ne reverra jamais. Tant mieux si c’est bon en plus, points bonus pour la boite édition limitée.

Ardbeg New Make Spirit

67.2% alc./vol.
Batch WW007706, distillé en mai 2009.

Les origines d’Ardbeg remonteraient à 1794, mais la distillerie actuelle fut réellement fondée en 1815 par John MacDougall, et opérationnelle deux ans plus tard. Ardbeg resta aux mains de la même famille jusqu’en 1977 date à laquelle elle entra dans le groupe Hiram Walker. Fermée une première fois en 1983, suite à la période de récession des années 70, elle fut reprise par Allied Distillers qui la remit en activité de 1989 à 1996. Glenmorangie, l’actuel propriétaire depuis 1997, a relancé la distillation. Le single malt produit à Ardbeg possède les caractéristiques des whiskies d’Islay : la présence de fumée de tourbe, d’iode et de terre. Les aires de maltage ayant été supprimées, le malt provient de la distillerie Port Ellen toute proche.

André 86%
Nez tourbé et poche de jute remplie de céréale. Ce nez est par ailleurs puissant et poussiéreux, rempli de suie et également un peu crasseux. Tout à fait Ardbeg en bouche. Il est étonnant de voir que même en n’ayant pas encore séjourné dans un fût, ce new make affiche déjà l’ADN propre à sa distillerie. La tourbe puissante est très présente, l’alcool aussi, mais cette concoction demeure quand même très douce malgré son taux d’alcool élevé. Il y a aussi en background de bonnes effluves de céréales semblables à celles retrouvées dans les corn whiskies et les monshines américains. La finale est longue, très unidirectionnelle et sans grande variantes.

Martin 83%
Clair comme de l’eau de roche. Nez: Tourbe curieusement moins fumée et vieille betterave jaune dans sa caisse en bois. Céréale quant même présente mais mêlée à du foin humide. J’essaie d’apprécier mais ça reste difficile. Bouche: Encore tourbé, cette fois on surfe entre les fruits et le foin, pour terminer sur les épices. Belle amélioration sur le nez. Finale: Ah! C’est ici que la signature Ardbeg se démarque. Tourbe et fruits en puissance, on visualise la bouteille verte et on adore son taux d’alcool impératif qui nous rappelle ses expressions les plus fortes. Équilibre: C’est vraiment un malt qui a besoin de sa maturation, car même si ses autres aspects sont rédempteurs, le nez demeure horrible.

RV 88%
Au risque de cirrhose, n’eusse été du manque de texture, il pourrait s’agir d’un (puissant) verre de tous les jours. Les effluves de grain sont étonnamment peu fumée, et, par les standards d’Ardbeg, il est presque doux. En bouche, il est léger, même pour un new make, après tout il est seulement 67.2% (surtout quand on le compare au bourbon Willett à 68% par exemple). En bouche, enfin la tourbe est livrée, peu subtilement, et la finale amène aussi sur une tangente inespérée avec une fumée dotée d’une certaine sagesse.