Bulleit Bourbon 10 ans

45.6% alc./vol.
Édition spéciale du bon vieux bourbon de Tom Bulleit, vieilli 10 ans.

André 87%
Représentatif du style mais avec une forte tendance épicée influencé par le bois du tonneau de chêne. Vague d’oranges fraiches et épicées, cannelle et clou de girofle trempés dans le caramel légèrement brûlé. Les épices sont par contre assez volatiles et laissent libre court aux saveurs douce et sucrées de canne à sucre, brown sugar et une dualité intéressante avec la cannelle et un taux d’alcool un peu fébrile. La finale s’étire sur les épices et le poivre. Du beau travail, équilibré et diversifié et un taux d’alcool bien choisi.

Patrick 88%
Nez : Une délicieuse odeur de chêne brûlé émane du verre. Quelques épices et une pointe de cassonade viennent compléter le tout. Après quelques secondes, les habituels bonbons à la cerise commencent à se dégager du mélange. Bouche : Donne l’impression de licher une planche de chêne qu’on aurait fait carboniser au BBQ tout en y ajoutant des épices à steak. On y retrouve aussi quelques notes de céréales qui viennent adoucir le tout de façon raffinée et agréable. Finale : Longue et épicée. Balance : Définitivement un bourbon à BBQ. Genre cet été, lorsqu’on se retrouve une gang de gars à jaser autour du BBQ.

Martin 88.5%
Un bel ambre orangé fidèle à son emballage. Nez: Très doux avec épices du rye, vanille, pain chaud et bois de pin. Son vieillissement supplémentaire l’a considérablement adouci. Bouche: Toujours doux et sucré. Seigle et maïs, épices et chêne carbonisé. Orange confite et cannelle en puissance. Finale: Les oranges sucrées nous déposent sur un chemin à la poursuite des épices du seigle et du chêne, mais ces saveurs ont tendance à prendre la fuite avant que nous ne puissions pleinement en profiter. Équilibre: Un bourbon plus que respectable, avec un équilibre et une complexité dont il ne faut pas avoir honte. Taux d’alcool efficace, emballage vintage, maturation appropriée. Solide.

Plantation Trinidad 1999

42% alc./vol.

Patrick 89%
Nez : Floral et frais, herbeux.  Belle richesse, belle profondeur.  Bouche : Belle explosion d’herbes, de canne et d’épices.  Touche de caramel.  Finale : Sèche et complexe.  Herbeuse et marquée par l’orange.  Balance : J’aime!  Belle complexité, belle intensité.

Blackadder Isle of Jura 14 ans Raw Cask 1992

55.6% alc./vol.
Distillé en octobre 1992 et embouteillé en août 2007, fût #5499, bouteille 27 de 285.

André 81%
Les notes soutirées au fût donnent le ton rapidement au nez; vanille, orange, raisins secs passé date, un peu austère et brut comme matériel. J’adore la texture huileuse et soyeuse qui dissimule à merveille le taux d’alcool, les saveurs de la bouche (bien que limitées) sont bien agencées et agréables; melon au miel, fruits tropicaux, vanille et miel. Finale forte et soutenue sans bien d’autres nuances que les précédentes, l’alcool est bien discret et la texture encore une fois bien huileuse. Un Jura bien différent, loin des sherry cask habituellement présentés. Les amateurs de la distillerie seront probablement déroutés!

Patrick 86%
Nez: Fruits de la passion, vanille et chêne.  Semble délicat, ce qui me semble improbable pour un « raw cask ».  Bouche : La bête s’exprime enfin : Une déferlante de chêne, de vanille et de fruits de la passion vient subjugueur nos sens, à notre plus grand plaisir.  La texture en bouche est huileuse et l’ensemble est très chaleureux.  Finale : Longue, très longue.  Non.  Encore plus longue que ça.  La texture en bouche est incroyable, j’adore les « raw casks » de Blackadder, les seuls embouteillages qui offrent la même sensation que lorsqu’on boit un whisky directement tiré du fût.  Pour les saveurs, cette bouteille se mérite un 86%, mais pour les sentiments qu’elle procure, elle mériterait 100%!  Ces bouteilles ne seront probablement jamais disponibles à la SAQ car elles sont trop savoureuses, mais elles valent la peine d’être recherchées!   Un indice : Federal Wine and Spirit à Boston, et demandez à parler à Joe.  Et si vous n’avez pas une demi-journée à lui consacrer (et énormément de patience), oubliez ça!

Martin 80%
Coloration étrange qui passe du jaune-doré au vert-Prestone. Quelques matières en suspension demeurent visibles, dues au raw cask. Nez: On entame le nez avec des notes prévalentes de pruneau et de nectarine avec une pointe frileuse de fenouil. Un second passage nous offre un peu de Key Lime et sa meringue. Décisivement plus herbeux et floral que sucré. Bouche: Le côté le plus haut en couleurs de ce whisky arrive à ce stade. On y décèle le malt grillé et les fruits, avec épices et baie de genévrier. Retour des fleurs à la fin, avec une touche de racine de gingembre. Finale: S’étire sur fumée et cuir parsemés de petits fruits des champs. On reste tout de même sur une impression désagréable. Équilibre: Plus ou moins impressionnant. L’expérience reste amusante certes, mais le cask strength est plus nécessaire au concept qu’au goût.

Talisker Distiller’s Edition 1992-2005

45.8% alc./vol.
Double vieillissement complété avec des fûts de Xérès Amoroso. Embouteillé en 2005.

André 90%
J’aime beaucoup Talisker, et de plus c’est un whisky qui est d’une belle versatilité pour les cask finishes. De plus (pour une fois) on lui donne un taux d’alcool à son image plutôt que de le réduire à un maigre 40 ou 43% comme les Cragganmore ou Glenkinchie. Nez de sherry chocolaté et poivré, embruns maritimes salés et mélange de marmelade d’orange et de poivre noir moulu. L’approche de bouche est fruitée et poivrée, mais l’ensemble de bouche est tout à fait à la saveur Talisker, bold et soutenue, poivre et sel, la confiture d’orange et un gros édredon de sherry fruité. Le sel nous titille le bout de la langue en rétro-olfaction ce qui en étire la finale. Un beau whisky en montagne Russes de saveur, une belle diversité d’arômes et de saveur, un taux d’alcool savamment choisi… On a ici un superbe whisky.

Patrick 93%
Nez : Ok, ça, c’est dans ma palette de saveurs!! Tourbe fumée sèche et fruits juteux et sucrés! Bouche : Les saveurs détectées au nez se confirment, mais avec une belle intensité : Ni trop, ni pas assez, juste parfait! De plus, après quelques gorgées, on y retrouve aussi des notes salées et florales (bruyère). Finale : Longue et savoureuse. Cacao, tourbe, sucre et sel. Balance : Les Distillers Edition sont en général le résultat d’expériences un peu douteuses et overpricées, mais dans ce cas, il s’agit définitivement d’une franche réussite. Etre un peu plus riche, j’en aurais toujours une bouteille à portée de main.

Martin 89.5%
Ambre bruni de feu et de xérès. Nez: Belle tourbe sucrée-salée et sèche, fruits et fumée. Touche de raisin épicé du xérès. Un nez très mature qui demeure toutefois persillé d’une belle fougue. Marmelade. Bouche: Consistance solide, le sherry se fait ici plus marqué, dattes, fruits rouges, muscade, poivre. Pour faire le pont avec la finale, un petit vent de tourbe nous prépare à ce qui s’en vient. Finale: Ici la tourbe revient nous gâter sur des accents de sel et de chocolat noir. Équilibre: Un beau voyage sur l’île de Skye. On n’a pas de difficulté à reconnaître le profil de la distillerie et on nous sert un petit extra. Bon choix d’avoir conservé ce taux d’alcool, malgré que de toute façon faire autrement n’aurait pas cadré avec les autres Talisker.

Old Pulteney 21 ans 1983 Limited Edition

46% alc./vol.

André 88%
Le bois de chêne est à l’honneur dans cette édition et la patience est de rigueur si on veut en dénicher les secrets. Le nez est maritime et offre de grosses notes d’oranges fraiches, de vanille et de poivre noir. Bien fruité en bouche, salade de fruits dans son jus, pommes, poires, agrume. Texture très agréable, à la fois fraiche et maritime et toujours ce plongeon dans la salade de fruits sur une trame légèrement salée. Finale un peu bizarre de cosses d’orange et de sel maritime. Petit côté effervescent intéressant, mais les saveurs et arômes se tarissent un peu trop facilement.

Patrick 89%
Nez: Très corpulent, marqué par les fruits tels que les pommes et les poires, reposant sur un lit d’épices et de copeaux de bois. Bouche : D’abord les épices, puis une surprenante évolution vers le miel, les poires et les pommes. Le tout est admirablement bien marié par quelques notes de vanille et un soupçon de sel. Finale : Longue, salée et boisée. Balance : Un chef d’œuvre de complexité, le tout étant admirablement balancé.

Martin 89.5%
Riche confiture d’abricots et soleil d’automne. Nez: Assaut d’une légère brise de térébenthine assez facile à balayer du revers. On laisse ensuite place à l’orge et aux épices. On passe après par pommes et fruits mûrs pour terminer sur des accents de bois et d’eau de rose. Bouche: Tout en douceur sur des notes de rayon de miel, de céréales épicées et de chêne sec. Les pommes planent en permanence au-dessus de tout le reste. Finale: Le chêne sec et poussiéreux demeure longtemps en bouche, accompagné de petites pommes sûres et salées. Soupçon de vanille? Équilibre: Bel assemblage de belles caractéristiques des Highlands. Rappelle par moments certaines expressions notables de Glen Garioch, à d’autres moments un Glenmo, mais toujours avec ce petit côté maritime que ces deux derniers n’ont pas.

Plantation Jamaica 2000

42% alc./vol.

Patrick 91%
Nez : Belle canne à sucre, herbes, pointe de vanille et poire.  L’un des nez les plus complexes que j’aie vu dans un rhum.  Bouche : Miel, poire, canne à sucre, herbes.  Petite note de fruits rouges.  Intensité bien mesurée.  Finale : Herbes et vanille.  Intense et assez longue.  Balance : Sans faute.  Un modèle à suivre!  Les abeilles ont été généreuses.

Glenkinchie Distiller’s Edition 1986

43% alc./vol.
Distillé en 1986 et embouteillé en 2000. Double vieillissement complété avec des fûts d’Amontillado.

André 82%
Sherry, miel, melon d’eau. Bouche tel qu’annoncée au nez, avec une finale sèche et épicée. Je lui trouve encore des notes d’orange et de nectarine, qui se mélangent bien aux vagues de sherry un peu sèches avec des retours de notes de gingembre. Finale qui étonne par sa longueur compte tenu de la lassitude du nez et de la bouche. Un bel essai afin de redorer un whisky ordinaire en le maquillant du fût d’Amontillado, mais une fois le rideau de scène tombé, l’acteur se sent bien fragile sans ses masques et maquillages.

Patrick 82%
Nez : Les arômes sont dominés par des effluves fruités et sucrés. Ensuite, nous y détectons l’orge et des notes de caramel légèrement chauffé. Bouche : Les saveurs vineuses se mélangent bizarrement avec le côté herbeux du whisky. Le tout évolue jusqu’à dévoiler son cœur marqué par l’orge. Finale : Plutôt sèche, mais tout de même longue et chaleureuse. Balance : Pas mauvais, mais tout de même un peu n’importe quoi. Enfin, peut-être est-ce moi qui ne sais pas apprécier l’Amontillado.

Martin 84.5%
Assez sur le brun henné pour un Lowland, mais ça s’explique par sa finition. Nez: Orge fruitée enlacée avec du caramel et des petits raisins secs. Bouche: Miel et caramel dansent agréablement ensemble pour le plus grand plaisir de l’orge, avec l’herbe et les fruits des champs qui les regardent. Finale: Assez agréable quoique sèche, mais parvient habilement à se marier à certains chocolats. Équilibre: S’annonce quand même bien, mais réussit tout de même à s’essouffler à la fin. Je ne le déteste pas du tout, mais son prix élevé lui coûte quelques points.

Cragganmore Distiller’s Edition 1991

40% alc./vol.
Distillé en 1991 et embouteillé en 2004. Double vieillissement complété avec des fûts de Porto.

André 83%
Première erreur… embouteiller à 40% d’alcool. Le porto est dominant et submerge les notes maltées et mielleuses du doux whisky. Le nez est étrangement plat et monotone. Fruits rouges divers, miel et quelques rares timides épices bien effacées. La bouche est très approchable, les saveurs correctes (fruits rouges, nectarines, vanille et miel, fond de bouche épicée) mais la texture est tellement moche… tout comme la finale, prévisible et sans bien pérennité. Comment gâcher un bon whisky en jouant la carte des profits au détriment du taux d’alcool et l’utilisation de tonneaux de porto de qualité douteuse.

Patrick 84%
Nez : Le porto domine les arômes puis, avoir quelque peu respiré (le temps de changer une couche de bébé!), l’orge émerge tranquillement sans toutefois jamais dominer. Bouche : La chaleur du raisin du porto, des notes de chocolat noir et quelques épices provenant probablement aussi du porto. Finale : Longue et chaleureuse. Balance : Un bon dram, surtout si on aime le porto. Rien d’extraordinaire toutefois. Un whisky d’une autre époque, où une grosse compagnie pouvait se contenter de faire un « bon » whisky et espérer le vendre. La barre est heureusement rendue plus haute aujourd’hui.

Martin 84%
Orangé des flammes dansantes d’un feu de camp. Nez: Les fruits du porto jouent du coude pour prendre l’avant-scène. Un peu de céréale au miel se cache derrière, mais elle est pratiquement étouffée par ces notes grasses de vin fortifié portugais. Bouche: Miel, caramel, raisin et vin. Pas mal mieux qu’au nez. On baigne dans les fruits et la vanille, bien que nous n’y sommes pas encore tout à fait à l’aise. Finale: Très peu longue, elle semble donner l’impression d’une conversation plate dans laquelle on cherche le bon moment pour se dérober. Un peu de porto épicé, un peu d’orange. Équilibre: Drabe, surtout pour une édition spéciale. Un autre exemple d’une distillerie écossaise qui se repose sur ses lauriers d’autrefois. Prenez garde.

Botanist Gin

46% alc./vol.
Bruichladdich Distillery. Islay Dry Gin.

Patrick 92%
Doit-on se surprendre que le premier gin produit sur Islay ait un petit air médicamenteux : Menthol, genièvre et coriandre sont les premiers arômes détectés. Ensuite, anis, citron et orange, complété par des notes florales. Plus que tout toutefois, c’est définitivement la sensation en bouche qui nous étonne et qui permet à se gin de se démarquer. En effet, une douce sensation de chaleur nous enrobe le palais et nous fait aisément oublier tous les tourments de la journée. A déguster tout autant sur le bord de la piscine l’été, que de l’âtre l’hiver.

Ingenium Gin

47% alc./vol.
New England Distilling. Batch #3, 2011. Dry Gin.

Patrick 90%
Voici un excellent exemple d’un gin fait à base de grain dans un alambic à repasse (pot still), typique du 18ème siècle : On détecte très bien celui-ci au nez, alors que pour un alambic à colonne, on aurait plutôt l’impression de faire affaire avec un alcool neutre aromatisé (ce qui est le cas de bien des gins). Donc, grain-style-whisky-new-make, agrumes, une pointe de genièvre, un soupçon de petites baies rouges et le tout est bien complété par des notes herbeuses. Définitivement l’un de mes gins préféré, sans compter le fait que la distillerie n’est située qu’à quelques heures de route du Québec.