Shelter Point Canadian Single Malt Whisky

63% alc./vol.
Work in progress de 2 ans d’âge. Échantillon obtenu de la distillerie.

André 90%
La distillerie Glenora pourra toujours se vanter d’avoir produit le premier single malt au Canada, mais là, j’espère qu’ils prennent finalement conscience que bien de nouvelles micro-distilleries sont en train de leur pousser au cul, pis qu’il serait temps qu’ils améliorent la qualité de leur production… Nez de vanille et de chocolat blanc, sorbet à la vanille, l’apport indéniable du fût. Balance superbe et un taux d’alcool dompté comme nulle part ailleurs. Les céréales aussi jouent un rôle prédominent au nez, on reconnait le ‘’small batch production’’. Nounours en gelée et un nez crémeux et doux, bien ficelé. En bouche, crème fouettée et vanille onctueuse, miel chaud, pis chocolat au lait, le caramel. Superbe… Finale où finalement l’alcool se fait plus présent, le crescendo des sensations est bien réglé, le caramel salé se fait plus enveloppant en même temps que l’alcool, espiègle, picotte la langue avec ferveur. Même si le produit n’est pas encore à point, on a ici un Sidney Crosby du domaine du whisky en devenir…

Martin 89%
Couleur d’un maïs jaune doré qui trahit sa jouvence. Nez: Bien que l’alcool soit encore omniprésent, si on en fait abstraction, une vague de vanille et de gâteau des anges nous remercie sur un fond de timide céréale. Même si l’influence du tonneau est son cheval de bataille, plus il respire, plus l’orge ressort. Bouche: Miel et caramel salé en puissance, quel délice! Feu de prairie de douces épices. Il faut comme dans tout bon cask strength faire preuve de vitesse pour assembler le puzzle avant que l’alcool ne nous embrase. Finale: Chaleureuse et interminable sur des notes de cannelle et de gingembre confit. De subtils parfums d’anis et de tire à la mélasse restent dans le câdre de porte. Équilibre: Excellent départ pour Shelter Point. Au moins une à deux années de maturation de plus ne lui ferait toutefois pas de tort. Ce faisant, ils pourraient aisément se débarasser de quelques mauvais plis de jeunesse et peut-être tenter de baisser le taux d’alcool entre 48 et 50%. S’il y a un whisky qui personnifie le mot « potentiel », c’est bien celui-ci.

Royal Reserve 1975

40% alc./vol.

Patrick 70%
Un whisky qui manque définitivement de finition et de balance.  Doit être potable lorsque servi avec beaucoup de Coke et de glace.  Nez : Alcool de grain rappelant presque une vodka.  Touche de panier de fruits, mais faut vraiment la chercher!  Bouche : D’abord l’alcool, puis les herbes mais ensuite ça se bouscule : Orge, caramel, chêne, vanille et quelques fruits.  Finale : Assez courte, portée sur l’alcool.

Martin 69%
Coloris à mi-chemin entre le doré et le roux clair. On ne peut s’empêcher de penser au Crown Royal. Quelques particules en suspension nous font penser à un Raw Cask, mais il serait fort mal avisé dans ce cas-ci de se faire de faux espoirs. Les canadiens sont là après tout. Nez: On commence avec l’alcool qui nous foudroie d’un uppercut sans crier gare. Si on ose baisser sa garde un peu, on peut déceler un petit côté fruité noyé dans la térébenthine. Un vent de cerise transporte des notes de bois et de vanille avant de les larguer dans une bassine de solvant à peinture. Touche de poivre et de jus de raisin Welch’s. Bouche: Arrivée en bouche plus mielleuse que prévu. Je suis même agréablement surpris de me faire servir un peu de caramel et de fruits des champs mêlés aux épices du seigle. Finale: Retour du solvant, avec épices, toffee et bois. Heureusement, la finale est très courte. Seul le poivre blanc demeure longtemps en bouche. Équilibre: Ce n’est quand même pas un désastre sur toute la ligne. C’est juste que dans la vie, il y a des choses qui ne changeront jamais, et le Royal Reserve en fait malheureusement partie. Comme chanterait si haut et fort ma petite Simone : « La peinture à l’huile c’est bien difficile, mais le Royal Reserve c’est pour laver mes pinceaux… »

Highwood Distillers Ninety 5 ans

45% alc./vol.

André 91%
Nez bucolique bien vanillé et présenté sous des atours de caramel écossais et de toffee. Panier de fruits sauvages. La bouche offre une dualité intéressante; la texture est crémeuse et douce mais les saveurs de rye et de bonbons de Noël au gingembre apporte une contradiction intriguante même si elle aussi adoucie par le toffee. La texture vous étonnera pour un whisky de cet âge. La finale est cireuse et épicée, un peu molle par contre, mais offre une descente tranquille sur les ailes des céréales de seigle, les fruits rouges et les épices légèrement poivrées.

Patrick 82%
Nez : Caramel et eau d’érable en train de chauffer à la cabane à sucre. Notes de chêne (peut être amplifiées par le fait que je viens de déguster quelques « new makes ». Bouche : Fruité et sucré, quelques épices rappelant le blé. Finale : Longueur moyenne et agréable. Balance : Un très bon whisky dans la catégorie « low shelf ».

Martin 85.5%
Nez: Caramel épais, rye épicé, chêne et touche de vanille. Sirop d’érable? Quelques noix. Bouche: Sucré et fruité, touche d’acétone. Cannelle et poivre. Gingembre. Une intensité qui tranche avec la douceur sucrée du nez, peut-être dû à un taux d’alcool qui, bien que pas trop heavy, est plus ou moins contrôlé. Finale: Chaude et épicée, poivre et gingembre, on surfe sur le rye, le chêne et la cassonade. Équilibre: Légèrement en dents de scie, bien que personnellement je le trouve au-delà bien des whiskys canadiens d’entrée de gamme.

Highwood Distillers Ninety 20 ans

45% alc./vol.

André 92%
Les pommes vertes du Stalk & Barrel Cask 8 avec d’abondants fruits secs. Le nez est adorable et crémeux, velouté à souhait (tout comme l’édition 5YO mais avec plus de complexité), fond de toffee. La canne de Noël (au rye) est de retour encore une fois et s’accompagne de gingembre bien relevé, de cannelle et d’une puissante vague de rye cireux, d’épices. Cela me rappelle aussi le gâteau aux fruits nappé de caramel chaud. Finale où les fruits se développent en plusieurs nuances mais aussi où le rye apportera une dimension plus pointue et épicée. La qualité de la présentation est évidente, le taux d’alcool savamment choisi et le rye exposé de façon juste et équilibré. J’adore !

Patrick 89%
Nez : Agréable parfum de céréales sucrées et caramélisées. Un rare mélange de douceur et de profondeur. Bouche : Encore plus agréable! Sucre et caramel, chêne et épices, fruits mûrs et cassonade. Finale : D’une belle longueur, mais tellement agréable qu’on voudrait qu’elle dure beaucoup plus longtemps (ce qui se veut ici un compliment). Balance : Un whisky tout en équilibre. Complexe et facile boire, le genre de bouteille qui ne doit pas résister plus que quelques soirées.

Martin 90%
Assez neutre doré, léger roux. Nez: Beaux fruits séchés typiquement canadiens (whisky-wise). Pommes mijotées dans le caramel. Chocolat au lait et chêne carbonisé.Très riche, crémeux et roux. Bouche: Doux et sucré, avec les épices du rye qui ressortent ici. Léger cuir, d’une douceur caramélisée incroyable. Fruits dans leur sirop. Vanille et nougat, sirop d’érable. Finale: Moyennement sèche, mais d’une belle longueur sur des épices soutenues. Équilibre: Trop facile à boire, très impressionnant. Beau score, porte bien son nom.

RV 85%
Note à moi-même pour un gros déjeuner champêtre: tremper du pain de seigle dans le caramel grenache : ça doit goût pareil. L’odeur de seigle est imaginative et sensuelle, même si le grain me semble un peu trop poussé. Et peut-être même un peu de cornichon, mais c’est probablement un rapprochement olfactif entre le seigle et un sandwich au smoked meat. Super doux en bouche alors que le caramel prend la place du seigle, mais il y a peu de développement, avant la finale où c’est exactement le contraire : la céréale retourne en avant-plan piétinant le sucre. Pour quelque chose de 20 ans, ce n’est ni très fort ni très long en aftertaste, ça me semble plus une expérience où il est amusant de goûter un whisky canadien beaucoup plus vieux que la moyenne, mais une fois goûté je retournerais davantage à certain Forty Creek ou Stalk and Barrel.

Masterson’s 10 ans Straight Barley Whisky 2013

46% alc./vol.
Fait à 100% d’orge non-maltée et distillé chez Alberta Distillers.

André 92%
Un « one of a kind nose » whisky. Nez très parfumé, presque floral. Feeling cireux d’oranges et d’abricot. Confiture d’orange et d’abricot, miel et vanille. La bouche est sensuelle et douce et offre de belles notes de fruits secs un peu poudreux. Les oranges et les abricots réapparaissent encore et encore… L’ensemble en bouche est très singulier et je dois avouer que j’aime bien être désarçonné de la sorte en évaluant un whisky. La bouche est très complexe et intrigante, surtout avec l’apparition de la cannelle, et du chocolat blanc s’alliant avec ces mêmes oranges (maintenant un peu citronnées) du nez. Finale longue et agréable. Un whisky « Star Trek », qui repousse les frontières habituelles. J’adore !

Patrick 84%
Nez: Bon, ça fait trois fois que je me plonge le nez dans le verre et le seul qualificatif qui me vient en tête est : « étrange ». Un cocktail de pousses vertes fraichement arrachées et de notes de bois encore vert et plein de sève. Définitivement, le parfum me fait plus penser à une salade verte qu’à un bol de céréales. Bouche : Toujours étrange, avec la sève et les pousses vertes. On y découvre toutefois enfin quelques notes de chêne mûr, mais au prix d’un petit effort. Finale : Moyennement longue et florale. Balance : Complètement unique. Pas dans ma « palette » de saveurs, mais tout de même de très bonne qualité.

Masterson’s 12 ans Straight Wheat Whisky 2013

50% alc./vol.
Édition limitée à 12800 bouteilles.

André 86%
Très doux au nez, mélange de vanille boisée et de mie de pain, qui libèreront avec le temps quelques épices et odeurs de copeaux de bois de cèdre. En bouche, beaucoup de vanille, de la cannelle et des fruits mûrs à chair claire (poires ?). Le taux d’alcool demeure très discret tout au long des étapes de la dégustation même si l’on peut ressentir ses effets sur la langue. J’aurais pu aisément le confondre avec un rye whisky à quelques égards, surtout de par son apport en épices jumelées en alcool qui le rendent relativement costaud en bouche (ce que le nez cachait très bien) pour un wheat whisky. Finale fortement vanillée et sucrée, pâtisseries. Belle texture crémeuse mais un peu trop rectiligne.

Patrick 92%
Nez: Wow! Le blé dans toute sa splendeur! De belles épices à steak, les céréales et je-ne-sais-quoi me rappelant l’Ouest canadien. Toujours est-il qu’en y plongeant le nez et en fermant les yeux, j’ai l’impression de me retrouver au cœur d’un champ de blé des plaines infinies de cette région. Bouche : Impressionnante, surtout si on lui laisse le temps de « jouer sa game ». Le blé est toujours omniprésent avec ces épices, mais une subtile note fruitée vient lui donner une profondeur incomparable. Finale : Très longue, comme on les aime. Balance : Incomparable. Je ne pensais qu’on pouvait produire une telle qualité de whisky avec du blé. Encore une fois, la distillerie Alberta réinvente les standards!

Martin 85.5%
D’une pâleur presque sauvignon blanc, mais avec un rose-orangé tirant sur le coquillage de Floride. Nez: Aah, quelle douceur. Bois, vanille, blé et quelques épices. Si je n’avais pas su, j’aurais pu jurer avoir affaire à un rye whisky. Bouche: Vanille et raisins, beau poids en bouche, les épices reviennent et on voudrait encore croire au rye. Quelques fruits bien dosés ferment le cercle. Finale: Fruits, épices, vanille et crème pâtissière. Encore une impression de seigle, mais moins nette à ce stade-ci. Équilibre: Même si on sent qu’on reste en sol canadien, c’est une superbe expression d’autres céréales.

Canadian Club 15 ans

40% alc./vol.
Édition discontinuée, au départ destinée au marché asiatique et au duty-free puis ensuite distribué en Europe.

André 87%
Nez doux et effacé, avec beaucoup de caramel, une pointe de cèdre et un background de rye docile. La texture en bouche étonne dès le départ, le caramel crémeux et soyeux, le cèdre est toujours en place, un peu d’épices (gingembre, tout épices) et de fruits rouges associés au rye. J’aime le calme de la présentation et la douceur des saveurs, la texture crémeuse, le rye juste en sourdine. Finale un peu courte, un peu trop caramélisée à mon goût. Comme Canadian Whisky représentatif du style idéal pour initier aux Canadian whiskies, le rye est très approchable et bien dosé, les saveurs familières et agréables.

Patrick 87%
Nez : Parfum typiquement… Canadian Club : Un mélange de céréales agréable, une pointe de petits fruits rouges (mélange de fraises et cerises?), le tout assemblé par un soupçon de vanille et d’épices boisées. Bouche : Pas surprenant que cette marque soit si populaire, c’est si facile à boire!! Les fruits sucrés sont très présents, baignant dans le caramel et la vanille. Finale : D’une longueur moyenne, s’étirant sur les notes fruitées et, dans l’ensemble, agréable. Balance : Ce whisky a poussé le côté sucré-fruité à la limite de ce que j’aime, mais sans dépasser la dite limite grâce à un équilibre sans faute. Une bouteille que je viderais rapidement.

Martin 89%
Nez: Classique vent de whisky canadien. On comprend la règlementation qui dit « saveurs traditionnellement attribuées au whisky canadien ». Fruits rouges, grain, bois, touche d’acétone, mais vraiment une touche. Sirop de table, cèdre et pointe de seigle. Bouche: Ultra doux, l’expérience repose sur des notes de bois, de caramel, de vanille, de crème, de fruits mijotés dans leur sirop. Léger accent de poivre rose et de cannelle. J’adore. Finale: Sucre en poudre, vanille, sirop simple, chêne et rye. Framboises. Légère fumée boisée. Équilibre: Une belle réussite pour une marque à qui les gens attribuent habituellement des whiskys dits « bottom shelf ». Ce 15 ans d’âge marque une renaissance remarquable de la catégorie du whisky canadien.

Collingwood 21 ans Canadian Rye Whisky

40% alc./vol.
Fait de 100% de seigle non-malté et distillé en 1991.

André 87%
Nez doux assaisonné d’arômes habituels de rye livré sur une texture un peu cireuse; les épices, le gingembre, les fruits et les raisins secs, pain aux céréales et raisins. Belle texture en bouche, crémeuse et délicate. Le rye est sans ambiguïté mais bien dosé, un peu floral, poudreux. Les épices offrent un bel équilibre et j’aime l’addition du poivre qui arrivera rapidement en début de bouche et qui s’étirera avec plus de force en finale. Le mélange du gingembre et du poivre est adouci par l’apport des fruits jumelés de caramel. Finale un peu pointue, le rye est bien senti et légèrement épicé, le caramel est encore plus présent également mais dans l’ensemble on reconnait en sa texture douce et soyeuse, un whisky d’un certain âge. Un rye whisky conventionnel et prudent mais bien présenté.

Patrick 77%
Nez : Sent le pet pis les fleurs. Yep. C’est pas chic, mais c’est ça. Bon, reprenons-nous. Parfum rappelant les flatulences d’une vache au milieu d’un champ regorgeant de fleurs. Bon. Bouche : Même affaire, mais avec des fruits pour aider à faire passer la gorgée. Finale : Fruitée, heureusement. Balance : Eh?

Martin 87%
Un riche roux foncé représentatif de son âge, avec de belles jambes veineuses. Nez: Le pourcentage élevé de rye est évident ici. Les épices et les fruits séchés se bousculent à travers le seigle et la crème pâtissière. Gingembre. Bouche: Fruits au sirop, gingembre, seigle, cerises. D’une belle douceur, le rye ne prend pas toute la place. Finale: Chaude et apaisante, sur des notes épicées et poivrées. Le seigle est toujours aussi omniprésent, mais partage bien la scène avec caramel, cerise et chocolat blanc. Léger cuir sur la fin. Équilibre: Le punch du rye allié à une maturation aussi vénérable font de ce canadian whisky un dram fort intéressant et complexe. Bravo.

Still Waters Stalk & Barrel Single Malt Whisky Cask #05

60.3% alc./vol.
Bouteille #5 de 169, exclusivité du marché américain.

André 84%
Nez inoffensif – où est l’alcool ? – soyeux, presque délicat. Raisins secs, vanille, un genre d’orange-nectarine un peu effacées. Globalement fruité et relativement amadoué. En bouche, il n’est pas si puissant qu’attendu, les fruits sont en ligne de front – oranges, raisins – puis un côté un peu sec du fût (bois sec), les épices dont le gingembre particulièrement et le poivre en finale de bouche. Il y a aussi un petit accent organique de céréales en toute finale de bouche avec un léger twist citronné. Cela m’a rappelé le Pemberton Single Malt, en plus réservé. Finale longue et c’est là que l’alcool sera le plus perceptible, un peu sèche et bien fruitée.

RV 84%
Si les barbus de la distillerie partent en tournée, pas celui à servir en clou de spectacle dégustatif. Au nez, le fond de grain qu’on retrouvait dans les autres barils y est toujours, mais avec une pointe de vodka bizarre. Très belle arrivée mais à mesure que l’alcool s’installe sur les papilles, le dentifrice revient, comme si on avait trop distillé ce whisky, et que lors d’un passage superflu dans la colonne le cuivre aurait pris une place qui ne lui revient pas. La finale est tout de même plus normale, ce qui conclut un beau verre mais loin d’être mon préféré de la gamme.

Patrick 90%
Nez: Agréable parfum de malt avec une pointe de fumée. Ajoutez une note de caramel et de chêne, et vous avez pas mal tous les ingrédients pour un whisky réussi. Bouche : Toute en douceur malgré le taux d’alcool, marquée par les sucres du malt et une pointe de chêne brûlé. J’aime. Finale : Aussi longue qu’on peut s’y attendre pour un whisky à ce taux d’alcool. Balance : Un « no fault ». More, please.

Pemberton Canadian Single Malt Whisky – Work in Progress

44% alc./vol.
Échantillon distillé en août 2010 et embouteillé en juillet 2013. Conçu à partir d’orge organique provenant de producteurs locaux situés à Armstrong à 4 heures de la distillerie. L’orge est cultivée dans les régions de Salmon Valley et de la Peace River pour être ensuite maltée dans la plus petite « malthouse » d’Amérique du Nord. L’eau, quant à elle, provient des montagnes Rocheuses situées derrière la distillerie. L’idée donnant naissance à la distillerie vient du désir d’utiliser les fameuses patates de cette région – ayant une réputation de qualité mondiale – afin de produire certains alcools. La distillerie, fondée en 2008 et construite à la main par les frères Tyler et Jonathan Schramm, fera ses premières distillations en juillet 2009. La recette originale de la Vodka Organic Schramm à base de patate s’est faite sur l’alambic utilisée dans la formation universitaire de Tyler. Tyler suivra sa thèse en « Brewing & Distilling » à l’université Heriot-Watt d’Édinbourg . Lui qui était auparavant un expert en ski extrême, a finalement trouvé la façon de jumeler deux de ses passions; le ski et la distillation. La distillerie se trouvant tout juste à 40km de Whistler, il n’a pas vraiment quitté ses pentes de ski…

André 85.5%
À la croisée de plusieurs single malts… Les saveurs et aromes du Glenmorangie Original, les céréales de certains Bruichladdich Organic et aussi le bois de certains Mackmyra. Nez très aromatique de tarte au citron frais avec meringue, le sucre et la vanille rapatriée du fût est assez impressionnante. On sent aussi quelque chose de bizarre que j’associerais avec les levures, mais c’est un single malt rural, rond et féminin mais excessif sur les arômes. Ça sent vraiment la préparation de tarte aux citron… La bouche est singulière; grains de céréales mouillés et jus de citron, vanille, un peu d’acidité aussi. L’alcool est relevé et légèrement astringent. C’est bizarre à dire mais le style est vraiment organique et rural, les saveurs et aromes excessives. L’effet du fût de bourbon est indéniable et on pourrait très bien prendre cet embouteillage pour le démontrer. Le sucre est aussi omniprésent du nez à la finale, avec une ambigüité douce-acérée intrigante. Un whisky dessert challengeant, plein de promesses et un Canadian single malt unique, loin de la copie que l’on aurait pu penser.

Patrick 75%
Nez: Intéressant… Très intéressant! Agrumes et meringue, avec un sac de champignons séchés asiatiques. Bouche : Agrume acide, sucre et planche de chêne. Finale : Courte. Balance : Je suis un peu insulté par les comparaisons avec Glenmorangie de mes collègues. Ce whisky n’offre aucune complexité et sa texture très aqueuse rappelle plus un gin que le scotch préféré des Écossais!

Martin 78%
Jaune doré et foncé proche d’un vin de glace ou d’un pineau des Charentes. Nez: Assez différent, pour être poli. Très vanillé et fruité. Devient rapidement une sorte de compote de fruits beurrée sur la paroi intérieure du fût. Un genre de grain de céréale ranci et mouillé reste en arrière-plan. Pas top, loin de là. Bouche: Biscuits de Noël, menthe poivrée, vanille, herbe et céréales. Le nez était décevant mais ici on voit un sincère désir de briller, qui monte en flèche vers la finale. Finale: Vent de céréales grillées au miel qui promet presqu’une rédemption, mais un petit goût métallique vient tout balancer ces efforts au purgatoire. Équilibre: Pas dans ma palette. C’est un whisky qui transpire la distillerie artisanale. Peut-être sera t-il mieux à force de vieillir, mais ce goût d’alambic de cuivre crotté doit disparaître.

RV 85%
Et dire que tous les barils sont uniquement de chêne construit. Champignons secs poussant sur un tronc sec d’orme ou de tilleul dans une forêt un peu lointaine, et en respirant, de la vanille. En bouche c’est d’abord le choc de l’alcool qui frappe comme scie avant de s’enfoncer dans le bois chaud, cette fois-ci beaucoup plus mouillé qu’au goût. La finale est toute aussi boisée, et le bois franc est devenu mou, l’épinette trônant au milieu de tout cela. Un bon whisky qui explore une palette restreinte mais diversifiée, avec des allures du Glenmorangie Artisan mais un peu moins de cohésion.