Mortlach 75 ans 1939

44.4% alc./vol.
Je dois dire que je me sens très privilégié de pouvoir savourer et analyser ce whisky. À 50,000$ la bouteille, ce n’est pas le genre de bouteille que je peux seulement même penser me payer. En tant qu’évaluateur, j’ai accès à nombre d’échantillons provenant de contacts et de passionnés qui, tout comme moi, partagent et échangent des samples de ce précieux alcool. J’ai en plus ici la conjonction de deux passions ; celles du whisky et de l’histoire, la 2eme guerre mondiale plus particulièrement. D’avoir à évaluer un whisky distillé au début de qui serait un des plus grands conflits du XXeme siècle est un événement en soi, surtout quand on sait que la quasi-totalité de la production de whisky Écossais serait stoppée afin d’aider à l’effort de guerre. Je me lance donc dans l’évaluation de ce whisky emblématique avec une grosse part d’admiration, de respect mais aussi un fond de peur. Avec un échantillon de 15ml, je n’ai pas droit à un deuxième essai… Alors d’avoir ce whisky dans mon verre, de penser qu’il y a des gens qui l’on distillé en 1939 en Écosse et que moi, aujourd’hui, je suis à évaluer ce whisky par une chaude journée d’été frôlant les 30 degrés bien assis sous la pergola de ma maison de Québec, me tire presque quelques larmes.

André 94%
Pour un whisky, de passer 75 ans dans un fût sans se faire assimiler par les saveurs du fût lui-même, c’est comme un vieux couple qui après 50 ans de mariage n’ont seulement tirés le meilleur de leurs partenaires sans chacun perdre sa personnalité. Nez délicat mais avec passablement de caractère, les notes de sherry sont sans ambiguïté ; raisins secs, gâteau aux fruits, prunes, confiture de fruits. Bonnes effluves boisées, mais le sherry domine le bois et je dois avouer que j’avais quelques craintes sur l’équilibre général après 75 ans dans le fût. Oranges sanguines, épices douces, un peu comme les bâtons d’ensens qui brûlent dans les vieilles églises. En bouche, l’approche est fruitée sur le xérès, encore ce mélange de fruits secs, de prunes, gâteau aux fruits, pâte de fruits séchés, vieille ceinture de cuir mouillée. Le whisky change passablement en bouche après 5-10 minutes après l’avoir avalé, il laisse une sensation sèche, poussiéreuse, on dirait du sherry en poudre. La finale est hyper longue et fruitée avec passion, les épices rehaussent un peu la tranquillité noble du whisky. Avoir été dégusté à l’aveugle je n’aurais probablement pas donné la même note à ce whisky. Mais comme déguster un whisky est étroitement lié avec l’expérience que l’on en retient, je ne peux pas m’empêcher d’y ajouter quelques points supplémentaires pour le souvenir que j’en garderai. Merci Johanne pour l’échantillon.

BenRiach 16 ans 1992-2008 Pedro Ximenez Single Cask

53.9% alc./vol.
Hogshead Cask #5612, Bottled 08/2012, bottle 113 of 287

André 93.5%
Gâteau forêt noire… c’est ça… ce mélange de gâteau au chocolat, de cerises noires, de chocolat noir, la confiture de fruits rouges, raisins rouges séchés. On ressent rapidement au nez l’onctuosité de liquide, presque sirupeux et collant, l’opulence des arômes est désarmante, on fait dans le kitch raffiné pas subtil niveau intensité. Wowwwwwwwwww…. Quelle texture… Unique, vraiment. Sirupeux et hyper collant sur les parois de la bouche. Saveurs de cannelle, de gingembre, de poivre, les cerises noires, raisins séchés, chocolat noir, confiture de fruits. Finale lente et goulue, très texturée, beaucoup de fruits rouges, poivre, cannelle. Superbe!.

Glenlivet Nàdurra First Fill American White Oak • Batch FF0115

59.8% alc./vol.
Embouteillé 01/2015

André 92%
Poires et pommes vertes nappées de vanille crémeuse, bananes. Nez bien enrobé et très rond apporté par la vanille onctueuse du chêne. Cela masque complètement le taux d’alcool relativement relevé. Belles vagues d’agrumes et de pommes. La bouche n’a pas la robustesse que l’emballage laisserait supposer, même si l’on ressent bien la jeunesse du whisky avec ses notes de bois de chêne, l’ensemble en bien crémeux et hyper vanillé. Cela sert bien de toile de fond aux agrumes, à l’ananas et aux saveurs d’oranges. Les bananes ont aussi gagné en importance et sont la saveur principale qui ressort de l’ensemble. Finale finement épicée qui s’accompagne de saveurs de bois de chêne séché au soleil et d’agrumes. Belle présentation, saveurs agréables et prix abordables. Avec la série Abunadh, les Glenlivet sont définitivement à tracer le virage de ‘’no age statement’’. Bravo Alan Winchester.

Patrick 91%
Un excellent Nàdurra comme toujours, intense, savoureux et bien balancé. Glenlivet à son meilleur. Nez: Délicieux parfum sucré et fruité, bourré d’agrumes, d’une touche de cassonade et de quelques notes de pommes vertes. Bouche : Chêne épicé, cassonade, fruits exotiques et agrumes frais. Explosif, savoureux et complexe. Finale : D’une belle longueur et rafraichissante.

Martin 91%
Nez: Épices et bois frais entourés de pommes vertes, de crème et de poires. Vanille, chocolat blanc et noisettes. Sucre blanc. Bouche: Pommes vertes, citron et épices. Sucre juteux, vanille, cannelle. Chêne robuste. Finale: Belle longueur, fraîche et chaude à la fois. Planche de chêne gorgée de vanille sucrée. Équilibre: Un cocktail explosif et assumé, un beau feu d’artifice de saveurs qui n’est pas discret, mais auquel on prend goût.

Kim 85%
Au nez : Alcool puissant, caramel très sucré et zestes d’agrumes confits enrobés de sucre. Au goût : Botte de foin sucrée recouverte de jus de citron, tellement sucré que ça masque l’alcool. Rappelle la sensation de mordre dans une canne à sucre, à cause du côté boisé.

Glendronach 17 ans

54.9% alc./vol.
Distilled le 11/11/1994, embouteillé en août 2012 depuis le fût de sherry Oloroso #1503, 671 bouteilles.

André 86%
Nez un peu plus sec et épicé que le cask 1497 évalué précédemment. La couleur ambré est annonciatrice du style presque austère du sherry. Nez de raisins secs, de chocolat, gâteau aux fruits. Relativement fermé comme nez. Encore une fois, le taux d’alcool est bien niché au fond du divan de sherry, très relax. En bouche, le whisky est rond et feutré, malgré les épices et la sécheresse du poivre dans lesquelles sont trempées les cerises marasquin. Même si cette édition fait preuve de plus de caractère que le fût 1497, les saveurs sont encore plus limitées. Cerises fraiches, oranges, épices et poivre. Légère sécheresse en finale de bouche, saveurs très rectilignes, découlant de l’utilisation des fûts de sherry. N’eut été du manque de nuances dans la palette aromatique et une astringence un peu trop prononcée en bouche, ce whisky aurait franchi la barre du 90%.

Glendronach 16 ans PX

54.8% alc./vol.
Distillé en 1996, embouteillé en 2012 depuis le single cask de sherry Pedro Ximerez #1497, 465 bouteilles.

André 88%
Couleur distinctive des fûts de sherry, très foncé, annonciateur de la vague fruitée qui déferlera au nez et en bouche. Compote de raisins secs, c’est presque pâteux et compact, jaquette de vieux livre en cuir, figues, prunes. En bouche, le gâteau aux fruits, la pâte de fruits, les oranges sanguines, le caramel un peu brûlé, les dattes, le vieux fauteuil en cuir dans une whisky room, le cigare et le chocolat noir. Bon, faut définitivement aimer le sherry… La finale est souple mais bien définie, le taux d’alcool passe complètement incognito. La finale n’est peut-être pas assez nuancée par contre de par l’opacité du sherry, on a presque l’impression de croquer un bloc de fruits séchés compressé. Dans le style sherry cask, Macallan en prend pour son rhume…

Patrick 90%
Dans le style, difficile de faire mieux. Sera peut être trop intense pour certains mais personnellement, si j’aime le scotch, c’st que j’aime bien boire un bon dram intense! Nez : Wow! Pour un amateur de vieillissement en fûts de vin de xérès, le parfum est divin! Raisins secs, chocolat noir, cigare cubain, cuir, figues, prunes, oranges, caramel… Tout y est! Bouche : Xérès brûlant, chocolat noir, épices du bois brûlé et cuir chauffé au soleil. Très chaleureux, un dram suave. Finale : D’une superbe longueur, s’étire sur la chaleur du xérès et le sucre du caramel.

Glendronach 19 ans Madeira Finish

46% alc./vol.
Non filtré à froid et de couleur naturelle, le GlenDronach 19 YO Madeira Cask Finish a d’abord été élevé en fûts de chêne européen puis a terminé sa maturation dans un très petit lot de barriques de Madère.

André 93%
Purée de pommes, fruits tropicaux, jus de fruits, poires, un brin d’agrumes et une pincée d’épices. Nez onctueux et crémeux, très invitant. La texture du whisky en bouche est hallucinante, mais les saveurs n’offrent aucune autre surprise que celles s’étant livrées en bouche. Les épices sont par contre plus définies ; mélange équilibré de sucre mélangé de cannelle et de gingembre. Le temps passé en fût a beaucoup arrondi le whisky qui est velouté et très texturé. La longueur de la finale surprend aussi le dégustateur vu la douceur des arômes et saveurs. Les épices et quelques notes de poivre prolongent la sensation en bouche de façon soutenue mais sans brusquerie et laissent aussi une légère astringence agréable. L’utilisation des fûts de chêne Européen et l’affinage en fût de Madère est superbement bien présenté et on peut facilement en disséquer les influences apportées par chacun des types de fûts. Encore une fois, un merveilleux Glendronach… Dire que ces fûts trainaient dans les entrepôts avant le rachat de Billy Walker et de ses comparses. Ils doivent encore rire du méga deal qu’ils ont fait en 2008 en achetant la distillerie et surtout ses chais avec les tonneaux qui y dormaient…

Patrick 84%
Malgré que ne sois pas amateur de finitions en fûts de vin de Madeire, je dois admettre que celui-ci est au dessus de la moyenne. Pas au point de me réconcilier avec le style, mais tout de même agréable. Nez : Panier de fruits tropicaux, avec quelques agrumes, de la vanille et un trait de caramel. Bouche : Les fruits détectés au nez sont toujours présents, mais enveloppés d’un délicat écrin de bois légèrement épicé et poivré. Finale : Les saveurs s’étirent délicieusement longtemps pour notre plus grand plaisir.

Connoisseurs Choice Gordon & MacPhail Allt-A-Bhainne 1996-2014

46% alc./vol.

Patrick 81%
Si vous achetez cette bouteilles, svp, contactez-moi pour m’expliquer pourquoi vous avez mis plus de 180$ sur un embouteillage si ennuyant. Nez : Parfum frais et léger, avec des poires, des pommes, quelques amandes, une touche de limonade sucrée et un beau bouquet floral. Bouche : Poivre blanc, chêne, agrumes (pamplemousse?) et une note fruitée des plus subtiles. Finale : D’une longueur moyenne et se terminant un peu abruptement.

Connoisseurs Choice Gordon & MacPhail Mannochmore 1994-2014

46% alc./vol.

André 84%
Nez : beau fruité de sherry discret, fortes odeurs florales, vanille, fleurs blanches, pas mal d’épices au nez qui tranchent avec la tranquillité générale. Bouche très épicée, un peu sèche, herbeux, vert, poivre, puis ensemble de fruits divers ; sherry, bananes, oranges, pommes rouges et chocolat. Finale épicée, sèche, caramel et toffee, très douce, crémeuse, de belle longueur.

Patrick 84%
Un embouteillage qui ne permettra pas à cette distillerie de sortir de l’ombre, mais qui n’est tout de même pas mauvais. A plus de 180$ toutefois, on repassera. Nez : Parfum fruité, avec des notes de xérès, de poires, de pommes vertes, de caramel et une subtile note de menthe. Bouche : Orange, bananes, poivre pétillant, quelques noix et une touche de cacao subtile. Finale : D’une belle longueur et chaleureuse, avec des notes mentholées et d’eucalyptus.

Benromach Organic 2008-2014

43% alc./vol.

André 83%
Premières impressions, bananes en purée et virgin oak citronné, vanille, grains de céréales séchés au soleil, oranges, gingembre. La bouche est fade et effacée, presque aucune texture et manquant de structure; beaucoup d’oranges, bananes, miel, essence de vanille, citron et poivre en grain, poires, gingembre et cannelle. Finale sur le bois de chêne séché, chocolat au lait, miel et vanille, bananes et oranges, léger fumé en retrait. Pas mauvais mais juste bon ordinaire.

Patrick 80%
Un mélange original de saveurs, mais pas nécessairement équilibré. Bref, un peu n’importe quoi. Trop cher pour un produit qui ressemble à une expérimentation de débutant. A moins que ça soit simplement que j’aie une aversion envers les « virgin oak cask » pour le scotch. Nez : Quelqu’un a laissé une banane verte dans une poche de hockey pas propre, après un tournoi. Bouche : Malt, bois, fumée, poivre et café, le tout accompagné d’agrumes assez relevés et de fruits exotiques. Le taux d’alcool semble beaucoup plus fort que les 43% annoncés. Finale : D’une belle longueur et chaleureuse.

Martin 81%
Nez: Assez épuré et/ou timide. On doit faire preuve de patience avant d’être servi au niveau des arômes. Bananes, vanille, oranges, gingembre et bois. Meh. Bouche: Miel, épices, bois. C’est ici qu’on réveille un tout petit peu la bête. Allez! Donnez-m’en plus! Vanille, caramel chaud et touche de cannelle et muscade. Meh. Finale: Poires et chêne. Légèrement mielleux et fumé. La texture s’estompe rapidement et on oublie les saveurs proposées avec une vélocité déconcertante. Équilibre: Les promesses sont louables, mais l’exécution est juste un peu trop à côté de la plaque. Comme on dit, over-promise, under-deliver…

BenRiach 18 ans Latada Peated

46% alc./vol.
Pour sa nouvelle gamme « très tourbé », Benriach propose cette version âgée de 18 ans. D’abord vieillie en fût de chêne américain, elle est ensuite affinée en fûts de Madère. Latada tire son nom de la culture traditionnelle de la vigne sur l’île de Madère : les vignes sont disposées horizontalement sur des treillis proches du sol.

André 87.5%
Audacieux, très audacieux. Nez de melon au miel passé à la fumée de tourbe, miel, les poires, abricots, beaucoup d’agrumes aussi. Ça court-circuite un peu le cerveau ce mélange inhabituel des fruits vraiment sucrés et de la tourbe terreuse. En s’évaporant, l’alcool laisse se libérer beaucoup de vapeurs de caramel et de toffee. Ces saveurs continuent leur évolution en bouche jusqu’à l’arrivée, avec tambours et trompettes, de la tourbe qui brise le tempo feutré et doux des fruits. Cela donne l’impression de prendre une gorgée du sirop de fruits restant dans la canne de métal et de prendre une bouffée de cigarette par la suite. Il y a aussi quelques épices et du poivre concassé qui assèchent la finale de bouche. Le nez m’a renversé mais le manque de subtilité masquant ces belles saveurs fruitées m’a fait décrocher lorsqu’est venu le temps de le savourer. Pas que c’est un mauvais whisky, loin de là, mais c’est un peu comme un film avec un scénario béton et des acteurs kick-ass à qui on a attribué le mauvais rôle.

Patrick 91%
Une tourbe balancée de façon extraordinaire par le fût de Madère qui nous offre une whisky complexe et savoureux qui saura plaire à tout ceux qui ont les moyens de se l’offrir. Trop souvent je goûte des whiskys dont l’âge indiqué sur la bouteille n’est pas reflété par le contenu de la dite bouteille, mais ici, on a vraiment affaire à un whisky costaud qui a été adouci de main de maitre par 18 années passées dans des fûts choisis avec soin. Nez : Tourbe fumée presque dominée par du bruyère mielleux, des poires mûres, quelques agrumes ainsi qu’une délicate touche de caramel et de vanille. Bouche : Fumée de tourbe délicate avec une bonne dose de sirop de fruits mûrs. Le tout est complété par un riche et intense bouquet d’épices. Finale : Longue, fumée et avec une belle chaleur provenant des fûts de Madère.