Talisker Distiller’s Edition 1992-2005

45.8% alc./vol.
Double vieillissement complété avec des fûts de Xérès Amoroso. Embouteillé en 2005.

André 90%
J’aime beaucoup Talisker, et de plus c’est un whisky qui est d’une belle versatilité pour les cask finishes. De plus (pour une fois) on lui donne un taux d’alcool à son image plutôt que de le réduire à un maigre 40 ou 43% comme les Cragganmore ou Glenkinchie. Nez de sherry chocolaté et poivré, embruns maritimes salés et mélange de marmelade d’orange et de poivre noir moulu. L’approche de bouche est fruitée et poivrée, mais l’ensemble de bouche est tout à fait à la saveur Talisker, bold et soutenue, poivre et sel, la confiture d’orange et un gros édredon de sherry fruité. Le sel nous titille le bout de la langue en rétro-olfaction ce qui en étire la finale. Un beau whisky en montagne Russes de saveur, une belle diversité d’arômes et de saveur, un taux d’alcool savamment choisi… On a ici un superbe whisky.

Patrick 93%
Nez : Ok, ça, c’est dans ma palette de saveurs!! Tourbe fumée sèche et fruits juteux et sucrés! Bouche : Les saveurs détectées au nez se confirment, mais avec une belle intensité : Ni trop, ni pas assez, juste parfait! De plus, après quelques gorgées, on y retrouve aussi des notes salées et florales (bruyère). Finale : Longue et savoureuse. Cacao, tourbe, sucre et sel. Balance : Les Distillers Edition sont en général le résultat d’expériences un peu douteuses et overpricées, mais dans ce cas, il s’agit définitivement d’une franche réussite. Etre un peu plus riche, j’en aurais toujours une bouteille à portée de main.

Martin 89.5%
Ambre bruni de feu et de xérès. Nez: Belle tourbe sucrée-salée et sèche, fruits et fumée. Touche de raisin épicé du xérès. Un nez très mature qui demeure toutefois persillé d’une belle fougue. Marmelade. Bouche: Consistance solide, le sherry se fait ici plus marqué, dattes, fruits rouges, muscade, poivre. Pour faire le pont avec la finale, un petit vent de tourbe nous prépare à ce qui s’en vient. Finale: Ici la tourbe revient nous gâter sur des accents de sel et de chocolat noir. Équilibre: Un beau voyage sur l’île de Skye. On n’a pas de difficulté à reconnaître le profil de la distillerie et on nous sert un petit extra. Bon choix d’avoir conservé ce taux d’alcool, malgré que de toute façon faire autrement n’aurait pas cadré avec les autres Talisker.

Old Pulteney 21 ans 1983 Limited Edition

46% alc./vol.

André 88%
Le bois de chêne est à l’honneur dans cette édition et la patience est de rigueur si on veut en dénicher les secrets. Le nez est maritime et offre de grosses notes d’oranges fraiches, de vanille et de poivre noir. Bien fruité en bouche, salade de fruits dans son jus, pommes, poires, agrume. Texture très agréable, à la fois fraiche et maritime et toujours ce plongeon dans la salade de fruits sur une trame légèrement salée. Finale un peu bizarre de cosses d’orange et de sel maritime. Petit côté effervescent intéressant, mais les saveurs et arômes se tarissent un peu trop facilement.

Patrick 89%
Nez: Très corpulent, marqué par les fruits tels que les pommes et les poires, reposant sur un lit d’épices et de copeaux de bois. Bouche : D’abord les épices, puis une surprenante évolution vers le miel, les poires et les pommes. Le tout est admirablement bien marié par quelques notes de vanille et un soupçon de sel. Finale : Longue, salée et boisée. Balance : Un chef d’œuvre de complexité, le tout étant admirablement balancé.

Martin 89.5%
Riche confiture d’abricots et soleil d’automne. Nez: Assaut d’une légère brise de térébenthine assez facile à balayer du revers. On laisse ensuite place à l’orge et aux épices. On passe après par pommes et fruits mûrs pour terminer sur des accents de bois et d’eau de rose. Bouche: Tout en douceur sur des notes de rayon de miel, de céréales épicées et de chêne sec. Les pommes planent en permanence au-dessus de tout le reste. Finale: Le chêne sec et poussiéreux demeure longtemps en bouche, accompagné de petites pommes sûres et salées. Soupçon de vanille? Équilibre: Bel assemblage de belles caractéristiques des Highlands. Rappelle par moments certaines expressions notables de Glen Garioch, à d’autres moments un Glenmo, mais toujours avec ce petit côté maritime que ces deux derniers n’ont pas.

Isle of jura Superstition (nouvel embouteillage)

43% alc./vol.
Les habitants de Jura sont célèbres pour leurs superstitions : « Ne jamais couper la tourbe avant mai », « toujours former les meules de foin dans le sens des aiguilles d’une montre… » Quelle meilleure façon de célébrer cette originalité qu’en lui attribuant le nom d’un malt ? Issu d’une sélection des meilleurs single malts de l’île – certains allant jusqu’à 21 ans – Superstition arbore fièrement la croix de Ankh, datant de l’ère égyptienne et synonyme de chance.

André 81%
Bacon bits baignant dans le sirop d’érable, mélangé de xérès onctueux, de raisins secs et de pépites de chocolat noir et de cannelle. La tourbe est présente mais discrète au nez, à l’opposé de la bouche qui est plus fumée et soulevée de tourbe terreuse poivrée. Notes de miel, de céréales fumées, d’oranges, de cerises et de chocolat noir, poivre broyé et beaucoup d’épices séchées à la fumée de tourbe terreuse. Texture malheureusement un peu flat et diluée. Finale d’agrumes et de xérès, poivrée et fumée.

Patrick 89%
Un beau whisky dont la tourbe pas trop intense permet à toute sa complexité de s’exprimer.  Nez : Touche de tourbe et de bacon fumé.  Notes de sciure de bois.  Pointe subtile de fruits.  Bouche : Comme licher une planche de chêne qui aurait été enduit d’une huile fumée, tourbée et salée.  Aussi une subtile touche fruitée.  Finale : Longue et complexe.

Martin 80%
Nez: Tourbe, un peu de fumée, voire même du bacon. J’ai l’impression de rentrer à l’intérieur après avoir pelleté l’entrée à -20. Le p’tit jambon d’hiver. Bouche: Pas très rond ou syrupeux. Un peu sucré, un peu fumé. Agréable mais sans plus. Finale: Épicée et à peine fumée. Longueur moyenne. Malheureusement la fumée part avant l’épice. Équilibre: Un peu cher pour ce que c’est, malgré que ça reste un excellent scotch pour se réchauffer après avoir passé une journée de Février à glander dehors, genre au Carnaval.

Lost Distillery Serie No3 – Gerston

46% alc./vol.
Batch #1.1X, bouteille 0408.

André 90%
Avalanche de fruits de toute sorte, compote de fruits puis fruits tropicaux … et fumée tourbée. Appétissant et simple, invitant. Superbe texture en bouche, douce et soyeuse, un peu poreuse, à la limite, pierreuse… Les fruits – écorce de raisins, dattes – se mélangent superbement avec la fumée tourbée et salée qui a poursuivi son chemin depuis le nez et les épices donneront le coup d’envoi à la finale soutenue mais généreusement fruitée et fumée. En revenant au nez, on est à même de constater comment le toffee s’est développé et encadre bien le tout, à la limite c’est presque devenu du chocolat au lait chaud… Barre de chocolat Cadbury Raisins et noix ? Finale de bonne longueur, légèrement astringente, épicée et chocolat au lait.

Patrick 93%
Nez : Vous venez de commander une délicieuse assiette de fruits tropicaux et un abruti s’allume une cigarette à la table d’à côté. Quelques secondes après, le sundae extra-caramel de votre conjointe arrive et vous fait rapidement oublier ce désagrément. Bouche : une envie folle vous prends de licher une pierre de savons, puis de vous enfiler derrière la cravate quelques fruits mûrs (dattes, raisins, prunes, etc) et une poignée d’épices à steak, le tout assis sur le bord de la mer avec un petit feu de camp à proximité. Finale : Pierre et fumée. Assez longue. Balance : Exceptionnelle. On démontre ici très bien comment un blend bien balancé peut être supérieur à la plupart des single malts.

Martin 89%
Beau doré dénaturé, presque rosé. Nez: Relativement complexe dès le début. Orge, chêne, vanille et la plus gênée des volutes de tourbe. Belle salade de fruits sur un lit de brins d’herbe verte. Bouche: Sublime texture en bouche. Fumée, raisins, un bon paquet de notes classiques de sherry y sont, mais sans être tout-à-fait assumées. Vanille, caramel et une touche de vin rouge, j’oserais même jusqu’à dire cabernet. Finale: Quand même chaude et longue, sur des accents de xérès et d’épices. L’intensité des fruits n’est pas sans rappeler monsieur Kool-Aid qui défonce un mur de briques. Équilibre: Une avalanche saisissante de fruits allée à un taux d’alcool encore parfait de 46%. De quoi regretter la fermeture de la distillerie.

Lost Distillery Serie No1 – Auchnagie

46% alc./vol.
Batch #1, bouteille 504.

André 83.5%
Nez herbeux et de chlorophylles, drapées de fine fumée salée. Sensation poreuse en bouche, poussière de gypse et saveurs inusuelles de miel poivré. Avec le temps, le nez devient plus sucré et balancé et je dois avouer que je l’aime beaucoup plus que les premières impressions qu’il m’a procurées. La bouche livre aussi quelques saveurs fruitées bien agréables mais la texture dans son ensemble et de loin inférieure à l’embouteillage Gerston. Finale moyennement sèche tout comme sa longueur en bouche et où les épices sont prédominantes.

Patrick 91%
Nez : Ca augure bien! Nez très complexe digne des meilleurs blends! Malt, cassonade, herbes et épices, et une très petite touche de fumée et de sel. Bouche : Une belle fumée-salée, enveloppée dans un écrin de cassonade nous surprends agréablement. Petite sensation poussiéreuse, dissimulée par la complexité des herbes et des épices. Finale : Fumée et épicée, d’une belle longueur. Balance : Définitivement dans ma palette. J’en boirais une bouteille dans le temps de le dire!

Martin 82%
Paille pâle, comme une chair de pomme fraîche et croquante. Nez: Légère mélasse au début, mais qui se dissipe aisément pour faire place à un peu de canne à sucre, gazon, fleurs et menthe verte. Impression minérale de cooler californien pétillant. Pomme et caramel. Les céréales nous parviennent tout de même en fin de nez. Bouche: Texture mielleuse parsemée de fruits des champs et de menthe poivrée. Un brin de fumée ainsi qu’un petit vent salin viennent agréablement nous surprendre. Citron. Finale: À peine épicée, plutôt courte et âpre par endroits. Une sorte de poussière de pierre persiste. Vanille. Équilibre: Pas la fin du monde. Une distillerie disparue c’est toujours triste, mais parfois il y en a dont on ne s’ennuiera pas. Il y avait une mouche dans le fond de la bouteille.

Arran the Devil’s Punch Bowl Chapter 2

53.1% alc./vol.
Édition limitée à 6660 bouteilles. Fabriqué à partir du mélange de 27 fûts; 17 sherry casks, 6 unpeated bourbon casks et 4 peated bourbon casks, datant de 1997 à 2004.

André 89.5%
Nez crémeux et fruité; melon au miel, melon d’eau, bananes, poires, agrumes, vanille. Si le diable se cache dans les détails, ce n’est pas les endroits qui manquent ici… Beaucoup de fruits rouges aussi, apportés par les fûts de sherry. L’arrivée en bouche est soulignée au départ par le pourcentage d’alcool avant que ne s’installe ces mêmes fruits mélangés à ceux du nez. Léger background fumé, de chocolat et d’épices. En respirant; purée de bananes et le côté crémeux devient encore plus prononcé. Finale de bonne longueur, même si la douceur de l’ensemble nous procure une lente et belle descente. Ensemble bien bâti, varié et satisfaisante.

Patrick 95%
J’ai rarement vu un single malt aussi complexe et si bien équilibré. C’est pas des jokes, me semble que je prendrais mon bain dedans. Nez : Sel typique d’Arran rapidement dominé par une belle petite vague de tourbe. Ensuite, on se prend à remarquer la grande complexité de notre dram, avec des notes de xérès, de céréales et d’agrumes. Bouche : Yuuuummy! Tourbe, sel, orge, xérès, agrumes. OMG, tout y est. Finale : Longue, salée et tourbée.

Martin 91.5%
Nez: Air salin qui évoque le large de son île éponyme, fruits tropicaux et vanille, orge et xérès, infime touche de boucane tourbée. Bouche: Fruits rouges, sel, caramel, orge, vanille, chocolat noir, épices, et hop! Le taux d’alcool nous enveloppe tel une tempête de sable. Ultra-complexe. Finale: Épicée et sucrée, salée et fumée, sur une belle longueur. Douce et portée sur les agrumes. Équilibre: Un excellent punch dynamique et endiablé. Seulement 6660 bouteilles? Un autre scandale!

Kim 83%
Nez : Confiture de fraises, pâte d’amande, crème anglaise, jus de citron, gourmand et juteux. Bouche : Herbes de Provence, pour ne pas dire un peu de foin sec, poivre noir, myrique beaumier, poignée de jujubes aux fruits mélangés. Contrairement à la première édition, qui exploitait la gourmandise, celui-ci par son astringence et ses épices relevées, évoque plutôt à mes yeux la colère.

Old Particular Ben Nevis 17 ans

48.4% alc./vol.
Distillé en mars 1996 et embouteillé en septembre 2013, single cask, 324 bouteilles.

André 89%
Full vanilla power… Banana split, crème Française nappant les oranges. Un peu unidimentionnel et plus en variantes qu’en diversité. En bouche; le marshmallow, le coconut, beaucoup de dérivés du fût de bourbon avec un fond fruité inconnu du nez. Encore une fois, la texture est huileuse est vraiment agréable, les épices émergent en crescendo puis le whisky revient de nouveau sur la vanille et le léger toffee mielleux. Bonne longueur de finale, portée sur les épices et le bois sec mais finement adouci par les notes sucrées de vanille, de miel et de toffee. Un whisky dessert appétissant et invitant, de conception juste, courbes féminines et caractère affirmé. On redécouvre la distillerie sous un autre jour.

Patrick 91%
Nez : Vanille, bananes et fruits mûrs. Bouche : Sensation très crémeuse. Sucré, épicé et crème soda. Finale : Longue et « cireuse ». Balance : La texture en bouche de ce whisky est incroyable. Wow!

Old Particular Ledaig 16 ans

48.4% alc./vol.
Distillé en mars 1997 et embouteillé en septembre 2013, single cask #10034, 385 bouteilles.

André 86.5%
Tourbe terreuse bizarre et unique à cette distillerie, feu de plage, ensemble maritime et côtier, caramel brûlé, viande fumée et vieillie, sherry et cassis très discret. Je salue la singularité de la présentation habituelle de la distillerie mais la palette aromatique du nez n’est pas pour moi… En bouche, le whisky évolue agréablement bien avec sa belle texture huileuse et l’explosion de tourbe plus phénolique que le nez, encore le feu de plage mal éteint, une pincée de sel de mer, notes de caramel brûlé, les épices et le poivre noir concassé. La finale tourbée propulse le whisky en longueur de bouche et procure une finale lomgue et persistante en bouche. Les notes d’épices densent sur la langue et les notes de poivre pétillent en bouche comme du popcorn. Un whisky avec une approche unique et des saveurs qui le sont tout autant.

Patrick 91%
Nez : Tourbe riche, poudre noire (à fusil) et bacon fumé. Aussi des notes rappelant des feuilles mortes. Bouche : Tourbe, poivre, légers fruits, fumée et algues. Finale : Très longue, surtout marquée par la fumée, mais tout de même complexe, avec des notes de camphre, d’algues et le retour du bacon! Balance : Wow, superbe balance, superbe complexité.

Douglas Laing Director’s Cut Highland Park 28 ans

48.5% alc./vol.
Distillé en décembre 1984 et embouteillé en septembre 2013, single cask, 133 bouteilles.

Patrick 85%
Nez : Étonnant! Cassonade, orge brûlée et bruyère séché. Bouche : Chêne, épices, biscuits à l’orge et une touche de fumée. Finale : Longue, chaleureuse, me fait penser à un cigare qu’on aurait trop laisser brûler. Balance : L’ensemble est très chaleureux et intense. À 57$, ca ferait un excellent dram pour aller à la pèche. À 577$ (prix SAQ), c’est simplement du vol, même pour un 28 ans.

Talisker Dark Storm

45.8% alc./vol.

André 86%
Ça goûte la réglisse noire et le Crown Royal Black, en tout cas la similarité est assez prononcée. Le sel est aussi pas mal présent et un côté fumé intéressant. J’aurais vraiment aimé goûter au même embouteillage en fût de sherry prononcé, ça aurait donné un mix de sherry épicé et poivré avec un push de fumée… Je reste donc sur ma faim…

Patrick 89%
Nez : C’est bien un Talisker! Goudron, tourbe, épices, sel et réglisse noire. Ca donne soif! Bouche : Toujours le goudron et la tourbe salée, le tout baignant dans un bain d’épices. En bon Talisker, on y retrouve une pointe poivrée, mais que j’identifierais plutôt comme un mélange de plusieurs sortes de poivres. Une belle note de chêne brûlé me rappelle aussi un bon bourbon. J’aime la chaleur et la sensation en bouche de ce whisky. Finale : Longue, salée, épicée et surtout fumée. Balance : Pour ceux qui aiment leur whisky bien fumé! Et surtout, à un prix raisonnable. Bravo à Diageo qui a refusé de passer sa « scrap » dans son embouteillage dutyfree, comme la quasi-totalité de ses compétiteurs.

Martin 88%
Orangé-roux, feu de l’île de Skye. Nez: Fumée, tourbe, goudron et sel marin. Vanille subtile avec anis et fenouil. On reconnait bien Talisker, mais avec un p’tit extra. Bouche: Vanille et chêne sont fort prononcés, avec de belles grosses notes de cerise noire évoquant certains rye whiskies bien foncés. Heureusement on garde tout de même dans le mélange un peu de grosse tourbe sale et goudronnée. Finale: Beau bois bruni en finale. une espèce de douce fumée salée nous enveloppe doucement le palais. Équilibre: Une belle tempête sombre qui porte bien son nom. Elle pourrait facilement rivaliser avec une autre expression « météo » des îles écossaises.