Brora 35 ans 1978

48.6% alc./vol.
Bouteille 2744 de 2964

André 94%
Compote de fruits dans leur jus, pincée de sel marin, agrumes, défini dans la finesse et surtout très nuancé et tout en subtilité. Superbe texture en bouche, huileuse, hallucinante. Encore la salade de fruits nappée de chocolat fleur de sel fondu, petite vague d’oranges et de tourbe très douce, presque effacée. Le mélange de sel de mer et de tourbe est fin et raffiné. La finale est poivrée et fumée, touche de cannelle et de gingembre, et quelques embruns maritimes, agrumes un peu citronnés, touche d’eucalyptus et de bonbon case grippe. Qualité générale impeccable, rien d’excessif. Un travail de nuances et de tonalité. Un plaisir à décortiquer.

Penderyn Legend

41% alc./vol.

André 75%
Comme bien d’autres évaluateurs dont mon vis-à-vis Patrick, je suis d’avis que ce whisky ne passera pas à l’histoire, mais pour ma part, je serai moins dithyrambique que mes congénères et avouerai que cette édition m’a agréablement surpris. Il est vrai que mes critiques précédentes partaient de loin et n’étaient pas très positives… alors voici : Il faut un peu de patience et laisser le whisky respirer un bon 10 minutes avant de pouvoir sizer un peu plus. Le nez est crémeux et doux et bien vanillé, les pastilles au miel, purée de bananes. Un nez que l’on pourrait presque confondre avec certains whiskies Irlandais, léger et épuré. Belles notes de fruits rouges et de pastilles au miel en bouche, mais le canevas de texture est beaucoup trop fluide et générique mais l’ensemble à une certaine homogénéité sans verser dans l’unique et le singulier. La finale est légèrement épicée et poivrée et livre une ambivalence entre les épices et le sucré-mielleux intéressante. Bon, rien pour ébranler la planète whisky mais qui sait, il sera peut-être le meilleur whisky au monde de Murray l’an prochain !

Patrick 85%
(review 2) OMG. Quelle surprise! Complètement différent du souvenir que je gardais de ma première expérience avec ce whisky! C’est vraiment très bon, j’aime! Nez : Pommes fraîches, crème au fudge et raisins secs subtils. Bouche : D’une belle douceur, avec fruits frais, épices, raisins secs et une touche de sucre chaleureux. Finale : D’une longueur moyenne, avec des fruits mûrs et une note boisée.
Patrick 65%
Bon… Une fois de plus, Penderyn nous confirme que leur whisky est mauvais. Erk. Vomir. Nez : Sent mauvais, les pieds sales en fait, avec une touche de pommes vertes. Bouche : Goûte le jus de pied sucré et fruité. Finale : S’étire sur une belle note sucrée et fruitée moins désagréable que le reste.

Martin 79%
Translucide à faire peur. Nez: Bonbons aux pêches, bois de chêne, gaufre sucrée, infime vague de mélasse, jeune whisky. Bouche: Mélasse brûlée, pomme, pêche ou nectarine. Alcool et épices sont au rendez-vous. petit arrière-goût métallique. Finale: Très aqueuse, elle part très vite et ne laisse derrière elle que des mauvais souvenirs. Équilibre: Pas extra, on est déjà mieux que le Aur Cymru, mais jamais je ne m’en achèterais une bouteille perso. Pour ce qui est de son côté légendaire, on repassera.

Oban Little Bay

43% alc./vol.

André 83%
Le hameau d’Oban avait déjà son cirque surplombant le village, le cirque a maintenant son clown, mais qui ne nous fait pas rire du tout… à 100$ la bouteille pour un NAS… ce whisky manque de panache et raffinement. Pommes caramel, miel et caramel salé, teinté de quelques épices douces et distinguées. Avec le temps les saveurs d’oranges, d’abricot et de poires. Je m’attendais à ce que le caractère maritime de la distillerie soit plus présent au nez. En bouche, l’apport des fûts de sherry est plus évident, les fruits rouges s’affirmant avec conviction; les fruits secs et le sherry un peu gêné, le sel de mer, les oranges et les pommes vertes nappées de caramel et de vanille. Les céréales sont aussi frivoles en bouche et les solides notes de gingembre soulèvent le tout un peu abruptement. La finale est courte, axée sur les fruits, l’essence de vanille et le miel que rehaussent les notes de gingembre fraichement râpé. Pour le prix demandé, je préfère débourser un 40$ supplémentaire et maximiser mon achat avec un superbe Distiller’s Edition.

Patrick 84%
Un bon whisky complexe et savoureux. Satisfaisant au niveau du goût, c’est au niveau du coût que ce « no age statement » laisse un goût amer en bouche. Nez : Complexe mélange d’arômes comportant des prunes, du miel, des pommes, du chêne, une toast de pain multigrain, de l’orange ainsi qu’un sel subtil. Bouche : tout aussi complexe avec des saveurs de pain multigrain, de prunes, d’oranges, de clou de girofle, de chêne massif et une touche de sel subtil. Finale : D’une longueur moyenne et portée par un chêne complexe.

Glengoyne 15 ans

43% alc./vol.

Patrick 80%
Un whisky ben ordinaire, mais bon, je crois qu’il s’agit de la marque de commerce de la distillerie. A 25-30$ la bouteille, ça serait une bonne valeur, mais plus que ça, c’est du vol pur et simple. Nez : Note subtile de chêne et d’orge. Caramel brûlé. Bouche : Chêne épicé, pointe de vanille et… Pas grand-chose de plus. Finale : D’une longueur moyenne, avec du caramel épicé.

Martin 85%
Nez: Assez vert et frais, avec des notes de caramel, de vanille, de fleurs blanches et de bois fruité. Bouche: Un peu fumé sur les bords, malt grillé touche de cuir, raisins secs, je ne déteste pas. Finale: À peine fumée, la finale s’étire tranquillement. Peu d’intensité, mais une longueur surprenante. Raisins, touche de sherry, pas désagréable. Équilibre: Un whisky qui atteint plusieurs belles notes affiliées à ce genre de maturation, avec une belle rondeur habituellement associée à une expression de cet âge. Mais qu’en est-il du prix?

Bunnahabhain Toiteach

46% alc./vol.
Avec le lancement du nouveau Bunnahabhain 10 ans baptisé “Toiteach” (prononcez “Totch Tchach”), c’est une vraie révolution que déclenche la distillerie d’Islay par rapport à son histoire. Car, ce nom, qui signifie “fumé” en gaélique, est en soi tout en programme. La distillerie la plus au nord de l’île s’était en effet toujours distinguée de ses consœurs par l’absence de tourbe et de notes fumées dans ses malts, opérant dans un registre malté puissant et souvent maritime, toujours remarquablement aromatique.

André 86%
Fumée de tourbe fruitée et terreuse, bizarre notes vertes végétales et de grains d’orge malté. Agrumes et citron, un brin de sel et de fût de sherry au nez aussi. En bouche, épices soutenues, fruits rouges divers tirés des fûts de sherry. Petit feeling de camphre en bouche, rafraichissant. Mélange de fruits rouges, les raisins secs et les agrumes, les feuilles vertes camphrées, tourbe terreuse maritime. La texture est un peu trop diffuse et liquide, venant d’un whisky à 46% d’alcool je m’attendais à une texture plus huileuse et amoureuse. La finale est tourbée et poivrée, plus musclée que son arrivée en bouche et le nez presque discret. Variante intéressante sur les éditions précédentes de la distillerie, l’expérience vaut le détour surtout pour le prix raisonnable demandé. Mais ce whisky ne plaira lui aussi pas à tous les amateurs réguliers de la distillerie.

Patrick 89%
Islay comme on l’aime, avec la tourbe et le sel de mer qui nous offre un beau voyage en bouteille. Nez : Belle fumée de tourbe propre avec une attirante pointe de sel sale et une note de cendres froides. Bouche : Épicé, fumé et salé, dans un gros nuage de tourbe poivrée. Note fruitée trèèèèèèès subtile. Finale : D’une belle longueur, fumée et salée.

Martin 85.5%
Paille très pâle, tout le contraire de sa sombre et opaque bouteille. Nez: Tourbe puissante, assez agréable et, je dirais, plutôt verte. Accents de tarte au citron bien sucrée avec un fond de caramel. Bouche: Tourbe et sucre brûlé, avec une certaine amertume qui sort je-ne-sais d’où. Vanille, caramel et chocolat au lait. Somme toute assez quelconque. Finale: La tourbe reste en bouche longtemps, accompagnée d’épices et d’un restant de caramel chauffé. Quelques fruits sur une planche de chêne. Équilibre: Un peated qui ne m’impressionne guère. On dirait que ça sort d’un cask finish bizarre pour lequel ce malt n’était pas du tout adapté.

Tamdhu 10 ans Sherry Matured

43% alc./vol.

André 80%
Sherry de mauvaise qualité, léger fromage et certaines odeurs que l’on pourrait presque associer aux fûts neufs, vanille et quelques épices. Le sherry est chétif et un peu malhabile. En respirant, le whisky devient de plus en plus crémeux, les fruits secs émergent, appuyé par une bonne dose de vanille et de caramel. Bon kick d’épices, texture fluide mais agréable. Raisins mauves et crescendo d’épices (gingembre et cannelle) fort soutenues, puis puissant sherry quoi que dilué. La finale est épicée et fruitée, belle pérennité mais utilisation de fût de sherry quelque peu douteux.

Patrick 90%
Un excellent whisky, rencontrant toutes les attentes pour un scotch du Speyside vieillit en fûts de xérès et vendu à ce prix. Bravo. (Définitivement, André et moi n’avons pas goûtés à la même batch!) Nez : Parfum dominé par l’arôme du xérès sucré, avec des notes de chocolat au lait, un plat de fruits mûrs et une subtile touche de chêne. Alléchant. Bouche : Un superbe xérès chaleureux, sucré et épicé tout à la fois. Toujours avec le chocolat, mais un peu plus noir qu’au nez et servi sur une planche de chêne brûlée. Finale : D’une belle longueur, s’étire sur les fruits mûrs et le chêne brûlé.

Martin 84%
Nez: Ooh, le sucre brun et le miel, la vanille et le sirop, la crème glacée au coulis de butterscotch. Xérès fruité, raisins et planche de chêne. Chocolat blanc et fruits secs. Bouche: Miel fumé, malt grillé, cannelle et gingembre, poivre noir et chêne. Vanille, cacao et raisin. Le xérès goulu s’effondre un peu ici pour faire place à des épices un peu jeunes et maladroites. Finale: D’une longueur moyenne, elle nous offre un torrent de poivre et de gingembre, qui malheureusement cache le reste de l’expérience. Équilibre: Je comprends que Tamdhu se fait un point d’honneur de ne proposer que des single malts vieillis uniquement en fûts de sherry, mais celui-ci demeure jeune et bourru pour quelque chose qui devrait être si smooth. Pourtant le nez est si invitant. Ceci étant dit, je ferais difficilement mieux. Sláinte!

Gordon & MacPhail Glen Grant 50 ans

40% alc./vol.

André 91%
Nez riche et surtout pas étouffé par les effets des 50 ans passés dans le fût de chêne. Vieux sherry poussiéreux, autant au nez qu’en bouche, les dates fraiches, la pâte de fruits, moue de café, la pomme rouge, le chocolat noir et un soupir d’épices. En bouche, le whisky affiche une force surprenante pour son âge presque gériatrique et mon maigre taux d’alcool. On est à même de ressentir avec plus de puissance l’effet du fût de sherry, le boisé est plus prédominent sans trop envahir les saveurs posées et douces qui s’évaporent du verre. Toujours le sherry vieillot, les dattes et le chocolat noir, une petite sensation rêche, vague de fruits secs mélangés et de chocolat noir affublé de quelques sournoises teintes épicées. La sensation du whisky se concentre complètement en fond de bouche, confirmant son âge vénérable. Les saveurs du whisky s’étirent presque avec indécence en bouche, mais les saveurs goûtées ne font que se prolonger sans fin. Très porté sur le sherry et le bois de chêne gorgé de sherry fruité un peu austère, le chocolat noir. Une expérience en soi qu’il est difficile de séparer de l’expérience de la dégustation elle-même. Toute la notion historique du whisky biaise peut-être un peu l’évaluation mais au final, difficile de séparer l’émotion de la notion froide d’évaluer un whisky. J’espère que j’en serai pardonné.

Old Forester 1897 Bottled in Bond

50% alc./vol.

Patrick 82%
Un bon whisky, mais qui ne m’impressionne pas vraiment. En fait, il s’agit d’une bourbon très moyen, qui saura tout de même plaire à ceux qui aiment leur bourbon plutôt sucré. Nez : Parfum sucré typique du Old Forester avec une vanille assez intense qui cache presque les épices du bourbon. Bouche : Bourbon très sucré présentant un profil aromatique épicé plutôt tranquille et quelques note de bois brûlé. Finale : D’une belle longueur et épicée.

Old Forester 1870 Original Batch

45% alc./vol.

Patrick 83%
Un bon bourbon efficace, sans faute et parfait pour les situations où vous ne voulez pas vous casser la tête. Nez : Parfum assez léger et assez sucré, avec une touche subtilement boisée. Bouche : Arrivée en bouche épicée et boisée, avec de belles notes vanillées. Finale : D’une longueur moyenne et épicée.

Jim Beam Rye Pre-Prohibition Style

45% alc./vol.

André 82%
Attaque de rye au nez, c’est jeune et pointu comme présentation, fruits rouges, clou de girofle, gingembre et poivre moulu, terreux et très direct sur le seigle. La bouche est cireuse et très poivrée, très épicée aussi, la texture au départ douce et caramélisée recouvre au départ la langue et le palais et fait barrière à l’arrivée soudaine et puissante du seigle épicé et poivré. Sensation cireuse, bonbons en forme de poisson rouge et blancs, céréales concassées ainsi qu’une dualité épicée et sucrée. Belle amalgame de caramel, de vanille et de sucre brun. Le whisky gagne définitivement à respirer… Finale épicée et poivrée, tranchée malgré la texture légèrement cireuse. Une belle approche sur le style mais les saveurs bien poivrées et épicées, jumelé à la sensation sèche en bouche déstabiliseront probablement quelques amateurs. Pour le prix, ce whisky est honnête mais encore faut-il que vous aimiez le style.

Patrick 86%
Un bon rye qui offre un excellent rapport qualité/prix, et qui n’est donc pas disponible au Québec par le fait même. Nez : Délicieux parfum qui est représentatif de ce que j’aime dans un rye. De belles épices, ainsi qu’un peu de chêne et de vanille. Bouche : Ici, les épices explosent avec des éclats de bois en flammes! Le tout est complété par de belles notes de céréales. Finale : Longue et savoureuse, comme on les aime.

Martin 84%
Nez: Seigle poivré, cannelle, zeste d’orange et un brin de vanille. Bouche: franche, vive et droite, sur le caramel, le poivre noir, les herbes et une pointe de réglisse. Finale: Moyenne, sèche, avec un retour épicé et bien boisé. Équilibre: Un rye franc et accessible, qui combine le piquant du seigle à une rondeur typique que je retrouve souvent chez Jim Beam.