Connoisseurs Choice Gordon & MacPhail Braes of Glenlivet 1975

43% alc./vol.
Distillé en 1975 et embouteillé en 2007. Distillerie ouverte en 1973, fermée en 2006.

André 81%
Le nez est à l’odeur de gin tonic ainsi que du pétillant des bouteilles de Perrier au citron. La bouche est à l’image de ce que le nez nous a dévoilé mais l’apport du citron et des épices est plus présente. Finale brève, sans persistance. En résumé; ordinaire mais agréable d’avoir l’opportunité de prendre un single malt d’une telle rareté et d’un âge si vénérable. Pour le prix payé, honnête et sans prétentions.

Patrick 82%
Agrumes malté, d’accord avec André, me rappelle définitivement le gin tonique : le Bombay Sapphire dry gin, l’eau tonique, et la petite tranche de citron… mais avec une touche de malt. Au goût, le chêne vient se marier au gin tonique et au malt. Huileux. Herbe fraîchement coupée. Finale de céréales. Très bon whisky, mais on ne lui donnerait d-é-f-i-n-i-t-i-v-e-m-e-n-t pas 32 ans. Une pièce de collection compte tenu que la distillerie est fermée.

Martin 82%
Nez: Assez doux, sur des vagues de fleurs blanches, de sirop simple et d’un peu de bois. Un peu de malt grillé et de citron. Bouche: Encore doux, eau sucrée, malt et vanille, touche de chocolat blanc. Chêne à peine épicé. Finale: Moyenne, sur des notes de malt épicé, de foin et de bois. Équilibre: Un exemple d’un whisky que j’ai l’impression qu’on a embouteillé trop tard, on a manqué le « sweet spot ». 32 ans peut-être, mais ça n’en fait pas nécessairement un grand whisky.

RV 78%
Sprite citron/lime. Très frais au début, il semble s’évaporer en limette térébenthine aigre-douce. Un peu trop polie, distinctivement passagère avec une bouche près du genièvre de vodka. Pas mon genre de baboche, à quoi sert le vieillissement si ça ne se goute pas? Trop cher pour le goût, mais pas si pire pour l’âge. Fallait s’attendre à quoi quand le nom du whisky contient le sobriquet Glenlivet?

Bowmore Dawn

51.5% alc./vol.
Fût de porto. Discontinué depuis 2007.

André 89.5%
Beaucoup de fruits rouges (gelée de framboise et de cerises), hint de fumée et de sel de mer, poivre concassé, port cask sur les stéroïdes. Belle texture soyeuse en bouche et les old timer fan de Bowmore reconnaitront le port cask du bon vieux temps. La bouche livrera dans l’ensemble ce que le nez aura détecté mais le port cask sera encore plus présent (petits fruits rouges, vieux cuir trempé dans le jus de fruit, cerises écrasées). Étonnant comment le taux d’alcool est inoffensif en bouche. Le poivre et les épices effectueront une belle et solide percée en finale de bouche sans se départir de ses saveurs de fruits rouges et de cerises noires. La fume de tourbe perce aussi le voile fruité et s’étend partout en bouche. Un bon vieux Bowmore, avec ce mix de tourbe et de port cask si unique.

Patrick 92%
Aussi bon que Bowmore puisse être, ce qui n’est pas peu dire. Riche, intense, balancé à la perfection. Nez : Belle tourbe étonnement sale pour un Bowmore, à ma grande surprise. En fait, celle-ci cache presque le sel si caractéristique de la distillerie. Bouche : Wow! Bowmore rencontre Laphroaig, comme si on avait su plus de dix ans à l’avance que ces deux distilleries feraient un jour partir de la même compagnie! Sel marin, tourbe sale à souhait, petite touche épicée et note fruitée subtile. Finale : D’une belle intensité, d’une aussi belle longueur.

RV 88.5%
Ça tire partout mais tant que ça fait mouche. Olfactivement, une infusion de blé puis d’orge et de pommes en respirant. En bouche on oublie le grain dans l’arrivée très puissante et poivrée. Finale davantage en terrain connue avec les cendres du Laphroaig et le côté huileux de Ledaig. Très spécial, autant au niveau des saveurs que de la différence entre le nez et le reste, ce whisky à l’apparence de glengoyne tourbé d’islay vaut définitivement le détour, et est une joie à goûter.

Bowmore 15 ans Darkest (ancien embouteillage)

43% alc./vol.
Vieilli exclusivement dans la voute #1 (celle qu’on voit sur toutes les photos de la distillerie).

André 88%
Alors là, wow ! Vous cherchez la singularité, vous l’avez ici. J’ai l’impression de lécher les berges de l’Atlantiques (en passant je ne l’ai jamais fait). Comment peut-on donner l’impression d’avoir de la pierre dans la bouche ??? Quelle expérience ! Nez tout à fait Bowmore, c’est un retour aux sources assez intensif. Le sel est évident, les odeurs de poisson séché aussi, la tourbe en sourdine. En bouche ces même éléments se goûtent maintenant, s’accompagnant de ce feeling de pierre à savon si représentatif de la distillerie. Du chocolat noir aussi, des arômes de torréfaction, un peu amer comme feeling en bouche. La taux d’alcool est peut-être un peu bas et ça lui enlève un peu de punch, ce qui n’est pas nécessairement désagréable. Finale sans surprise, en ligne directe avec l’ensemble . Un Bowmore représentatif sans être très distinctif mais qui saura gagner les nostalgique des anciennes versions de la distillerie.

Patrick 94%
Nez : Caramel fleur de sel, chocolat noir, fumée et un peu de terre à tourber (si vous préférez, de la terre un peu plus sablonneuse que de la terre noire). Bouche : Xérès, sel, fumée, caramel et chocolat noir. Mélange sucré-salé tout simplement sublime. Et tout est très intense, pour notre plus grand plaisir. Finale : Longue et intense, marquée surtout le xérès, le caramel et le chêne. Balance : Si je me retrouve naufragé sur une ile déserte avec une pleine cargaison de cette bouteille, je n’aurai définitivement pas en tête de me bâtir un radeau ou de faire des feux pour signaler ma position!

Martin 92.5%
Le roux orangé profond du sherry cask nous démontre qu’il possède bel et bien une âme. Nez: Whoa! Une barre de chocolat noir Lindt caramel et fleur de sel en pleine face! Pierre salée et lavée du bord de la mer, fumée et xérès. Bouche: Toujours caramel et fleur de sel, cacao, cuir, tourbe, tabac à pipe aromatisé. Incroyable, excellent, du plaisir à l’état pur. Influence indéniable du chêne. Finale: Longue et sèche avec de beaux accents de sherry et d’épices. Bois, cacao et caramel. Équilibre: Pourquoi ont-ils changé la recette? Cet embouteillage est bien supérieur au nouveau, à tout point de vue.

RV 85%
Pierre, pierre et repierre. Pierre à savon et encore pierre. Mais vraiment bon et particulier.

Bowmore 12 ans (ancien embouteillage)

43% alc./vol.

André 86%
Saveur salée, de pierre, d’algues, tout à fait Islay mais bien calmée par cette journée ensoleillée sur le quai bordant la mer. Un peu de poissons séchés aussi sur les filets de pêche. Dommage que toute ces belles arômes se greffent sur une feuille blanche de texture car la lancée était vraiment bien entamée. Finale aussi trop courte même si elle démontre une belle longueur en bouche. Je suis peut-être moins impressionné par Bowmore maintenant qu’à mes débuts mais cette distillerie gardera toujours une place particulière dans mon cœur d’amateur de whisky.

RV 84%
Pierreux et feuilles séchées, saveurs habituelles de Bowmore. Avec une pointe de chocolat peut être.

Patrick 94%
Ca sent bon! Un de mes préféré! Tourbe, sel et fumée, dans l’ordre. Un peu « beurré ». Finale saline. Un peu de pierre polie. Excellent rapport qualité/prix.

Benrinnes 1978

40% alc./vol.
La première distillerie fut construite en 1826, à proximité de la ferme Whitehouse, qui existe encore de nos jours. La distillerie Benrinnes est la seule distillerie de la région à pratiquer la triple distillation. Les têtes et les queues de distillation de la seconde distillation (dans le premier spirit still) sont redistillés à part dans le second spirit still. Habituellement, les têtes et les queues de distillation sont mélangées au wash lors de la distillation suivante. Les têtes et queues de cette troisième distillation de cette seconde distillation sont également redistillés, lors de la distillation suivante dans le second spirit still.

André 77%
Eee…bof…je suis heureux que ça ne soit pas moi qui ait acheté cette bouteille… RV, poor you…

RV 79%
Décevant pour une bouteille de ce prix.

Patrick 79%
Nez : Nez assez neutre marqué par l’orge et un peu de chêne. Bouche : Chêne et orge, avec une touche de vanille tout croche et une pointe d’épice rappelant vaguement le bourbon. Finale : D’une longueur moyenne et un peu épicée. Balance : Rien d’extraordinaire ici.

BenRiach 15 ans 1995

52.3% alc./vol.
Peated, Pedro Ximenez Cask #7165, bouteille 122 de 685.

André 91%
Patrick 91%
Très fruité et transporté par une vague d’alcool puissante mais pas écrasante. Un beau mélange de gâteau au fruits, de fumé, de tourbé et d’épices diverses. La simplicité bien présenté. Un whisky sans prétention qu’on apprécies facilement.

Signatory Vintage Ben Nevis 10 ans 1992

46% alc./vol.

André 80%
Orange, chocolat, vanille.. pas très singulier, mais pas désagréable.

RV 84%
Cacao, chocolat, note d’orange. Une très très belle valeur sûre.

Patrick 82%
Vanille, ouais, de l’orange… Bon, ca rentre au poste!

Ardbeg New Make Spirit

67.2% alc./vol.
Batch WW007706, distillé en mai 2009.

Les origines d’Ardbeg remonteraient à 1794, mais la distillerie actuelle fut réellement fondée en 1815 par John MacDougall, et opérationnelle deux ans plus tard. Ardbeg resta aux mains de la même famille jusqu’en 1977 date à laquelle elle entra dans le groupe Hiram Walker. Fermée une première fois en 1983, suite à la période de récession des années 70, elle fut reprise par Allied Distillers qui la remit en activité de 1989 à 1996. Glenmorangie, l’actuel propriétaire depuis 1997, a relancé la distillation. Le single malt produit à Ardbeg possède les caractéristiques des whiskies d’Islay : la présence de fumée de tourbe, d’iode et de terre. Les aires de maltage ayant été supprimées, le malt provient de la distillerie Port Ellen toute proche.

André 86%
Nez tourbé et poche de jute remplie de céréale. Ce nez est par ailleurs puissant et poussiéreux, rempli de suie et également un peu crasseux. Tout à fait Ardbeg en bouche. Il est étonnant de voir que même en n’ayant pas encore séjourné dans un fût, ce new make affiche déjà l’ADN propre à sa distillerie. La tourbe puissante est très présente, l’alcool aussi, mais cette concoction demeure quand même très douce malgré son taux d’alcool élevé. Il y a aussi en background de bonnes effluves de céréales semblables à celles retrouvées dans les corn whiskies et les monshines américains. La finale est longue, très unidirectionnelle et sans grande variantes.

Martin 83%
Clair comme de l’eau de roche. Nez: Tourbe curieusement moins fumée et vieille betterave jaune dans sa caisse en bois. Céréale quant même présente mais mêlée à du foin humide. J’essaie d’apprécier mais ça reste difficile. Bouche: Encore tourbé, cette fois on surfe entre les fruits et le foin, pour terminer sur les épices. Belle amélioration sur le nez. Finale: Ah! C’est ici que la signature Ardbeg se démarque. Tourbe et fruits en puissance, on visualise la bouteille verte et on adore son taux d’alcool impératif qui nous rappelle ses expressions les plus fortes. Équilibre: C’est vraiment un malt qui a besoin de sa maturation, car même si ses autres aspects sont rédempteurs, le nez demeure horrible.

RV 88%
Au risque de cirrhose, n’eusse été du manque de texture, il pourrait s’agir d’un (puissant) verre de tous les jours. Les effluves de grain sont étonnamment peu fumée, et, par les standards d’Ardbeg, il est presque doux. En bouche, il est léger, même pour un new make, après tout il est seulement 67.2% (surtout quand on le compare au bourbon Willett à 68% par exemple). En bouche, enfin la tourbe est livrée, peu subtilement, et la finale amène aussi sur une tangente inespérée avec une fumée dotée d’une certaine sagesse.

Aberlour A’bunadh – Batch 039

60.1% alc./vol.

RV 92.5%
On a beau changer de paysage en troquant l’érable au pommier, la scène est toute aussi merveilleuse. Dès l’approche du verre, le nez, sucré comme à l’habitude, se revêt d’une teinte olfactive de pomme rouge, mais aussi de quelque chose de whisky canadien inexplicable. En bouche, on sent que le liquide éthéré occupe un grand volume mais peu de masse; l’alcool est atmosphérique. La finale est enfin une explosion de fruits qui s’apparente de punch, le tout dans une longueur plus qu’appréciable. La qualité des A’bunadh est rarement discutable, mais cette fois-ci, avec un nouveau paysage, la scène est encore meilleure.

Patrick 92%
Quel sucre! Une grosse cerise rappelant un bourbon pas subtil! Aussi une touche de praline et d’orange. En bouche, la chaleur du xérès nous donne son meilleur spectacle, en mettant en vedette les cerises noires. Le chocolat noir fait aussi un bon travail dans un rôle de soutien, ainsi que le chêne et le gingembre qui apparaissent le temps d’un clin d’œil à une foule déjà conquise. Encore une méga production d’Aberlour, qui sait satisfaire un public gagné d’avance.

Aberlour A’bunadh – Batch 036

60.1% alc./vol.

Patrick 84%
Le xérès semble manquer de fraicheur, de punch. Un peu comme si le raisin était un peu trop pourri. Nez : Gâteau aux fruits épicés avec une pointe de chêne. Bouche : Intense et chaleureuse, très marquée par le vin. Finale : Longue, suave, marquée par les raisins très (trop?) mûrs.

RV 92%
Un chaud sentier en terrain connu, sous un jour de plein soleil, à l’orée de la forêt tropicale. Plus chocolaté que les précédentes éditions, le sherry et la cerise sortent franchement après avoir respiré quelques secondes. En bouche, il y a une belle suite de notes de cacao, de chocolat et de cerises. Pour une déclinaison sans mention d’âge, elle s’étend longuement pour conclure dans une balance presque parfaite. Dans la suite des dernières batches, mais aussi la meilleure depuis plusieurs.