Connoisseurs Choice Gordon & MacPhail Macduff 10 ans 1997

43% alc./vol.

André 88%
Grains de céréales, beaucoup de miel volatile et quelque chose de végétal mais un ensemble très sucré. Effectivement, y’a des ressemblances avec les Balvenie, ce côté grains de céréales sur fond artisanal vraiment unique. La canne à sucre se développe par la suite avec beaucoup de puissance, le nez devient par contre plus linéaire, à la limite un peu trop même… La bouche quant à elle me rappelle le Nutella et les noisettes, le caramel et le toffee, mais toujours sur des variantes ayant pour pivot le grain de céréale. Finale ample et aiguisée, bien puissante et à la longueur étonnante. Un Macduff « Balvenie like », qui m’aura étonné sur toute la ligne.

RV 82.5%
Il y a de la canne au Speyside? Au nez, le trèfle et le bois humide vivote au milieu de la cassonade; l’ensemble est olfactivement agréable quoique légèrement brûlé. À mi-chemin entre Balvenie et Glendronach, suivit d’un concentré de Glendronach qui s’encrasse à l’extrême limite de la délicatesse. Un autre porto un peu trop poussé par le maître de chai, j’en retiens cependant l’audace.

Kilchoman 2007 Vintage

46% alc./vol.

André 88.5%
Nez d’agrume citronné et vanillé, ceinturé de tourbe un peu crasseuse, fumée huileuse. L’alcool en s’évaporant lassera s’échapper encore plus les agrumes, les poires et la vanille. C’est beaucoup plus fruité que le laissait présager le nez au départ. La tourbe est ferme mais n’omnibule pas l’ensemble, ce qui laisse la latitude nécessaire aux fruits afin qu’ils prennent leur place. La bouche affiche cette même tourbe traditionnelle d’Islay sous le couvert d’un feeling huileux. La finale elle est du style poudre à fusil et de poivre. Celle-ci sera longue et chaleureuse et la fumée de tourbe se dissipera calmement dans des nuages de vanille fruités.

Patrick 90%
Nez : Grosse fumée malpropre comme on l’aime. Touche de chêne. Bouche : Chêne mordant, fumée de tourbe, un peu de sel et d’agrumes. Finale : Longue et intense, comme la fumée d’un feu de camp qui colle à vous vêtements jusqu’au lendemain matin! Balance : Les attentes envers cette distillerie commencent à être élevées, mais elles sont toujours rencontrées.

Martin 90.5%
Un brin plus foncé que ses petits amis, bien que toujours dans la pâleur typique de la distillerie et de ses fûtailles de bourbon. Nez: Tourbe citronnée. Herbe et sel marin enrobés de sucre d’orge avec une pointe de cuir mature telle une cerise sur le gâteau. Bouche: Tourbe épicée, agrumes, léger cuir, herbe et réglisse noire. Un agréable cocktail. Finale: Sans vouloir me répéter, tourbe, herbe, cuir et citron dansent joyeusement avant de s’estomper tout doucement sur un lit tranquille de fleur de sel. Équilibre: Plus affirmé et puissant que disons le Machir Bay, mais garde tout de même une certaine douceur. L’expression dit une main de fer dans un gant de velours, mais cette fois-ci je dirais plus une main de velours dans un gant de fer.

RV 84%
Une assiette terre et mer époustouflant mais qui ne me laisse totalement repu. Au nez de poivre trempé dans la gelée mi-groseille mi-orange, la tourbe est releguée au fond du clos. Lente, l’orange roule sur la langue lentement mais sûrement, mais semble disparaître en gorge, pour revenir en rétro-olfaction où le sherry domine. Avec une finale plus longue, on aurait parler d’un whisky exceptionnel, spécialement avec la tourbe qui est plus évidente en seconde gorgée. Un peu du Oban, un peu du Bunnahabhain, beaucoup d’équilibre aussi.

Springbank 15 ans

46% alc./vol.

André 88.5%
Nez bien rond, on remercie les fûts d’Oloroso, Gâteau aux fruits, punch aux fruits, oranges, raisins secs et cerises. Biscuits secs au citron. Sherry très présent jumelé à un léger fumé et un bon apport épicé. La finale est boisée et à saveur de fondue au chocolat noir. Un superbe single malt à la balance plus qu’agréable et avec une signature distincte.

Patrick 90%
Nez: Tourbe et vieux vin fortifié. Poussière d’orge. Bouche: D’abord Ltee fruit du xérès, suivi par une belle note tourbée. Petit côté feuillu, salin et de caramel. Finale: Assez longue et fumée. Balance: Une belle réussite, complexe comme je les aime, avec un beau mélange de fruits et de fumée de tourbe avec en plus un petit côté salin.

Martin 83.5%
Nez: mélasse et orge, assez désagréable au premier nez. Un peu de miel, un peu de caramel salé, un peu de tourbe. Son manque de subtilité pour un 15 ans est plutôt inquiétant. Bouche: Xérès, épices, caramel et un peu de mélasse. Légèrement rédempteur. Finale: Épices boisées avec une agréable tourbe. On ne cesse d’améliorer l’expérience. Équilibre: Bien qu’on finisse sur une bonne note, le tout est trop décousu, surtout pour cet âge et ce prix.

RV 90%
Typicité: pas le plus original mais le parfait confort d’un verre de tous les jours. Au nez la vanille est trompette par-dessus la section des cordes végétales de feuilles d’épis de maïs, suivant d’une intonation de grain. L’arrivée est vraiment délicieuse, déclinée dans des saveurs de lichen épicé, de poivre des dunes, de fruit (sherry oloroso). Plus féminin que les autres Springbank, voici ce que devrait être l’image d’un whisky nu et savoureux.

Aberlour 15 ans Cuvée Marie d’Écosse

43% alc./vol.
Single malt provenant de l’assemblage de quelques fûts de chêne ayant contenu du xérès et du bourbon. Une version officielle réservée au marché français baptisée « Cuvée Marie d’Ecosse ». Ce single malt rend hommage à Marie Stuart, personnage symbolisant l’alliance historique entre la France et l’Ecosse depuis plus de 500 ans.

André 84%
Après nous avoir habitué à des sherry bomb dans leur dernières parutions Abunadh, nous voilà de retour à un sherry style plus posé. Toffee, miel, réglisse rouge, orange et évidemment beaucoup de sherry un peu vieillot. Le nez est doux et accrocheur, très fruité avec de savoureuses poussées de toffee au miel. Superbe nez, très représentatif des sherry cask. La bouche déçoit, un peu trop sèche à mon sens ce qui tranche avec le nez pulpeux et ample. Les oranges-nectarines suivies par une vague de réglisse noire et de sherry épicé. La sécheresse de la bouche est par contre équilibrée et la texture est tout de même intéressante. Longue finale sèche où les fruits rouges et le sherry s’entremêleront avec quelques notes de bois et de noix. Loin d’être le meilleur Aberlour que j’ai goûté mais une qualité ici que bien d’autres distilleries aimeraient atteindre.

RV 82%
À l’image de Balvenie qui se serait éloigné de la boulangerie en s’approchant de l’usine de raffinement de sucre. Odeur TRÈS généraliste, grain très sucré à la Balvenie mais aussi une touche de sucre aux aspects de certains rhums plus aigre (JM Bally par exemple). Arrivée très huileuse dans les mêmes notes accompagnées de miel, la finale est très égale, concerté et concentré. Bel aftertaste à la limite entre brûlé et fumée, mais l’ensemble semble plutôt viser la constance que l’originalité, ce qui ne fait pas mouche dans mon cas. Voyons le positif, peut-être s’agirait-il d’une belle base pour subir une finition en fût ayant une certaine personnalité.

Patrick 86%
Nez: Caramel et un peu de fruits rouges. Pointe de chêne et de noisettes aussi. Bouche: Caramel, fudge et petite pointe de confiture aux fruits aux fruits des champs. Belle sensation chaleureuse et enveloppante. Finale: Longue et agréable. Balance: Bien balancé, belle profondeur. Rien d’exceptionnel, mais tout de même un très bon dram idéal pour les soirs de semaine.

Glen Moray 12 ans

40% alc./vol.

André 86.5%
Étrange mélange de céréales un peu sèches au citron, de miel, d’herbe fraiche et de citron mûri juste à point. Une belle qualité d’exécution mais des saveurs qui me laissent froid dans l’ensemble. La bouche est légèrement plus relevée que la bouche, quelques épices au passage s’entourant d’une chorale à diverses tonalités herbeuses. Bonne dose de sucre en général, le whisky est agréable, bien que s’expriment de fortes vagues de gingembre. Le mélange gingembre-herbe se marie fort bien en bouche. On est à même de constater l’utilisation de bourbon cask de par les saveurs livrées. Puis apparaissent progressivement les nuances de miel, de toffee et de bois de chêne qui se noient dans une grosse poignée d’herbe tout juste coupée. La finale est soutenue par le gingembre et le chêne sec, de bonne longueur pour un Speysider si doux.

Patrick 79%
Nez : Orge au miel, avec une petite pointe d’alcool et de gingembre. Bouche : Alcool, malt, vanille, miel et chêne. Semble plus jeune que 12 ans… Probablement que le fût n’était pas neuf! Finale : Moyenne et portée sur l’alcool. Balance : Coûte pas cher, vaut pas cher.

Martin 79%
Levé à la lumière, affiche un or très pâle, pas même ambré. Nez: Orge typique du Speyside, avec un léger manque d’affirmation. Quelques notes florales et minérales. En-dessous de tout ça, une faible brise de caramel, vanille, orange et poire tente de se montrer. Bouche: Relativement léger, peu huileux et très sucré. Malt, vanille et chêne. Touches de cannelle et de toffee ici et là. Finale: D’une durée moyenne, la finale est poivrée de noix, de chêne et d’anis. Équilibre: Une belle nouveauté en SAQ, doublée d’un beau whisky de semaine. Vu son prix, difficile de lui trouver des défauts vraiment impardonnables.

RV 77.5%
Triple ou quadruple distillation au Speyside? Pas désagréable mais étouffé, comme si on sentait un Balvenie avec le nez un mètre au-dessus du verre. Très, mais alors trop liquide en bouche, c’est du malt qui prend trop de temps à se dévoiler avec un peu d’épice. Finale décevante avec de la feuille de jeune menthe et d’orge verte. Vraiment pas mon genre de whisky, un Speysider anonymement ennuyant.

Lagavulin New Make 2013

63.5% alc./vol.
Au milieu du XViième siècle, on estime qu’il existait une centaine de distilleries clandestines sur l’île d’Islay, dont une dizaine aux alentours de l’emplacement actuel de Lagavulin ; la contrebande fournissait un revenu complémentaire non négligeable pour les petits propriétaires terriens ainsi que pour les pêcheurs, surtout pendant la période hivernale. Un siècle plus tard, seules deux distilleries subsistaient ; elles fusionnèrent et donnèrent naissance à Lagavulin. Rénovée en 1962, Lagavulin fait désormais partie de United Distillers & Vinters. La distillerie possède des washbacks en mélèze et utilise une eau fortement tourbée.

Patrick 90%
Au nez, fume, tourbe, huile et une petite touche fruitée-sucrée. En bouche, une belle texture huileuse, un goût étonnement sucré, de la fumée, de la tourbe et des céréales. La finale offre une belle sensation de… brûlure! Vraiment niiiiice!

RV 83.5%
Comme quoi la distillation n’est qu’un facteur du goût final. New make de single malt, on est proche de la poche de grain et sans surprise, ce qui est assez normal pour un moonshine écossais. Puissant en bouche, on goute l’orge qui semble prendre un tournant blé, plus sucré. La finale est chaude et me semble réchauffé, comme si l’on avait arrêté la germination non pas avec de la tourbe mais de l’air réchauffé dans un four au gaz. Finale simple, elle conclue bien l’expérience qui est imposante s’il s’agit d’une première tentative dans les whiskies, mais presqu’anodine lorsqu’on en a gouté d’autres plus originaux tel que ceux plus tourbés ou de grain (maïs) différent.

Old Malt Cask Clynelish 16 ans 1995

50% alc./vol.

RV 90%
Super bien étendue, la fille n’est pas top mais tout de même voluptueuse. Un peu d’herbe sec, peut-être de tourbe et d’orange et de sucre à l’arrivée. Tourbe et sel en bouche, avec une très bonne (et délicieuse) différence entre la bouche et le nez. Finale super longue, dans le même ton. Un bon jus islay-style, avec quelque chose du Port Ellen sans une tourbe trop puissante. Vive la délicatesse.

Glencoe Highland Cask Strength Adam 12 ans Portwood

46% alc./vol.

RV 80%
Un gros cumulonimbus, où la largeur et la longueur sont trop importantes par rapport à la hauteur. Odeur peu intéressante, où le seul point positif est un peu de bruyère salé, que je m’imagine pousser sur une plage pas très propre. Arrivée très dispersée, un peu de grain qui s’envole au vent, mais fini par retomber, plusieurs secondes plus tard, comme une poussière de feuilles d’érables séchées et broyées. Finale de loin meilleure de vanille conçue, de bon volume, mais qui se termine en queue de poisson. Il y a pire certes mais ce n’est certainement pas un whisky qui va passer à l’histoire.

Connoisseurs Choice Gordon & MacPhail Arran 1999 Sherry Cask

43% alc./vol.

André 82%
Uniforme et très doux. Poires et céréales maltées roulées dans le miel. En arrivée de bouche, le sucre et un peu de fruits, c’est bien maigre comme livraison, l’ensemble est passager et insipide. Bonne texture poreuse ou de craie peut-être, un peu maritime et jumelée de menthe qui nous même à la finale. Pas un mauvais whisky mais trop rectiligne et prudent.

Patrick 90%
Céréales vaporeuses et trèèès léger fruits et soupçon d’air marin. Mais vraiment seulement un soupçon! En bouche, wow! Arran reprends son droit: une belle complexité, fruits, agrumes, algues. Finalement fraiche, avec des agrumes. Ok, j’en achète une bouteille right now!

Martin 86%
Nez: Extrêmement léger, fruité et mielleux. Eau de rose et herbe. Petit malt timide sous cette douce musique. Infime vent maritime de pierre lavée. Faut être patient avec celui-là. Bouche: Fruits rouges, cuir et malt. Un vent de xérès apparait ici, nullement annonçé par le nez. Surprenant et agréable à la fois. Finale: Belles notes maltées, fruitées et épicées sur la fin. Équilibre: On se reprend bien pour le nez qui, sans annoncer rien de méchant, n’annonçait toutefois rien du tout. Bravo G&M.

RV 85%
La patience a ses vertus. À l’ouverture il faut le faire respirer sinon il a des relents des Penderyn étranges, avec un peu de soufre et beaucoup de métal plus traditionnel aux Arran. Dès l’arrivée en bouche, de l’orange qui persiste avec un peu d’eau de rose, assez confortable. La finale en est une toute de grain vêtue, jusqu’à la finale un peu plus verte. Rien pour briser les murs mais bien conçu, difficile à ne pas apprécier mais aussi ardu à s’en faire un dram vénéré.

Kilchoman Loch Gorm 2014

46% alc./vol.
Affiné en fût de xérès Oloroso pour une période de 6 mois.

André 92%
Le mariage Kilchoman et sherry cask est parfait. Tourbe fruitée et épicée , les 2 éléments se complètent mutuellement et décuplent aussi leurs forces communes, avec un trait-d’union d’épices. La balance st encre une fois exceptionnelle, les fruits rouges, la tourbe épicée… wow … Le sherry est juste à point, ni trop présent, la tourbe typique est amadouée par ce sherry langoureux et racoleur, mais nous sentons tout de même la puissance latente et tranquille en sous-entendu. La finale est un crescendo de tourbe fruitée, longue et persistante en bouche, d’où émergera un filin de sel. L’aftertaste est tourbé et bien sucré, très doux.

Patrick 93%
Nez : Fumée cendreuse de tourbe, avec une petite pointe fruitée et épicée. Bouche : D’abord le fruit, puis les épices et ensuite une belle vague fumée qui vient tout noyer. Finale: En finale, le fruit revient nous saluer, mais l’ensemble s’étire longuement sur la fumée et la cendre. Balance : Une autre réussite!

Martin 91.5%
Reflets cuivrés qui en disent long sur son héritage de xérès. Nez: Dattes, caramel brûlé, chène, pruneaux et orange sont enveloppés d’une douce efflufe tourbée. Bouche: Tel qu’annoncé par le nez, la fumée marie habilement tous les aspects typiques d’un fût de sherry dans un bain d’orge juteuse et sucrée. Finale: Raz-de-marée de fumée vanillée et fruitée à n’en plus finir. Équilibre: L’union fort réussie d’un monstre de sherry et le l’âme de l’Islay. Le meilleur des deux mondes, comme dirait Locutus.

Kim 87%
Au nez on détecte clairement le sherry cask, un peu de sirop d’érable, de poire pochée au vin rouge et une odeur caractéristique que j’associe au rayon des pneus du Canadian Tire… un caoutchouc propre. Dès la première gorgée il se révèle fruité, riche, mais avec encore un peu de la sécheresse qui caractérise Kilchoman. S’ajoute une légère fumée poivrée, typique d’Islay. Sans être marquant, il s’agit d’une belle entrée en matière pour quiconque désire apprivoiser Islay.

RV 89%
Comme Héraclès à Stymphale, au lac Kilchoman triomphe. Au nez on oublie la tourbe végétale salée de Kilchoman et on plonge dans les fruits. Après quelques éclaboussures de fumée liquide, la finale est empreinte de tourbe, beaucoup plus fumée que les autres expressions de la distillerie. Comment un whisky tourbé peut triompher du sherry? Voici l’une des meilleurs réponses.