Brora 30 ans 2009 (bouteille 980)

53.2% alc./vol.
Bouteille 980 de 2652. A l’origine, la distillerie Brora portait le nom de Clynelish. Son fondateur, le Marquis de Stafford, futur Duc de Sutherland s’était tristement rendu célèbre pour avoir chassé les habitants de ses terres (environ 15000 personnes) afin d’y faire paître des moutons, plus «rentables ». La licence fut accordée en 1824. Une raison supplémentaire d’ouvrir une distillerie était de couper l’herbe sous le pied des distilleries clandestines qui étaient légions dans la région à cette époque. En 1967, une distillerie mitoyenne portant le nom de Clynelish n%2 fut construite. L’ancienne distillerie fut fermée en 1969 puis réouverte en 1975 sous le nom de Brora pour être définitivement fermée en 1983.

André 92.5%
Superbe nez fruité sur un édredon de douce tourbe terreuse. Le sherry est omniprésent avec un côté de tourbe végétale agréable. Le nez est rond et vanillé, à la limite d’être sucré, la tourbe légèrement médicinale et maritime. En bouche, le sherry est encore bien présent, confirmant le nez, mais ce sont plus les saveurs de pêche et de petits fruits sauvages ceinturés de tourbe qui domineront l’ensemble et le sel en toute finale de bouche. La finale elle-même est citronnée et salée, et offre une longue persistance. La rétro-olfaction est herbeuse et finement sucrée.

Patrick 94%
Nez : Effluves tourbées avec une pointe d’algues à sushis (nori). Ensuite, des notes de chêne, de cassonade et de cendres. Bouche : Une extraordinaire explosion de tourbe et de saveurs! Wow! Caramel, fumée, bois brûlé, poivre. Finale : Longue et savoureuse, avec des notes fumées et sucrées. Balance : Je pleure que des gestionnaires des années ‘80 à la vue trop courte aient pris l’horrible décision de fermer cette extraordinaire distillerie. Pourtant, avec un peu de volonté, celle-ci pourrait facilement revivre grâce à ses alambics d’origine toujours sur place. Serait-ce profitable? Certainement! Mais je ne crois pas qu’il soit dans la stratégie de Diageo d’ajouter un single malt de plus dans un marché qu’ils doivent déjà trouver passablement encombré.

Martin 89%
Arbore un coloris de paille foncée tirant sur le bronze… Nez: On y sent tout de suite un fond de belle tourbe grasse, suivi de vanille fruitée. La mutation du nez se poursuit sur des notes légères de cuir. Je prends une courte pause tellement c’est envoûtant. Pruneaux et feuilles de tabac à pipe arrivent à la fin. Sans cesse en mouvement. Bouche: Montre ses couleurs d’entrée de jeu. Nul besoin de chercher tellement le ballet des saveurs s’empresse de se présenter à nous. Le beau sucre fruité de l’orge est balancé par une amertume de cuir tourbé, puis revient sous la forme d’une caresse de caramel salé. C’est un malt doté d’un caractère évolutif sans pareil. Finale: Un vent iodé livre un duel tel un exercice de haute voltige avec le chocolat noir sur un fil de fer suspendu. Équilibre: Une seule comparaison est possible. C’est le Nico Archambault des single malts.

Brora 30 ans 8th Release

53.2% alc./vol.
Ce single malt brut de fût est l’une des plus belles versions de Brora jamais embouteillée. Une série limitée à 2652 bouteilles. L’ancienne distillerie fut fermée en 1969 puis réouverte en 1975 sous le nom de Brora pour être définitivement fermée en 1983. Brora produisait le single malt le plus tourbé des Highlands. Il était même surnommé par certains amateurs « le Lagavulin du Nord ». Le single malt de la distillerie Brora possédait dans certaines de ses versions un niveau de tourbe équivalent à celui de Lagavulin. Hormis ce trait de caractère, Brora se révèle toujours ample et onctueux. En 1983, dernière année de production, la distillerie produisit un malt légèrement tourbé aux notes florales (iris) d’une précision remarquable. Édition limitée à 2652 bouteilles.

André 90%
Tourbe sucrée, foin et un p’tit quelque chose qui rappelle les fraises du BenRiach Curiositas. Apparait frais et jeune malgré son Âge. Plus camphré en bouche qu’au nez et accompagné de tourbe et de fumée. La finale – très longue – nous transporte plutôt du côté des agrumes et des fruits tropicaux tapissant un fon légèrement salé.

RV 90%
Expérience tourbiaque exceptionnelle. Saute aux narines avec une tourbe fruitée comme je n’avais jamais goûté auparavant. Au nez, a quelque chose du Curiositas, avec un fruité mi-agrume mi-fraise. L’arrivée est beaucoup plus épicée, avec l’aigreur du gingembre et du chêne, ce qui lui confère un caractère beaucoup plus jeune que ses 30 ans. En finale, c’est le retour sur la fraise, peut-être un peu trop fort, et malgré son prix élevé l’expérience est vraiment bien réussie.

Patrick 90%
Parfum de champs d’orge au bord de la mer… Je détecte aussi une légère touche de petits fruits rouges. En bouche, définitivement maritime: très salin, une bonne touche de bois brûlé, toujours l’orge et le tout marié ensemble par une texture des plus agréable. La force de l’alcool me semble parfaite. La finale, plutôt salée, s’étire longuement sans nous faire oublier le bois brûlé. Une distillerie dont les rares produits, presque toujours excellents, sont devenus trop chers pour le commun des mortels.

Brora 35 ans 13th Release

48.6% alc./vol.
Embouteillé en 2014, 2984 bouteilles

André 95%
Divin, unique. Grosse vanille fumée onctueuses, poires, salade de fruits, fruits tropicaux, jus de citron, miel, murmure de fumée de tourbe lointaine, une touche de fruits secs, raisins verts, sel de mer. Ensemble rafraichissant et hyper frais. Le côté cireux, souvent attribué aux whiskies de cette distillerie, est bien présent, ce qui arrondit l’ensemble avec brio. Superbe texture cireuse et dodue en bouche, envolée fruitée d’oranges et de salade de fruits, poires, raisins verts, ananas et noix de coco, de laquelle émerge des notes maritimes aux accents de sel de mer et de tourbe phénolique bien équilibrée. Longue finale, en pente douce et contrôlée, agrumes, salade de fruits, notes fumées et finement phénoliques, sel de mer. Un voyage sur les berges des côtes bordant la mer du Nord. Épique.

Patrick 94%
Un whisky exceptionnel dont on ne peut que pleurer la disparition et célébrer la renaissance! Complexe et intense, il saura satisfaire le plus blasé des amateurs de whisky. Nez : La mer, avec ses embruns, ses algues et son sel. Et une touche subtile de caramel et des fruits extrêmement discrets. Bouche : Salée, boisée et épicée, avec une touche de caramel et de raisins. Finale: D’une belle longueur, marquée par le caramel salé.

Brora 35 ans 1978

48.6% alc./vol.
Bouteille 2744 de 2964

André 94%
Compote de fruits dans leur jus, pincée de sel marin, agrumes, défini dans la finesse et surtout très nuancé et tout en subtilité. Superbe texture en bouche, huileuse, hallucinante. Encore la salade de fruits nappée de chocolat fleur de sel fondu, petite vague d’oranges et de tourbe très douce, presque effacée. Le mélange de sel de mer et de tourbe est fin et raffiné. La finale est poivrée et fumée, touche de cannelle et de gingembre, et quelques embruns maritimes, agrumes un peu citronnés, touche d’eucalyptus et de bonbon case grippe. Qualité générale impeccable, rien d’excessif. Un travail de nuances et de tonalité. Un plaisir à décortiquer.

Bruichladdich 10 ans (ancien embouteillage)

46% alc./vol.
Loin des autres grands groupes régnant sur le monde du whisky, cette distillerie peut en effet s’enorgueillir d’appartenir à un petit cercle de personnes privées. Bâtie en 1881 par Robert, William et John Gourlay Harvey, la distillerie fut reconstruite en 1886, prit la forme de Bruichladdich Distillery Co. Ltd., mais resta encore sous la direction de la même famille. Mise en sommeil de 1929 à 1937, elle fut rachetée par Joseph Hobbs qui profita de la progression de la demande de whisky sur le marché américain. Rachetée fin 2000 par les propriétaires actuels : Mark Reynier, Simon Coughlin (ex Murray McDavid) et Gordon Wright (ex Springbank), l’opération de relance fut supervisée par Jim Mc Ewan. Démontée et réparée, l’unité de production dont certains éléments dataient de sa création, permit de distiller à nouveau dès 2001.

André 88.5%
Le nez sent vraiment bon, fruits de la passion, oranges, zesty? Pas très représentatif d’Islay mais plus qu’agréable. Une de mes versions préférées de Bruichladdich. Simple mais efficace. Simple is beautiful ! On en redemande.

RV 80.5%
Jus de bas salés dans des écorces de chêne et de cèdre, avec un fond de préparation à gâteau Duncan HInes. Très noisette en bouche or il manque un peu de longueur en finale. Quand il vieillit, le vineux s’exprime davantage mais dissimule ce qu’il a de plus subtil. Bien correct, sans plus.

Patrick 88%
Très salin, léger xérès. Cassonade. Banane verte. Conifères. Agrumes.

Bruichladdich 10 ans 2006 Organic Barley Fèis Ìle 2017

60.8% alc./vol.
Orge provenant des Mains of Tullibardine, Cask #3246 – Fresh bourbon cask – 25.11.2006 – Vieillit 10 ans, 390 bouteilles.

André 84%
À 390 bouteilles sur le marché, on comprend ici la notion de « limited release »… Gros mélange céréalier, bonne dose de cannelle et de vanille onctueuse, un peu maritime et citronné, frais, aérien même si assez rectiligne dans l’approche. L’arrivée en bouche, on aurait pu s’attendre à une volée d’alcool très puissant, mais la texture hyper sensuelle offre une belle protection contre cette morsure alcoolisée; notes de petits fruits rouges, de céréales maltées nappées de salade de fruits et de vanille ainsi que d’une pincée de cannelle que l’on ressent surtout en finale de bouche. Les saveurs font presque penser à un virgin oak que l’on retrouve dans certains whiskies Canadiens, les céréales organiques aussi. La finale de bouche laisse toute la place à l’alcool et les épices puissantes. Sans offrir la palette de saveurs la plus variée, cette édition offre une expérience sur les céréales unique. Un whisky d’exploration et qui permet d’isoler les effets directs du fût et des céréales.

Patrick 86%
Un beau whisky, présentant une belle et agréable intensité de saveurs. Malgré la mention « bourbon cask », les amateurs de « new oak » ne seront pas trop dépaysés. Mais les amateurs de Bruichladdich, probablement. Ceci étant dit, ce n’est pas comme si cette distillerie ne nous avait pas habitué à des choses différentes. Nez : Pommes vertes, ananas, kiwis, subtile cerise sucrée, chêne et orge. Bouche : Chêne très chaleureux et intense, de belles épices, des agrumes et une avalanche d’orge. Finale : D’une longueur moyenne, marquée par le bois et les épices.

Martin 84%
Nez: Céréales mielleuses et pierre lavée. Un peu de pommes et de citron. Petit vent du large. Bouche: Chêne et fruits des champs. Épices, orge, fraises et agrumes. Finale: Les épices du cask strength s’étirent sur des notes de bois sec. Équilibre: Très intéressant, une chance qu’il a été embouteillé à la force du fût, sans cela j’aurais eu peur qu’il ne soit trop fade.

Bruichladdich 12 ans (nouvel embouteillage)

46.25% alc./vol.

André 87.5%
Très fruité raisins verts, vanille crémeuse, beurre froid. Plus sucré en bouche, une bonne vague de raisins accompagnés d’une pointe florale. Très doux et vraiment rafraichissant. Finale finement tourbée, avec un retour sur les omniprésents raisins.

RV 82%
Même du côté calme d’Islay c’est une pièce instrumentale qui se perd dans l’air. Tout d’abord avec du beurre et de la fleur, il n’y a pas de surprise, ni bonne ni mauvaise. Au moins, un goût légèrement tourbé aux accents fleuris de lys marque une brève présence, autant en bouche qu’en aftertaste. Rien de remarquable, mais au moins ça passe bien.

Patrick 90%
Au nez, fruits, orge et chêne qui tentent de cacher un petit côté maritime. En bouche toutefois, la première chose qui nous frappe est le sel, puis la saumure, qui évolue vers une saveur rappelant un bouillon de poisson d’une délicieuse soupe asiatique. L’orge et une touche de raisin nous rappellent toutefois efficacement qu’il ne s’agit pas d’une soupe mais bien d’un très bon scotch! L’ensemble présente une belle texture huileuse qui permet de prolonger la finale, qui est passablement salée, au point de nous encourager à prendre une gorgée de plus pour nous désaltérer! Un superbe scotch, bien équilibré, offrant un bel ensemble de saveurs et qui est simplement agréable à boire en toutes circonstances, ma bouteille trop rapidement vidée en faisant foi.

Bruichladdich 14 ans Single Private Sherry Hogshead

62.9% alc./vol.
Cask #0220.

André 91%
La première impression du nez m’a rappelé un Kavalan en fût de sherry que j’ai évalué dernièrement. Très thick comme nez, gros caramel aux saveurs de cerises noires, de Coke aux cerises et de cassonade. La texture en bouche séduit par son onctuosité et son aspect gras et huileux. Oranges sanguines, cerises marasquin, terreau d’empotage, sensation poussiéreuse bizarre, dattes dans leur jus, bois caramélisé et une touche de sauce soya et de soufre – bien discrète. En respirant, les notes de caramel deviennent très puissantes. Le taux d’alcool s’est complètement éclipsé, ça se boit – presque – comme de l’eau. Finale tannique et boisée, cerises et dates trempées dans le caramel, sel de mer et cannelle. Unique.

Patrick 90%
Un scotch vraiment impressionnant, complexe, intense et doux à la fois, traditionnel et unique en même temps… Le genre de whisky qui demande du temps, que tu ne peux jamais boire « sur le fly ». Tu le gardes pour les occasions du genre « réfléchissons à la raison de notre présence dans l’univers ». Bref, faut avoir le temps. Couleur : Je parle rarement de la couleur de mon dram, mais je me dois de mentionner que j’ai déjà vu des cafés plus clairs que ça! Nez : Trèèèès intense, avec du GROS xérès subtil comme un dix-roues dans un magasin de porcelaine. Bref, des grosses cerises, du gros chocolat, de la grosse sauce soya sucrée, du gros caramel et du gros bois brûlé. Et, après plusieurs minutes, une subtile note terreuse qui semble être là juste pour ma narguer avec mes « grosses » flaveurs. Bouche : D’une douceur étonnante considérant le taux d’alcool, j’y trouve tout de même une grosse intensité de saveurs, mais avec une balance que le nez ne laissait pas présager. Des cerises, de la terre humide, de la sauce soya, des oranges sanguines, du gingembre, du chêne grillé et une goutte de caramel chauffé. Finale : D’une très belle longueur, avec des cerises, du caramel cramé et du bois brûlé.

Bruichladdich 15 ans

46% alc./vol.
Ce single malt non filtré à froid vieilli en fût de bourbon a été affiné dans des fûts ayant contenu l’un des plus célèbres vins de Sauternes. Un Bruichladdich subtil, étonnamment fumé. La légère âcreté de la fumée de tourbe s’accorde parfaitement avec la pourriture noble, (botrytis cinerea), du raisin. Une version officielle embouteillée sur l’île d’Islay.

André 85%
Plus salin que le 10 ans d’âge, les oranges ont poursuivi leur chemin tout au long du 5 ans supplémentaire de maturation mais ont maintenant évolué sur les tangerines. Le tout est maintenant accompagné d’un goût de bulles de gomme de sapin et de conifères, l’odeur d’un sous bois quelque peu humide où le sol est recouvert d’aiguilles de pins et de sapins. La finale est fruitée avec un retour sur les agrumes et les poires salées mais l’aftertaste est décevant par sa légère acidité.

RV 82.5%
Cerceau de tonneau rouillé et vanillé. Pacanes et bran de scie d’épinette avec une vague de boucane de gaz mixé avec trop d’huile. En bouche c’est un genre d’huile de lin sucré. Un bien meilleur aftertaste que sa jeune sœur, bien soutenu avec un retour sur le bran de scie. Ok Mais mauvais rapport qualité prix.

Patrick 84%
Au nez, l’orge salin. Au goût, un peu de sel, des épices, du cacao non sucré. Un très bon malt. Salin et marin, mais on dirait plus un malt de la côte de l’Écosse que d’Islay. En résumé, épices (poivre), sel et malt.

Bruichladdich 15 ans PHD135 Fèis Ìle 2016

50% alc./vol.
Distillé en 2001 et lancé pour le Islay Feis Ile de 2016, cet opus de 15 ans d’âge est le fruit d’une maturation dans une combinaison de 1st Fill Ex-Bourbon cask, Sherry Butt et de Frnech Wine Casks. Édition limitée de 1881 bouteilles.

André 88%
Superbe nez gourmand sur des notes de framboises et de sirop de poires. On ressent l’onctuosité du liquide avec des notes qui font penser à du vin de Sauternes et un gros côté licoreux. À l’aération, de volubiles notes de fumée de tourbe terreuse prennent place; fruits à chair, poires, framboises, raisins, citron. L’alcool est hyper bien intégré dans cet édredon licoreux et sucré. La bouche développe des notes de céréales maltées et de citron, sensation vineuse et licoreuse, miel chaud, de fruits rouges aussi et de tourbe bien équilibrée. Finale de bois séché et de fruits à chair, assorti d’un mélange de sel de mer et de fumée de tourbe bien présente. Superbe whisky.