Par Patrick
Après avoir visité plusieurs dizaines de distilleries, il m’en faut de plus en plus pour être surpris. Une locomotive dans la distillerie, ça m’a surpris!
Bienvenue à la Nyborg Destilleri sur l’ile de Fionia au Danemark où l’on ne fait rien à moitié! En 2010, lorsque la distillerie s’est sentie à l’étroit dans ses locaux d’origine, elle a misé sur un ancien atelier de réparation de locomotives à quelques pas du centre-ville de Nyborg. Après avoir patienté près de 4 ans pour compléter toutes les paperasses et exigences gouvernementales (j’espère que la RACJ ne verra pas ça comme un modèle à suivre), il leur fallut 3 ans de plus pour remettre en était le bâtiment qui avait été abandonné il y a plus d’une décennie.
Le résultat est spectaculaire et est devenu, avec son restaurant et sa locomotive, l’une des principales attractions touristiques de la ville, qui fût tout de même la capitale originale du Danemark il y a 500 ans.
La qualité de leur single malt aussi est au rendez-vous, avec de nombreux prix gagnés qui en témoignent. Au niveau fabrication, la première étape dans les iles danoises est de filtrer le calcium de l’eau qui non seulement encrasse les équipements, mais ruine aussi souvent la texture en bouche (comme je l’ai constaté à la distillerie Braunstein, aussi au Danemark). Ensuite, les locaux n’étant ni chauffés ni climatisés, le temps de fermentation varie de 3 à 6 jours (il faut dire que la température moyenne en hiver est de 3oC, et de 21oC en été – Oui, je songe à émigrer au Danemark). Ils utilisent aussi deux kits de distillation distincts, chacun composés d’un alambic pot still et d’un alambic à colonne sans plateaux. Le tout produit un new make d’une douceur et d’une texture incomparable.
Je viens de mentionner les locaux qui ne sont ni chauffés, ni climatisés : c’est pareil pour les chais de vieillissement et malgré que le climat à Nyborg soit du style océanique (autrement dit, il pleut tout le temps!), j’ai été surpris qu’en termes de part de anges, et contrairement à l’Écosse où il fait aussi très humide, il s’évapore plus d’eau que d’alcool. Bref, le taux d’alcool tend à s’accroître avec l’âge. Le comptable de la distillerie doit aimer son job.
Oui, ils produisent aussi du whisky fumé. Attention, f-u-m-é, et non tourbé : si l’ensemble de leur malt est « bio » et vient du Danemark, leur malt fumé fait un détour par une malterie belge où il est fumé au bois d’hêtre à un taux de 35ppm. J’a-d-o-r-e le résultat! (Cela étant dit, le site web et les étiquettes parlent de tourbe… Probablement pour ne pas mêler les clients potentiels?)
Mon guide, Steffen Sørensen, m’a fait découvrir la grande diversité de leurs whiskys. Les évaluations paraîtront dans les prochains jours.