Russian Prince

40% alc./vol.
Bacardi, Canada. Distillée trois fois.

RV 75%
Sucrée et subtile au nez, pour la vodka la moins dispendieuse au Québec, qui par dessus le marché vient dans une bouteille de plastique, elle promet olfactivement d’être pas si pire. L’arrivée en bouche commence par un feuillu sucré de trèfle tirant faiblement du côté du genièvre aigre, et en finale tout se gâche, avec une transition vers la menthe, malheureusement suivie d’une attaque rapide d’alcool, et d’un aftertaste qui ne laisse que le bout de la langue perplexe qu’une aussi belle lancée se termine de manière aussi lamentable. C’est le genre de bouteille qu’on aimerait pouvoir affubler de l’épithète de grande incomprise exquise, mais qui ne livre pas. Toute une agace.

Reyka Iceland Vodka

40% alc./vol.
Islande. Filtrée dans la roche de lave.

RV 84.5%
Doit respirer assez longtemps avant de produire des effluves notables de feuilles, de groseilles et de cerises de terre un peu timide par rapport à l’omniprésence de la pierre de cap (tuf) et la craie. Très discrète arrivée en bouche avec la pierre qui se poursuit, mais beau crescendo de sucre et d’épices en finale, subtile et très clean. Les roches volcanique de la filtration savent très bien contrôler les rênes des saveurs qui se font présentes sans toutefois être overpowering. Le chemin de la subtilité peut parfois donner de meilleurs résultats que celui de l’audace. Peut-être un peu trop calcaire à mon goût, mais bien découpée en phases précises, parfaite pour évaluer les subtilités de développement de cette alcool.

Rain Vodka

40% alc./vol.
Frankfurt, Kentucky, USA. Composée de blé blanc 100% organique et distillée par la Buffalo Trace, fabricant du réputé George T. Stagg Straight Kentucky Bourbon.

RV 84.5%
Feuillue, à mi-chemin entre la menthe et les feuilles de cactus; très verte avec un poivre discret, comme sa petite pointe d’amidon. En bouche, la menthe cette fois très douce et sucrée se poursuit mais n’évolue pas beaucoup, par contre en finale ce sont les épices et la pierre qui se réveillent assez bruyamment pour prendre le palais. L’aftertaste de retour sur l’amidon est léger, presque trop, mais je préfère davantage une telle vodka qui ne laisse qu’un souvenir éthéré à celle qui peut laisser un désastre de genièvre ou de plastique persistant. Comme vodka d’introduction, cette ondée tranquillement parfumée de fin d’été réveille juste assez les sens pour continuer les expériences et découvertes.

Polar Ice Vodka

40% alc./vol.
Toronto, Canada. Distillée 4 fois, au nom assez commun: Polar Bear existe aussi en Russie et en Australie, mais il ne s’agit du même producteur.

RV 75%
Assez uniforme au nez avec une impression de canne de noël. Totalement absente en bouche, mais un aftertaste presqu’appréciable de seigle plastifié. Avec un manque assez évident de personnalité, sans être mauvaise, quand un des points forts est d’être l’un des moins chère…on passe vite à autre chose.

Pur Vodka Ultra Premium

40% alc./vol.
Rougemont, Québec. Fabriqué entièrement au Québec. À noter que son nom n’est que Pure coïncidence avec le nom du site (qui existait avant la vodka).

RV 82.5%
Pelure de pomme avec un peu de genièvre, assez contrôlée avec un petit arrière-nez de miel. Les pommes glissent sur la langue mais se transforment en propane et en tôle. La finale est de son côté un peu plus dosée et conventionnelle. Une vodka locale bizarre, qu’il convient d’acheter pour tous les mix d’été, qui est correcte bue straight (donc qui mérite bien entendue d’être appelée Premium) mais tant qu’à moi, il y a encore place à amélioration pour s’éloigner de la finale un peu trop métallique.

Myer Farm Vodka

40% alc./vol.
Ovid, Finger Lakes Region, New York. Fabriqué à partir de blé doux d’hiver cultivé sur la ferme même.

RV 79%
Nichée dans un coin perdu des Finger Lakes, le doigt est peu subtilement levé, mais pas bien haut. Dès le nez je crains que l’expérience soit sèche, autant pas le sucre en grain très prononcé que la vanille acerbe. Toute aussi brutale en bouche, elle se révèle suffisamment longue cuivrée… et malheureusement avec un léger goût de genièvre.

Moskovskaya Osobaya Vodka

40% alc./vol.
Московская особая водкаInde, Russie, 1894.

RV 81%
Doux parfum suave, lustré et sucré. Arrivée épicée en bouche mais n’est pas supportée par un scénario très varié, même si la finale le se révèle pleine d’épices, sans le sucre promis au nez. Pas du tout désagréable, vaut mieux que les mix mais pas de là à être avidement recherchée, un film avec un trailer du tonnerre qui déçoit. Mais quel nez!

Luksusowa Vodka

40% alc./vol.
Pologne, 1928. À base de patates.

RV 85%
Au nez: sucrée et végétale. Tenace en bouche, avec finale épicée, amidonnée et légèrement fumée. Un bon standard typé, parfait comme départ sans faire crisser ses pneus dans l’aventure de la découverte des vodkas. Une autre belle polonaise sans contredit.

Lucky Bastard Vodka

40% alc./vol.
Saskatchewan, Canada.

RV 83%
L’honnêteté au-delà de la flamboyance. Dentifrice à la menthe qui pique le nez (un peu comme la Newfoundland’s Iceberg) dans un arrière-fond de grain de blé. Plus lourd sur les papille qu’une vodka sans nom, la finale croquante retourne à la menthe. Pas la plus longue ou la plus originale sur le marché mais franc, avec un haut coefficient de mixabilité.

Lockhouse Vodka

40% alc./vol.
Buffalo, USA. Faite à partir de vins de la région de Niagara.

RV 88%
Une vodka plein de nez qui mérite un Glencairn pour sentir la petite pointe de Cabernet Sauvignon (à la base du spiritueux) par-dessus l’odeur plus habituelle du grain. Belle arrivée sèche et pointée de vanille, avant une finale un peu courte, mais dont la douceur du raisin s’exprime avec agilité. À l’image de la vodka de Stillwaters, pour une distillerie qui moût son grain avec une perceuse (“drill”) modifié, c’est étonnant mais à ne pas manquer.