Balblair 16 ans

40% alc./vol.
Fondée en 1790 par John Ross, Balblair fait figure de vieille dame dans le domaine de la distillation. Restée aux mains de la famille Ross jusqu’à la fin du XIXème siècle, Balblair fut fermée en 1915. Elle fut rachetée après la seconde guerre mondiale par un notaire de Banff, Robert Cumming, qui était convaincu qu’un avenir prospère était possible pour cette distillerie. Ce Robert Cumming était un personnage pour le moins original, loin en tout cas de l’image que l’on se fait habituellement d’un notaire. On raconte par exemple qu’un soir, au cours d’une petite virée dans un cabaret, et après avoir ingurgité quelques verres, il rédigea un chèque afin d’acquérir l’établissement. Le chèque fut accepté et le notaire repartit euphorique au beau milieu de la nuit. Le lendemain, ayant cuvé son vin –ou plutôt son whisky ?-, notre homme réalisa pleinement ce qu’il avait fait la veille, mais résolut néanmoins d’honorer ses engagements. L’histoire se termine plutôt bien puisque le propriétaire du cabaret, sans doute impressionné par l’intégrité du bonhomme, lui renvoya son chèque aussitôt… La distillerie poursuivit son activité sous la houlette du groupe Hiram Walker puis désormais d’Inver House Distillers qui en fit l’acquisition en 1996.

André 82.5%
Les fragrances fruitées et épicées vous émoustillent le nez à l’arrivée dans un bel équilibre. Suivent ensuite les les cerises de terre, la vanille et le caramel écossais (toffee légèrement brûlé, présent mais éphémère). La texture est claire en bouche et la rétro-olfaction est épicée. La finale, moyenne en longueur, dénote un accent ferreux et métallique, ce qui est pas toujours agréable. À entendre et lire les commentaires des RV et Patrick, je me suis longtemps demandé pourquoi j’étais moins détruit par cette version, mais même après 2 verres, je persiste à dire qu’il n’est pas aussi mauvais qu’on pourrait le penser…

Patrick 75%
Eurk. Le nez me rappelle l’odeur de la cour arrière de la maison au printemps après que le chien s’en soit servi tout l’hiver comme litière. Avec le temps, le nez devient plus supportable, mais sans plus. Il y a un peu d’herbe sous les cadeaux du chien. Pfff… Je n’ai pas envie d’y goûter, mais je vais me sacrifier pour vous! Mmmmh… Surprise! Délicieux! Orge, vanille, épices, sel, très bien équilibré. A l’inverse, la finale présente toutefois un léger déséquilibre. Boire un whisky doit être un plaisir de bout en bout. Même si ce whisky présente des facettes intéressantes, l’effort qu’on doit y mettre pour les retrouver fait que ce whisky ne mérite que 75%.

Martin 86%
Jambes excessivement larges sur une teinte à ce point ambrée qu’on pourrait l’appeler « True Scotch » sur la palette Sico. Nez: Miel et orge, céréale affirmée, épices et caramel écossais. Légère fumée. Il ne brille pas vraiment, mais je trouve ardu de le prendre en défaut. Bouche: Caramel et orge, cerise et vanille. Assez doux, résultat du maigre 40% d’alcool. Petit cuir qui nous indique qu’au moins une partie des fûts utilisés a dû contenir autrefois du xérès. Finale: Infime côté métallique qui est facile à balayer du revers pour laisser place à orge juteuse, miel, chêne, épices et raisin. Équilibre: Encore une ancienne édition regrettablement disparue.

RV 81.5%
Wow! Wow dans le sens que je ne repousse pas mon verre en l’humant. Aérien et légèrement salé, me fait penser à du Glenfarclas, les oignons typiques de la distillerie y sont toujours mais caramélisé. Toujours en caramel, les oignons sont plus présents en bouche avant la finale aigre de longueur moyenne. L’ensemble sur des notes de noix, ça sent le whisky de flasque, mais ça se boit au moins.

Balblair 1975 1st edition • 32 ans

46% alc./vol.
Distillé en 1975 et embouteillé en 2007. Prenant la suite du millésime 1979 qui a connu un grand succès, ce millésime 1975 est une version vieillie intégralement en fût de sherry (vin de xérès) et non filtrée à froid pour en conserver un maximum de saveurs.

André 85%
Pour les fétichistes des fruits, un single malt à la fois généreux et gourmand. Cerises noires, fraises & framboises et fruits secs. La finale est une surprenante explosion spontanée fruitée en rétroaction, très soyeuse avec un léger piquant épicé. Pour le prix demandé, le montant déboursé vous restera plus en tête que l’expérience que ce single malt vous procurera. Aurait gagné à être embouteillé à 43 ou même 40% afin d’aider les arômes à se révéler avec plus de rigueur.

RV 88%
Mûres suries dans le fond d’un seau de plastique à recycler bientôt et peaux de bleuets un peu trop cuites. Arrivée très vaporeuse au point de ne pas sentir le liquide, les bleuets prennent une éternité à arriver, mais ils manquent de pep. Par contre très jolie finale sur les fruits bien cuits avec un aftertaste de mûres. Fruité d’un bout a l’autre, il faut aimer le style et ne pas se laisser décourager par ce scotch qui part trop lentement et qui arrive trop lentement. Dépassant les 250$, vaut peut-être la peine, mais je préférerais davantage le voir dans l’armoire d’un pote généreux.

Patrick 89%
Au nez; riches épices et fruits murs qui semblent déborder du verre. Des cerises, des mûres, des framboises, un peu de fraises. Bref, de quoi plaire ;a presque tout le monde. Au goût; le coffre au trésor que le nez nous a laissé entrevoir se met à déborder!!! Il s’ajoute un goût de pommes, raisins, miel, malt caramel écossais et de chocolat. La finale où les épices reprennent le haut du pavé est toutefois un peu trop courte, mais quand même excellente. Définitivement, 1975 était une grande année pour venir au monde.

Balblair 1975 2nd edition • 37 ans

46% alc./vol.

André 89%
Un verger et de la compote de pomme, doux toffee ou caramel au sucre, nez fruité et frais, salade de fruits ponctué de discrètes épices. Le nez est équilibré et très approchable, sans exubérance et tout en finesse. En bouche, fruits tropicaux, beaucoup de banane, fond d’oranges et de poires avec coulis de miel. Le chêne épicé prend ensuite le relais en finale de bouche et donne une tournure inattendue à celle-ci que certains auraient probablement trouvé un peu trop rectiligne, voire monotone. Le toffee saura lui aussi développer de belles nuances sucrées et texturales. La finale est un peu courte, mais les fruits continuent à se développer lentement et les épices ponctuent agréablement la bouche. Un beau et bon whisky de conception exacte et au développement lent. Il faudra lui laisser la chance et la patience afin qu’il ait le temps de livrer tous ses secrets.

Patrick 84%
Nez : Je ne suis pas fan des produits récents de Balblair et, à première vue ça ne changement pas aujourd’hui. Mélange douteux d’agrumes et de céréales. Aussi des pommes mûres et quelques raisins verts.  Bouche : Plus agréable qu’au nez. Planche de chêne fraîchement coupée et agrumes.  Quelques raisins verts pour compléter le tout.  Finale : Longue et fraîche, marquée par les agrumes et le raisin.  Balance : On jurerait un whisky beaucoup plus jeune, genre 10 ans, pas 37!!!  Bref, pas mauvais, mais définitivement pas un achat que je recommande.

Balblair 1978

46% alc./vol

RV 74.5%
Pittoresque, mais le bois du chalet est humide et la terre défraîchie. Non! Encore l’odeur repoussante de bas sales et de terrain qui dégèle au printemps, la possibilité y était pour cette distillerie qui côtait parfois l’échec, mais venant d’un millésime aussi vieux, déception. Heureusement le baril est fort en tannins et teinture, mais même malgré l’effort, la vieille terre de champignons se détecte. En bouche, l’onion olfactif est arraché de la vieille terre pour pénétrer la langue jusqu’à la finale légèrement cendreuse, très longue et à la limite du tolérable. Malheureusement, ni le goût, ni le prix, ni le plaisir.

Balblair 1983 1st Release • 30 ans

46% alc./vol.

André 95%
Comment ne pas se laisser charmer par ce nez à l’exactitude désarmante. Ce charmant mélange de tonalités de caramel et de vanille mélangée à la salade de fruits tropicaux et aux agrumes fraiches, les raisins de Corinthe et de la banane en purée, saupoudrée de chocolat blanc râpé. La douceur de l’arrivée en bouche est de circonstance et servira de tremplin afin d’installer le 46% d’alcool. Les épices ont la délicatesse de ne pas s’imposer tout en sachant prendre leur place dans le couffin d’alcool et les draps de saveurs – présentées précédemment au nez – enrobent le tout comme l’étreinte que vous ferait votre amoureuse. Le nuage vaporeux de caramel et de vanille tendre vient donner le coup de grâce à cette dégustation extatique apporté par le travail du bourbon cask durant les 3 décennies de vieillissement. Ne persiste qu’en finale les épices plus soutenues et un filet d’alcool. Rare de trouver si parfait whisky, où les nombreuses années passées dans le fût n’auront aucunement altéré de si douces saveurs. Un tour de force aromatique, l’équilibriste sur le fil de fer n’aurait pu faire mieux.

Patrick 89%
Un très bon dram, avec tout ce qu’il faut à la bonne place. Ceci étant dit, mes attentes étaient peut être trop élevées avant de le boire, car plusieurs m’avaient décrit ce whisky comme étant la 8ème merveille du monde. Pour un Balblair, oui, il est extraordinaire. Pour un scotch en général, il est simplement au dessus de la moyenne. Rien en tout cas pour justifier le prix demandé. Nez : Parfum complexe où s’entremêle des effluves de raisin, de sucre d’orge, de chêne et de chocolat. Bouche : Chêne, raisin enflammé, chocolat chaleureux et sucre d’orge brûlant. Tout est ferveur dans ce dram. Finale : D’une belle longueur, s’étire sur les notes de sucre d’orge et de chêne.

Balblair 1983 1st Release 32 ans 2015

46% alc./vol.

André 89.5%
J’entretien une relation amour-haine avec Balblair que j’ai bien de la difficulté à expliquer. Les jeunes embouteillages vintage 1998 à 2003 me laissent généralement indifférents, pas mauvais mais rien pour casser la baraque aussi mais leur vieux vintage 1975/1983/1988 sont extraordinaires. Les whiskies de cette maison m’ont toujours donné l’impression qu’ils atteignaient leur ‘’meilleur’’ en étant vieillis plus longtemps. Nez sublime, la douceur et la sérénité des arômes nobles. L’intensité de la vanille au nez est apaisante, celle-ci nappe une belle salade de fruits et des bananes coupées, des nectarines, des agrumes pulpeuses. En bouche, ces arômes se développent lentement après la vague d’épices, S’additionnent ensuite les notes sucrées, le toffee, le melon au miel, l’ananas, les poires. Petite morsure sèche apportée par le bois de chêne. Finale raffinée, oscillant entre les fruits et les épices. Une belle escapade aromatique.

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