Woodford Reserve

45.2% alc./vol.
Issue de la plus ancienne, petite et … lente (en terme de production) des 9 distilleries du Kentucky – Labrot & Graham – Woodford Reserve résulte d’une sélection rigoureuse des meilleurs fûts de la distillerie. Labrot & Graham se distingue des autres distilleries américaines par des cuves de fermentation en cyprès (et non en pin), des alambics à repasse en cuivre et une triple distillation.

André 88%
Très singulier, particulier, intriguant au nez. Même au 3eme verre (merci Pat pour m’avoir prêté la bouteille), j’en suis toujours à le trouver très énigmatique. Pourtant, tout y est; l’opulence des épices, l’abondance de fruits secs, des arômes boisées et sucrées avec parcimonie mais, ce bourbon demeure un mystère dans son ensemble. Ceci dit c’est un superbe bourbon, à un prix fort abordable pour la qualité qu’il nous offre.

Patrick 86%
Au nez, raisins brûlés, cassonade, épices, seigle. Chêne. Au goût, plutôt sec. Épices. Un peu d’amertume venant du bois fumé en finale. Vanille. Notes d’agrumes. La finale est délicieuse. Épices et légère amertume. En résumé, un excellent whisky, un peu moins sucré que la plupart des bourbons. (Ce qui fait mon bonheur personnellement!)

Martin 87%
Roux-ambré classique du bourbon. Nez: Épices et fruits séchés nous accueillent. Raisins, maïs, caramel et vanille. Un 2e nez révèle encore du caramel, mais brûlé cette fois-ci. Bouche: Belle texture, notes de caramel, de salade de fruits, de miel et de maïs, surplombé de vanille. Retour du toffee et du butterscotch. Finale: Agréable longueur ponctuée d’épices et de vanille. Chêne grillé et maïs nous portent vers une agréable finition sirupeuse. Équilibre: Superbe pour une expression de base. Un incontournable à avoir dans sa collection de bourbons.

RV 83.5%
Tout une aventure olfactive avec du profond blé mais un aspect du caramel ultra standard canadien (genre canayan club 12 ans) et un brin de cerise de whisky aromatisé et de la cire des bourbons. Assez fort en bouche, on remet de la cire brulante et de la corde, j’ai l’impression de retourner à mes premiers bourbons. Finale encore une fois dans le même coin, l’aftertaste est tellement meilleure que le goût, tellement plus concertée que le nez, avec beaucoup de grain sucré (gruau). Dommage pour la bouche, la finale est tellement belle.

Woodford Reserve Distillery Series • Summer 2015 • Double Double Oaked

45.2% alc./vol.
Ici, le Double-Oaked régulier a subit un vieillissement additionnel en fût neuf brûlé plus intensément, afin de démontrer le fait que « plus » n’est pas toujours synonyme de meilleur.

Patrick 75%
Une autre expérience intéressante de la part de Woodford Reserve. Intéressante, mais pas vraiment bonne, due à un manque de balance criant, les notes de chêne brûlé dominant outrageusement l’ensemble. Nez : Vanille sucrée et cassonade. Touche d’épice subtile et cerises au marasquin. Bouche : Tsunami de chêne épicé, vanille, cerise noire et cassonade brûlée. Finale : S’étire longuement sur la vague de chêne et d’épices brûlées.

Woodford Reserve Distillery Series • Summer 2015 • Sweet Mash

45.2% alc./vol.
Les bourbons utilisent habituellement un « sour mash ». Ici, un « sweet mash » a été utilisé pour illustré l’impact de cette importante différence.

Patrick 60%
Une expérience vraiment intéressante, mais pas loin d’être appétissante. On comprends rapidement pourquoi pratiquement personne n’utilise cette technique au Kentucky. A éviter. Nez : Parfum vraiment étrange… On jurerait du whisky passé date! Odeur rappelant des levures et une touche de chêne. Pas vraiment agréable. Bouche : Goûte le jeune whisky, la levure et le bois légèrement brûlé. Finale : Heureusement, celle-ci n’est pas trop longue.

Woodford Reserve Double Oaked

45.2% alc./vol.
Le Woodford Reserve Double Oaked a reposé dans des fûts de chêne blanc fortement brulés, il a ensuite subit un deuxième passage en fûts de chêne neuf deux fois plus toastés puis très légèrement grillés, de façon à faire davantage ressortir les sucs naturels du bois. C’est la plus ancienne, la plus petite et… la plus lente (en termes de temps de vieillissement) des neuf distilleries existant aujourd’hui dans le Kentucky. Woodford Reserve se distingue des autres distilleries sur bien des points, donnant à son bourbon une grande originalité. Ainsi, les cuves de fermentation (premier stade de l’élaboration) sont en cyprès (et non en pin comme usuellement), un bois choisi pour sa neutralité dans la transformation du maïs, du seigle et de l’orge malté utilisés comme matières premières. Et puis, il y a surtout les alambics. Exception notable dans tout le Kentucky, ici se pratique la triple distillation (comme en Irlande) dans trois alambics différents en cuivre, provenant d’Ecosse.

André 86%
Chocolats Turtles, mélange de miel, de noix, de pacanes, de sucre caramélisé, de chocolat au lait. Le nez est d’une douceur enjôleuse, très rond, soyeux. La bouche offre une approche crémeuse, les flaveurs du nez poursuivent leur évolution en bouche mais l’ensemble est également soulevé par de solides notes de clou de girofle et de cannelle auquel se jumèle une sensation légèrement sèche et astringente en fond de bouche. Des notes de caramel émergent aussi lentement après un certain temps. La finale est sèche et on ressent beaucoup les épices et l’effet du chêne sur le whisky. Je demeure ambivalent par rapport à ce que le nez annonce et le rendu en bouche. J’apprécie beaucoup les saveurs traditionnelles de Woodford mais je suis d’avis que le chêne et les épices dénaturent un peu trop la douceur angélique de ce whisky habituellement si paisible.

Patrick 89%
Un vrai verre de chêne liquide!  Super whisky, très bien équilibré, si on aime son bourbon intense. Nez : Parfum de bourbon comme on l’aime, avec du chêne brûlé intense, de la vanille et quelques cerises pour compléter le tout. L’ensemble parait tes sucré et chaleureux. Bouche : Comme mordre dans un planche de chêne à peine dents.  Cerise, chêne brûlé et vanille, mais avec un chaleur et une intensité rarement vue. Finale : Longue et chaleureuse, et s’étire sur le chêne brûlé.

Martin 88.5%
Riche acajou d’un bourbon bien vieilli. Nez: Fruits, vanille et chêne, maïs à plein nez. Grain savoureux, caramel chaud, crème au beurre. Solides épices, dont le clou de girofle. 2e nez de chêne grillé. Bouche: Belle entrée en bouche, les notes du nez reviennent avec une intensité hors du commun. Feu de cannelle. Chêne, vanille et cerise noire. Finale: Longue, sèche et épicée sur des notes bien entendu de chêne brûlé, de vanille et de cannelle enflammée. Équilibre: Un bourbon extrêmement solide à prix d’ami. Une belle expérience de bois de chêne en puissance qui saura à coup sûr accompagner tout coucher de soleil sur la terrasse.

Woodford Reserve Four Wood Selection

47.2% alc./vol.

André 91.5%
Certains puristes s’époumoneront devant le sacrilège de dénaturer un bourbon de cette façon tout comme le gars qui dira à sa blonde qu’un boob job à 10000$ c’est pas important mais qui s’empêchera pas de reluquer le décolleté de la belle-sœur… Oui, un Woodford tellement maquillé que l’on peinera à en distinguer la vraie nature, mais au final ce qui compte c’est l’expérience. On critique souvent les «majors » devant leur manque de latitude et de souplesse à faire des essais alors autant en apprécier les bons coups lorsque cela arrive. La douceur au nez, on croirait à un wheat whisky, l’agréablement sucré du maïs, les pacanes distinctives de la distillerie, les raisins secs et la pâte de fruits, le sherry cask et le toffee. En bouche, l’approche du whisky se veut tendre et veloutée, mélange de maïs au beurre nappée d’une sauce aux fruits et de grains de pacanes grillés. Petite sécheresse du chêne en finale de bouche qui le dépouillera de quelques points. Cerises noires, raisins secs, chocolat noir à haut pourcentage de cacao. La bouche pourra par contre paraitre difficile à cerner pour certains amateurs car rien ne ramène vraiment à ce que l’on connait des bourbons traditionnels. Un bourbon (pas réellement bourbon compte tenu du cask finish) totalement hors-norme, comme on aimerait en voir plus souvent. Le whisky, en respirant, dégagera passablement de saveurs de toffee caramélisé assez sauvages. Enjoy !

Patrick 93%
L’un des meilleurs bourbon que j’ai jamais bu, à se demander pourquoi le vieillissement additionnel n’est pas plus souvent utilisé au Kentucky! Nez : Incroyable! Je crois bien n’avoir jamais senti un parfum aussi riche émanant d’un bourbon. Notes suaves de cerises, pommes et pêches, avec une touche de sirop d’érable, de caramel et surtout de chêne carbonisé. L’ensemble est très sucré et chaleureux. Bouche : Une tonne de fruits mûrs servis sur une planche de chêne brûlé, avec en accompagnement, des noix, des épices, et du caramel. Finale : Longue et sirupeuse.

Martin 90%
Bourbon roux, presque rouge. Nez: Hors du commun, on croirait à autre chose qu’un whiskey américain. Chêne et biscuits secs style « Thé Social », pain et maïs. Vanille et raisins, cerise noire. Caramel brûlé. Bouche: Toujours chêne et épices, bois poussiéreux, cerise, maïs et poires. Pomme et nectarine. Vraiment unique. Finale: Courte mais punchée par des notes de porto, de pommes et de bois. Équilibre: Un superbe exemple d’un affinage spécial pour un bourbon, chose inusitée dans l’industrie.

Woodford Reserve Master’s Collection Aged Cask Rye

46.2% alc./vol.

André 86.5%
L’alcool est très présent dès l’entrée en scène, balancé par les odeurs de citron assez persistantes, mais on est apte à détecter la différence de l’apport dû à l’utilisation de fût de second remplissage… la vanille et le miel et les épices relégués en arrière-plan laissant libre court au citron qui s’en donne joyeusement la peine, les petits fruits rouges ne sont aussi pas bien loin. Saveurs de bananes frites également et le coconut aussi. C’est plus posé et délicat, spécialement la finale qui en souffre d’ailleurs un peu. La place est donc libérée pour les épices qui finissent par sortir de leur tanière. J’apprécies la balance des éléments du aged cask et la combinaison ordonnée composant l’ensemble.

RV 85.5%
Démonstration gustative de l’expression « grain forward ». Sans avoir la recette, sous le rye, je parierais que ce whisky contient une bonne partie de maïs, car au nez j’y trouve du popcorn au caramel. L’arrivée aigre du seigle vient ensuite contrebalancer le caramel qui disparaït sous le bois. Finale à saveur de grains, plus proche du silo que de la forêt. Intéressant mais comme son frère d’emballage, c’est dans la comparaison que ce whisky y trouve son comble.

Martin 82%
Nez: Beaucoup plus délicat que le New Cask. Le seigle et la vanille s’effacent prestement derrière un mur de citron avec un peu d’herbe et de fleurs à son pied. Bouche: Doux et discret, les céréales sont sur scène. De temps à autre le caramel et la vanille font des caméos. Finale: Épicée et marquée par le grain, mais trop courte et pas assez affirmée. On dirait que la première vie du fût a vampirisé l’âme du bois, pourtant on s’attendrait au contraire. Équilibre: J’aurais donné peut-être 19 ici, mais le concept de duo me fait flancher et donner un point bonus. En goûtant successivement l’un et l’autre, l’autre et l’un, un joyeux ballet s’installe, j’ai l’impression que ma bouche devient le fût, les saveurs et arômes s’échangent et se fusionnent. Séparés, ces whiskies auraient possiblement récolté un peu moins de points, mais c’est vraiment lors de leur comparaison qu’ils prennent vie. Pour dire comme John Morris, lieutenant de l’équipe canadienne de curling à Vancouver 2010: « Un torchon trouve toujours sa guenille ».

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